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lundi 21 mai 2018

Vapecon 2018: brefs retours sur les débats et des infos suisses sorties à l'occasion

Le Dr Reto Auer et le Pr Riccardo Polosa
Ce week-end s'est tenue la Vapecon au Palais des Congrès de Bienne. Le salon, plus petit que ses grands frères Vapexpo français ou Vapitaly, accueillait des conférenciers scientifiques de premier plan le samedi, tandis que le dimanche était réservé à une discussion sur la nouvelle situation post-prohibition en Suisse. Brefs retours malgré que j'y ai égaré mon bloc notes...

Le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania et membre de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF), a présenté un ensemble de recherches sur les effets du vapotage. Les arrêts de la cigarette suivi d'une amélioration des problèmes respiratoires, y compris pour des personnes souffrant d'asthme, font partie des effets les plus saillants. Le Pr Konstantinos Farsalinos, de l'Université de Patras, a pour sa part décrypté les biais ou erreurs manifestes d'une série d'études alarmistes sur le vapotage. Erreur méthodologiques, dont celle des vaporettes poussées bien au-delà de la puissance d'utilisation prévue et courant pour le modèle de l'étude, ou énigmes sur la manière dont les résultats irréalistes ont été obtenus, étaient au menu d'un échantillon d'études erronées assez inquiétant concernant la qualité des publications scientifiques.

Une étude sur le sevrage à l'aide de la vape en Suisse

Pour sa part, le Pr Reto Auer, de l'Université de Berne, a présenté le projet d'étude clinique ESTxENDS (Efficacy, Safety and Toxicology on Electronic Nicotine Delivery Systems) qui va débuter dans les semaines à venir en Suisse. Plus de 1'200 fumeurs désirant arrêter de fumer vont être suivis, les uns utilisant des vaporettes et des liquides nicotinés en plus de conseils d'arrêt tabagique, les autres avec les seuls conseils, sur six mois. Des mesures toxicologiques évalueront l'évolution des niveaux de toxines présentes chez les participants au long de l'étude. [édité 24.05.2018] En teasing, on peut annoncer que plus de détails seront présentés dans un article pour le très prochain numéro du Bulletin de Sovape, auquel vous pouvez vous abonner gratuitement.

Sur nos monts

Le dimanche était consacré à la situation Suisse avec les représentants romands et suisse-allemands de la SVTA, l'organisation des professionnels de la vape, et de Helvetic Vape, l'association des usagers, modéré par Phil Scheck, le fameux revieweur Youtube. De part et d'autre, on se réjouit de l'abolition de la prohibition illégale de vente des liquides nicotinés après neuf ans de régime sec en Suisse. Pour autant, les contours de cette légalisation forcée par la justice ne sont pas encore clairs, l'administration n'ayant visiblement pas compris, ou n'ayant pas envie de comprendre, les termes même du jugement. 

Jugement avec effet immédiat pas encore appliqué !

Phil Scheck, Marc Szeemann, Olivier Théraulaz, Stefan Meile, Nicolas Michel
Bien que le verdict rendu le 24 avril s'applique avec effet immédiat, aucune directive ne semble encore avoir été donnée aux douanes qui ont bloqué certains colis de liquides nicotinés pour des professionnels, d'après des témoignages recueillis par la SVTA. Olivier Théraulaz, le président d'Helvetic Vape, a annoncé l'envoi imminent d'une lettre à l'administration pour avoir des précisions explicites concernant les dispositions prises pour respecter le rendu de justice. Les galimatias publiés sur le site de l'OSAV étant au mieux n'importe quoi, tant au niveau légal que sur les explications techniques qui frisent le ridicule [message aux débutants: ATTENTION, pour éviter un accident, ne suivez surtout pas les indications techniques des sites de l'OSAV et de l'OFSP !].

Une opportunité et un défi

Même si les détails adminsitratifs ne sont pas éclaircis, Nicolas Michel de la SVTA voit dans la légalité de vente des liquides nicotinés une opportunité de développement pour la vape mais aussi un défi pour les boutiques spécialisées dans le nouvel environnement qui va se mettre en place. Pour le vendeur lausannois, se reposer sur la niche commerciale des vapoteurs déjà convertis ne sera pas pérenne et impose aux boutiques d’affûter leurs conseils aux fumeurs pour sortir du tabagisme à l'aide du vapotage afin d'attirer et étendre la clientèle. Développer une culture de réduction des risques pour les boutiques en première ligne de l'aide à l'arrêt du tabagisme avec le vapotage, d'ors et déjà moyen le plus populaire utilisé pour cela par les fumeurs suisses, est la clef de développement de la branche.

Les risques du vapotage

Articuler des formations spécifiques, peut-être même avec les milieux de la santé, pourrait être un apport de premier choix dans cette perspective. Mais l'ombre d'une assimilation du vapotage au tabagisme dans la future Loi Tabac (LPTab), sur laquelle Helvetic Vape a fait une prise de position argumentée lors de la consultation publique, pourrait évidemment freiner un tel développement en restreignant massivement les possibilités de communiquer pour les professionnels de santé, de vape évidemment, mais aussi les usagers, notamment sur les réseaux sociaux. Cette assimilation interdirait aussi de fait de pouvoir tester, goûter et recevoir des instructions pratiques en boutiques par l'interdiction de vapoter dans les lieux publics, au même titre que le tabagisme. 

Une assimilation d'un produit sans combustion ni tabac au tabagisme dont la seule logique semble la défense du tabagisme, ou de ceux qui en vivent indirectement. Les opposants aux vapotage pourraient d'ailleurs prendre des initiatives au niveau des cantons pour restreindre le droit d'arrêter de fumer à son aide. Une première motion inquiétante en ce sens a été déposée au Grand Conseil vaudois en mars, sans avoir consulté les usagers ni les professionnels.

La salle a eu l'occasion de poser des questions aux intervenants dans des échanges stimulants. Il serait long de tout détailler ici. Surveillez la chaîne de Phil Scheck, si la prise de son le permet, il mettra des vidéos des conférences et débats. L'ambiance générale du salon était très sympa avec un bon panel de stands, de matériel et de liquides, notamment des découvertes locales. Mais des commentateurs plus calés que moi feront probablement des retours plus précis sur ce volet... 

Bonus track [Parental advisory explicit lyrics]

Un sujet du journal de la Télé locale Bielingue avec une brève apparition de votre dévoué ...


mercredi 9 mai 2018

[Bref] Le Pr Riccardo Polosa devient conseiller scientifique d'INNCO à titre gracieux

INNCO, le réseau international des organisations de consommateurs de produits nicotinés à risque réduit, annonce un renfort de marque. Le Pr Riccardo Polosa, directeur de l'Institut de médecine de l'Université de Catania en Italie, rejoint à titre de conseiller scientifique l'organisation d'usagers. "Nous lui sommes reconnaissants pour son soutien ainsi que son engagement à fournir une orientation durable et des conseils alors que nous continuons de développer INNCO comme ressource de défense mondiale pour les consommateurs de produits de nicotine alternatifs et ceux qui soutiennent notre mission de réduction des méfaits par l'éducation et le plaidoyer", annonce un communiqué de l'organisation aujourd'hui. 

Auteur de plus de 350 articles scientifiques sur la médecine respiratoire, l'immunologie clinique et la dépendance au tabac, il a mené plusieurs études sur le vapotage. Son article sur le suivi durant plus de 3,5 ans de vapoteurs sans passé tabagique publié en novembre dernier dans Nature - Scientific Report a été parmi le top 100 des articles scientifiques les plus lus au monde en 2017. Le Pr Polosa est déjà au comité scientifique de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF) et a participé à plusieurs rencontres internationales au sujet de la réduction des risques à l'aide du vapotage, comme les Ecig Summits à la Royal Society de Londres et le Global Forum on Nicotine (GFN) à Varsovie. Il sera aussi le 19 mai à la VapeCon de Bienne pour présenter ses derniers travaux.

"Le rôle de consultant scientifique qui m'a été confié me permet d'assister les associations de vapoteurs et de consommateurs dans leur grande bataille pour le droit à la santé. La possibilité d'utiliser des outils moins nocifs que le tabagisme conventionnel est une opportunité que nous, les scientifiques, devons évaluer, soutenir et promouvoir. Le vapotage est une révolution qui nécessite engagement et courage. Nous serons toujours là", déclare le Pr Polosa au site de la LIAF à propos de sa nomination.

