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lundi 14 mai 2018

Le vapotage nicotiné est officiellement légalisé en Nouvelle-Zélande

Après la Suisse, c'est au tour de la Nouvelle-Zélande d'être libérée de la prohibition. Un communiqué officiel ce 9 mai du gouvernement néo-zélandais annonce la légalisation de la vente des produits de vapotage avec nicotine, ainsi que du snus (sachet de tabac à nitrosamines réduites) et des produits de tabac chauffé. Le traitement de ce dernier produit était en litige devant la Cour qui a rendu un verdict en faveur du cigarettier Philip Morris. C'était le dernier détail à régler pour que le Ministère prépare la modification du texte de loi concerné (SFEA). En pratique, la vente de liquides nicotinés était déjà tolérée depuis l'annonce de leur légalisation imminente par la Ministre déléguée Nicky Wagner l'an passé. 

Le ministère de la Santé explique à présent étudier la meilleure façon d'appliquer une réglementation proportionnée selon le niveau de risque pour tous les produits nicotinés, comprenant le tabac fumé, le tabac sans fumée et les produits de vapotage. "L'interdiction de fumer dans les lieux de travail intérieurs, les centres de la petite enfance et les écoles s'applique uniquement au tabagisme. Elle ne s'applique pas au vapotage ou aux produits qui ne sont pas fumés", précise le communiqué du site gouvernemental. 

La légalisation du vapotage était attendue de longue date par les défenseurs de la réduction des risques. Un demi-million de néo-zélandais fument et 5'000 en meurent chaque année, selon les estimations officielles. L'objectif annoncé de "SmokeFree 2025" est de ramener le taux de tabagisme de 15% actuellement à moins de 5% d'ici 2025. Le tabagisme frappe particulièrement les groupes sociaux défavorisés, notamment les femmes maoris fumeuses pour 42% d'entre elles. 

Sur la chaîne TVNZ, Andrew Slater, dirigeant de Quitline, explique que le vapotage aide à arrêter de fumer:


Suisse & LOL: Après neuf ans de prohibition illégale à mépriser les usagers, les élites de santé se disent "prises de court par la situation"!

Article tissé de fil blanc dans le Matin de ce matin. Après neuf ans à maintenir illégalement la prohibition contre le vapotage nicotiné et à mépriser les propositions des usagers pour réguler la question, des responsables de santé et des politiciens jouent la carte de l'affolement dans les médias. Selon eux, il faut de toute urgence assimiler le vapotage, produit sans combustion et sans tabac, au tabagisme. Tant qu'il s'agissait de laisser crever sans accès au moyen de sortir du tabagisme les plus de deux millions de fumeurs en Suisse payant pour 2,2 milliards de taxes annuelles, dont 14 millions pour les organisations anti-tabac, et quelques autres milliards en médicaments aux entreprises de la pharmaceutique, rien ne pressait. A présent il s'agit de faire bon usage de la peur et de la panique pour imposer leur loi anti-vape. La doctrine du choc est une vieille recette autoritaire éprouvée.

Il faut évidemment mettre une bonne dose de peur irrationnelle. Selon ces voix autorisées, les enfants seraient en danger. "L’usage de cigarettes électroniques augmente le risque de devenir fumeur de cigarettes traditionnelles", invente, contre les preuves des études sérieuses sur le sujet, Graziella Schaller, députée Vert'libérale vaudoise dans le journal lausannois. Par contre, j'ai pu le constater,  le buzz monté de toute pièces par le journal la Liberté et la RTS en janvier dernier a ramené sur le moment quelques adolescents dans des magasins de vape. Avertis par le reportage bidon de la TV qu'ils avaient légalement le droit d'acheter des produits de vapotage, les jeunes sont venus essayé. Dans le cas dont j'ai été témoin, bien que l'ado a précisé vouloir du vapotage sans nicotine, le vendeur a refusé, indiquant au mineur de revenir avec un de ses parents. 

Reste qu'en sortant, cet ado genevois a pu sans difficulté s'acheter un paquet de cigarettes au premier automate venu. Et inhaler monoxyde de carbone, goudrons et les plus de 5'000 toxiques dégagées par la fumée. Mais il a ainsi payé des taxes. C'est ce qui parait compter avant tout pour les responsables moins prompts à agir pour les 38% de jeunes romands fumeurs que contre leur peur que certains d'entre eux puissent y échapper à l'aide du vapotage.


lundi 7 mai 2018

Récidive: l'administration Berset se moque ouvertement de la justice, de la santé publique et de la population Suisse

Permettre l'arrêt du tabac au mieux
Après sa défaite au Tribunal Administratif Fédéral (TAF), l'administration tente d'imposer des restrictions aux vapoteurs suisses à travers une interprétation absurde du jugement rendu. Ces restrictions, à la "bruxelloise", réduiraient la liberté de choix dans les produits de vapotage, outil de réduction des dommages, et favoriseraient le maintien du tabagisme, principale cause évitable de maladies en Suisse. Les intérêts des lobbys et des rentrées fiscales pour le Département de l'intérieur semblent prévaloir sur le respect de la justice et de la santé publique. Helvetic Vape, l'association Suisse des vapoteurs, s'inquiète de l'obstination de l'administration Berset.

Le verdict du TAF ne repose pas sur le principe de cassis de Dijon

Le verdict du Tribunal Administratif Fédéral (TAF) est des plus clairs: "Une décision de justice n'entraînera la nullité que dans des cas exceptionnels et s'ils sont graves[*]. En raison de sa défectuosité, la décision générale doit être révoquée". La décision administrative de la prohibition de vente en Suisse des liquides de vapotage nicotinés a donc été abrogée par le jugement C-76347/2015 du TAF ce 24 avril 2018. "Étant donné que la décision administrative de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) du 12 novembre 2015 doit être abrogée, il n'est pas nécessaire de poursuivre l'examen des objections du plaignant et de répondre à sa demande de jugement déclaratoire", précisent les juges de la cour de St.-Gall. 

Le TAF casse la prohibition du vapotage nicotiné en SuisseAutrement dit, l'argumentation autour du principe du cassis de Dijon invoquée par la défense des deux recourants - Stefan Meile d'Insmoke et Rico Daniel d'E-Smoking - n'a pas eut à être prise en compte pour rendre ce jugement. Le point est important puisque l'OSAV invente sa propre interprétation du jugement pour justifier de nouvelles restrictions à l'accès local aux produits de réduction des méfaits pour la population Suisse. "Avec la décision du Tribunal administratif fédéral du 24 avril 2018, les cigarettes électroniques contenant de la nicotine en provenance de l’UE, en se fondant sur le principe du Cassis de Dijon, peuvent désormais être commercialisées en Suisse", délire Judith Deflorin, responsable de la division ­Accès au marché à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) dans un interview ce 4 mai au magazine de la Migros. A aucun moment, la cour du TAF ne se fonde sur le principe de Cassis de Dijon pour rendre son verdict et rien ne semble justifier d'imposer à la population Suisse les restrictions réglementaires dictées par les lobbys de Bruxelles. 

