Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)
Affichage des articles dont le libellé est tabac. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est tabac. Afficher tous les articles

dimanche 13 mai 2018

Inde: l'Etat du Jammu-Cachemire décrète l'interdiction de l'usage de vape

Jeudi 10 mai, l'Etat du Jammu & Cachemire a décrété l'interdiction totale du vapotage avec effet immédiat. Les produits de vapotage sont non seulement interdits à la vente, mais les usagers en possédant et a fortiori les utilisant sont passibles de poursuites en justice désormais dans l'Etat d'environ 12 millions d'habitants à l'extrême nord du pays. Ahmed Khan, le Commissaire du Cachemire qui a signé l'ordre de prohibition complète, justifie celui-ci par des hoax. "Le vapotage expose les poumons au dicethyl [faute dans l'original], qui peut causer la maladie du "pop-corn des poumons", une atteinte sévère et irréversible au poumon", précise l'ordre officiel de l'Etat du Cachemire qu'il signe en reprenant à son compte le hoax de la presse à scandale de bas étage. 

Des hoax en guise de justification

Le fonctionnaire évoque également les risques liés à la consommation de nicotine supposés pour les foetus, sans pour autant signer un ordre similaire contre les produits de tabac ou les autres (nombreux) produits contenant de la nicotine. Enfin, il invente que les adolescents européens seraient amenés à fumer à cause du vapotage, un effet "passerelle" que les monitorages sérieux écartent dans les faits. Le plus grand suivi jusqu'à maintenant concernant les adolescents, le vapotage et le tabagisme, sur plus de 60'000 jeunes britanniques, ne montre aucun effet passerelle. Au contraire, l'essor du vapotage a fait plongé dans son sillage le tabagisme des jeunes anglais (18-24 ans) de 7 points passant de 26% à 19% entre 2010 et 2016.

Autrement dit, le bureaucrate Ahmed Khan raconte n'importe quoi pour justifier son interdiction totale du vapotage. L'Association des Vapoteurs Indiens (AVI) a interpellé Mehbooba Mufti, Ministre en chef du Jammu & Cachemire, sur cette décision. Sans réponse semble t-il. L'association de défense des droits des usagers va probablement tenter d'intervenir au niveau légal pour s'opposer à cette criminalisation des personnes ayant arrêté de fumer en passant au vapotage, alors que le Cachemire compte 26,6% de consommateurs de tabac sous différentes formes selon la Global Adult Tobacco Survey (GATS) diffusée en 2016.

Violation des droits de l'homme encouragée par l'OMS

L'Inde est le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et le Zimbabwe. Cinq Etats indiens, principales zones de production de tabac, ont déjà interdit la vente de vape, un produit largement produit en Chine, grand voisin et rival de l'Inde. Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avait lancé un appel à criminaliser les vapoteurs à l'exemple des juntes militaires Nord-Coréenne et Thaïlandaise en septembre 2017 dans l'Indian Journal of Public Health

A la lumière des ravages fait par cet appel en Asie (Singapour par exemple) en encourageant les politiques de répression contre les usagers de nicotine à risque réduit avec la vape, une absence de remise en cause par les délégations des pays démocratiques de la dérive contre les droits humain et son instrumentalisation par les intérêts tabagiques locaux du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS lors de son sommet du 1er au 6 octobre à Genève serait incompréhensible et inexcusable.


mercredi 9 mai 2018

Nanny State Index: la Suisse au palmarès des pays les plus liberticides contre la réduction des risques avec la vape

Publié ce 7 mai, le supplément nicotine du Nanny State Index 2018, le classement des "Etats nounous", classe la Suisse parmi les pires pays européens en matière du droit humain à préserver sa santé à l'aide de moyens de consommation de nicotine à risque réduit. Établi par Christopher Snowdon, de l'Institute of  Economic Affairs, le palmarès positionne la Suisse en quatrième place du pire, derrière la Finlande, la Hongrie et la Norvège. A l'opposé, la Suède et le Royaume-Uni en respectant mieux les droits à l'accès aux produits de réduction des dommages et à l'information préservent non seulement les libertés individuelles mais se montrent particulièrement efficaces pour réduire le tabagisme. 7% de fumeurs en Suède, 17% au Royaume-Uni contre plus de 25% en Suisse et 27% dans la Hongrie qui a soumis le vapotage au monopole d'Etat, selon les chiffres avancés par le rapport.

Liberté de choisir la réduction des risques en Suède

La bonne note, ainsi que son très faible taux de tabagisme, de la Suède proviennent notamment de son régime libéral sur le snus. Les suédois sont les seuls résidents des trente pays analysés à pouvoir acheter légalement ces petits sachets de poudre de tabac à suçoter. Produit traditionnel en Scandinavie, sa préparation par étuvage du tabac neutralise une large part des toxiques spécifiques du tabac, les nitrosamines. La Suède a non seulement le plus bas taux de fumeurs, elle détient aussi les plus bas taux de cancers liés au tabagisme: des poumons évidemment, mais aussi oraux-buccaux et du pancréas (contrairement à une légende urbaine). Le Royaume-Uni n'a pas pour le moment légalisé le snus. Mais sa politique en faveur de la liberté de choisir le vapotage pour sortir du tabagisme la place dans les pays les plus respectueux des libertés sur le sujet.

Le maintien du tabagisme de force en Suisse

Le respect des libertés n'est par contre pas une valeur cultivée par la politique menée sur ce sujet par le Conseiller fédéral Alain Berset en Suisse. Carambolage de l'actualité, le rapport a été rédigé avant la décision le 24 avril du Tribunal Administratif Fédéral d'invalider la prohibition illégale des liquides nicotinés imposée depuis 2009 par l'administration. Si les bureaucrates bernois respectaient la décision de justice, la situation et le classement au Nanny State Index changeraient pour les helvétes. Jusque-là, "la Suisse était le seul pays en Europe à maintenir une interdiction des produits de vapotage nicotinés", souligne le rapport. 

Sur la question de l'accès au snus, Christopher Snowdon s'étonne. "Bien que la Suisse ne soit pas membre de l'Union Européenne et donc pas astreinte à prohiber la vente de snus, elle ne s'est jamais décidé à l'autoriser", déplore le chercheur. Alors que des produits de tabac oraux reconnus plus nocifs sont en vente libre dans les kiosques suisses. 

