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lundi 14 mai 2018

Suisse & LOL: Après neuf ans de prohibition illégale à mépriser les usagers, les élites de santé se disent "prises de court par la situation"!

Article tissé de fil blanc dans le Matin de ce matin. Après neuf ans à maintenir illégalement la prohibition contre le vapotage nicotiné et à mépriser les propositions des usagers pour réguler la question, des responsables de santé et des politiciens jouent la carte de l'affolement dans les médias. Selon eux, il faut de toute urgence assimiler le vapotage, produit sans combustion et sans tabac, au tabagisme. Tant qu'il s'agissait de laisser crever sans accès au moyen de sortir du tabagisme les plus de deux millions de fumeurs en Suisse payant pour 2,2 milliards de taxes annuelles, dont 14 millions pour les organisations anti-tabac, et quelques autres milliards en médicaments aux entreprises de la pharmaceutique, rien ne pressait. A présent il s'agit de faire bon usage de la peur et de la panique pour imposer leur loi anti-vape. La doctrine du choc est une vieille recette autoritaire éprouvée.

Il faut évidemment mettre une bonne dose de peur irrationnelle. Selon ces voix autorisées, les enfants seraient en danger. "L’usage de cigarettes électroniques augmente le risque de devenir fumeur de cigarettes traditionnelles", invente, contre les preuves des études sérieuses sur le sujet, Graziella Schaller, députée Vert'libérale vaudoise dans le journal lausannois. Par contre, j'ai pu le constater,  le buzz monté de toute pièces par le journal la Liberté et la RTS en janvier dernier a ramené sur le moment quelques adolescents dans des magasins de vape. Avertis par le reportage bidon de la TV qu'ils avaient légalement le droit d'acheter des produits de vapotage, les jeunes sont venus essayé. Dans le cas dont j'ai été témoin, bien que l'ado a précisé vouloir du vapotage sans nicotine, le vendeur a refusé, indiquant au mineur de revenir avec un de ses parents. 

Reste qu'en sortant, cet ado genevois a pu sans difficulté s'acheter un paquet de cigarettes au premier automate venu. Et inhaler monoxyde de carbone, goudrons et les plus de 5'000 toxiques dégagées par la fumée. Mais il a ainsi payé des taxes. C'est ce qui parait compter avant tout pour les responsables moins prompts à agir pour les 38% de jeunes romands fumeurs que contre leur peur que certains d'entre eux puissent y échapper à l'aide du vapotage.


dimanche 8 avril 2018

Tribune d'un expert des addictions à Singapour: "la prohibition du vapotage est une erreur"

Singapore support smoking
En Asie, plusieurs gouvernements ont décrété la prohibition du vapotage. C'est le cas de Singapour depuis le 1er février, au nom du "principe de précaution". Le Dr Andrew Da Roza, membre de plusieurs comités d'experts dont l'Association Anti-Narcotiques de Singapour (SANA), s'interroge sur le bien fondé de la prohibition de l'outil de réduction des risques. Dans une tribune pour le journal Today le 28 mars, il se demande "si une position morale douteuse, de mauvaises interprétations des données scientifiques, des projections contradictoires sur les motivations de l'industrie du tabac et une inadéquation entre le bien-être de plusieurs et le bien-être de quelques-uns sont à l'origine de l'interdiction du vapotage à Singapour, n'est-il alors pas temps de repenser la politique de santé ?"

Les études existent

"Le ministère de la Santé de Singapour prétend qu'il n'y a pas d'étude scientifique sur le long terme (25 à 30 ans) pour montrer si ces dispositifs augmentent ou diminuent matériellement les maladies dans la population utilisatrice", constate le Dr Andrew Da Roza. Pourtant, des rapports scientifiques précis et complets ont été publiés notamment par le Royal College of Physicians (RCP) britannique et récemment le Public Health England (PHE), note le docteur. "Le PHE a conclu que vapoter ne représente que 5% ou moins des risques de fumer, et que passer complètement du tabac au vapotage «procure des avantages substantiels pour la santé»", souligne t-il. Aux Etats-Unis aussi, des organismes de santé reconnaissent la réduction des dommages du vapotage face au tabagisme, tels que l'Académie des sciences, de l'ingénierie et de la médecine et l'American Cancer Society.