L'administration n'a pas compétence d'imposer n'importe quoi

Avec ces déclarations, l'administration se moque ouvertement de la justice en récidivant. Le TAF a abrogé la décision abusive de l'OSAV de prohiber la vente des liquides nicotinés de vape parce que, dans un régime démocratique tel que la Suisse, l'administration n'a pas compétence pour imposer n'importe quoi à la population au gré de ses lubies. Par une pirouette de langage, l'administration tente depuis 2009 de faire croire à une fantasmatique "unité fonctionnelle" pour amalgamer des produits aussi différents que les atomiseurs, les box, les batteries et les liquides de vapotage. "Le terme "e-cigarette" (cigarette électrique, cigarette électronique) n'est pas un groupe fonctionnel, puisqu'il ne s'agit pas d'un groupe d'articles formant une unité individuelle, mais un terme collectif couvrant tous les modèles d'e-cigarettes (cigarette électrique, cigarette électronique), y compris leurs cartouches et recharges (liquides) commercialisées séparément", relève le jugement du TAF. 

Avant de pointer l'abus de l'administration: "L'OSAV s'est abstrait de la catégorie de produit original "Liquides à 9 mg de nicotine" ou "Liquides pour e-cigarettes" et a choisi une formulation ouverte, élargissant ainsi de manière significative l'objet de la décision. L'objet de la décision "e-cigarette" (cigarette électrique, cigarette électronique) n'est pas déterminé individuellement et il n'est donc pas concret, mais abstrait". "Il résulte de ce qui précède", poursuit le verdict du TAF à son point 3.6, "que la décision de l'OSAV a un cercle de destinataires et un objet de décision abstrait, la décision est devenu générale-abstraite au lieu d'être générale-concrète, de sorte que son contenu est devenu un décret au lieu d'une décision de portée générale. Pour cette raison, la décision générale contestée s'avère être une décision erronée", explique la Cour aux bureaucrates visiblement peu soucieux des problèmes de vices de forme dans leurs appétit d'imposer leurs intérêts à la population.

Des vapoteurs romands sauvés du tabagisme grâce à le nicotine

Quels enjeux?

L'OSAV tente de profiter de ce jugement, qui désavoue sa politique d'obstruction anti-vapotage, pour imposer de facto la réglementation européenne (TPD), dictée à l'UE en 2014 par Vilnius et la Valette. Que ce soit la Lituanie ou Malte, les deux pays sont passablement aux ordres de lobbys intéressés à maintenir le tabagisme en place. Ces restrictions auraient notamment pour conséquence de limiter la vente de liquides de vape nicotinés en fioles de 10 ml au maximum avec une concentration maximale de nicotine à 20 mg/ml. 

Le Conseil fédéral lui-même a souligné l'absurdité de la limitation européenne de contenance des fioles dans le rapport explicatif à son avant-projet de loi sur les produits du tabac et des cigarettes-électroniques (LPTab), publié le 8 décembre dernier pour consultation publique (voir les 1287 avis publiés hier sur le page de l'OFSP). Rendant les fioles plus facilement préhensiles pour les petits enfants, cette taille réduite augmente les risques d'accidents, cependant très rares, par ingestion accidentelle. Elle pousse surtout à une surconsommation inutile et polluante de contenants et augmente mécaniquement les coûts. Bref, une décision ridicule de bureaucrates européens sous l'influence de lobbys intéressés à entraver l'essor du vapotage.

Une interdiction d'arrêter de fumer pour 30% des fumeurs

De même et de manière plus critique pour la santé publique, la limitation à 20 mg/ml de nicotine est absurde et délétère. Pour le lecteur peu au fait, le contenu réel en nicotine d'une cigarette selon les normes en vigueur en Suisse (et dans l'UE) est compris entre 10 et 20 mg de nicotine - à ne pas confondre avec la mesure de la fumée dégagée par un certain nombre de bouffées lors des tests avec des machines à fumer, mesure encore indiquée sur les paquets en Suisse -. Pour environ un tiers des fumeurs, cette limite est trop basse pour réussir à arrêter de fumer à l'aide du vapotage. 

Avant l'entrée en vigueur de la transposition de la directive européenne TPD, près des deux-tiers des gammes de liquides en boutiques britanniques offraient des concentrations supérieures à 20 mg/ml. Depuis l'entrée en vigueur de la transposition de la TPD, la chute du tabagisme grâce au vapotage subit un fléchissement en Angleterre. A présent, une commission parlementaire étudie les modifications à apporter à la réglementation à l'occasion du Brexit. La révision de cette limite contre-productive est une demande des milieux de santé et des usagers britanniques. Cette limite en vigueur en France depuis 2011, avant même l'instauration de la TPD, est probablement une des clefs d'explication de la plus faible efficacité du vapotage contre le tabagisme que de l'autre côté de la manche.

Incitation à surconsommer

Outre que cette limite interdit en acte aux fumeurs les plus nécessiteux une aide pour sortir du tabagisme, elle favorise une surconsommation de liquide chez les vapoteurs. Comme déjà évoqué sur ce blog, les travaux de la Dr Lynne Dawkins montrent que les utilisateurs sous-dosés en nicotine compensent en consommant plus de liquide et ont tendance à augmenter la puissance de leur appareil. Le développement des liquides aux sels de nicotine permet à des fumeurs dont l'appareil respiratoire est inflammé par le tabagisme, d'inhaler des liquides dosés à 40, 50 voire 70 mg/ml de nicotine. Ce nouvel outil constitue une avancée de premier choix pour aider certains types de fumeurs à sortir du tabagisme. En interdire la vente, c'est condamner ces personnes à ne pas avoir le droit de sortir du tabagisme et des maladies qui lui sont liées. Il n'y a aucune justification éthique, sanitaire ni sociale à une telle mesure contre le droit à la santé.

La politique d'obstruction fédérale

La cigarette à Berset
Alors quelle peut être la véritable raison des services du Conseiller fédéral Alain Berset pour imposer ces restrictions stupides et morbides? Selon toute vraisemblance, la même qui les a conduit à prohiber en toute illégalité le vapotage nicotiné durant neuf ans. Judith Deflorin l'avoue à demi-mot dans son interview au magazine de la Migros. "Ce recours accepté par le Tribunal administratif fédéral constitue-t-il une surprise?", lui demande le journaliste, "Non, pas vraiment. L’ensemble du processus a pris deux ans et nous attendions la réponse du tribunal", reconnait la porte-parole de l'OSAV, qui savait donc que sa décision administrative n'était pas valable et allait être annulée par le TAF. Autrement dit, l'administration joue la montre depuis toutes ces années: gagner du temps pour permettre aux cigarettiers d'imposer leurs nouveaux produits marquetés "à risques modifiés" comme les référents sur le marché et imposer les normes européennes en Suisse.

Plus de 2,2 milliards FS. de rentrées annuelles grâce aux ventes de tabac dans les comptes du Département de l'intérieur d'Alain Berset, l'importance des cigarettiers aux sièges lausannois ou genevois, dont les produits ont été homologués sans études indépendantes préalables, ajoutés aux intérêts des monstres bâlois de l'industrie du cancer, dont 40% est assuré par le tabagisme... L'OSAV ne se moque pas seulement de la justice et de la population en lui racontant des sornettes. L'administration d'Alain Berset se moque de la santé publique au profit de petits arrangements entre lobbys.