En fait, petite histoire révélatrice, la prohibition du snus remonte à une motion déposée en 1991 par le Conseiller national Peter Hess, au nom de la lutte anti-tabac. Il s'est révélé en 2001 qu'il siégeait au Conseil d'administration de British American Tobacco International (BATI), filiale du cigarettier BAT. Personne parmi ses anciens amis anti-tabac n'a eu l'idée de remettre en cause sa prohibition du snus. Sa levée a cependant été exigée récemment par le parlement dans le cadre de l'élaboration de la future Loi sur les produits du tabac (LPTab), qui a encore un long chemin législatif à mener...


mardi 8 mai 2018

[Bref] Japan Tobacco appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne

Dans une tribune au magazine Parliament, revue destinée aux bureaucrates et lobbyistes européens, Yasuhiro Nakajima appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne dans la directive des produits du tabac (TPD). Le vice-président du département des produits à risque modifié de Japan Tobacco International (JTI) propose de profiter de la prochaine révision de la directive pour renforcer les mesures de répression contre les usagers indisciplinés des produits indépendants. Notamment, il dénonce leurs astuces de contournement de la limite de contenance à 10 ml. Cette limite a été imposée pour handicaper l'industrie indépendante du vapotage tandis que les cigarettiers préfèrent les produits non rechargeables, aux marges bénéficiaires plus larges. "Les consommateurs veulent des bouteilles de recharge plus grandes que celles autorisées par la TDP. Le résultat est qu'ils complètent les flacons non-réglementés sans nicotine avec des injections régulées de nicotine. Les responsables de la santé savent-ils ce qu'il y a dans ces liquides non nicotiniques? Non - et cela doit changer !", tempête le responsable de JTI.

En Suisse, le lobbyisme cigarettier a marché

La marque, qui commercialise notamment les cigarettes Winston et Camel depuis son rutilant siège genevois, a bénéficié en Suisse de l’accommodement de l'administration Berset. JTI a pu commercialiser sans étude indépendante préalable sa Ploom, un hybride très nicotiné et peu agréable entre cigarette et vapoteuse, alors que régnait encore la prohibition de vente des liquides nicotinés de vape. En septembre dernier, une plainte avait été déposée pour concurrence déloyale par Rico Daniel, un commerçant de produits de vapotage suisse-allemand.

Chambre d'écho lituanienne 

L'appel cousu de fil blanc du dirigeant du cigarettier japonais pour réduire l'attractivité du vapotage et la liberté de ses usagers en Europe fait écho aux propos du 3 mai appelant à ne pas arrêter de fumer [sic!] à l'aide du vapotage du Commissaire européen à la santé lituanien Vytenis Andriukaitis dans Euractiv, un autre média lié à la bureaucratie européenne. La Lituanie a été le premier pays ex-soviétique a privatiser une industrie d'Etat en vendant à Philip Morris la Klaipeda Toabacco en 1991. Depuis, la firme cigarettière lausannoise est devenue le second contributeur actuel en taxe du pays et figure dans son top 10 des investisseurs.

vendredi 13 octobre 2017

La Commission Européenne programme de soumettre les produits de vape au tracking le 20 mai 2024

La Commission Européenne (EC) veut tracer et traquer les produits du tabac. L'affaire est connue. Elle se négocie actuellement avant une adoption par l'Union Européenne (UE) que la Commission veut en décembre. L'avis de notification déposé par celle-ci, au nom de l'UE, à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) détaille l'agenda. "Les dispositions devraient s'appliquer à partir du 20 mai 2019 pour les cigarettes et produits du tabac à rouler et à partir du 20 mai 2024 pour tous les autres produits du tabac", précise le document au point 9. Or, même si objectivement le vapotage n'est pas un produit du tabac, l'UE l'a soumis à sa directive les concernant (TPD) en 2014. Si les choses restent en l'état, les produits de vapotage devraient souscrire au système imposé de suivi et traçage. Le projet à peine voilé de l'EC est de livrer ce marché faramineux à la Sicpa, une entreprise lausannoise.

Conséquences de l'assimilation au tabac

La catégorisation abusive d'un produit sans tabac ni fumée dans les produits du tabac est évidement objet de controverse. Aux demandes répétées de parlementaires européens d'une ré-évaluation de la vape sur une base scientifique, le Commissaire Vytenis Andriukaitis a opposé un refus catégorique. Pour le lituanien, qui dans une interview à Euractiv disait se réjouir de mener la vie dure au vapotage, il est hors de question d'en discuter avant 2021. Cette assimilation du produit, désormais le plus utilisé pour arrêter de fumer dans la plupart des pays européens, au tabagisme permet à la bureaucratie européenne d'interdire la divulgation d'information sur la réduction des méfaits. Mais pas seulement. 

L'EC envisage une taxation contre les vapoteurs, dans la ligne de celle des cigarettes. La consultation à ce propos, malgré les freins à la participation mis en place par l'EC, a montré que 89,88% des participants étaient totalement opposés à une telle mesure punitive. Cependant, l'adoption d'un système de surveillance électronique des produits a entre autres objectifs de réprimer les infractions aux taxes du commerce illicite...

La traque

La proposition de la Commission, présentée le 15 mai dernier, sur le tracking indépendant des produits soumis à la TPD prévoit l'apposition d'un marquage fiscal inamovible comportant des éléments de sécurité visibles et invisibles. La firme vaudoise Sicpa maîtrise une solution offrant une combinaison matérielle et numérique délivrant un code d'identification unique. "Ce code est apposé, collecté et enregistré dans une base de données centrale et mis à disposition des autorités publiques, le tout sous contrôle de l'Etat et non des producteurs, incluant les informations de production", explique Christine Macqueen, directrice des affaires publiques du groupe Sicpa au journal l'Agefi en mai 2016.

"Selon la proposition [de l'EC], chaque opérateur de la chaîne d'approvisionnement doit obtenir des pré-autorisations pour chaque étape de la production et de la distribution."Une architecture aussi complexe n'a jamais été testée dans le monde réel", commentent les distributeurs, tout en ajoutant que les petits acteurs du secteur seront durement touchés", rapporte le site Euractiv dans un article du 20 juin. Pour un porte-parole de l'EC, les coûts de mise en place du système seront "largement compensés par les bénéfices en termes de réduction du commerce illicite".  

On a du mal à voir en quoi l'argument concerne les produits de vapotage s'ils venaient à être maintenus dans les produits du tabac à l'horizon 2024. Pourtant, "l'objectif de la directive [est] de créer un système indépendant de suivi pour tous les produits du tabac en tenant compte des obligations internationales, notamment de l'article 8 du protocole FCTC [acronyme de la Convention anti-tabac de l'OMS] sur le commerce illicite", poursuit le même responsable européen anonyme au site Euractiv. 

Efficace contre le marché noir de cigarettes ?

Actuellement, les négociations se déroulent à la fois en coulisses et de manière plus ouverte lors de la consultation close le 2 octobre. Outre l'accusation des acteurs de la distribution de générer une immense usine à gaz disproportionnée, son efficacité à enrayer le commerce illicite est mise en doute. Le système fermé d'identification des produits fermerait la porte à une interopérabilité avec les pays hors de l'UE. "C'est pourtant important puisque 86% des cigarettes illégales proviennent de pays tiers, comme la Biélorussie, l'Ukraine et la Turquie. Ces produits continueront d'entrer sur le marché européen malgré le radar du système de suivi", estime un représentant de l'industrie cigarettière à Euractiv.