Outre le conseil scientifique, le Pr Polosa pourrait aider l'organisation des usagers à être représentée par son entremise dans les grandes rencontres des organisations internationales, pour le moment impossible à accéder pour les usagers. "Initialement, le professeur Polosa assistera en co-représentant INNCO dans son engagement avec l'Alliance mondiale contre les maladies non-transmissibles (MNT) de l'Organisation des Nations-Unies (ONU) et d'autres organismes concernés. Communiquer de manière transparente avec l'Alliance mondiale contre les MNT et l'informer est un objectif important de l'INNCO dans le cadre des travaux de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles qui se tiendra à New York le 26 septembre 2018. Cette réunion est d'une importance cruciale, avant la Conférence des Parties à la Convention-cadre de lutte anti-tabac (CCLAT) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du 1er au 6 octobre à Genève", explique le communiqué de l'INNCO.


mardi 8 mai 2018

Conférences de K. Farsalinos, R. Polosa et R. Auer le 19 mai à la VapeCon de Bienne

Les professeurs Konstantinos Farsalinos et Riccardo Polosa, deux des scientifiques spécialistes du vapotage les plus renommés mondialement seront à Bienne le samedi 19 mai après-midi à la VapeCon. Dans la salle de conférence du Palais des congrès de Bienne, le Dr Reto Auer, chercheur à l'Université de Lausanne et de Berne, les accompagnera pour présenter sa prochaine étude de cohorte qui doit se dérouler en Suisse à partir de juin. Agendée à 13 h, les conférences seront en anglais avec une traduction simultanée en français et allemand, suivi d'un débat entre les trois scientifiques animé par Olivier Théraulaz, président de l'association Helvetic Vape.

Le Pr Konstantinos Farsalinos est chercheur au Centre de chirurgie cardiaque Onassis à Athènes et au département de pharmacologie de l'Université de Patras, en Grèce. Il a mené des dizaines d'études au sujet du vapotage, notamment sur sa cytotoxicité, les protocoles corrects d'évaluation des émanations de vapotage et des enquêtes sur les usages des vapoteurs. Il poste régulièrement des synthèses de ses recherches ou des réactions à des études sur son blog E-cigarette Research

Le Pr Riccardo Polosa dirige l'Institut de médecine interne et d'urgence et le Centre de recherche sur le tabac (CPCT) de l'Université de Catane en Italie. Auteur de plus de 250 articles et livres scientifiques sur la médecine respiratoire, l'immunologie clinique et la dépendance au tabac, le Pr Polosa et son équipe de recherche ont mené plusieurs essais cliniques sur le vapotage. Il est également du comité scientifique de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF).

Le dimanche sur la Suisse

Comme précédemment annoncé, la conférence du dimanche après-midi de la VapeCon sera consacrée à exposer la situation pour le vapotage en Suisse avec Olivier Théraulaz, Marc Szeemann, respectivement président et secrétaire général de l'association Helvetic Vape, accompagnés de 'PhilGood' Scheck, célèbre reviewer en terre helvète.

VapeCon - samedi 19 et dimanche 20 mai 2018
au Palais des congrès CTS Biel, Rue centrale 60, 2501 Biel / Bienne

CONFÉRENCES:

Samedi: de 13h00 à 14h00 - Présentations des Prs K. Farsalinos, R. Polosa et R. Auer
En anglais avec interprétation simultanée français/allemand
de 15h30 à 16h30 - Débat entre les Prs K. Farsalinos, R. Polosa et R. Auer, animé par Olivier Théraulaz, président d'Helvetic Vape, avec questions du public.
En anglais avec interprétation simultanée français/allemand

Dimanche: de 14h00 à 15h00 Débat avec Philgood Scheck, Marc Szeemann et Olivier Théraulaz avec le public, en allemand et français sans interprétation.


dimanche 22 avril 2018

Etude clinique à Milan: 2,5 fois plus d'arrêts tabagiques réussis avec une vape peu ou pas nicotiné que sans rien

"Le vapotage a augmenté le taux d'arrêt, ainsi que la réduction du nombre de cigarettes quotidiennes des participants qui ont continué de fumer". La principale conclusion d'une équipe de l'Institut Européen d'Oncologie (IEO) de l'Université de Milan confirme, dans les conditions d'une étude clinique, le potentiel du vapotage pour aider au sevrage tabagique. L'étude, publiée dans la revue d'Oxford Nicotine & Tobacco Research, a sélectionné 210 fumeurs sur 550 postulants provenant du suivi COSMOS II (Continuous Observation of SMOking Subjects). 

European Institute of Oncology MilanoEtre fumeur d'au moins 10 cigarettes quotidiennes depuis plus de dix ans et être motivé à arrêter étaient notamment des critères pour participer au suivi de trois mois fin 2015. L'âge des participants était assez élevé avec une moyenne de plus de 62 ans. Un premier groupe a reçu une vapoteuse de type ego CE4 avec une fiole de liquide goût tabac nicotiné à 8 mg/ml, un second groupe la même vapoteuse avec des liquides sans nicotine et le troisième groupe témoin ne recevait rien de particulier. Tous les participants avaient un appel téléphonique mensuel d'une dizaine de minutes, où ils ont été invités à arrêter de fumer après la première semaine du suivi.

Consommation limitée de vapotage

Les chercheurs ont demandé aux participants des deux groupes vapoteurs de ne pas consommer plus d'un millilitre de liquide par jour. Avec en moyenne un peu moins de onze fioles consommées en trois mois (soit 1,2 ml/jour), les participants se sont tenus à cette consigne. Cette consommation réduite de nicotine peut expliquer la faible différence de résultats entre les deux groupes de vapoteurs (avec/sans nicotine), selon les chercheurs. On peut se demander si la plutôt faible concentration de nicotine des liquides associée à cette consigne n'ont pas conduit certains participants à ne pas réussir leur arrêt tabagique.

Au terme du suivi:
    le modèle utilisé par l'étude
  • 25,4% des utilisateurs de vapoteuses (Ego) avec une consommation limitée de liquides nicotinés (à 8mg/ml) n'avaient plus fumé depuis trois mois,
  • 23,4% des vapoteurs sans nicotine ont fait de même, ainsi que
  • 10,3% des participants n'ayant pas reçu de vapoteuse (et s'étant engagé à ne pas en utiliser ni une autre aide de type patchs ou gommes nicotinés). 

Plus de réduction de cigarettes avec la vape nicotinée

Les vapoteurs avec nicotine qui n'ont pas réussi à stopper de fumer, ont par contre plus nettement réduit leur consommation de cigarettes que les vapoteurs sans nicotine et le groupe témoin. D'une consommation initiale de plus de 19 cigarettes par jour, les vapoteurs avec nicotine ont réduit à 7,67 cigarettes tandis que les vapoteurs sans nicotine passaient à 9 et les 'sans vape' à un peu plus de 10 cigarettes quotidiennes.

Améliorations de l'état de santé

En Angleterre, l'information sur le vapotage pour l'arrêt tabagique est déjà intégréeLes chercheurs ont aussi questionné les participants sur leurs symptômes respiratoires. "Une réduction significative de tous les symptômes a été reportée, probablement en raison de la réduction de cigarettes quotidiennes fumées par la plupart des participants, indépendamment du groupe de l'étude", précisent t-ils. Environ 21,5% des participants signalent une diminution de la toux, 18,5% moins d'inflammation pulmonaire (catarrhe) et 14,5% une amélioration de la respiration. Concernant le groupe vapoteurs avec nicotine, 23% rapportent un effet indésirable de gorge irritée lors du premier mois. Mais après trois mois, cet effet secondaire n'est plus signalé que par 5,7% de ce groupe. 