Que faire ?

Les indications du billet sur le site de l'OSAV ne sont que des indications sans statut juridique. Puisque ces indications n'ont pas de légalité, ne pas les respecter n'est pas un acte illégal en l'état. Le problème est évidemment que l'administration va tenter de "faire sa loi" pour créer une situation de fait avant même son projet d'assimilation du vapotage au tabagisme dans la loi Tabac (LPTab) - qui n'entrera pas en vigueur avant 2022 (voire plus tard...) -. Il semble impératif que les citoyens refusent une nouvelle période d'abus d'autorité illégal de l'administration après neuf ans d'obstruction contre le droit à la réduction des risques. Selon les données du monitorage officiel, plus d'un million de fumeurs suisses ont essayé le vapotage, mais sans pouvoir arrêter de fumer avec son aide faute de nicotine. 

Le bilan humain de l'administration est lourd, très lourd. La politique tabagique irresponsable et conservatrice du Conseiller fédéral Alain Berset en charge de ce département est inacceptable. Enfin, il serait bienvenu que le Tribunal Administratif Fédéral précise à l'administration la portée de son jugement pour couper court aux non-sens répandus par la porte-parole de l'OSAV à son propos. La bataille pour le droit à la réduction des risques avec le vapotage en Suisse n'est pas terminée...

[*] La décision du TAF mentionne la jurisprudence : cf. BGE 138 II 501 E. 3.1 ; BGE 137 I 273 E. 3.1 ; BGE 137 III 217 E. 2.4.3 ; BGE 136 II 489 E. 3.3 ; arrêts du BGer 9C_320/2014 du 29 janvier 2015 E. 4.1, 2C_596/2012 du 19 mars 2013 E. 2.1 et 2C_657/2014 du 12 novembre 2014 E. 2.2


mardi 6 février 2018

Public Health England met à jour son rapport sur le vapotage: "C'est tragique que des fumeurs ne s'en aident pas à cause de fausses peurs"

Malgré l'intense bombardement de mensonges des lobbys du tabac et de la pharma contre le vapotage dans les médias, la Santé Publique Anglaise (Public Health England - PHE) ne désarme pas. Elle publie une mise à jour de son rapport scientifique sur la réduction des méfaits par la vape contre le tabagisme, sur la base de plus de 400 études révisées et analysées par ses chercheurs. "Vapoter est au moins 95% plus sûr que fumer. Cette estimation reste valide en se basant sur les études actuelles les plus fiables révisées par des pairs", affirment les Prs Ann McNeill, du King's College London, et Peter Hajek, de l'Université de Londres, deux des auteurs principaux de la mise à jour du rapport, dont la version précédente datait de 2015. L'absence, ou la très forte réduction de toxiques encore présents dans le vapotage, pour la plupart en deçà de 1% des limites de sécurité d'exposition au travail, assoit cette estimation prudente. "Avec les connaissances actuelles, il n'y a aucun doute que les fumeurs qui passent au vapotage réduisent drastiquement les risques pour leur santé", insistent les deux pointures scientifiques.

[add 19h15] Vap' You a publié la traduction du communiqué de presse du PHE sur son blog, à peu près au même moment que je publiais ce blog. 
add 21h30 La vidéo de 2 mn du Public Health England /

Au moins 95% de réduction des méfaits

"Notre nouvelle analyse renforce la conclusion selon laquelle vapoter comporte une petite fraction du risque de fumer, au moins 95% moins nocif, et un risque négligeable pour l'entourage. Pourtant, plus de la moitié des fumeurs croient faussement que le vapotage est aussi nocif que la cigarette quand ils ne le savent tout simplement pas", indique le Pr John Newton, responsable au PHE. "Il est très inquiétant que les fumeurs comprennent si mal encore les méfaits du tabagisme. En fumant une cigarette de tabac, une personne inhale un mélange mortel de 7'000 substances dans la fumée, dont 70 sont des cancérigènes reconnus", précise la Pr Ann McNeill. 

La nicotine n'est pas le problème

"Contrairement à ce que la grande majorité du public croit, la nicotine cause peu si ce n'est aucun mal. La fumée toxique est la coupable et cause écrasante de toutes les maladies et de la mortalité liées au tabac", poursuit la Pr McNeill. A présent, les fumeurs ont le choix, du moins en Grand-Bretagne, pour consommer la nicotine sous différentes formes à méfaits réduits, telles que les gommes, les sprays, les pastilles ou le vapotage. Même si le snus est pour sa part encore interdit au Royaume-Uni. Le rapport souligne que "l'addictivité de la nicotine dépend du système de délivrance". En se basant sur la littérature scientifique, le PHE recommande que les "politiques sur le tabac et le vapotage devraient avoir pour principe de reconnaître que l'usage de la nicotine en tant que tel présente un risque minime d'effets nocifs graves sur la santé physique et que sa dépendance dépend de la façon dont elle est administrée".

Agir sans attendre 

Face à près de 80'000 décès prématurés liés au tabagisme par an, l'organisme de santé publique britannique veut agir efficacement. En intégrant le pilier de la réduction des méfaits par le vapotage à sa politique contre le tabagisme, le Royaume-Uni a déjà fait reculer de plus de 20% le tabagisme dans sa population depuis 2011. Son taux de fumeurs est tombé à 15,5% à présent. Plus de 3 millions de britanniques adultes vapotent, soit 6% de la population. "L'usage de vapoteuse est associé à une amélioration des chances de cesser de fumer au cours de l'année et son essor coïncide avec une accélération de la chute du taux de tabagisme partout dans le pays", met en relief le communiqué du PHE. 57'000 sevrages tabagiques supplémentaires par an seraient provoqués grâce à l'apparition du vapotage en Angleterre, selon l'analyse des données du Smoking Toolkit Study présentée dans le rapport. 

Tragédie de l'holocauste tabagique entretenu

Malheureusement la guerre de propagande pour protéger le tabagisme trompe une grande partie de la population. "Des milliers de fumeurs croient à tort que le vapotage est aussi nocif que fumer. Près de 40% d'entre eux n'ont même pas essayé une vapoteuse. Il y a beaucoup de méconnaissance dans le public. Moins de 10% des adultes savent que la plupart des effets néfastes du tabagisme ne sont pas causé par la nicotine", déplore le PHE. Une méconnaissance cultivée pour le malheur des victimes. "Il est tragique que des milliers de fumeurs qui pourraient cesser de fumer à l'aide du vapotage en soient repoussés à cause de fausses peurs sur sa sécurité", alerte le Pr John Newton.

Le tabagisme adolescent en chute libre

Autre fantasme répandu par les médias du tabagisme, les craintes que le vapotage amène les jeunes au tabagisme sont dénuées de fondements réels. "Au Royaume-Uni, les études montrent clairement que l'utilisation régulière de vapotage chez les jeunes n'ayant jamais fumé demeure négligeable, bien en dessous de 1%. Tandis que le tabagisme adolescent continue de diminuer à un rythme encourageant. Nous devons suivre de près ces tendances, mais jusqu'à présent, les données suggèrent que le vapotage n'est pas un chemin vers le tabagisme chez les jeunes", explique la Pr Linda Bauld, spécialiste de la question à l'Université de Stirling. A la vieille "théorie de la passerelle", dont la validité n'a jamais été démontrée pour quelque domaine que ce soit, l'analyse des chercheurs propose de substituer une approche au potentiel explicatif plus développé sur les facteurs de "susceptibilité commune". 