Du coté des partisans du système Sicpa, on accuse les cigarettiers d'organiser le trafic actuel. "D'après l'OMS et les associations anti-tabac, les cigarettes qui alimentent ce commerce parallèle sont de vraies cigarettes [sic!], fabriquées et commercialisées par les cigarettiers eux-mêmes", insiste C. Macqueen de l'entreprise vaudoise. Françoise Grossetête, députée européenne de droite, pense qu'il faut se méfier des critiques. "Des preuves existent selon lesquelles des tierces parties, qui paraissaient à première vue 'indépendantes', étaient liées ou influencées à un certain niveau par l'industrie du tabac", déclare t-elle dans un autre article d'Euractiv sur le sujet. Sans préciser si cela inclue l'influence sur des Etats, comme la Lituanie, des investissements de cigarettiers dans leur économie, ou encore d'organisations dirigées par des ressortissants de nation productrice de tabac brut.

Lobbytomie générale

Le débat se trouve donc présenté comme emprisonné entre les intérêts des cigarettiers, dont la probité est passablement fumeuse, et ceux de la firme Sicpa. Une entreprise aux mœurs assez étranges, tant au niveau privé de ses propriétaires milliardaires comme le conte le Temps en février dernier, que sur le plan des affaires, tel que le rapporte Mediapart dans le cadre des Malta Files. Le dossier du tracking des produits soumis à la TPD pèse lourd pour la Sicpa, à la fois par le marché européen lui-même mais aussi par l'effet d'entrainement qu'il pourrait imposer aux autres pays. L'entreprise spécialiste des encres pour billets de banques a mis les moyens. 

Engagement de lobbyistes pointus en provenance des firmes cigarettières, comme Yves Trevilly ancien de BAT, approches de personnes influentes, comme Dominique Strauss-Kahn, mise en place d'association faux-nez par Pauline Delpech... Sicpa sort le grand jeu. Avant même les grandes manœuvres actuelles, 80 de ceux qui étaient alors députés français ont mené une guérilla pendant 4 ans pour la firme Suisse, selon Mathieu Pechberty sur BFM

Que fout la vape là-dedans?

Entre les deux armadas de lobbyistes, les intérêts et les spécificités du vapotage ont-ils été pris en compte, alors que la Commission Européenne a déjà programmé son assimilation au système de surveillance ? Comment ce marquage physique et numérique se concrétiserait-il de la box à la résistance, en passant par la fiole de liquide, la fibre ou le fil des coils reconstructibles, le drip-tip ou les accus, etc. ? Quelle justification aux surcoûts financiers et de temps pour les petites entreprises et artisans de la vape d'un système calibré pour le mode de production de Big Tabacco ? Des questions sans réponse pour le moment... à suivre.


vendredi 8 septembre 2017

[Expresso] D'anciens usagers de drogue témoignent de leur utilisation de la vape pour rester "clean"

"Des usagers de drogues se tournent vers la vape pour tenir en échec le manque". L'article de Richard Greenhill, assistant de recherche à l'Université d'East London (UK), dans Tonic, site affilié à Vice, présente des témoignages de consommateurs de cannabis, mais aussi de drogues dites dures comme l'héroïne et la méthamphétamine. "Il y a un potentiel évident de la vape comme outil de réduction des méfaits. Pas seulement pour les cloud-chasers barbus à casquette, mais aussi pour les anciens utilisateurs de drogues", explique le chercheur. Cet espoir se fonde sur des rencontres et la lecture de forum d'usagers où il a recueilli des témoignages.

Lucian, du mal de dos à la BPCO

La première histoire est celle d'un australien de 53 ans. Lucian, chauffeur de métier, fume son premier joint plutôt tardivement à 23 ans. Au milieu de la trentaine, les douleurs d'un disque lombaire pincé lui font la misère. Le médecin lui prescrit de l'oxycontin, le violent anti-douleur opioïde. Les nausées sévères qu'il subit en le prenant l'amènent à utiliser de plus en plus le cannabis, pour remplacer l'oxycontin ou en contrecarrer les effets secondaires."J'utilisais le bong tous les jours et je consommais aussi peu que possible d'oxycontin. Je n'en prenais que lorsque je ne pouvais plus bouger", explique Lucian.

Sa consommation, à hauteur de 4 grammes d'herbe par jour, le motive à faire sa propre culture indoor pour éviter le marché noir. En 2007, une maladie obstructive chronique des poumons est diagnostiqué chez Lucian. A 43 ans, il est prêt à essayer d'arrêter de fumer des cigarettes mais n'imagine pas pouvoir se passer de cannabis contre ses douleurs de dos. "Malheureusement pour Lucian, ses coups de bong habituels ont abouti à une infection récurrente des poumons et un emphysème a été diagnostiqué il y a deux ans", explique Richard Greenhill. 

La vape lui change la vie

Cette situation dramatique le pousse à essayer les deux modes de vape. "La découverte de la vape a été incroyable, ça a complètement changé ma situation. Depuis, je vapote pour la nicotine et, pour le cannabis, j'utilise un vaporisateur à herbes sèches", témoigne l'australien. Richard Greenhill cite les recherches du Pr Donald Tashkin, de l'Université de Californie à Los Angeles, pour expliquer cette amélioration. Non seulement la vaporisation de l'herbe réduit significativement les toxiques, les cancérigènes et le monoxyde de carbone inhalés avec la fumée, mais une étude du chercheur spécialiste du cannabis "suggère que vapoter de la weed aurait des bénéfices spécifiques pour ceux touchés par une bronchite chronique obstructive (BPCO)".



Sacha et la vape pour l'arrêt progressif

Sacha, un second témoin avec lequel s'est entretenu Richard Greenhill, est un enseignant anglais de 32 ans. Il se souvient encore avoir vu à 13 ans un documentaire effrayant sur la drogue. Un an après, il tire sur un joint. Constatant que son cerveau n'a pas frit comme un œuf au plat, qu'il ne ressent pas de manque et les autres conséquences traumatisantes prédites par le film, il se met à consommer régulièrement du cannabis. Sa conso monte jusqu'à 7 gr. par jour, avant qu'il ne se modère et se limite à 3 gr. quotidiens après la naissance de ses enfants. 

"Malheureusement, cela n'a pas suffit à prémunir Sacha de contracter une infection pulmonaire presque fatale quelques années plus tard", explique Richard Greenhill. Son médecin lui ordonne d'arrêter de fumer cigarettes et joints. Sacha commence la vape et vise à diminuer progressivement sa consommation. "A présent je vape exclusivement", explique Sacha qui a réduit sa conso à un gramme par jour, "j'espère arrêter totalement d'ici septembre".