Intégrer le vapotage aux guides sur les arrêts tabagiques

En conclusion, les auteurs suggèrent d'intégrer le vapotage à l'aide à l'arrêt tabagique. "Il pourrait être utile d'associer cet appareil à de nouveaux guides d'auto-soutien afin de permettre aux gens de mieux gérer les changements de comportement et les effets secondaires. Ceci est vrai pour les fumeurs prêts à arrêter (comme nos participants) mais peut aussi être avantageux pour les fumeurs moins motivés se trouvant en milieu clinique".

edit à 16h30 du titre pour le rendre plus clair. Merci à Michel pour la remarque ;)

dimanche 8 avril 2018

UCSF: nouvelle plainte contre le Pr Stanton Glantz pour harcèlement sexuel et discrimination raciste

Lundi 26 mars, une nouvelle plainte a été déposée devant la Cour Supérieure du Comté d'Alameda pour harcèlement sexuel, discrimination raciste et des fraudes académiques attenantes contre le Pr. Stanton Glantz, de l'Université de Californie San Francisco (UCSF). Cette fois-ci, la plaignante est une jeune femme d'origine amérindienne révèle le San Francisco Examiner. Après près de trois ans à travailler sous les ordres de Stanton Glantz au Center for Tobacco Control Research and Education (CTCRE) de l'UCSF, son contrat n'a pas été renouvellé en septembre. Tout comme dans une précédente affaire le concernant, le septuagénaire est accusé d'avoir multiplié les gestes et remarques déplacées, les violences verbales et traité de manière discriminatoire la chercheuse d'une quarantaine d'année sa cadette. 

Racisme opportuniste

Une enquête interne de l'Université, bouclée en décembre, confirme le harcèlement sexuel dont la chercheuse a été victime, mais sans examiner le sujet des discriminations racistes à son encontre. Pourtant, un collaborateur du CTCRE témoigne avoir entendu Stanton Glantz hurler à la chercheuse qu'il l'aurait "embauché uniquement parce [qu'elle est] amérindienne". Bien que la jeune femme détienne une expérience préalable de juriste pour un cabinet d'avocat, notamment dans un litige contre l'industrie du tabac. 

Selon la plaignante, Stanton Glantz a utilisé ses origines ethniques pour décrocher des budgets du National Institute of Health (NIH) réservés aux recherches impliquant les minorités amérindiennes. Après que le NIH ait accordé la subvention spéciale, la chercheuse a été "réaffectée à une autre tâche sans pouvoir participer aux projets de recherche prévus sur les politiques concernant les amérindiens", précise le journal californien.

Plagiat et inexactitudes dans les études

Lorsque la plaignante et une autre chercheuse, qui a aussi entamé des poursuites, ont signalé "des inexactitudes et du plagiat dans un article signé d'un autre chercheur sur le sujet des amérindiens, Stanton Glantz aurait été violent verbalement envers les deux femmes selon la plainte déposée", explique le San Francisco Examiner.

L'Université de Californie San Francisco (UCSF) se refuse à tout commentaire sur l'affaire. De son coté, le Pr Stanton Glantz renvoie à ses propres explications sur son blog datant de la précédente plainte en décembre. Il précise au San Francisco Examiner être la victime des deux femmes qui "se sont liguées depuis plus d'un an" contre lui.

Omerta

Le milieu académique, et en particulier le domaine du "tobacco control" - la lutte anti-tabac -, garde le silence sur cette affaire. Pour Carl Phillips, ancien professeur de santé publique écarté pour son soutien à la réduction des risques, cette omerta est un calcul politico-pécunier. Le budget annuel de la team de Stanton Glantz pèse plus de 20 millions $ et ses travaux ont permis de justifier de multiples hausses de taxes contre les fumeurs. Difficile d'imaginer le camp Démocrate torpiller un tel allié à travers les campagnes #MeToo dénonçant le harcèlement des femmes.

Une autre lecture des événements est livré par Dow Patten, l'avocat de la plaignante. Pour le juriste, ces poursuites découlent "d'une culture systémique tolérant le harcèlement sexuel et la discrimination à l'UCSF". L'avocat défend notamment une autre femme, infirmière au Centre de santé des femmes de l'Université, qui se dit victime de harcèlement sexuel, discrimination et de mesures de représailles de son supérieur et de ses collègues.

Le racisme BCBG des universités californiennes 

Ces déclarations font échos, sous l'angle du harcèlement raciste, à l'affaire du Dr Christian Head qui a défrayé la chronique californienne en 2012. Ce chirurgien, seul afro-américain engagé au département médical de l'Université de Californie de Los Angeles (UCLA), avait subi des humiliations à caractère raciste de sa hiérarchie, puis un harcèlement suite à ses plaintes. Une série de photomontages, dont l'un le montrant être sodomisé par un gorille, avait été projeté lors d'une soirée du département. Après qu'il se soit plaint, le photomontage avait été envoyé par mail à l'ensemble de ses collaborateurs. Réaffecté à un autre service, il a alors subit les représailles de sa supérieure Jessica Wang-Rodriguez. 

A bout, il a mis un terme à sa carrière universitaire. On peut voir la vidéo de son témoignage devant un comité du Congrès en 2014. Jessica Wang-Rodriguez a pu sans problème poursuivre sa carrière. Le monde académique californien étant petit, si ce n'est étriqué, on la retrouve à l'origine de la falsification de communication des résultats d'une recherche sur la viabilité de cellules épithéliales avec le vapotage. Ses mensonges avaient généré un buzz mondial alarmiste contre le vapotage durant les fêtes de fin d'année 2015, alors que l'étude montre une énorme réduction des dommages pour les cellules soumises au vapotage par rapport à la fumée de cigarette.

Sujet TV en 2012 sur l'affaire des harcèlements contre le Dr Christian Head à l'UCLA:


vendredi 16 mars 2018

Etude gag dans Plos-One: la vape ferait exploser le nombre de fumeurs même si la réalité montre l'inverse



Pénitence et châtiment contre les vapoteurs
Quand le réel ne correspond pas à ses attentes, le virtuel peut pallier aux fantasmes. L'équipe menée par Samir Soneji, démographe de l'Université de Dartmouth, a simulé selon le "modèle stochastique de Monte Carlo" l'impact sanitaire du vapotage sur la population. "Le modèle a estimé que 2'070 fumeurs de cigarettes âgés de 25 à 69 ans cesseraient de fumer en 2015 et resteraient abstinents pendant au moins 7 ans à partir de 2014. Le modèle a également estimé que 168'000 adolescents non fumeurs de 12 à 17 ans et de jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans supplémentaires s'initieraient à fumer en 2015 et deviendraient éventuellement des fumeurs quotidiens de cigarettes entre 35 et 39 ans à travers l'usage d'e-cigarettes en 2014", résument les auteurs dans la revue PLoS-One. La balance entre risques et bénéfices est effrayante avec "1,55 millions d'années de vie perdus" pour la population, selon leur calcul. Les chercheurs en concluent donc que "l'utilisation de la cigarette électronique représente actuellement plus de préjudices que de bénéfices".

120 millions d'ados fumeurs sur 65 millions d'habitants selon cette simulation

Les conclusions reprisent telle quelle par le site francophone Pourquoi Docteur, qui montre décidément un certain talent pour dénicher les études les plus pourries méthodologiquement, a soulevé des doutes en Angleterre et en Allemagne. "Cette nouvelle "évaluation" est basée sur l'hypothèse bizarre que pour chaque fumeur qui utilise le vapotage pour arrêter, 80 non-fumeurs vont essayer de vapoter puis commencer de fumer. Cela va non seulement à l'encontre des données réelles disponibles, mais c'est aussi mathématiquement impossible. Rien qu'au Royaume-Uni, 1,5 million de fumeurs ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage. La «modélisation» dans cet article suppose que nous aurions alors 120 millions jeunes devenus fumeurs [pour une population britannique totale d'un peu plus de 65 millons d'habitants]", pointe le Pr Peter Hajek, directeur de l'unité de recherche sur le tabac à l'Université Queen Mary de Londres, sur le site du Science Media Center.

La réalité infirme les théories de la passerelleA l'origine de ces résultats extravagants se trouvent deux présupposés arbitraires des chercheurs américains. "Modéliser des données est dépendant de manière cruciale des hypothèses initiales. Les auteurs font des hypothèses très spéculatives ici, en particulier sur l'effet «passerelle» chez les adolescents. Ils supposent que le vapotage conduit à fumer. Le problème, c'est que toutes ces données proviennent d'études qui ne prouvent rien de ce genre, et ils ignorent la possibilité que le vapotage puisse en réalité détourner les jeunes du tabac", souligne le Dr Lion Shahab, épidémiologiste à l'Université College de Londres (UCL). Alors que dans le réel, le tabagisme des jeunes américains est en chute libre depuis l'essor de la vape, atteignant le plus bas taux jamais enregistré, cette étude aboutit à la conclusion virtuelle et surréaliste d'une explosion de tabagisme adolescent à cause de la vape.