Cigarette chauffée encore méconnue

Concernant l'apparition des cigarettes dites chauffées-non-brûlées, le PHE constate le manque flagrant d'études indépendantes fiables disponibles à leur sujet. "Sur les 20 études inclues dans notre rapport, 12 ont été financées par les compagnies manufacturières. Il y a donc une lacune de recherches indépendantes", souligne le rapport. Difficile dans ces conditions de prononcer un quelconque avis éclairé sur les différents modèles commercialisés par les grandes firmes cigarettières. "Les connaissances limitées des émissions dans l'environnement des produits de tabac chauffé suggèrent que ceux-ci exposent à plus de risques que le vapotage, mais des recherches plus poussées sont nécessaires pour pouvoir comparer ces produits", conclue notamment le rapport. 

Si la précision et le contenu des conclusions sur les cigarettes chauffées souffrent du manque de recherche sur le sujet, les quelques 250 pages du rapport sont largement plus explicites, précises et solides à propos du vapotage. A l'opposé de la démission irresponsable et lâche des autorités sanitaires de différents pays laissant la voie libre aux mensonges morbides des lobbyistes du tabagisme, le Public Health England signe un rapport solide, courageux et intelligent pour continuer de soutenir le mouvement vers la minimisation des méfaits de la consommation de nicotine mené par les usagers du vapotage depuis bientôt une décennie. De nombreux aspects détaillés de l'étude méritent plus amples développements dans de futurs billets.


vendredi 17 novembre 2017

[Expresso] USA: le nouveau plan anti-tabac de la FDA décortiqué dans la revue JAMA

Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a la main sur la réglementation des produits du tabac depuis 2009. Ce pouvoir lui est attribué dans le but de protéger la santé publique.  "A ce jour, l'agence a peu fait pour atteindre cet objectif, en grande partie à cause d'obstacles bureaucratiques, juridiques et politiques profonds", déplorent les Prs Kenneth Warner, de l'Université du Michigan, et Steven Schroeder, de l'Université de Californie à San Francisco. Les deux éminents professeurs évaluent dans une tribune ce 14 novembre pour la revue JAMA, le journal de l'Association Américaine de Médecine (AMA), le nouveau plan de lutte de la FDA contre le fardeau du tabagisme, annoncé par son directeur Scott Gottlieb le 28 juillet dernier. D'un côté, le taux légal de nicotine du tabac à fumer serait considérablement réduit à un "niveau non-addictif", de l'autre, les modes de consommation de nicotine à méfaits réduits seraient soutenus, comme nous l'avions expliqué à l'époque

Le danger de la combustion

En s'appuyant sur le principe du continuum des méfaits, il s'agit de réduire la consommation des produits extrêmement dangereux et privilégier l'accès aux plus bénins. La mesure de réduction de la nicotine n'a pas pour but d'amoindrir le danger des cigarettes fumées mais leur attractivité. "Une grande part du public croit à tort que la nicotine est la cause de cancer, or la nicotine en elle-même n'est pas particulièrement toxique aux doses utilisées couramment", soulignent Kenneth Warner et Steven Schroeder. Le réel danger vient de la fumée générée par la combustion et des plus de 7'000 toxiques qu'elle dégage. "Soixante-dix de ces produits chimiques sont des cancérigènes connus, d'autres provoquent des troubles cardiovasculaires et des maladies pulmonaires, et encore de nombreux autres troubles", précisent les professeurs de santé et médecine.

"Rendre les cigarettes et tous les produits du tabac combustibles non addictifs devraient nettement réduire le nombre de fumeurs des générations futures et aider les fumeurs actuels à arrêter", supposent les auteurs. En contrepartie, la FDA doit laisser accessibles des produits "de délivrance de nicotine acceptables pour les consommateurs et qui présentent beaucoup moins de risques de santé". Ce point est essentiel pour prévenir l'essor d'un marché noir de "vrai" tabac et d'éventuelles autres conséquences involontaires. "D'un point de vue pragmatique et moral, la FDA reconnaît que son concept très radical de réduction à un niveau non addictif de nicotine dans les produits de tabac combustibles implique nécessairement la mise à disposition de ces produits alternatifs", expliquent le spécialiste de santé publique et le médecin. 

La question est de savoir si de tels produits réduisent réellement le poids de santé publique. Question controversée où certains adeptes de l'abstinence soupçonnent un chausse-trappe. "Des produits à méfaits réduits sont déjà disponibles à présent, avec une réglementation très légère jusqu'à peu", rappellent les auteurs. C'est le cas notamment du vapotage. "Les experts conviennent que le vapotage est moins dangereux que le tabagisme. Les estimations du risque global pour la santé vont de moins de 5% jusqu'à un tiers de celui du tabagisme * ", précisent-ils. 

Chute sans précédent du tabagisme chez les jeunes


Les anti-vapotage craignent surtout que des jeunes viennent au tabagisme par le vapotage. "Pourtant, la consommation de cigarettes chez les étudiants a diminué à un niveau sans précédent durant la brève période d'utilisation généralisée de vapotage chez les adolescents. Sur la base d'une enquête sur plus de 80'000 jeunes entre 2012 et 2015, la prévalence d'usage sur les 30 derniers jours du vapotage parmi les élèves du secondaire a augmenté rapidement de 2,8% en 2012 à 16% en 2015. Au cours des mêmes années, la prévalence à 30 jours de la consommation de cigarettes est passée de 14% à 9,3%, représentant la plus forte chute du tabagisme lycéen de l'histoire. En 2016, l'utilisation du vapotage a diminué de près de 30%, chutant à 11,3%, tandis que le tabagisme continuait son déclin rapide à 8%. Les partisans du vapotage considèrent ces produits comme précurseurs d'une ère de "disruption" du marché de la cigarette", argumentent les auteurs. 
[Graphique sur le tabagisme adolescent américain de Clive Bates à partir de la même source de données citées ]


La nouvelle industrie du doute

A côté de cela, les fumeurs adultes sont encouragés à arrêter de fumer par l'aide du vapotage. Jusque-là, "l'approche dominante était "juste dis non" à tous les produits de tabac de toutes sortes, réminiscence de la guerre aux drogues", en dépit des succès de l'approche de réduction des risques dans de multiples secteurs (HIV-Sida, drogues, sexualité, sécurité routière...). "Le nouveau plan de la FDA accepte un rôle pour la réduction des risques dans la lutte anti-tabac. Etant donné l'opposition d'une partie de la communauté de santé publique, cette approche va rencontrer des résistances. Il est rendu encore plus difficile par la méconnaissance du public du noyau au cœur du plan, le continuum des risques des produits de nicotine", soulignent Kenneth Warner et Steven Schroeber. En 2012, 11,5% des américains interrogés se trompaient à propos des risques relatifs du vapotage par rapport aux cigarettes, en 2015 ils sont 35,7%, selon une étude.