La vape trompe-l’œil pour le sevrage du crystal meth

Les cas de Lucian et Sacha ne sont pas exceptionnels dans les régions où le cannabis est décriminalisé. "Moins couramment connu sont les usagers de crystal meth [methamphétamine] et d'héroïne qui vapotent pour réguler leur manque", poursuit Richard Greenhill. Le chercheur a écumé les réseaux sociaux dédiés, tel que Drugs-Forum, pour se renseigner. Un usager raconte comment sa vapoteuse le calme en lui rappelant les nuages qu'il faisait en consommant de la meth. "Aucune recherche scientifique n'a encore examiné l'efficacité du vapotage comme substitut à la méthamphétamine", précise l'universitaire.

Sortir du chain-smoking induit par l'arrêt de l'héro

Sur Reddit, un héroïnomane, dépendant depuis 2013 et allant d'échec de cure de désintox en expulsion de son école, se ruine pour l'achat de drogue entraîné dans une spirale négative. Ses parents le forcent à un sevrage brutal en l'enfermant. Après deux premiers jours terribles, le garçon fume pour compenser les crises de manque régulières. "Chaque fois que j'avais cette sensation, je fumais une cigarette. Autant dire que je fumais à la chaîne à peu près toute la journée. Lorsque j'essayais de moins fumer, c'était la catastrophe. J'étais sur le point d'abandonner lorsque j'ai essayé une vapoteuse", explique le jeune homme. 

Dés la première nuit où il vapote, cela réduit son anxiété. "Je me suis aperçu que je me sentais normal. Cela m'a procuré une vague d'euphorie et d'espoir dans tout mon corps. C'était la première fois que je me sentais sincèrement heureux sans héroïne depuis des années", témoigne le garçon qui n'a plus retouché d'héro depuis huit mois.

Réalité ou dogme

Une étude de l'Université du Queensland sur les discussions du forum Reddit à propos du sevrage d'héroïne rapporte que vapoter aiderait plus que fumer pour réduire les symptômes d'angoisse et de dépression liés au manque. Contre ces compte-rendus empiriques d'usagers, la vieille-garde médicale rappelle le dogme selon lequel la nicotine ne serait d'aucune aide contre le stress et l'anxiété. Dans cet article de Tonic, c'est le Pr John Turner, de l'Université d'East London, qui s'y colle. Pourtant, des dizaines d'études indiquent l'inverse. L'efficacité du vapotage, nicotiné ou non, pour soutenir les dépendants aux opioïdes ou d'autres substances reste encore à étudier sérieusement...


lundi 21 août 2017

[Ristret] Allemagne: le vapotage est utile selon Marlene Mortler la rapporteuse parlementaire sur les questions d'addiction

"La tendance du vapotage est utile". Pour aider les grands fumeurs à quitter totalement leur tabagisme précise Marlene Mortler en conférence de presse. La Commissaire fédérale sur les questions liées aux drogues présentait vendredi son rapport 2017. Près de 200 pages dont il ressort entre autres que le produit le plus problématique en Allemagne est le tabac. Près du quart des adultes sont fumeurs, soit environ 20 millions d'allemands. Sur la question du vapotage, la députée CDU a infléchi la position présentée les années précédentes du rapport parlementaire. "Le vapotage est beaucoup moins nocif que les cigarettes de tabac", y affirme Marlene Mortler sur la base d'études scientifiques. Le propos est encore loin de l'intégration du vapotage à une politique volontariste de réduction des méfaits pour les fumeurs, telle que celle britannique, mais "l'avancée est significative" note le site allemand EGARAGE

Nette réduction du tabagisme des jeunes


"Une utilisation régulière [du vapotage] est rare chez les jeunes, et ils l'utilisent pour une majorité sans nicotine", souligne le rapport. La chute très nette du tabagisme adolescent et des jeunes adultes montre que l'arrivée du vapotage n'a pas déclenché d'effet passerelle vers le tabagisme, tel que le prédisait la Ministre Manuelle Schwesig (SPD) il y a deux ans. Marlene Mortler rappelle néanmoins dans son rapport que la vente de produits de vapotage est désormais interdite aux mineurs depuis l'implémentation de la directive européenne TPD dans le droit allemand.


Campagne de peur controversée

Ce rapport parlementaire contraste avec la récente campagne du Ministère de la santé sur les réseaux sociaux conseillant aux fumeurs de ne pas arrêter de fumer avec le vapotage. De quoi passablement déboussoler les fumeurs, dont on sait qu'ils sont forcément ambivalents devant l'arrêt des cigarettes. Une campagne de peur gouvernementale qui a suscité de nombreuses réactions critiques du public. Tandis qu'une récente étude montre que 98% des vapoteurs allemands ayant arrêté de fumer constatent des améliorations de santé.

jeudi 17 août 2017

#FakeNews RTL enfume la France sur les chiffres de vente de tabac

Un chiffre a donné des sueurs froides en pleine canicule. Présenté sous forme de scoop exclusif, RTL annonçait hier un bond monumental des ventes de paquets de cigarettes en France de 9,2% provenant soi-disant de sources des douanes. En réalité, ce chiffre est totalement bidon et l'Administration des Douanes françaises l'a démenti. Avant même ce démenti officiel, les premiers à réagir pour dénoncer la Fake News ont été des buralistes sur twitter. Suivi par un communiqué de leurs "meilleurs ennemis" du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) qui s'insurgent de la désinformation. Les premiers soupçonnent un enfumage en vue de justifier la hausse du prix du paquet à 10 €, tandis que les seconds pensent qu'il s'agit d'une manœuvre pour discréditer le paquet neutre. Plusieurs médias reprenant l'info ont changé au petit bonheur la chance le chiffre annoncé. Pour certains c'est une hausse de 0,9% comme sur le Monde du tabac, pour d'autres de 0,5%, le CNCT affirme de son côté qu'il y a eut une baisse de 0,1%. RTL n'a pas (encore?) publié ni démenti, ni rectificatif de son énorme désinformation...

edit 18-08-2018 9h15: modif de l'expression ironique (peu claire) à propos du CNCT ;)

jeudi 10 août 2017

[Expresso] L'Allemagne lance une campagne de dénigrement contre la vape sur Facebook


"Ce n'est pas une alternative saine". Le Gouvernement allemand répand la peur contre la vape sur les réseaux sociaux. "Beaucoup de fumeurs utilisent le vapotage comme une alternative saine pour arrêter de fumer. Mais même si la vape est moins nocive que les cigarettes, elle pose notamment par sa teneur en nicotine des risques graves pour la santé", explique le Ministère de la santé (BMG) sur son compte Facebook. Des risques graves vraiment ? "Les trois affirmations du Ministère dans son infographie sont correctes. (1) Le vapotage n'est pas une "alternative saine", parce que rien n'est absolument 100% sain dans la vie. (2) La nicotine peut favoriser des maladies chroniques, mais elle protège aussi contre diverses autres maladies chroniques. D'ailleurs le Ministère recommande des médicament contenant de la nicotine pour l'arrêt du tabac", commente le Pr Bernd Mayer, de l'Université de Graz, sur son Facebook et poursuit, "(3) Le vapotage peut produire des substances cancérigènes, mais seulement dans des quantités minimes. Les usagers évitent la pyrolyse du liquide qui se produit en cas de "dry puff" car cela a un goût répugnant. Cela peut aussi arriver de carboniser un toast, mais on ne le mange pas généralement". Avant de souligner,"Le Ministère de la santé (BMG) dit la vérité mais pas toute la vérité".