La négation du réel

Le second présupposé américain est l'extrême faible taux d'arrêt tabagique à l'aide du vapotage. "À mon avis, le choix des études par les auteurs pour justifier l'impact de l'utilisation du vapotage sur les taux d'abandon est plutôt biaisé. Dans au moins un cas, ils ont utilisé un document dont la méthodologie a déjà été fortement critiquée", relève le Dr Lion Shahab. Pourtant des analyses américaines plus sérieuses existent. Le récent bulletin de l'association Sovape en présente une du Pr Brad Rodu, sous l'oeil du Dr Philippe Arvers, montrant que les fumeurs s'aidant du vapotage ont au moins 1,43 fois plus de chance de succès que ceux empruntant une autre méthode d'arrêt. Une analyse de Daniel Giovinco, de l'Université Colombia de New-York , évaluait à 52% des vapoteurs américains a avoir arrêté de fumer en 2014-2015, les années prises en compte par la simulation de l'équipe de Samir Soneji.

Une étude-catastrophe sans science

Mais le chercheur de l'Université de Dartmouth a préféré des hypothèses aboutissant  évaluer à 2'070 arrêts tabagiques à l'aide du vapotage. Dans le réel, ce sont au moins 3,5 millions d'américains qui ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage sur les 8,9 millions d'usagers en 2016. "Si vous faites des suppositions, une approche beaucoup plus raisonnable serait de supposer que le vapotage est au moins aussi efficace que des patchs ou des gommes. C'est ce que montre la meilleure preuve provenant d'essais contrôlés randomisés. Malheureusement, les auteurs de cette étude ont modélisé en utilisant de fausses hypothèses. Sans surprise, ils ont fini avec de mauvaises conclusions", déplore le Dr Lion Shahab. "Ce modèle ne reflète que les suppositions fausses qui y sont formulées. Commencer avec les hypothèses opposées générerait le résultat inverse. Ce n'est pas une manière de faire de la recherche scientifique", renchérit le Pr Peter Hajek.

"Ces hypothèses sont critiquables", Dr Ute Mons du DKFZ

En Allemagne aussi, on se montre dubitatif face à cette publication de PLoS-One. "Les hypothèses de cette étude peuvent certainement être critiquées car elles sont extrêmement pessimistes", déclare la Dr Ute Mons, directrice du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) connu pour ses fortes réticences au vapotage, à die Zeit. Même Saskia Gerhard, la journaliste allemande de Zeit Online, s'étonne des a priori et lacunes absurdes de la publication américaine. "Le vapotage est significativement moins nocif que les cigarettes. Cet avantage de passer au vapotage n'est pas pris en compte dans l'étude. Dans le calcul des années de vie gagnées par les ex-fumeurs, les chercheurs incluent seulement ceux qui ont aussi arrêté le vapotage", relève Saskia Gerhard, qui a pris le temps de lire l'étude contrairement à son homologue française de Pourquoi Docteur. 

samedi 3 mars 2018

AFP & UCSF bullshit: la vape provoque t-elle des crises cardiaques avant qu'on ne se mette à vapoter ?

Le professeur poursuivi pour harcèlement sexuel par plusieurs étudiantes est toujours bien entouré
La dernière imbécillité du Pr Stanton Glantz: transformer une corrélation en lien de causalité sans même connaitre la temporalité des deux événements liés. A savoir, un lien entre crise cardiaque et vapotage dans une étude transversale (!) où il n'était pas demandé la date de l'éventuelle crise cardiaque. Autrement dit, les données recueillies dans les National Health Interview Surveys de 2014 et 2016 permettent de savoir qui a eu une crise cardiaque et parmi ceux-ci qui fume et/ou qui vapote. Mais on ne sait pas quand ces personnes ont eu une crise cardiaque. Avant ou après s'être mis à vapoter ? On ne le sait pas. La seule chose montrée par ces données est "une association significative (odds ratio=1,79) entre l'utilisation quotidienne de vapotage et le fait d'avoir subi une crise cardiaque dans sa vie". Contrairement à ce qu'affirme la dépêche de l'AFP reprise sur une série de sites putaclicks, rien ne permet d'affirmer un quelconque lien causal entre les deux événements.

Honte académique

L'AFP s'est fait une spécialité de répandre les fausses infos contre le vapotage
On ne peut pas affirmer à partir de ces données que subir une crise cardiaque amène des fumeurs à essayer d'arrêter de fumer avec le vapotage. Même si cela parait de bon sens, on ne peut pas l'affirmer à partir de ces données parce qu'on ne connait pas la séquentialité entre les événements recensés. Mais évidemment, on ne peut pas non plus dire à partir de ces données que vapoter provoque des crises cardiaques, dont il est possible qu'une partie (voire une très grande partie) se sont déroulées avant que les personnes ne commencent à vapoter. C'est pourtant ce qu'a fait Stanton Glantz, de l'Université Californienne de San Francisco. Bien que l'étude ne soit pas encore publiée, l'ultra anti-vape l'a présenté au congrès de la Société de Recherche sur la  Nicotine et le Tabac (SRNT) la semaine dernière à Baltimore. 

Le plus plausible: le vapotage pour arrêter de fumer après une crise cardiaque

Pour le Pr Mickael Siegel, de l'Université de Boston, il est "peu plausible que le vapotage puisse augmenter le risque de maladie cardiovasculaire au-delà du tabagisme" contrairement à ce que prétend Stanton Glantz. "Pourquoi? Parce que les effets cardiovasculaires de la fumée sature à un niveau très bas d'exposition. Cela signifie qu'il suffit de fumer déjà un peu pour fortement augmenter le risque. Mais au-delà, le risque augmente peu", explique le professeur de santé publique. Une raison pour tenter autant que possible de ne pas/plus fumer, même peu. Evidemment, l'hypothèse la plus plausible, mais ce ne peut être qu'une hypothèse, est que les fumeurs de l'enquête ayant subi une crise cardiaque ont été motivés ensuite à arrêter de fumer. "Ces dernières années, de nombreuses tentatives d'arrêt se font à l'aide du vapotage", souligne le Pr Michael Siegel. 

Stanton Glantz a raison sur un point

Célèbre pour prétendre devant ses étudiantes "pouvoir violer même la fille du gouverneur sans risquer aucun problème", le Pr Stanton Glantz semble avoir raison au moins sur ce point. Malgré les plaintes à son encontre pour harcèlements, discriminations racistes et enrichissement personnel, l'Université de Californie de San Francisco continue de le protéger et de lui assurer l'impunité.


mercredi 21 février 2018

Faut-il avoir peur du vapotage? Six rumeurs démystifiées par la science

La presse à sensation et les sites "à click" multiplient les articles anxiogènes sur le sujet. Le Pr Martin Dockrell, directeur du programme sur le tabac du Public Health England (PHE), balaie six mythes sur le vapotage dans un article publié hier sur le site officiel de l'organe de santé publique anglais. "Il y a beaucoup d'inexactitudes et d'idées fausses sur le vapotage. Ce billet se penche sur les mythes les plus courants et présente les faits", explique t-il en s'appuyant sur la récente mise à jour du rapport scientifique du PHE ayant sélectionné et révisé plus de 400 études internationales sur le vapotage. 

"Malgré les sujets dans les médias parfois confus, et confondants, sur la sécurité du vapotage, il y a un consensus croissant autour des connaissances. Bien qu'il ne soit pas totalement sans risque, le vapotage est beaucoup moins nocif en comparaison du tabagisme. Cette évaluation est soutenue par nombre d'organismes clés, notamment le Cancer Research UK (CRUK), l'Action on Smoking and Health (ASH), le Royal College of Physicians (RCP), la British Medical Association et, récemment, un important organe scientifique américain, la National Academies of Sciences, Engineering and Medicine", rappelle en préambule le Pr Martin Dockrell.