Le challenge est difficile à relever, tant des membres de la communauté de santé publique travaillent à saboter l'information au public. "L'incapacité de la FDA à mettre en place des réglementations qui aient sensiblement réduit le fardeau du tabagisme doit tempérer l'optimisme à propos de la mise en œuvre de cet ambitieux plan. En outre, bien que tous les membres de la communauté anti-tabac apprécient certains éléments du plan, peu sont susceptibles de tous les soutenir en bloc. Pourtant, le potentiel énorme de succès  de sa mise en œuvre complète doit susciter une sérieuse considération. La communauté anti-tabac, si longtemps divisée, peut-elle s'unir pour soutenir un plan global visant à mettre un terme définitif à la consommation de cigarettes et leur terrible bilan de maladies et de mort?"

* Les rapports scientifiques du Public Health England (2015) et du Royal College of Physicians (2016) estiment à au moins 95% la réduction des méfaits du vapotage par rapport au tabagisme. En opposition, Stanton Glantz a estimé sur son blog (publication non scientifique) que le vapotage est "au 1/3 ou à 1/2 aussi mauvais" que la cigarette. Ce dernier est la seule référence citée dans l'article pour une telle estimation. 

mardi 19 septembre 2017

France: Un scandale passé sous silence à l'Hôpital Mondor? Des malades de Parkinson abandonnés à eux-mêmes depuis juin 2016


Des centaines de malades de Parkinson traités avec des patchs de nicotine à l'hôpital Mondor de Créteil sont dans l'incertitude sur l'avenir de leurs soins. La direction a décidé de limoger fin septembre le Dr Villafane, dernier expert de ce traitement en France, après avoir réduit ses consultations depuis juin 2016. L'AP-HP semble décidée à tuer cette thérapie.

Martin Hirsch n'a pas daigné nous répondre. Pourtant, l'état d'abandon dans lequel se retrouvent depuis 14 mois les centaines de malades de Parkinson de l'Hôpital Mondor de Créteil pose question. Le Directeur de l'Assistance Publique et Hôpitaux de Paris (AP-HP) et son service de presse préfèrent garder le silence. En matière d'information, les malades de Parkinson eux-mêmes ne sont guère mieux lotis. Jérôme Antonini, directeur de cabinet de Martin Hirsch, a tout de même communiqué en juin dernier à un patient que le «docteur Villafane n'exercera plus à l'hôpital Henri Mondor à compter du mois de septembre 2017». Le couperet tombe ainsi sur vingt années de travaux sur la thérapie à la nicotine du Dr Gabriel Villafane, en compagnie du Pr Pierre Cesaro jusqu'à son décès en décembre 2013, pour ses patients atteints de Parkinson. Des patients au nombre de 600 selon le Ministère de la santé, tandis que le soignant les estime à «plus d'un millier» dans un interview à Sud-Ouest en 2013.

Plus d'enfumage que de thérapie à la nicotine à Mondor

Avant la rupture du contrat du Dr Villafane, l'AP-HP avait dés juin 2016 limité son travail en réduisant de trois à une seule demi-journée par semaine son temps de consultation, selon un document interne que nous avons pu consulter. S'ensuivent annulations au prétexte de "contretemps", reports de rendez-vous, dans des délais dépassant une année, pour des patients déjà suivis et refus en réponse à de nouvelles demandes. Symptôme du malaise, l'hôpital Mondor mène en bateau l'Association Neurothérapie et Nicotine (A2N), qui milite pour la reconnaissance de cette thérapie. La direction du service de Neurologie lui assure que rien n'a changé, six mois après la réduction d'horaire. «Le rythme des consultations du Dr Villafane dans notre service n'a pas été modifié», affirme un courrier de janvier 2017 du Pr Anne Catherine Bachoud-Levi, cheffe de service de Neurologie de Mondor.

En réalité, la plupart des malades se retrouvent livrés à eux-mêmes. Corinne, que nous avions interviewé en juillet, tente depuis juin 2016 d'être reçue pour l'ajustement de son traitement. «Sur une quarantaine de patients avec qui j'ai contact, seuls trois ont reçu début septembre [2017] une date de rendez-vous avec le Pr Philippe Rémy. Sans aucun conseil médical sur la conduite à tenir alors que nous nous retrouvons de fait en auto-médication», nous explique t-elle. Or, le Dr Philippe Rémy, chargé de reprendre les patients sous nicotine, stipule clairement dans un courrier à une patiente en octobre 2016 "que les neurologues du Centre Expert Parkinson ne pourront pas vous prescrire de la nicotine". De plus, après le départ du Dr Villafane, aucun expert ne dispose des compétences en matière de soin de la maladie de Parkinson avec la nicotine. Comment dés lors les patients pourront-ils poursuivre ce traitement dans des conditions satisfaisantes? Cela faisait partie de nos questions auxquelles Martin Hirsch n'a pas répondu.

Les patients voient les améliorations, pas le Ministère

Pourtant, le traitement à la nicotine connaît du succès. Non invasive et permettant de réduire les doses de L-dopa et ses pénibles effets secondaires, un certain engouement s'est créé autour de l'approche. Publiés en 2009 dans Nuclear Medicine Communications, les résultats de l'étude NicoPark 1 se montrent très encourageants. Après Sud-Ouest en novembre 2013, le journal Libération relaie en 2014 le témoignage d'une autre patiente enthousiaste, puis Ouest-France celui d'un breton, tandis que le Point dressait l'état des avancées de la science américaine sur le sujet. «Quelques associations, comme le Groupe Parkinson Ile-de-France (GPIDF), demandent une reconnaissance de la nicotinothérapie pour traiter la maladie», ajoutait alors l'hebdo. Trois ans plus tard, les témoignages persistent à relater l'aide que leur procure la nicotine, à l'image de celui de Corinne. Ou celui de Philippe dans le Télégramme qui, après de premiers examens avec le Dr Villafane, doit expérimenter seul la nicotine à défaut que l'hôpital Mondor lui ait accordé un second rendez-vous. Constante de l'historique, les patients ne sont toujours pas pris en considération par les bonzes des institutions.

Du côté de l'étude Nicopark, la phase 2 s'est effectuée mais les résultats ne sont pas encore publiés. Cela n'a pas empêché les autorités françaises de décider de l'inefficacité présumée de la nicotine. Interpellé à plusieurs reprises sur le sujet par des députés, le Ministère de la santé affirme à chaque fois que les résultats de Nicopark-2 «n'ont pas montré de bénéfice de la nicotine en patch sur les symptômes de la maladie». Pourtant, au Congrès de neurologie de San Diego en juillet 2015, une synthèse du Dr Villafane présente des éléments plus circonstanciés sur l'étude Nicopark-2. "Sur la base de ces données encourageantes, une étude randomisée en double-aveugle contre placebo dans une cohorte plus importante de patients pourrait être considérée", conclut la présentation.