Morale abstinente ou éthique de minimisation des dommages ?

"Aucune politique de santé publique n'exige qu'une nouvelle technologie qui peut potentiellement sauver des vies et prévenir des maladies soit testée pendant 25 à 30 ans avant qu'elle puisse être utilisée", remarque t-il. Pour le Dr Da Roza, les autorités de santé singapouriennes épousent une position morale contestable. "Les autorités choisissent de prendre une position morale: autoriser le vapotage peut être considéré comme une tolérance de la dépendance à la nicotine et cette dépendance serait si haïssable que cela ne compenserait pas la baisse de tabagisme liée. Mais la position morale opposée est tout aussi valable. L'interdiction de ces dispositifs empêche les fumeurs d'améliorer leur santé, la santé de leurs proches, et de prolonger leur vie", explique l'expert en addiction.

Les exemples des nations du tabac

Une autre raison se trouve peut-être dans les exemples des pays voisins de Singapour. La junte militaire en Thaïlande, fin 2014, et la Corée du Nord ont été les premiers à interdire le vapotage. Aux Philippines, l'interdiction n'a pas encore été prononcée, malgré les pressions en ce sens de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l'Université privée de Dartmouth qui espère en faire un pays test pour ses détecteurs de nicotine. Par contre récemment, l'Indonésie a suivi le mouvement de prohibition pour protéger ses ventes de tabac, selon les déclarations de son Ministre de l'Industrie. 

Motif de vulnérabilité ou effet causal extérieur ?

Si le Gouvernement indonésien voit dans le vapotage un concurrent à ses ventes de tabac, d'autres prétendent qu'il pourrait être une "passerelle" vers le tabagisme pour les adolescents. En plus des études épidémiologiques britanniques et américaines montrant la baisse du tabagisme adolescent depuis l'apparition du vapotage, le Dr Andrew Da Roza en appelle au bon sens. "Le bon sens nous dit aussi que les adolescents qui essaient le vapotage sont également susceptibles d'essayer beaucoup d'autres choses, y compris l'alcool, les cigarettes et les drogues. Par quoi ils commencent et poursuivent n'est pas déterminé par la substance ou l'appareil, parce que c'est en fonction de leur vulnérabilité à l'utilisation de toute substance psychoactive. Donc, avec ou sans vapotage, ils sont vulnérables à fumer, à boire et à utiliser d'autres substances. Ainsi, les études, qui prétendent établir que le vapotage est la cause du tabagisme, ne font guère plus que montrer une association entre vapoter et fumer - ce qui est attendu, étant donné que les mêmes vulnérabilités individuelles en sont la cause", argumente le spécialiste.

Marché noir hors contrôle

En plus de favoriser le maintien ou l'adoption du tabagisme en interdisant cette alternative à moindre dommage, la prohibition prive les autorités de tout contrôle sur les produits de vapotage. "S'il existe des risques pour la santé avec ces dispositifs, une approche prudente ne consiste pas à les interdire mais à les réglementer et à en réduire les risques", souligne le Dr Andrew Da Roza. Sera t-il entendu à Singapour ?


lundi 26 mars 2018

[Bref] USA: le tabagisme chute à 14,1%, la FDA veut restreindre arômes et nicotine dans la vape

14,1% de fumeurs adultes américains en 2017
Le taux de fumeurs adultes américains n'a jamais été aussi bas depuis 50 ans qu'il est mesuré. Selon les données du Centre de Contrôle et prévention des Maladies (CDC) sur les trois premiers trimestres 2017, le tabagisme adulte a chuté à 14,1% aux Etats-Unis. Après une légère remontée en 2016, la chute du nombre de fumeurs a repris sa course. Depuis 2009, les fumeurs américains sont passés de 20,6% à 14,1%, soit une diminution de 31,6% en huit ans. En 2016, une légère reprise du tabagisme avait fait craindre un effet contre-productif des violentes campagnes anti-vapotage de la presse et des Etats en difficulté financière par leurs prêts liés aux ventes de cigarettes. 