Des centaines de commentaires s'indignent de la mésinformation répandu par les autorités allemandes. Les usagers y voit la rapacité fiscale du Gouvernement fédéral qui perçoit plus de 14 milliards d'euro par an grâce aux ventes de tabac. Il est à noter aussi que le pays est le plus grand exportateur de produits de tabac manufacturés au monde, selon les chiffres 2016 d'ITC. D'autres citoyens s’interrogent sur la bonne information des autorités sanitaires qui ont produit cette communication catastrophiste. "Quelqu'un m'a demandé d'informer le BMG de ces faits. Les employés du Ministère connaissent déjà très bien ceux-ci. Ils n'ont jamais essayé d'informer les fumeurs pour qu'ils passent au vapotage, alors que probablement pour un grand nombre cela sauverait leurs vies. L'argent et l'idéologie sont de toute évidence plus importants au Ministre que la santé de la population", déplore Bernd Mayer qui avait écrit un texte d'information médicale au sujet de la vape en mai



[Expresso] France: Philip Morris profite de la censure et du dénigrement contre la vape pour promouvoir sa cigarette Iqos

C'est une petite bombe que lâche ce matin le site Vaping.fr. L'enregistrement du recrutement téléphonique d'un "ambassadeur" par Philip Morris pour "faire la promotion" de sa nouvelle cigarette Iqos en France. La recruteuse du cigarettier est claire sur la tactique de contournement de la loi Evin. "Les restrictions législatives font qu'on ne peut pas faire de publicité pour du tabac, du coup il faut faire interagir votre réseau", explique t-elle dans une des conversions enregistrées. A l'image de sa stratégie de marketing testée en Suisse, le cigarettier prévoit des soirées "événements", des présentations en public, des groupes privés sur les réseaux sociaux et de la chasse directe. "Ce sera chaud pour vous et vous ne pouvez pas en faire la publicité vraiment", précise la recruteuse au postulant. Et de préciser que le futur chasseur de Philip Morris aura une enveloppe dédiée de plusieurs centaines d'euros, pour inviter des personnes à boire un verre ou autres, en vue de leur placer la cigarette Iqos. Le modèle semble proche de la campagne de chasse aux fumeurs d'Iqos mis en place par Philip Morris en Suisse.


Surfer sur la propagande des anti-vape

La stratégie de marketing du cigarettier vaudois entend bien profiter de la censure imposée aux produits de la vape par la loi Marisol Touraine, qui interdit "publicité et propagande" pour le produit sans tabac ni combustion en France. Tandis que sa cigarette de tabac Iqos produit de la pyrolyse comme nous l'avions expliqué sur la base des documents de Philip Morris et d'une étude indépendante lausannoise. Les campagnes de dénigrement du vapotage à répétitions par certaines organisations soi-disant anti-tabac, largement relayées par les médias à sensation, ont semé le doute dans la population des fumeurs contre la vape. Du pain béni pour Philip Morris qui va donc lancer une grande campagne de promotion de son nouveau produit pour récupérer sa clientèle perdue ces dernières années au profit de la vape. La mise en place d'une armée d'agents recruteurs en est un élément. 

La Ministre doute et donc n'existe pas

Pendant ce temps, la Ministre de la santé Agnès Buzyn préfère continuer de "douter" de l'intérêt de stratégie anti-tabac intégrant le vapotage, à l'image de celle britannique où le nombre de fumeurs s'est réduit de 20% depuis 2011. Le "doute", pour ainsi dire ce second produit de l'industrie cigarettière...





lundi 7 août 2017

Le risque cancérigène de la vape serait inférieur à 1% de celui des cigarettes selon une recherche


«La plupart des analyses de vapotage indiquent un potentiel cancérigène inférieur à 1% de celui de la fumée de cigarette». Publiée hier dans Tobacco Control du British Medical Journal (BMJ), un travail de recherche (research paper) a calculé les risques cancérigènes des cigarettes, dont une de tabac chauffé, du vapotage et d'inhalateur pharmaceutique de nicotine. Précisément, l'analyse modélisée pour comparer de multiples études aboutit à un risque cancérigène de 0,4% pour le vapotage par rapport aux cigarettes. Sur la durée d'une vie, «comparés aux cigarettes [risque = 1], les risques relatifs sont de 0.024 pour la cigarette de tabac chauffé, de 0.004 pour le vapotage et de 0.0004 pour l'inhalateur de nicotine». Autrement dit, vapoter entraînerait 250 fois moins de risque de cancer que fumer, selon les calculs du Dr William Stephens de l'Université de St. Andrews (Écosse).

Modélisation

Pour arriver à cette estimation, il a mis au point une série d'équation pour pouvoir comparer entre elles les études hétérogènes sur les substances dégagées par les cigarettes, le vapotage et les inhalateurs de nicotine. "Les potentiels cancérigènes des différents aérosols administrant de la nicotine ont été modélisés pour utiliser des analyses chimiques publiées sur les émissions et les risques associés à leur inhalation. Les potentiels ont été comparés à l'aide d'une procédure de conversion pour exprimer la fumée de cigarette et le vapotage dans des unités communes. Les risques de cancer sur la durée d'une vie ont été calculés à partir de ces potentiels sur la base d'estimations de consommation quotidienne", précise l'article de la revue anti-tabac. Sur la base des études, le Dr Stephens a estimé réaliste pour le risque de cancer sur la durée d'une vie de comparer une consommation quotidienne de 15 cigarettes à 30 litres d'aérosol de vapotage inhalé (NB: pas d'e-liquide de recharge, mais bien d'aérosol dégagé par la vapoteuse).



La nicotine elle-même n'étant pas cancérigène, ce sont les autres substances dégagées dans les aérosols qui sont facteurs de risque. Les concentrations de cancérigènes, reconnus (type 1) et possibles (type 2) par l'Agence Internationale de Recherches sur le Cancer (IARC) habituellement détectés dans la fumée de tabac, ont été pondérés selon l'évaluation du risque par dose établie par l'Office of Environmental Health Hazard Assessment database (OEHHA, California, USA). Le Dr Stephens a ensuite évalué les potentiels cancérigènes moyens de chaque mode de consommation de nicotine et calculé le risque sur une vie avec une consommation moyenne. Il est à noter que le calcul pour le tabac chauffé ne se base que sur une seule étude à partir d'un prototype d'appareil pour ce type de cigarettes.