Les américains et les allemands poursuivent les recherches

De leur côté, scientifiques américains et allemands poursuivent leur recherche. La Nicotine Parkinson Disease study (Nic-Pd) a suivi 162 malades pour évaluer «le potentiel d'effet de la nicotine sur les symptômes et la progression de la maladie de Parkinson». Les résultats de l'étude devraient être publiés sous peu. Le 30 octobre prochain, des présentations des premiers résultats auront lieu au Congrès sur les thérapies de la maladie de Parkinson à New-York organisé par la Fondation Michael J. Fox. «Aux Etats-Unis, en Allemagne, les publications sur les vertus de la nicotine dans le traitement de Parkinson affluent. Ils vont nous doubler et déposer des brevets de patchs nicotiniques pour Parkinson avant nous», prédisait le Dr Villafane fin 2013.

Côté français, avant même que le débat scientifique n'ait lieu, le Ministère de la santé semble avoir donc décidé unilatéralement d'enterrer cette approche en fermant la porte à la phase 3 de l'étude Nicopark. Effet de bord, les soins compassionnels à la nicotine sont volontairement précarisés par l'AP-HP. En dépit du soutien au droit des patients d'accéder à ce type de traitement de la part du Pr Benoît Vallet, directeur de la Direction Générale de la Santé (DGS), qu'il avait annoncé en juin dernier.

Enterrement silencieux

Dans l'hexagone, la nicotinothérapie pâtit d'une opposition croissante ces dernières années. L'intérêt des labos à préserver leurs ventes de L-dopa, un produit de meilleur rendement financier que la nicotine, ainsi que de laisser le champ libre au développement de nouvelles thérapies sur un marché en pleine croissance, est probablement un facteur déterminant dans ce sabotage. Étroitement associés aux recherches, des scientifiques parient leur carrière et leur réputation sur le développement des thérapies à électro-chocs («stimulation cérébrale profonde») et l'avenir des «biothérapies», à savoir des greffes de neurones ou l'implantation de gènes stimulant la production de dopamine chez les parkinsoniens, comme l'exprimait en avril 2013 le Dr Philippe Rémy dans le HunffingtonPost.


Mais le blocage le plus prégnant semble la confusion entretenue entre nicotine et tabac et son lot de croyances obscurantistes sur sa nocivité et son potentiel dépendogène. «Il semble de plus en plus évident qu’il existe un freinage organisé», déplore Raymond Lescouarnec dans le Parkinsonien Indépendant de mars 2015. Depuis, les freins organisés semblent avoir mués en enterrement de la thérapie à la nicotine des malades de Parkinson. Des centaines de patients se retrouvent victimes collatérales dans un silence gênant. Corinne, aussi animatrice d'un groupe Facebook pour tenter de réunir les patients éparpillés, est dépitée. Elle ne comprend pas: «C'est dingue que tout le monde se foute du sort de ces patients».

jeudi 7 septembre 2017

La Ploom est-elle un produit vendu illégalement en Suisse ?

Pourquoi le produit Ploom de Japan Tobacco est-il autorisé à la vente en Suisse depuis quelques semaines? La question se pose dans le contexte de prohibition des produits de vapotage nicotinés par les autorités fédérales. En l’occurrence, l'interrogation est soulevée par Ric Daniel de la société Zodiak de Kloten. "Comment la Ploom est-elle classée?", demande le vendeur de produits de vapotage dans un courrier adressé au Service de la consommation de Genève que nous avons pu lire -[ Edit 10.09.2017: la lettre a été mise en accès public ]-. Sur son site, Japan Tobacco présente son produit  comme "une nouvelle façon vraiment simple de vapoter du tabac". A quelle catégorie le produit "hybride" est-il soumis? Soit la Ploom est un produit de vapotage, considéré comme produit usuel par les services d'Alain Berset et donc interdit s'il contient de la nicotine. Soit la Ploom est une cigarette de tabac, autorisée sans problème avec ses dangers de santé inhérents et bien connus des autorités.

Nicotinée?

Tel un enquêteur, le vapoteur suisse-allemand a cherché à savoir si le produit de Japan Tobacco contient ou non de la nicotine. "Le liquide exempt de nicotine dans la cartouche crée de la vapeur", lit-on avec lui sur le site ploom.ch. La Ploom ne contient-elle donc pas de nicotine? Pas si sûr, même si l'information explicite est difficile à trouver, y compris sur l'emballage du produit. Les capsules contiennent en effet du "tabac de première qualité finement moulu", selon les mots du cigarettier. A moins qu'il ne soit dénicotiné, ce qui n'est pas indiqué, celui-ci en contient probablement. L'avertissement de santé réglementaire imprimé sur le packaging parait impliquer que le produit vendu est nicotiné.


Si les analyses confirmaient que ses capsules de tabac moulu contiennent de la nicotine, la Ploom ne devrait pas être autorisée a la vente en tant que produit de vapotage. Mais alors, peut-elle avoir le statut de produit de tabac? Pour cela, elle doit souscrire aux conditions de l'ordonnance les régissant (OTab). Or, l'article 5 de celle-ci spécifie les produits interdits. "Sont considérés comme tels [interdits] les produits présentés sous forme de poudre, de particules fines ou toute combinaison de ces formes (...) exceptés les produits destinés à être fumé ou mâché", énonce l'OTab. La Ploom s'annonce être destinée, ni à fumer ni à mâcher, mais à "vapoter". Son tabac finement moulu non destiné à être fumé semble donc tomber sous l'interdiction.

Mortelle protection des cigarettes

L'Office fédéral de la santé publique interprète la loi sur les denrées alimentaires et les produits usuels et son ordonnance (ODAIOUs) comme une base légale pour interdire la vente en Suisse de produits de vapotage avec nicotine. Ce point de vue des autorités considére la vape comme un produit usuel entrant en contact avec les muqueuses et ne devant pas contenir de substances ayant effet pharmacologique (telles que la nicotine ou la caféine). A moins que les autorités fédérales ne fassent exception pour le cigarettier, au  siège à Genève depuis fin 2015, la Ploom semble devoir être interdite. Ceci  au moins jusqu'à la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) sur les deux recours contre la décision de prohiber le vapotage nicotiné pendants depuis novembre 2015.

Ric Daniel, en tant que vendeur de produit de vape, semble victime de concurrence déloyale dans la situation. "Je me sens concerné directement. En bref, j'ai l'impression de vivre dans une république bananière", s'agace le commerçant. Il s'interroge aussi sur la légalité du marketing santé développé par le cigarettier japonais. Le Service de la consommation genevois répondra t-il à ces questions?

La souplesse d'interprétation administrative

Avant lui, l'association des usagers Helvetic Vape avait déjà soulevé un lièvre similaire sur le deux poids, deux mesures des autorités subit par la vape en regard de l'industrie cigarettière. Pourtant, par principe de cohérence et égalité de traitement, l'interprétation des autorités de l'article de loi (ODAIOUs art. 37 §3) pour justifier l'interdiction du vapotage avec nicotine devrait aussi s'appliquer à des produits contenant nicotine ou caféine. Tels que cigarettes, à chauffer ou brûler, canettes de soda caféiné, etc... 