Officiellement, le CDC ne reconnait toujours pas le rôle du vapotage dans le déclin accéléré du tabagisme ces dernières années. Pourtant, la vape est devenu le moyen d'arrêt tabagique le plus utilisé et le plus efficace employé, lorsqu'ils s'appuient sur une aide, par les fumeurs américains, selon une étude du Pr Brad Rodu. Du côté des pro-abstinences, Stanton Glantz continue d'affirmer que le vapotage empêche les fumeurs d'arrêter de fumer. En 2016, année de repli du vapotage et de hausse du tabagisme, le Pr Brad Rodu estimait, sur la base des données du CDC, à 7,8 millions le nombre de vapoteurs américains, dont 34% - 2,6 millions - ont arrêté de fumer. Il n'existe aucune estimation du nombre de personnes ayant arrêté de fumer avec le vapotage, puis arrêté de vapoter aux Etats-Unis.

Deux projets de réglementation de la FDA menacent la vape indépendante 

Les recharges de liquides nicotinés de vape interdites ?
Les lacunes d'études et le déni des autorités pourraient jouer un rôle important dans le cadre de deux propositions récentes de réglementation de la Food and Drug Administration (FDA). Faisant suite au plan de lutte contre le tabagisme annoncé fin juillet par Scott Gottlieb, le commissaire de la FDA, le premier projet de réglementation ne semble à première vue pas concerner directement la vape puisqu'il vise à limiter le taux de nicotine des cigarettes à un "niveau non addictif". 

Cependant, un passage du projet de réglementation, mis en ligne le 16 mars, pourrait se révéler catastrophique pour la vape indépendante. "Un autre effet possible de contrefaçon suscité par un taux de nicotine maximum aux cigarettes pourrait être que les usagers cherchent à ajouter de la nicotine en liquide ou d'autres formes à leur produit de tabac à fumer" explique la FDA pour justifier d'inscrire la prohibition de produits susceptibles de servir à cet usage. Autant dire que les recharges de liquides de vapotage nicotinés sont dans le collimateur.

Bad taste only

Le droit de vapoter seulement des arômes dégueulasses ?Attaque encore plus frontale, l'autre projet de réglementation vise les arômes dans les produits du tabac, dans lesquels la FDA inclut le vapotage. "Des recherches ont montré que les cigarettes électroniques à saveur sucrée ont un taux d'attrait plus élevé chez les jeunes que les cigarettes électroniques non sucrées et sans saveur", explique la FDA. La possibilité de soumettre un commentaire est ouverte jusqu'au 19 juin prochain. "Si les vapoteurs et les défenseurs du vapotage ne parviennent pas à trouver une réponse efficace, l'industrie indépendante du vapotage disparaîtra", s'inquiète Jim McDonald, spécialiste des questions réglementaires sur le vapotage sur le site américain Vaping360 .


mardi 6 février 2018

Public Health England met à jour son rapport sur le vapotage: "C'est tragique que des fumeurs ne s'en aident pas à cause de fausses peurs"

Malgré l'intense bombardement de mensonges des lobbys du tabac et de la pharma contre le vapotage dans les médias, la Santé Publique Anglaise (Public Health England - PHE) ne désarme pas. Elle publie une mise à jour de son rapport scientifique sur la réduction des méfaits par la vape contre le tabagisme, sur la base de plus de 400 études révisées et analysées par ses chercheurs. "Vapoter est au moins 95% plus sûr que fumer. Cette estimation reste valide en se basant sur les études actuelles les plus fiables révisées par des pairs", affirment les Prs Ann McNeill, du King's College London, et Peter Hajek, de l'Université de Londres, deux des auteurs principaux de la mise à jour du rapport, dont la version précédente datait de 2015. L'absence, ou la très forte réduction de toxiques encore présents dans le vapotage, pour la plupart en deçà de 1% des limites de sécurité d'exposition au travail, assoit cette estimation prudente. "Avec les connaissances actuelles, il n'y a aucun doute que les fumeurs qui passent au vapotage réduisent drastiquement les risques pour leur santé", insistent les deux pointures scientifiques.