Substances problématiques...

«Les cancérigènes les plus élevés des cigarettes sont le 1,3-butadiene et l'acrylonitrile, comptant pour plus des trois-quarts du potentiel cancérigène», souligne le Dr Stephens. Dans le vapotage ce sont le formaldéhyde et le cadmium qui constitueraient les principaux risques cancérigènes. «Même des taux minimes de cadmium peuvent avoir un effet majeur étant donné son niveau très élevé de risque, mais le cadmium n'a pas été détecté dans toutes les mesures et dans certaines autres il n'était présent qu'en concentration proche de l'indétectable», pondère le chercheur écossais. Concernant le formaldéhyde, les mesures rapportées par les différentes études sur le vapotage sont extrêmement disparates. Certaines mesures sont proches du niveau de l'inhalateur pharmaceutique, tandis que d'autres dépassent les taux dégagés par les cigarettes. 

Ou méthodes problématiques

Or, le Dr Stephens observe que les études rapportant de fort taux d'aldéhydes ont utilisé des voltages dépassant la plage d'utilisation normale des appareils de vapotage. Le problème est celui des surchauffes artificiellement produites par les machines à fumer ne détectant pas l'assèchement de la mèche. Au lieu de vaporiser le liquide, les chercheurs produisent alors un phénomène de pyrolyse. Autrement dit, ils crament la mèche et d'éventuels résidus au lieu de vapoter. «Ceci implique que c'est la manière dont l'appareil est utilisé qui peut être plus importante que l'appareil lui-même», éclaire le Dr Stephens. Pour éviter le problème, le chercheur insiste sur l'information de bonnes pratiques d'usage à délivrer aux utilisateurs. Et peut-être aux chercheurs...? Du moins, le Dr Stephen a jugé préférable d'écarter de son calcul les études ayant dépassé la puissance d'utilisation normale des vapoteuses pour produire les aérosols.

Un bon exercice mais prématuré ?

La grande disparité des mesures sur le formaldéhyde pose un problème de fond sur la qualité des études et les critères de publication des revues scientifiques sur le thème du vapotage. La très mauvaise qualité de certaines études sur le vapotage est vraiment inquiétante. Elle pose aussi un problème concernant la solidité de l'évaluation de cette méta-analyse sous un autre angle. Celui de l'absence de donnée pour le vapotage à propos de certains toxiques cancérigènes. «A mon avis, cette étude est un bon exercice mais elle est prématurée», commente le Dr Konstantinos Farsalinos, de l'Université de Patras, sur son blog. Pour autant le chercheur grec ne suit pas le Pr Stanton Glantz, de l'Université de Californie, qui s'est simplement gaussé sur son blog de l'étude. Le californien estime "mauvaise" la question de réduire les risques de cancer lié au tabagisme, n'apportant à son sens pas de réponse intéressante. Pourtant, les cancers représentent environ le tiers de la mortalité prématurée lié au tabagisme, que l'OMS quantifie à près de 7 millions de morts par an dans le monde. 



mercredi 14 juin 2017

[Expresso] Genève veut interdire la vente de tabac et cannabis light aux mineurs mais toujours rien pour aider les adultes

La vente de tabac et de cannabis light pourrait être bientôt interdite aux mineurs à Genève. Mauro Poggia, Conseiller d'Etat genevois, veut déposer un projet de loi cantonale pour limiter leurs ventes aux plus de 18 ans. L'information est révélée par le Matin. Actuellement, la loi fédérale ne posant aucune restriction à la vente des produits de tabac et succédanés, statut attribué au cannabis à moins de 1% de THC, les mineurs peuvent acheter sans autre cigarettes et, depuis quelques mois, l'herbe riche en CBD vendue en kiosque. "L'article 5 de la loi [genevoise] envisagée prévoit que tout contrevenant sera passible d'une amende pouvant aller de 100 à 1000 Fs.", précise l'article de Valérie Duby dans le quotidien vaudois.

Mauro Poggia estime qu'il s'agit d'agir en faisant entrer en vigueur cette loi cantonale d'ici la fin de l'année. Alors que le projet de loi Tabac fédérale d'Alain Berset a pris du retard suite au renvoi de son premier brouillon incohérent"Cette loi [au niveau fédéral] ne devrait pas entrer en vigueur avant le milieu de 2022, alors Genève doit agir. Sans compter que nous ne pouvions laisser subsister ce vide juridique avec le cannabis légal. (...) C'est un signal clair des autorités à donner", explique le magistrat genevois. Si l'interdiction de vente de cigarette pourrait un peu prévenir le tabagisme adolescent, on peut s'interroger sur le fait de pousser les jeunes vers le marché noir du cannabis plutôt que de leur offrir une alternative non-psychotrope et légale. Avant l'apparition du cannabis light, au moins de 30 à 50% des jeunes suisses de 15 ans déclaraient avoir essayer le cannabis.

Hypocrisie et aveuglement

Si les autorités genevoises semblent soudain se soucier de l'accès aux produits du tabac des mineurs, par contre elles gardent un silence pesant sur l'accès pour les fumeurs adultes aux produits de vapotage nicotiné. "En autorisant le cannabis light et le tabac, tout en maintenant l'interdiction des liquides nicotinés, nos élus envoient donc un message clair: la santé publique peut être reléguée au second plan", déplore l'éditorial de l'hebdo gratuit genevois GHI paru jeudi dernier. "La nicotine reste interdite aux vapoteurs. Comment supporter cette hypocrisie?", s'y demande Fabio Bonavita.

Visiblement, en réponse, les autorités ne semblent avoir que la part répressive à proposer. Sans considération pour des aides à sortir du tabagisme par la voie de la réduction des méfaits et la consommation de nicotine propre. Ni grande réflexion sur les conséquences potentielles sur la consommation de cannabis illégal chez les ados induites par leur réflexe autoritaire. A l'heure où l'échec des politiques du bâton est manifeste, et le succès des approches dites de réduction des risques, telles que les pratiquent la Suède et le Royaume-Uni sur le tabagisme, est de plus en plus convaincant, l'anachronisme risque de perdurer sous une forme renouvelée dans la cité de Calvin.

jeudi 25 mai 2017

[Expresso] En Suisse, 90% des usagers de cannabis le fument en joint avec du tabac selon le GDS 2017

"Fumer (avec combustion) n'importe quoi est nocif pour vos poumons. Fumer change les propriétés d'une substance, formant généralement des composés toxiques et cancérigènes." Ian Hamilton, de l'Université de York (UK), et le Dr Adam Winstock, du Global Drug Survey, expliquent dans The Conversation que le principal risque de santé individuelle du cannabis est de le fumer, a fortiori avec du tabac. "Mais vous ne devez pas forcément fumer le cannabis avec du tabac pour profiter de ses bénéfices", appuient les chercheurs. Le manger, sous formes "d'édibles", le boire en tisane, utiliser des gouttes sublinguales, l'inhaler avec des vaporisateurs d'herbe sèche, de concentré (en dab) ou en vapotage font partie des solutions pour éliminer tabac et fumée. Malheureusement, les données publiées hier du Global Drug Survey en 2017, la plus grande enquête internationale sur les usages de substances, confirment le faible recours à ces moyens de consommation plus sains en Europe. 