"Après l'élaboration hâtive de l'ODAIOUs, les produits du tabac sont soumis à l'article 37 de l'ordonnance. Le manque de réflexion de l'administration et son empressement à faire plaisir à l'industrie pharmaceutique conduit donc à rendre illégaux l'ensemble des produits du tabac. Mais personne, pas même la lutte anti-tabac, n'utilisera cet article pour faire interdire la vente des produits du tabac", expliquait un texte rétrospectif de l'association d'usagers en décembre dernier. Aucune réaction n'avait alors suivi de la part des autorités. 


mercredi 30 août 2017

[Ristret] Traitement du Sarcoïdose par la nicotine: l'essai clinique est lancé par l'Université d'Ohio

"Après les résultats prometteurs des premiers essais, un essai clinique "randomisé" à large échelle est lancé pour approfondir la recherche sur la question des soins à long terme de la maladie de sarcoïdose avec des patchs de nicotine". Le  Centre médical Wexner de l'Université de l'Ohio (USA) annonce cette nouvelle étape sur le traitement du sarcoïdose à l'aide de la nicotine. "L'analyse des premières données nous donne l'espoir que les patchs de nicotine aident à stopper ou même inverser la croissance des cellules de sarcoïdose", explique le Dr Elliott Crouser, responsable du programme de recherche. Lancée depuis 2008, la recherche entre en phase 4 et va suivre des patients sur sept mois, un groupe avec des patchs nicotinés et un autre avec des placebo, ponctués de contrôles au scanner (CT Scan) des poumons en partenariat avec la Clinique de Cleveland.

La nicotine anti-inflammatoire

La maladie inflammatoire, qui touche fréquemment les poumons, est généralement traitée avec des stéroïdes. "Mais l'utilisation prolongée de stéroïdes peut entraîner des effets secondaires graves, tels que de l'hypertension, de l'ostéoporose et du diabète", précise le site de l'Université. Aussi le traitement aux stéroïdes (cortisone) ne peut pas être prolongé très longtemps. D'où l'intérêt d'un éventuel soin alternatif. "Pourquoi la nicotine pour le sarcoïdose? Autour de l'année 2000, nous avons découvert deux choses. Des preuves que la nicotine est anti-inflammatoire. Et d'autres études ont montré que les fumeurs sont moins susceptibles de développer un sarcoïdose", déclare le Dr Crouser au site News-Medical.net

Contre la fatigue extrême

L'alkaloïde se révèle aussi avoir un effet secondaire bénéfique. "Comme la nicotine est stimulante, la fatigue extrême qui accompagne le sarcoïdose est amoindrie avec les patchs qui les aident à avoir plus d'énergie au quotidien", précise le Dr Elliott Crouser. Cette fatigue extrême est d'ailleurs souvent le principal symptôme du sarcoïdose. "C'est compliqué parce qu'il imite les symptômes d'autres maladies et se retrouve souvent mal ou pas diagnostiqué. Le sarcoïdose peut apparaître sous forme de nodules dans les poumons, de pneumonie, de tissus cancéreux. Il peut parfois toucher d'autres organes vitaux que les poumons et cela diffère d'une personne à l'autre", développe le pneumologue spécialiste de la maladie de sarcoïdose . 

6'000 à 12'000 nouveaux cas par an en France

La maladie dite rare endommage gravement les poumons et, sans soin, peut aller jusqu'à la mort. Ses origines restent plutôt mal définies. Certains scientifiques estiment qu'elle est de nature génétique, tandis que d'autres évoquent l'hypothèse d'une origine environnementale, notamment des pesticides. La Société nationale française de médecine interne (SNFMI) évalue entre 6'000 et 12'000 nouveaux cas de sarcoïdose diagnostiqués en France chaque année.

La vidéo de 1mn30 de l'Université d'Ohio sur la recherche du Dr Crouser avec le témoignage d'un patient:



samedi 19 août 2017

Faut-il exiger la nicotine promise par les avertissements de l'Union Européenne ?

Depuis les entrées en vigueur dans les législations nationales de la directive (TPD) de l'Union Européenne (UE), les produits de vapotage portent des avertissements. Ainsi les emballages d'atomiseurs, de mods et de liquides se retrouvent parés depuis quelques mois de l'anxiogène mention: "La nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance. Son utilisation par les non-fumeurs n'est pas recommandée". Sauf que, mis à part les liquides nicotinés, les produits de vapotage ne contiennent pas de nicotine. Or les vendeurs sont tenus à la loyauté commerciale impliquant de délivrer une information non trompeuse aux clients. En France par exemple, le code de la consommation régit ces questions. "Une pratique commerciale est trompeuse (...) lorsqu'elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses (...) portant sur (...) les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir: ses qualités substantielles, sa composition (...)", précise l'article L-121-2 dudit code.

Ne pas tromper

"Les avertissements "nicotine" doivent être retirés des packagings des produits matériels ne contenant pas de nicotine distribués en France", alerte Mickaël Hammoudi sur sa page Facebook. "Seuls les produits contenants de la nicotine, à savoir les réservoirs pré-remplis (limités à 2 ml s'ils contiennent de la nicotine) et les flacons de recharge d'e-liquides (limités à 10 ml lorsqu'ils sont nicotinés) doivent comporter cet avertissement", précise l'acteur de longue date de la scène vape française. "Cet avertissement est abusif, anxiogène et non-obligatoire en regard de la loi santé. L'objectif doit être de continuer à convertir des fumeurs dans un climat de confiance et dans le respect des lois", poursuit Mickaël Hammoudi avant d'appeler "grossistes, distributeurs, revendeurs et consommateurs" à interpeller les fabriquants pour qu'ils arrêtent d'apposer ces avertissements erronés.



Une vraie info de santé civique ?

En attendant, les vendeurs devraient retirer ou recouvrir cette fausse information. La remplacer par une véritable information pourrait probablement être bénéfique à la santé civique.

Mais où est ma nicotine hautement addictive ?

Reste la question des avertissements sur les liquides, ou les cigalikes pré-remplies, concernant le caractère hautement addictif de la nicotine. C'est un fait bien établi scientifiquement, le tabac est hautement addictif. Mais c'est tout aussi établi que la nicotine en elle-même est moyennement à faiblement dépendogène, d'un niveau toxicologique similaire à la caféine. Les consommateurs de gommes nicotinées sans passé tabagique deviennent très rarement dépendants du produit sur le marché depuis presque 40 ans bien que ces gommes sont enrichis de quelques additifs pour les rendre plus efficientes. La consommation courante des nombreux légumes nicotinés - tels que carottes, poivrons, aubergines, tomates, patates etc... - n’entraîne pas non plus de dépendance "nicotinique". Bien que l'action pharmacologique de la nicotine y soit déjà active, notamment dans son effet préventif contre la maladie de parkinson

La nicotine n'explique pas à elle seule la haute addictivité du tabac. Le Pr Karl Fagerström, créateur du test de dépendance tabagique mondialement utilisé, l'a expliqué dans un article en 2011, traduit en français par UnAirNeuf.org. Avant lui, les chercheurs Hanan Frenk et Reuven Dar ont largement déconstruit le mythe de l'unique responsabilité de la nicotine dans l'addiction tabagique. Autrement dit l'avertissement obligatoire sur les liquides nicotinés est mensonger. "Cette exigence est abusive. En dehors du tabac, il n'y a pas de base scientifique pour affirmer qu'un produit contenant de la nicotine "crée une forte dépendance". Cet arrêté [français du 19 mai 2016 imposant ces avertissements] peut - et doit - être contesté par une procédure juridique adaptée", estime le site spécialisé en tabacologie UnAirNeuf.org

Faut-il copier les cigarettiers ?