Mythe 1 : la "maladie du pop-corn"

C'est la rumeur préférée des sites sensationnalistes. A l'origine de la rumeur, des ouvriers d'une usine américaine de pop-corn, utilisant massivement du diacétyle pour parfumer leur produit d'une saveur beurrée, ont été atteints à l'orée des années 2000 de bronchite obstructive, une maladie pulmonaire très rare. "Bien que le diacétyle est désormais interdit comme ingrédient des liquides de vapotage au Royaume-Uni, il a été détecté par le passé dans certains arômes d'e-liquide, mais à des niveaux cent fois inférieurs à ceux de la fumée de cigarette. Or même à ces niveaux, le tabagisme n'est pas un facteur de risque majeur pour cette maladie rare", précise le Pr Dockrell. En fait, les cas de malades liés au diacétyle ont été exposé à des doses des milliers de fois supérieures à celle détectées dans les "pires" liquides de vapotage avant l'entrée en vigueur des normes européennes. Contrairement à un mensonge colporté par des sites douteux, aucun cas de malade n'est apparu.

Mythe 2 : l'absence de réglementation et de connaissance

Dans l'Union Européenne (UE), l'implémentation au niveau national des articles relatifs au vapotage de la directive sur les produits du tabac (TPD) dote les pays d'une réglementation. "Les produits de vapotage sont soumis à des normes minimales de qualité et de sécurité, ainsi qu'à des exigences d'emballage et d'étiquetage pour fournir une information nécessaire aux consommateurs pour faire des choix éclairés", précise le PHE. Si ces normes et obligations d'avertissements sont discutables, c'est plutôt par excès de principe de précaution. La composition et un ensemble de tests des produits mis sur le marché sont obligatoirement notifiés aux autorités de santé, l'Agence des médicaments et des produits de santé (MHRA) pour le Royaume-Uni. C'est aussi le cas en France, même si la Ministre de la santé ne semble pas au courant.

Mythe 3 : la peur de la nicotine

"Quatre fumeurs sur dix croient à tort que la nicotine cause la plupart des cancers liés au tabagisme, alors que les preuves scientifiques montrent que la nicotine ne comporte qu'un risque minime pour la santé", souligne le Pr Dockrell. La nicotine fait partie des raisons de fumer, mais ce sont les milliers de substances chimiques produites dans la combustion du tabac qui sont les causes de maladies. "Le vapotage ne dégage pas de goudron ni de monoxyde de carbone, deux des éléments les plus nocifs de la fumée de tabac. Il contient certains produits chimiques trouvés dans la fumée de tabac, mais à des niveaux beaucoup plus bas", explique le responsable du PHE sur la base des recherches scientifiques.



Mythe 4 : le spectre du vapotage passif 

Le tabagisme passif est nocif. Même sans fumer soi-même, inhaler dans un lieu clos la fumée de cigarettes a des conséquences sanitaires. C'est la raison justifiant les interdictions de fumer dans les lieux publics fermés et les lieux de travail. "Ces lois ne couvrent pas le vapotage et les organismes sont libres d'établir leurs propres règles sur l'utilisation du vapotage dans leurs locaux", rappelle le PHE concernant le Royaume-Uni. Contrairement aux cigarettes, qui se consument entre deux bouffées émettant ainsi l'essentiel (environ 85%) de ses rejets dans son environnement proche, il n'y a pas d'aérosol émis directement dans l'atmosphère par la vape. Seul est rejeté l'aérosol expiré par le vapoteur, qui en a absorbé la majeure partie des substances. "Le dernier examen des données de PHE montre qu'à ce jour, aucun danger pour la santé n'a été identifié pour l'entourage", souligne le Pr Dockrell. Précisant cependant que des personnes souffrant d'asthme ou d'autres affections pulmonaires peuvent être sensibilisés aux irritants dans l'air. ce qui peut inclure le vapotage.

Mythe 5 : la "théorie de la passerelle" du vapotage amenant les jeunes au tabagisme

Des jeunes expérimentent le vapotage. Mais la plupart ne font qu'essayer et ne l'adoptent pas. "Notre rapport n'a trouvé aucun élément pour soutenir l'inquiétude que le vapotage serait une voie vers le tabagisme pour les jeunes. Les enquêtes britanniques montrent que les jeunes expérimentent le vapotage mais son usage régulier est rare et confiné presque entièrement à des jeunes déjà fumeurs. Tandis que le tabagisme des jeunes au Royaume-Uni continue de baisser", résume clairement le spécialiste de santé publique.

Mythe 6 : le vapotage est un cheval de Troie de Big Tobacco pour maintenir le tabagisme

C'est une théorie du complot très répandue chez les opposants à l'approche de réduction des méfaits. Certains allant jusqu'à prétendre que le vapotage empêche d'arrêter de fumer. "Il n'y a actuellement aucune preuve suggérant que le vapotage encourage les gens à continuer de fumer - les données au Royaume-Uni suggèrent le contraire", démystifie le Pr Dockrell. Plus de la moitié des 2,9 millions de vapoteurs britanniques actuels, soit environ 1,5 millions ont totalement arrêté de fumer. Auxquels s'ajoutent plus de 770'000 personnes qui ont arrêté de fumer puis arrêté de vapoter. "Dans le même temps, les taux de réussites de sevrages tabagiques ont augmenté et nous constatons une accélération de la chute du taux de tabagisme, qui atteint un record du niveau le plus bas à 15,5% de fumeurs [de plus de 15 ans] en Angleterre", insiste le responsable du PHE. 

Le Pr Dockrell conclue cette brève démystification des fausses rumeurs les plus répandues dans les médias et internet: "En résumé, le vapotage et les cigarettes ne sont pas similaires et ne doivent pas être traitées de la même manière. Il est important que les sept millions de fumeurs anglais aient conscience de ces différences et puissent avoir une information adéquate pour faire leurs choix de santé. Le vapotage n'est pas totalement sans risque mais il ne comporte qu'une fraction du risque du tabagisme et il aide des milliers de fumeurs à s'en sortir et rester non-fumeurs".


jeudi 1 février 2018

L'accès aux liquides nicotinés est le principal problème avec la vape en Nouvelle-Zélande, selon une étude de l'Université de Massey

Annoncé l'été passé, le grand virage de l'intégration des outils de minimisation des méfaits contre le tabagisme en Nouvelle-Zélande tarde à s'amorcer. La nouvelle étude menée par la Dr Penny Truman, de l'Université de Massey, apporte de solides enseignements dans cette perspective. Elle a été publiée dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health (IJERPH). Trois chercheuses ont interrogé 216 vapoteurs kiwis en 2016 sur leurs raisons, leurs pratiques et l'évolution de celles-ci. "Au moment de l'enquête, les produits de vapotage avec nicotine ne pouvaient pas être vendus légalement en Nouvelle-Zélande. La Dr Truman déclare que cette étude confirme que l'accès à la nicotine pour vapoter est le principal problème des usagers du vapotage", explique le site de l'Université de Massey. Ce problème, artificiellement créé par la réglementation, se comprend sur le terrain où évoluent les vapoteurs. 

Vaper pour arrêter de fumer

"La principale raison pour essayer de vapoter est d'arrêter ou de réduire la consommation de cigarettes. La plupart des participants ont dit qu'ils étaient passés totalement au vapotage et avaient cessés de fumer. Certains, vapoteurs depuis peu, fumaient encore mais en continuant de réduire leur consommation de cigarettes, et d'autres fumaient occasionnellement", explique la Dr Truman. En sa compagnie, la Pr Marewa Glover, de l'Université de Massey, et Trish Fraser, ex-directrice de l'Action on Smoking and Health (ASH) locale, concluent de la nécessité de légaliser rapidement le vapotage nicotiné pour favoriser la sortie du tabagisme. "Cela permettrait aussi de clarifier le risque grandement réduit associé au vapotage par rapport au tabagisme, ce qui encouragerait plus de fumeurs à faire le changement", souligne la Pr Marewa Glover.

Des incitations nécessaires aux fumeurs néo-zélandais pour s'engager dans l'arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage. Car même aux antipodes, les parcours de défume ne sont pas tous identiques et tranquilles. "Certains passent du tabac au vapotage facilement et vite, d'autres ont une transition plus longue. La plupart ont changé de modèle de vapoteuse plusieurs fois. Il y a aussi une tendance à s'éloigner des arômes tabac pour expérimenter de multiples saveurs jusqu'à en trouver quelques unes qu'ils aiment et adoptent", poursuit la Dr Truman. 