Accompagner plutôt que réprimer

La Suisse se distingue avec 90% d'usagers de cannabis le fumant en joint avec du tabac, contre seulement 8% des usagers américains. La double répression helvétique, à la fois du cannabis et du vapotage, est probablement un élément de cette pratique courante. Pour Ian Hamilton et Adam Winstock, les autorités en général ont un rôle à jouer. "Changer les normes culturelles de consommation de toute substance est difficile.(...) Le changement requiert que les gouvernements respectent les choix individuels. Les gens qui fument du cannabis devraient se voir offrir des conseils pratiques sur les manières de l'utiliser sans fumer de tabac, plutôt que des lois répressives", invitent les auteurs. Accompagner les usagers vers de meilleures pratiques, plutôt que de les pousser vers le pire par des prohibitions et/ou des restrictions souvent absurdes et contre-productives, est nécessaire d'un point de vue de santé publique.



Ce point est tristement illustré par l'avis nébuleux des autorités sanitaires helvétiques contre la vente de produits de vapotage contenant du cannabidiol (CBD), le cannabinoïde légal non psychotrope, alors qu'elles en autorisent sa vente sous formes à fumer. Au Royaume-Uni, ce sont les ventes de vaporisateurs d'herbe sèche qui sont réprimées. Pourtant, "il y a à présent assez de preuves scientifiques pour promouvoir le vapotage [ou la vaporisation] comme alternative plus saine d'utiliser le cannabis", soulignent Ian Hamilton et Adam Winstock. En plus d'éviter la combustion et l'ajout de tabac, le vapotage est un des moyens d'administration au potentiel intéressant. 

Arrêter de protéger le tabagisme au détriment de la population

Une étude lausannoise, publiée il y a un an dans Nature, a exploré le sujet. "Le "cannavapotage" apparaît être une alternative douce, efficace, pratique pour l'usager et sûre en place de fumer le cannabis pour des usages thérapeutiques. Ces bénéfices attendus semblent dépasser les avantages de l'administration par voie orale parce que l'ingestion se caractérise par une absorption erratique et une faible biodisponibilité", explique l'article signé de l'équipe menée par le Dr Vincent Varlet, du Centre Universitaire de médecine légale de Lausanne. 

De quoi initier une prise de conscience du rôle nocif de leurs décisions chez les autorités sanitaire en Suisse sur le sujet ? Aucune réaction n'a été notée suite aux critiques de l'association d'usagers Helvetic Vape à propos des produits de vapotage avec CBD. Pour le moment, l'administration d'Alain Berset semble toujours plongée dans un inquiétant état de narcolepsie aiguë...

dimanche 16 avril 2017

[Expresso] Des espoirs de sauver la vape indépendante aux Etats-Unis?

Les américains vont-ils échapper au 'vapocalypse' ? Gregory Conley, porte-parole de l'American Vaping Association (AVA), veut encore croire au sauvetage de la vape indépendante locale. Dans un interview pour le San-Diego Tribune, il souligne des signes favorables émanant de l'administration Trump. Notamment la nomination, pas encore entérinée, de Scott Gottlieb à la tête de la Food and drug administration (FDA). "M. Gottlieb soutient certaines approches sur les questions de drogues qui font un parallèle intéressant pour le monde du vapotage. C'est une raison d'être optimiste, surtout en regard de ce que nous avons vécu ces 7 ou 8 dernières années avec la FDA", pointe Greg Conley. 

Si sa nomination vient à être confirmée, Scott Gottlieb pourrait imprimer une direction plus ouverte à la réduction des risques et à l'auto-support des usagers de la part de la FDA. Son ancienne appartenance à l'American Enterprise Institute (AEI) laisse aussi supposer une plus grande considération pour les entreprises locales indépendantes. Tandis que la FDA, sous la précédente administration Obama, a privilégié les intérêts des grandes multinationales de la pharmaceutique et du tabac. La réglementation assimilant les produits de vapotage, sans tabac ni combustion, à la législation sur le tabac est exemplaire à ce titre. Entrée en vigueur en août 2016, ses exigences s'échelonnent jusqu'en 2018. Notamment, l'obligation de suivre une procédure ardue d'homologation des produits de vape, y compris rétroactivement pour ceux sortis depuis 2007.

La réglementation de la FDA protège les intérêts de Big Tobacco

Ces coûts d'homologation pour la mise sur le marché d'un produit de vape se chiffrent en millions de dollars. "Les coûts associés à cette application vont probablement entraîner la fermeture de nombreux producteurs indépendants de la branche du vapotage dans les années qui viennent, favorisant à long terme le partage de ce marché entre Altria, Reynolds et les autres grandes multinationales qui ont à la fois la surface financière et l'expérience en matière de réglementation pour évoluer dans ce processus", estimait au printemps 2016 Adam Fleck, analyste financier au MorningStar.

Cet avis partagé par la plupart des observateurs commence déjà à se vérifier. Bien que l'échéancier de la FDA coure jusqu'à l'an prochain, des entreprises de vape ont déjà cessé leurs activités devant le fardeau administratif. "Il y a une entreprise historique, Provape, qui produisait des appareils dans l'Etat de Washington. Ils ont arrêtés. Ils ont vu le mur à surmonter pour continuer de fabriquer américain et n'ont pas eu assez confiance pour poursuivre", explique Greg Conley. Devant l'incertitude, certains doivent abandonner leurs activités. 

Incertitudes et résilience

"Ce secteur peut disparaître dans 16 mois, si la réglementation reste telle qu'elle est. Alors si un propriétaire demande à un magasin de s'engager sur un bail de trois ans... Des commerçants se demandent si c'est le moment de prendre cet engagement ou de changer d'activité. Cela se passe un peu partout dans le pays", explique le représentant de l'association de défense du vapotage. Mais la plupart des entreprises de la vape s'accrochent, habitués aux entraves contre ce moyen populaire de sortir du tabagisme, poursuit Greg Conley.