A défaut d'avoir été contestés en justice, les avertissements trônent obligatoirement sur les fioles de liquides nicotinés. Les consommateurs doivent-ils alors exiger un liquide nicotiné vraiment hautement addictif comme promis par l'avertissement de l'Union Européenne? Les producteurs doivent-ils s'inspirer de l'industrie cigarettière et se tourner vers le Commissaire Européen Vyrtenis Andriukaitis pour qu'il leur communique les 600 additifs autorisés, mais cachés aux consommateurs, renforçant l'effet addictif des cigarettes? Les vendeurs peuvent-ils être tenus responsables de diffuser cette fausse information sur la caractéristique du produit bien que ce soit l'Union Européenne qui impose cette désinformation ? ... !?!



mercredi 16 août 2017

[Expresso] Le Dr Joel Nitzkin presse Scott Gottlieb de suspendre la campagne anti-vape de la FDA

"Je demande la suspension immédiate de la mise en oeuvre de la nouvelle campagne anti-vape". Le Dr Joel Nitzkin, qui siège notamment au groupe sur le tabac de l'American Association of Public Health Physicians (AAPHP), appelle Scott Gottlieb, Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), a annuler la nouvelle campagne de prévention contre le vapotage, annoncée à destination des jeunes. Dans une lettre publiée sur R Street, think tank de santé publique, le défenseur d'une approche de réduction des méfaits prévient: "Cette campagne est en conflit direct avec votre intention récemment déclarée de soutenir une approche de réduction des risques dans la lutte anti-tabac"

Campagne contre-productive

"Les campagnes parrainées par le Gouvernement fédéral visant à décourager l'utilisation du vapotage et de produits de tabac sans fumée risquent de causer plus de mal que de bien. Il est peu probable qu'elles découragent les non-fumeurs d'utiliser ces produits. Il est nettement plus probable qu'elles donnent aux fumeurs et aux fonctionnaires d'Etat ou locaux l'idée erronée que le vapotage et les produits sans fumée sont aussi dangereux que les cigarettes", explique le spécialiste de santé publique.

Passerelle vers la sortie du tabagisme

"Nous savons que les produits de vapotage et les produits de tabac sans fumée disponibles sur le marché américain sont moins addictifs et présentent beaucoup moins de risques que les cigarettes. Nous savons aussi que le vapotage n'attire pas les adolescents vers la cigarette ni à la dépendance à la nicotine. En réalité, les données sont fortes pour montrer que la vape joue un rôle de première importance pour détourner les adolescents du tabagisme, qu'ils soient déjà fumeurs ou susceptibles de s'initier aux cigarettes. Ceci ressort des données du Center Disease Control (CDC) montrant que la forte augmentation de l'usage de la vape par les adolescents ces dernières années est associée à une réduction record du tabagisme", argumente le Dr Nitzkin.

Dogme obscurantiste contre la santé publique

"Je sais que ces conclusions vont à l'opposé de ce que vous disent les spécialistes de la FDA, du CDC et les dirigeants de la prévention. Le problème, tel que je le comprends, est que la politique anti-tabac actuelle est conduite sous l'emprise de sentiments et non sur la base de faits de science. Un élément en est l'engagement pour une société sans tabac, interprétée de manière à exclure tout produit nicotiné non-pharmaceutique de toute considération de santé publique. Un autre élément est le sentiment de l'évidence de la nature néfaste de la nicotine au point que toute preuve scientifique en conflit avec cette croyance est simplement rejetée sans considération", souligne le militant anti-tabac. 

Avant de pointer la crispation obscurantiste des cadres de la FDA. "Le principal obstacle à la mise en oeuvre d'une politique officielle de réduction des risques pour le tabac (THR) n'est pas le manque de données scientifiques. Cette barrière est l'absence de volonté des fonctionnaires fédéraux de prendre en considération les preuves des bénéfices individuels et de santé publique d'inclure la réduction des risques aux programmes de lutte anti-tabac, des bénéfices probablement inatteignables par d'autres moyens".


[ristret] Pourquoi la cigarette ultra-light Magic n'a pas été mise sur le marché français

Elle était annoncée en France pour juin 2016. Puis aucune nouvelle... malgré la publicité racoleuse en français sur internet. La Magic, cette cigarette de tabac OGM à très bas taux de nicotine, ne sera finalement pas commercialisée en France. "Notre plan initial était de déployer la Magic largement en Europe. Mais la réglementation de l'Union Européenne sur le tabac [TPD] a changé et interdit désormais de divulguer le contenu de nicotine sur les paquets de cigarettes. Si nous ne pouvons pas dire au consommateur que cette cigarette est à très faible teneur en nicotine, nous ne croyons pas que le produit puisse se distinguer sur ce marché très concurrentiel", explique Henry Sicignano, Président de la firme biotechnologique 22nd Century, au magazine Forbes. L'article de Rita Rubin questionne les chances de faire baisser le tabagisme en imposant des cigarettes à très bas taux de nicotine comme l'envisage le nouveau plan anti-tabac de Scott Gottlieb, le nouveau Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA).

Les trois-quarts des américains désinformés sur la nicotine

Rita Rubin pointe le problème de l'extrême désinformation du public américain sur la question. "Environ les trois quarts des adultes américains interrogés par la FDA en 2015 n'étaient pas au clair sur la relation entre nicotine et cancer ou pire croyaient à tort que la nicotine est cause de cancer", souligne t-elle.  L'étude sur laquelle elle s'appuie a été publiée en mars dans Preventive Medicine. "Croire de manière incorrecte que la nicotine provoque le cancer pourrait décourager les fumeurs à passer à des alternatives plus sûres contenant de la nicotine et pourrait conduire des non-fumeurs à expérimenter du tabac à faible teneur en nicotine en croyant que le risque de cancer serait réduit", alertent les chercheurs du Centre sur les produits du tabac de la FDA dans l'article. 

Green washing the Gauloises

Pour le moment, 22nd Century serait la seule firme capable de produire du tabac OGM à faible taux de nicotine (VLN) selon son Président. Jusque-là, la firme aligne les échecs commerciaux mais prospère grâce aux achats par le Gouvernement américain. En juin, le groupe a annoncé une commande de 2,4 millions de ses cigarettes VLN pour la recherche gouvernementale. C'est l'essentiel de sa production après la disparition dans l'anonymat de la Quest, cigarette VLN distribuée par Vector aux Etats-Unis de 2002 à 2010. Auparavant, Philip Morris avait mis sur le marché dans les années 1990' des cigarettes dénicotinisées, sous les noms de "Merit Free" et "Next", disparues également sans laisser de trace. Mais il semble que ce soit la Seita, avec ses Gauloises Vertes qui ait été précurseur dans les années 1970', comme le montre le paquet déniché par UnAirNeuf.org en 2012.