NZ sans fumée mais avec la vape d'ici 2025 ?

D'autre part, les résultats aux questions inspirées de celles du test de Fagerström pour l'addiction tabagique montrent un pouvoir dépendogène du vapotage sensiblement inférieur aux cigarettes. "L'étude s'ajoute aux preuves internationales suggérant que le vapotage est moins addictif que le tabagisme. Les participants ont tendance à vapoter plus tardivement le matin, ils réduisent la concentration de nicotine de leur liquide au fil du temps et certains finissent par ne vapoter que du liquide sans nicotine", précise le site de l'institution universitaire. 

Des signaux encourageant pour que l'annonce néo-zélandaise de la légalisation du vapotage avec le statut de produit de consommation courante et son intégration comme outil de minimisation des méfaits contre le tabagisme prenne forme. "À l'heure actuelle, des informations inexactes sur le vapotage sont toujours diffusées par et entre les professionnels de santé. Cela doit cesser parce que cela pousse les gens à continuer de fumer. Le contraire de ce que nous voulons pour atteindre l'objectif 'NZ smoke-free' avec moins de 5% de fumeurs d'ici 2025", ponctue la Pr Marewa Glover.


mercredi 31 janvier 2018

Un parlementaire Suisse accuse 20 Minutes d'être à la solde des cigarettiers

L'accusation est au centre de l'argumentation d'une motion déposée en décembre au Conseil national. "Les magazines gratuits 20 Minutes et Friday jouent un rôle majeur dans la publicité pour le tabac", explique Niklaus Gugger, du Parti évangéliste. Le député zurichois affirme que l'industrie du tabac a dépensé pour la seule année 2013, plus de 21 millions de francs pour la publicité en Suisse. En plus des publicités présentées comme telles, il dénonce les publireportages accompagnant le message tabagique. "D'une part, des annonces publicitaires sont encadrées par des contenus rédactionnels, ce qui contribue à banaliser la publicité pour le tabac ; d'autre part, des annonces en faveur du tabac sont placées sur les pages "people" pour associer la fumée au monde du show-business", stipule sa motion contre la "publicité du tabac dans les médias traditionnels ou numériques".

Le buzz qui tue

La Une du jour du quotidien gratuit donne du crédit au soupçon du membre du groupe démocrate-chrétien (PDC) au parlement. Assimilant le vapotage au tabagisme, le tabloïd affirme qu'il "serait aussi à l'origine de cancers". Bien qu'aucun cas de cancer lié au vapotage n'ait été détecté dans la population. Le gratuit s'appuie sur un article de l'AFP relatant de manière biaisée les résultats d'une étude américaine sur des souris, dont aucune n'a développé de cancer, et qui n'a pas encore été révisée par des pairs. Pourtant, Moon Shong Tang, auteur principal de l'étude, précise clairement que les résultats ne permettent pas d'évaluer un éventuel risque cancérigène humain. "Nous ne pouvons pas le deviner à partir de nos données", déclare t-il à US News.

Les scientifiques sérieux au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Allemagne notamment, ont tous pris leur distance avec l'interprétation douteuse qu'en a fait l'AFP hier, reprise aujourd'hui par le 20 Minutes romand. "Cette étude ne démontre rien du tout au sujet des dangers du vapotage. Elle ne prouve en rien que le vapotage cause le cancer"déclare au "Guardian", le Pr Peter Hajek, directeur de l'unité de recherche sur la dépendance au tabac de l'Université Queen Mary de Londres. En Allemagne, Ute Mons, directrice du Centre allemand de recherche sur le cancer, un organisme réputé hostile au vapotage, donne peu de crédit au buzz. "En ce qui concerne l'applicabilité des résultats aux humains, je suis très sceptique", explique t-elle au Berliner MorgenPost.

Pousser les fumeurs à continuer la cigarette

En France, le Pr Bertrand Dautzenberg s'agace de l'enfumage. "On n'est pas dans la vérité scientifique, mais dans la manipulation", dénonce le pneumologue de l'hôpital de la Salpétrière dans Paris-Match. "Une nouvelle comme celle-là est susceptible de tuer des gens. Cela va totalement à l'encontre de la santé publique", poursuit-il, "le résultat est que certains vont arrêter de vapoter et reprendre le tabac". Peut-être est-ce là, la bonne nouvelle espérée des annonceurs cigarettiers du 20 Minutes.ch ? 

En Suisse, plus de 25% de la population fume. Près de 10'000 personnes meurent prématurément à cause du tabagisme chaque année et des millions de fumeurs contractent des maladies liées ou favorisées par le tabagisme, occasionnant des milliards de dépenses en médicaments. Mais, en dépit des entraves fédérales, le vapotage est devenu depuis 2015 le moyen le plus utilisé par les fumeurs pour quitter les cigarettes, selon le Monitorage Suisse des addictions. De quoi effrayer les lobbys qui vivent de ceux qui meurent du tabagisme ? 


mardi 30 janvier 2018

Commentaires de scientifiques au buzz sur les risques de cancer et vapotage [MàJ]

Hyun-Wook Lee, de l'Université de New-York, signe une étude sur l'impact de l'aérosol de vapotage sur des cellules et des souris, en voie de publication dans la revue PNAS (*). N'ayant pas eu accès à l'étude, je me limite ici à rapporter quelques éléments et réactions. 

Edit 9h30 (merci Fabien) : elle est en ligne http://www.pnas.org/content/early/2018/01/25/1718185115 
Dans US News, Moon Shong Tang, co-auteur de l'étude, déclare que "nous avons trouvé que l'aérosol de liquide de vapotage sans nicotine, le solvant seul, ne provoque aucun dommage à l'ADN". [Edit: en fait, cela n'a pas été testé dans l'étude !!!]Par contre, lorsque les chercheurs ont fait inhalé de force à des souris de 10 à 20 grammes un aérosol contenant 10 mg de nicotine à raison de 3 heures en continu par jour, 5 jours par semaine durant 3 mois, "le solvant d'e-cigarette avec nicotine a provoqué des dommages similaires à la nicotine seule", précise Moon Shong Tang.
Dans le Guardian, le même chercheur déclare que les dommages constatés à ces doses massives de nicotine pour une souris seraient équivalents à ceux constatés chez les humains avec le tabagisme passif. Mais dans US News, il déclare qu'avec ces données, on ne peut encore rien dire sur d'éventuelles conséquences cancéreuses: "Nous ne pouvons juste pas deviner avec les données que nous avons".
Du côté des experts britanniques du Science Media Centre, deux déclarations ont été publiées: 

Le Pr. Peter Hajek, directeur de l'unité de recherche sur la dépendance au tabac de l'Université Queen Mary de Londres (QMUL), déclare:

"Les cellules humaines ont été submergées dans de la nicotine et dans des nitrosamines carcinogènes achetées sur le marché. Il n'est pas surprenant bien sûr que cela endommage les cellules, mais cela n'a aucun rapport avec les effets du vapotage sur les personnes qui l'utilisent.

"Dans l'autre partie de cette étude, les animaux ont été exposés à ce qui sont pour eux des doses extrêmement importantes de nicotine et cela a également généré des dommages, mais cela aussi a une pertinence peu claire pour les effets du vapotage.

"Aucune comparaison avec les cigarettes conventionnelles n'a été faite, mais dans le texte de l'article, les auteurs reconnaissent l'information clef d'une importance cruciale dans cette histoire: les vapoteurs montrent une réduction de ces produits chimiques de 97% par rapport aux fumeurs. Ils auraient dû ajouter que c'est peut-être le niveau que les non-fumeurs obtiennent de leur environnement." 

Le Dr Ed Stephens, chercheur principal à l'Université de St Andrews - et qui a menée une meta-analyse sur le risque cancérigène du vapotage l'an passé que j'avais résumé -, déclare:
" Cette nouvelle recherche est une contribution précieuse à la compréhension des mécanismes de dommages à l'ADN causés par les aérosols contenant de la nicotine inhalés en fumant des cigarettes ou en vapotant. En mesurant les signes d'altération de l'ADN dans divers organes de la souris, les auteurs ont observé des différences significatives entre les expériences utilisant des vapeurs d'e-cigarette contenant de la nicotine et celles utilisant de l'air filtré.