[add 19h15] Vap' You a publié la traduction du communiqué de presse du PHE sur son blog, à peu près au même moment que je publiais ce blog. 
add 21h30 La vidéo de 2 mn du Public Health England /

Au moins 95% de réduction des méfaits

"Notre nouvelle analyse renforce la conclusion selon laquelle vapoter comporte une petite fraction du risque de fumer, au moins 95% moins nocif, et un risque négligeable pour l'entourage. Pourtant, plus de la moitié des fumeurs croient faussement que le vapotage est aussi nocif que la cigarette quand ils ne le savent tout simplement pas", indique le Pr John Newton, responsable au PHE. "Il est très inquiétant que les fumeurs comprennent si mal encore les méfaits du tabagisme. En fumant une cigarette de tabac, une personne inhale un mélange mortel de 7'000 substances dans la fumée, dont 70 sont des cancérigènes reconnus", précise la Pr Ann McNeill. 

La nicotine n'est pas le problème

"Contrairement à ce que la grande majorité du public croit, la nicotine cause peu si ce n'est aucun mal. La fumée toxique est la coupable et cause écrasante de toutes les maladies et de la mortalité liées au tabac", poursuit la Pr McNeill. A présent, les fumeurs ont le choix, du moins en Grand-Bretagne, pour consommer la nicotine sous différentes formes à méfaits réduits, telles que les gommes, les sprays, les pastilles ou le vapotage. Même si le snus est pour sa part encore interdit au Royaume-Uni. Le rapport souligne que "l'addictivité de la nicotine dépend du système de délivrance". En se basant sur la littérature scientifique, le PHE recommande que les "politiques sur le tabac et le vapotage devraient avoir pour principe de reconnaître que l'usage de la nicotine en tant que tel présente un risque minime d'effets nocifs graves sur la santé physique et que sa dépendance dépend de la façon dont elle est administrée".

Agir sans attendre 

Face à près de 80'000 décès prématurés liés au tabagisme par an, l'organisme de santé publique britannique veut agir efficacement. En intégrant le pilier de la réduction des méfaits par le vapotage à sa politique contre le tabagisme, le Royaume-Uni a déjà fait reculer de plus de 20% le tabagisme dans sa population depuis 2011. Son taux de fumeurs est tombé à 15,5% à présent. Plus de 3 millions de britanniques adultes vapotent, soit 6% de la population. "L'usage de vapoteuse est associé à une amélioration des chances de cesser de fumer au cours de l'année et son essor coïncide avec une accélération de la chute du taux de tabagisme partout dans le pays", met en relief le communiqué du PHE. 57'000 sevrages tabagiques supplémentaires par an seraient provoqués grâce à l'apparition du vapotage en Angleterre, selon l'analyse des données du Smoking Toolkit Study présentée dans le rapport. 

Tragédie de l'holocauste tabagique entretenu

Malheureusement la guerre de propagande pour protéger le tabagisme trompe une grande partie de la population. "Des milliers de fumeurs croient à tort que le vapotage est aussi nocif que fumer. Près de 40% d'entre eux n'ont même pas essayé une vapoteuse. Il y a beaucoup de méconnaissance dans le public. Moins de 10% des adultes savent que la plupart des effets néfastes du tabagisme ne sont pas causé par la nicotine", déplore le PHE. Une méconnaissance cultivée pour le malheur des victimes. "Il est tragique que des milliers de fumeurs qui pourraient cesser de fumer à l'aide du vapotage en soient repoussés à cause de fausses peurs sur sa sécurité", alerte le Pr John Newton.

Le tabagisme adolescent en chute libre

Autre fantasme répandu par les médias du tabagisme, les craintes que le vapotage amène les jeunes au tabagisme sont dénuées de fondements réels. "Au Royaume-Uni, les études montrent clairement que l'utilisation régulière de vapotage chez les jeunes n'ayant jamais fumé demeure négligeable, bien en dessous de 1%. Tandis que le tabagisme adolescent continue de diminuer à un rythme encourageant. Nous devons suivre de près ces tendances, mais jusqu'à présent, les données suggèrent que le vapotage n'est pas un chemin vers le tabagisme chez les jeunes", explique la Pr Linda Bauld, spécialiste de la question à l'Université de Stirling. A la vieille "théorie de la passerelle", dont la validité n'a jamais été démontrée pour quelque domaine que ce soit, l'analyse des chercheurs propose de substituer une approche au potentiel explicatif plus développé sur les facteurs de "susceptibilité commune". 