Les effets négatifs de santé publique commencent aussi à se ressentir. Publié la semaine dernière, un rapport pour le National bureau of economic research détaille la hausse du tabagisme adolescent entraîné par les restrictions d'accès aux produits de vape aux Etats-Unis. "Les résultats de l'étude montrent que la part d'adolescents fumeurs a augmenté de 0,7 à 1,3 points sur le pourcentage global de cette tranche de population suite aux lois d'âge minimal de vente  sur le vapotage. Environ la moitié de cette hausse est attribuable à l'initiation au tabagisme, l'autre moitié aux fumeurs qui ont continué de fumer plutôt que de passer au vapotage en raison des restrictions", peut-on lire sur un article du Washington Examiner traduit en français par Vap-Actus.

Intégrisme puritain et science

Si ce sont les multinationales cigarettières qui bénéficient de la réglementation actuelle de la FDA, en éliminant la vape indépendante et en freinant le passage des fumeurs au vapotage, ce sont paradoxalement les tenants puritains soi-disant anti-tabac qui l'ont influencé. Encore récemment, Stanton Glantz, leader des anti-tabac californiens, affirmait sur la chaîne cablée HBO que "le vapotage est aussi dangereux que les cigarettes au niveau cardio-vasculaire". Sans apporter d'éléments concrets en soutien à cette opinion.

Pourtant, les propos de l'ingénieur aéronautique sont contredits par un rapport du Pr Neal Benowitz, son éminent collègue à l'Université de San Francisco (UCSF). "Le risque [de vapoter] est considéré être moindre que de fumer des cigarette sur la base des comparaisons à la fois qualitative et quantitative de l'aérosol du vapotage face aux constituants de la fumée de cigarette. L'adoption du vapotage à la place du tabagisme pourrait, alors, conduire à un bénéfice global pour la santé publique", conclue le document publié dans Nature en mars dernier. 

Mouvement de libération de la santé publique

Ce rapport s'ajoute aux nombreuses évaluations de la réduction des risques de passer au vapotage pour un fumeur et la maximisation des opportunités de réduire le tabagisme pour la santé publique qui en découlent. Suite aux rapports du Public Health England, du Royal College of Physicians britannique, de l'Université de Victoria au Canada et de l'organisation anti-tabac américaine Truth Initiative, ce sont, plus récemment, 120 experts américains de santé à lancer un appel pour intégrer le vapotage dans une nouvelle stratégie contre le tabagisme (brève du GREA en français). De quoi nourrir l'optimisme des défenseurs du vapotage comme outil de sauvetage pour les fumeurs, à l'image de Greg Conley. En espérant que cela ne tarde pas trop.


mercredi 9 novembre 2016

[Expresso] #COP7FCTC La délégation du Nigeria serait noyautée par l'industrie du tabac selon Premium Times

Tweet @INNCOorg
Après l'expulsion lundi des médias et du public, l'opacité règne sur les débats de la CoP7 de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT - FCTC en anglais) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). A Noida, dans la banlieue de la capitale indienne Delhi, les délégués des 179 pays et de l'Union Européenne bûchent sur l'ordre du jour. Le point 5.5.2 concerne les recommandations sur le vapotage de la part de l'organisation des Nations Unies (ONU). Le rapport préliminaire a été vivement critiqué par les scientifiques. Pourtant, selon les informations de l'INNCO, réseau mondial des organisations d'usagers de nicotine à risques réduits, quatre pays tentent d'imposer depuis cette après-midi l'interdiction totale du vapotage comme recommandation officielle de l'OMS. L'Inde, second producteur mondial de tabac, la Thaïlande, le Kenya et le Nigeria se seraient alliés dans ce but.

A propos de la délégation nigériane justement... Quelques heures avant cette nouvelle, le Premium Times révélait que deux des cinq membres présents de la délégation nigériane soutiendraient l'industrie cigarettière, selon une source interne dont le journaliste protège l'identité. Une participante ougandaise, citée par le quotidien online, remarque que la délégation nigériane a tenu des positions très timorées sur le tabagisme dans les débats mardi. Saisissant contraste donc avec l'offensive pour la prohibition du vapotage ce mercredi. L'opacité si favorable aux manigances, influences occultes et arrangements machiavéliques, votée lundi par tous les délégués à l'OMS a enrobé d'un rideau de fumée les agissements des délégués cloîtrés dans l'Expo-Centre de Noida... 

mardi 15 septembre 2015

#NZZ : la passerelle vers la bêtise [MàJ]

Avez-vous déjà bu ne serait-ce qu'une gorgée de bière ? Si vous répondez oui, alors la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) risque de vous déclarer alcoolique. Mais si en plus, vous avez déjà auparavant bu du soda, alors le quotidien zurichois pourrait bien aussi demander l'interdiction des sodas aux mineurs en raison de « l'effet passerelle » vers l'alcool de ceux-ci. Du moins, c'est ce que s'est permis de faire à propos de la vape, au lobbying moins stressant que Coca, la NZZ sous la plume de Stephanie Lahrtz dans son édition du 12 septembre dernier. En effet, celle-ci écrit la « e-cigarette est une passerelle vers le tabagisme des adolescents », « (...) des études montrent qu'ils sont nombreux a commencer ainsi une carrière tabagique ». 

Une innombrable foule de six jeunes 

Quelles études ? La NZZ se base sur deux études récemment publiées dans le même Journal of the American Medical Association (JAMA). La première a été menée à Los Angeles sous la direction du Pr Adam Leventhal. 2500 écoliers de 14 ans ont été interrogé sur leurs rapports à la vape et au tabac à un an d'écart. Le journal suisse relate « qu'après un an, un quart des consommateurs de e-cigarette à l'origine se sont mis à fumer, mais seulement un sur dix des ex-non-fumeurs ». Pour la journaliste suisse-allemande, ce constat est confirmé par la publication de la seconde étude menée à Pittsburgh par le Pr Brian Primack. Celle-ci montrerait « que 37,5% des consommateurs de e-cigarettes sont devenus fumeurs, contre moins de 10% des anciens non-fumeurs ». 

La journaliste remarque tout de même que la cohorte de départ ne présente que 16 utilisateurs de e-cigarettes sur les 700 jeunes de 16 à 26 ans interrogés. « Néanmoins, les résultats sont statistiquement significatifs », conclut-elle sans autre forme de procès. 37,5 % de 16 jeunes, cela fait 6 concernés sur 700. De quoi faire un buzz : « de nombreux jeunes commencent une carrière tabagique ». Six, nombreux... le zürcherdeutsch a ses mesures que la raison ignore. 

Ce que cache la NZZ à ses lecteurs 

Mais le principal est occulté dans l'article de Stephanie Lahrtz. Les deux études ont les mêmes problèmes méthodologiques. Non seulement le nombre de jeunes touchés par le « fléau » n'est pas suffisant pour être sérieusement qualifié de « statistiquement significatif ». Mais surtout les questions posées par les chercheurs ne permettent pas de catégoriser les jeunes comme elle le fait.