"Malheureusement, aucune comparaison directe n'a été faite avec la fumée de tabac; au lieu de cela, les auteurs citent une autre étude 1 qui a trouvé un biomarqueur clef lié à de tels dommages génétiques présents dans des quantités beaucoup plus petites (97% de moins) dans l'urine des vapoteurs que chez les fumeurs.

"Cette étude et cette nouvelle recherche sont toutes deux conformes à l'opinion largement répandue selon laquelle le vapotage n'est pas sans risque de cancer et d'autres maladies, mais ce risque est généralement beaucoup plus faible que le tabagisme."


Du côté italien, les experts de la Lega Italiana Anti-Fumo (LIAF) ont dégonflé la baudruche sur le site de la RAI, la chaine de télé nationale.

Le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catane, fondateur et directeur scientifique de la Ligue anti-fumée italienne (Liaf): 

"La méthode décrite par les auteurs n'imite pas les conditions normales d'utilisation des produits de vapotage". "Les conditions reproduites dans ces expériences sont exagérées et favorisent la production de substances toxiques au même titre qu'un" grille-pain "qui brûle du pain de mie. Nos études sur des patients souffrant de maladies pulmonaires démontrent non seulement l'absence de dommages mais mettent en évidence les mêmes améliorations qui peuvent être obtenues en arrêtant de fumer ".

Le Pr Fabio Beatrice, de l'Université de Turin et directeur de Otolaryngology SC et du Centre Anti-fumée de Saint-Jean Bosco à Turin :

 "Ce sont des nouvelles qui vivent d'un malentendu fondamental d'abord culturel puis scientifique, il est donc nécessaire d'identifier la perspective correcte à partir de laquelle analyser le scénario du vapotage. L'e-cig produit une quantité de cancérigènes et d'irritants clairement inférieure en comparaison du tabagisme traditionnel. La production de substances cancérigènes dans le vapotage a été largement étudiée et lorsque cette quantité est correctement analysée, et qu'elle est comparée à la production de cancérogènes dans les cigarettes traditionnelles, il est démontré que le vapotage produit au moins 95% moins de substances nocives que la fumée normale des produits du tabac traditionnels.  

« La vraie info est que le vapotage est une alternative formidable pour les gros fumeurs qui ne peuvent pas ou ne veulent pas arrêter de fumer C'est de la réduction des risques, et c'est sur ce point - et non pas l'inverse - que nous devrions nous concentrer si nous voulons vraiment offrir une alternative acceptable aux fumeurs traditionnels et affronter, de manière pragmatique et non idéologique, la véritable tragédie liée au tabagisme: les 80 000 morts par an causés en Italie par les cigarettes traditionnelles, dont nous sommes peut-être un peu «accro», et qui risque maintenant de ne plus faire de nouvelles ».

Ajout de note personnelle (après accès à l'étude). Selon la brève de l'ATS (que je croyais en grève, mais bref...) reprise par le site de la RTS, les doses de nicotine "vapotées" par les souris équivaudrait à 10 ans de vapotage pour un humain. Dans le texte de l'étude, je n'ai pas vu une telle équivalence être affirmée.

Mais l'étude donne les détails des doses administrées : deux réservoirs de 1,6 ml par jour remplis par un liquide concentré à 10 mg/ml de nicotine, 5 jours par semaine, durant 12 semaines. Ce qui fait qu'une souris pesant moins de 20 grammes a inhalé 1920 mg de nicotine durant ce test.

Pour un humain de 60 Kg (d'une masse d'au moins 3'000 fois plus importante), cela équivaudrait à inhaler 5,76 kg de nicotine. En postulant une consommation de 30 mg de nicotine par jour (ce qui me parait une consommation fréquente chez des "forts" usagers de vapotage, mais c'est un chiffre que je pose de manière arbitraire), cela représenterait 192'000 jours de vapotage, soit environ 526 années. 
Comment l'équivalence à dix années de vapotage a été obtenue m'intrigue...???

Edit 21h30: Après une discussion téléphonique avec Charly Pairaud du Laboratoire français du e-liquide (LFEL), coincés entre les gosses à coucher et la longue journée. Mon "calcul" - qui n'était qu'une contre-hypothèse à l'équivalence postulée entre ce régime de vapotage des souris et celui d'un humain -  est selon toute vraisemblance biaisé par l'absence de prise en compte des dilutions dans l'air de l'atomiseur et de la "cage" des souris. Reste que l'équivalence postulée de dix ans de vape humaine est discutable. Mais surtout (comme le remarquait le Vaping Post ce matin), utiliser une toxicité en dose aiguë pour simuler un effet à long terme est une aberration.

Le Vaping Post [add 10h30] pour sa part souligne la non congruence entre des doses concentrées et leur consommation étalée dans le temps, postulée par les chercheurs : "Cette étude revient à exposer des sujets à 106 fois la dose journalière d’un consommateur de nicotine, produit dont la toxicité est avérée en cas de surdosage… De surcroît, le matériel utilisé pour l’expérience ressemble à du matériel standard, non prévu pour une utilisation intensive excédant de 100 fois le cahier des charges de sa conception". 
En somme, manger 1 kilo de chocolat en une journée n'informa pas sur les risque d'indigestion de manger 1 kg de chocolat dans l'année... d'autant plus si ce chocolat englouti dans la journée est brûlé par une machine à peine surveillée.

Dans Paris-Match [add 21h30], où Vanessa Boy-Landry déconstruit joliment le buzz qui tue avec les intervention de Bertrand Dautzenberg et Jacques le Houezec notamment:

Le Pr B. Dautzenberg, pneumologue à l'hôpital de la Salpétrière (Paris), déclare: "On n'est pas dans la vérité scientifique, mais dans la manipulation. D'abord, les conditions dans lesquelles l'expérimentation est réalisée ne sont absolument pas représentatives de l'exposition humaine. Elle montre des anomalies cellulaires en exposant des souris à des quantités de nicotine considérables, beaucoup plus qu'on peut le faire avec une cigarette électronique habituelle. Ensuite, on fait des extrapolations de la souris à l'homme, et enfin on ne compare pas l'effet du vapotage à celui de la fumée du tabac" 
"Aujourd'hui, on sait que la nicotine est toxique, irritante pour les voies respiratoires, et addictive. Raison pour laquelle il n'y en a pas plus de 2% dans les e-liquides. Aux quantités consommées par un vapoteur, il existe une légère toxicité, mais infiniment moindre que celle du tabac fumé"
"Globalement, nous sommes inondés de fausses nouvelles de ce genre. Les journaux scientifiques veulent aussi faire du buzz. Ils jouent au "Sun" anglais en rédigeant des communiqués de presse qui contredisent parfois les études elles-mêmes. C'est un moyen d'avoir toutes les couvertures et d'augmenter leurs revenus"
"Le résultat est que certains vont arrêter de vapoter et reprendre le tabac. Une nouvelle comme celle-là est susceptible de tuer des gens. Cela va totalement à l'encontre de la santé publique. Le travail des chercheurs, c'est de sauver des vies, pas de tuer des gens."

Jacques Le Houzec, pharmacologue et tabacologue, rappelle une étude similaire plus ancienne, qui "contredit totalement" celle-ci : "Les rats étaient exposés à un aérosol de nicotine à une concentration donnant une nicotinémie double de celle observée chez de gros fumeurs. Durant 20 heures par jour, 5 jours par semaine, sur une durée de 2 ans. Aucune augmentation de mortalité, d'athérosclérose ou de fréquence des tumeurs n'a été observée chez ces rats par rapport au groupe contrôle. En particulier, pas de tumeur pulmonaire microscopique ou macroscopique, ni augmentation des cellules endocrines pulmonaires. Par contre, le poids des rats exposés à la nicotine était plus faible que celui des rats contrôles"


Pour finir (minuit), Leio croque la liquidation du mois sur son blog où il publie un dessin quotidien ;)
Coup de gueule sur le traitement médiatique de l'AFP de Sébastien Beziaux sur son blog Vap'You : "Des fumeurs mourront prématurément dans quelques dizaines d’années, sans avoir « oser » essayer la vape, à cause de ces études poubelles, à cause de ces agences de presse, à cause de ces journalistes qui ne font pas leur job, à cause de ces médias qui perdent leur âme et leur conscience en cédant à l’appel du buzz et ne s’honorant plus de leur rôle, informer, enquêter, vérifier."... à lire sur son blog ;)

[31-01-2018 à 11h30] En Allemagne, la Dr Ute Mons, directrice du centre allemand de recherche sur le cancer DKFZ, réputé pour être extrêmement hostile au vapotage, déclare dans le Berliner Morgenpost
"En ce qui concerne l'applicabilité des résultats aux humains, je suis très sceptique"
"Il aurait été intéressant si l'étude avait, en plus des souris témoins non traitées, un groupe de souris exposé à la fumée de tabac"
"Cette étude ne permet malheureusement aucune compréhension sur ce point"

[31-01-2018 à 15h] La Fivape, fédération indépendante de sprofessionnels de la vape en France, publie un communiqué sur l'affaire. Extrait : "Bizarrement, la grande majorité des média publie invariablement une information fausse et sensationnaliste, pour le plus grand bonheur de l’industrie du tabac et/ou de l’industrie pharmaceutique. Ainsi en est-il de l’étude de cette fin janvier où la conclusion intéressante, qu’il aurait été judicieux de retenir, est la suivante : “ contrairement aux cigarettes de tabac qui contiennent des nitrosamines et de nombreuses molécules cancérigènes résultant de la combustion, la cigarette électronique contient de la nicotine et des solvants organiques relativement sans danger. Des études récentes montrent que des “fumeurs” de cigarette électronique, de manière similaire aux NRT (nicotine replacement therapy), ont 97% de NNAL (nitrosamines cancérigène pour les poumons) en moins que les fumeurs”. Autrement dit, les aérosols de cigarette électronique sont 97 % moins nocifs que la fumée du tabac en ce qui concerne les molécules ciblées par l’étude !"

[31-01-2018 à 16h30] Hamid Bbk, vendeur spécialiste du vapotage, post sur le FB de la Tribune du vapoteur: " [...] Le clou du spectacle, là où je me suis attaché car c'est un peu plus mon domaine, c'est le matériel utilisé. Lisons la description du matos: "ECS Generation and Mice Exposure. E-cigarette aerosol generator (e∼Aerosols) was used to produce E-cigarette aerosols from NJOY top fill tanks (NJOY, Inc.) filled with 1.6 mL of e-juice with 10 mg/mL nicotine in a propylene glycol/vegetable glycerin mixture (50/50 by volume; MtBakerVapor MESA). Each day the tanks were filled with fresh e-juice from a stock mixture, and the voltage was adjusted to produce a consistent wattage (∼1.96 A at 4.2 V) for each tank. "
Résumons: Ils ont utilisé du liquide nicotiné en 10mg/ml, en 50/50 PG/VG ; avec 2 atomiseurs "NJOY top fill tank" de 1,6ml ; à une puissance de 8W environ ; et petite précision, des bouffées de 4s pour 30 secondes de repos. Jusque là ça parait plutôt gentil. On pourrait pourrait se demander "mais où est ce que ça a merdé?". "1,6ml Top fill tank" 🤔... cela ne vous dit rien???
Maintenant, si je dis un PUT...N de CE4, qui ne résiste pas à plus de 6 Watts, qui déteste le e-liquide en 50/50 ainsi que les longues taffes, ca vous parle un peu plus? Résultat: dry hits et compagnie
Forcément c'était c'etait la fête à la combustion, avec Mr Formaldéhyde et Madame Acroléine au platines... Open bar de toxiques cancérogènes... Je dois toutefois présenter mon respect et mon admiration aux vaillantes souris qui ont survécu à ce traitement. Elles ont surement essayé de prévenir les laborantins du problème, mais bon... foutu barrière de la langue!!!
Elles ont survécu certes, mais pas sans séquelles, c'est clair, et il est à peut près évident avec ce régime, que des anomalies apparaissent. Bref, ils ont simplement reproduit l'étude de Portland (qui affirmait que la vapeur de e-cigarette pouvait contenir autant, voire plus de formaldéhyde et d’acroléine que dans la cigarette) avec les même atomiseurs mis en cause. Etude dézinguée depuis longtemps et reproduite également dans des condition normale d'utilisation des cigarettes électronique.
Heureusement cette fois là les "cobayes" pouvaient parler et on peut lire à ce propos : "Le phénomène des dry puffs a été identifié par 8 participants dès 4 V (7,3 W), par 15 autres à 4,2 V (8 W) et 3 à 4,4 V (8,4 W). 88 % des participants à l’étude détexaient des bouffées sèches à 4,2 V, c’est pourquoi 4,0 V a été défini comme la limite supérieure d’utilisation réaliste.""
https://fr.vapingpost.com/letude-de-portland-sur-le-formal…/ (source vaping post)
Ma conclusion, et bien sûr elle n'engage que moi, c'est que la nicotine n'a rien à voir dans le résultat de cette étude, mais bel et bien le matériel utilisé absolument pas adapté... De nombreuses études sérieuses précédentes et similaires ont démontré la faible nocivité de la nicotine. De plus, une expérience, sans groupe de comparaison comprenant des souris exposées à la cigarette ou à du e-liquide sans nicotine n'a qu'un objet: attaquer la nicotine. La vape, et en particulier un matériel impropre à cette expérimentation, soigneusement choisi, a simplement permis d'obtenir ce résultat."

MàJ: Au 1er février, les réactions continuent:

Libé Désintox, qui a de bonne source y compris ce blog [auto-congrat inside], a publié un bon article de debunk. On regrettera la chute sur la nicotine, que 40 ans d'usages de Nicorettes ne valident pas.

Dans sa chronique hebdo sur France Inter, le Dr Dominique Dupagne a éviscéré en 2 mn la campagne de peur de l'AFP et le harcèlement scientifique contre le vapotage. Les articles sur le risque de de la vape c'est un peu comme parler du risque de cirrhose du foie par la bière sans alcool... Absolument prendre les 2 mn pour l'écouter absolument !

Explications lumineuses d'Eric Blouin, expert toxicologue, sur le Vaping Post. Les souris prises pour l'expérience sont connues de longue date pour leur tendance à développer des tumeurs, et il pointe du doigt la question de dégagement d'aldéhydes par surchauffe en survoltage.
Hamid Bbk pointait cet aspect hier (voir plus haut) en partant de l'aspect matériel: un vieux CE4 prévu pour max 6 W, branché sur un mod le poussant à 8 W en sur-régime avec un liquide épais. Des remplissages et une surveillance douteuse à la lecture de l'étude et des interviews du chercheur...
Bref du dry-hit volontairement produit pour gazer les souris :(

Mais enfin, il semble qu'il y ait des photos des souris de l'expérience. Ca fait peur !


La nouvelle Association des vapoteurs italiens ANPVU a publié un communiqué pour décortiquer l'étude et sa médiatisation. Le communiqué cosigné de Carmine Canino, président de l'ANPVU, et de la Dr Francia Fortunato, souligne les doses exagérément irréalistes administrées aux souris et le manque de précision sur le protocole d'expérience. Le manque de groupe témoin soumis à la fumée de cigarette rend peu éclairante l'expérience. La présence suffisament forte de nitrosamine spécifique au tabac (NNK), cancérigène connu et supposé par l'étude être la cause des altérations d'ADN est étrange en regard de l'usage de nicotine purifiée de qualité pharmaceutique (USP) dans les liquides de vapotage. Comme d'autres spécialistes qui se sont penchés sur l'étude (voir ci-dessus), l'ANPVU soupçonne que des toxiques ont été produits artificiellement par surchauffe lors de l'expérience. SkyVape a présenté le communiqué de l'ANPVU.
Lien vers le communiqué https://docs.google.com/document/d/e/2PACX-1vRB5wF5GVAn74gbQkwShC40h-KCO7ggMAz2GkeaGBw8hdEDM4uI8KtCIZaP53xJwFBr5l6A1sqrJWXK/pub
(Je pense arrêter les mises à jour de cet article. Sauf si...)
* ‘E-cigarette smoke damages DNA and reduces repair activity in mouse lung, heart, and bladder as well as in human lung and bladder cells’ par Hyun-Wook Lee et al. dans PNAS 29 janvier 2018 http://www.pnas.org/content/early/2018/01/25/1718185115