Cigarette chauffée encore méconnue

Concernant l'apparition des cigarettes dites chauffées-non-brûlées, le PHE constate le manque flagrant d'études indépendantes fiables disponibles à leur sujet. "Sur les 20 études inclues dans notre rapport, 12 ont été financées par les compagnies manufacturières. Il y a donc une lacune de recherches indépendantes", souligne le rapport. Difficile dans ces conditions de prononcer un quelconque avis éclairé sur les différents modèles commercialisés par les grandes firmes cigarettières. "Les connaissances limitées des émissions dans l'environnement des produits de tabac chauffé suggèrent que ceux-ci exposent à plus de risques que le vapotage, mais des recherches plus poussées sont nécessaires pour pouvoir comparer ces produits", conclue notamment le rapport. 

Si la précision et le contenu des conclusions sur les cigarettes chauffées souffrent du manque de recherche sur le sujet, les quelques 250 pages du rapport sont largement plus explicites, précises et solides à propos du vapotage. A l'opposé de la démission irresponsable et lâche des autorités sanitaires de différents pays laissant la voie libre aux mensonges morbides des lobbyistes du tabagisme, le Public Health England signe un rapport solide, courageux et intelligent pour continuer de soutenir le mouvement vers la minimisation des méfaits de la consommation de nicotine mené par les usagers du vapotage depuis bientôt une décennie. De nombreux aspects détaillés de l'étude méritent plus amples développements dans de futurs billets.


mercredi 17 janvier 2018

La RTS communique l'unique véritable Vérité sur la vape et les enfants à Fribourg

Ne vous laissez pas abuser, toute ironie dans les propos suivants serait purement fortuite. Après son illuminant reportage sur le vapotage et les enfants à Fribourg, la Radio Télévision Suisse (RTS) communique l'officielle, unique et éternelle véritable vérité sur le vapotage. "Le grand problème c’est que pour l’heure les liquides tombent sous le coup de la loi sur les produits usuels et non pas sous le coup de la loi des produits pharmaceutiques", explique avec une précision chirurgicale Alain Hertig. L'éclairé Rédacteur-en-chef adjoint de la section Actualité de la RTS répond ainsi par mail à quelques brebis égarées du public romand prises de doutes devant le sujet de la RTS. 

Mais point de doute à avoir. L'absence de fait d'actualité ne peut faire vaciller la flamme du téléjournal pour offrir dans sa bienveillance la pure objectivité transcendante. "Dans le 19.30, nous avons diffusé un reportage sur le vapotage, précisant que pour l’instant l’e-cigarette sans nicotine pouvait être vendue à des mineurs", assure courageusement le Rédacteur-en-chef Alain Hertig à ses auditeurs ébaudis de tant de justesse et de précision dans la révélation de la pure vérité.

A raison nos vaillants soldats de la liberté d'expression fédérale ont bravé les frimas de l'époque pour interroger le vénérable Dr Chung-Yol Lee, détenteur des éclairs de la pensée de la doctrine de Stanton Glantz. Alain Hertig, soucieux de faire saisir la didactique profonde du médecin cantonal fribourgeois à sa population, reprend le propos dialectique. "Il y a aussi la «renormalisation» de la fumée car éventuellement des jeunes qui n’auraient jamais fumé en commençant par les cigarettes électroniques reprennent les cigarettes traditionnelles", révèle le Rédacteur-en-chef adjoint. Des enfant qui n'ont jamais fumé pourraient reprendre la cigarette. Et des vapopervers ne voudraient rien faire face à cette diablerie ! Heureusement, la RTS veille à la pluralité intégrale de l'information unique et lumineuse.

Fausse nouvelle même pas vraie

Et cette oeuvre éclairante s'exerce malgré des tentatives malveillantes et retorses de déstabilisation de la Radio Télévision Suisse. En effet, selon une autre source, une fakenews circulerait sur les réseaux sociaux. Là aussi, Fribourg, enfants et vapotage sont au cœur du sujet. "Une horde de vapoteurs dévorent en ce moment même des enfants en ville de Fribourg. Déchaînés, ils attaquent sauvagement bébés, chiots et chatons, semant la terreur", répand sur internet cette fausse nouvelle surmontant une photo d'un acte barbare semblant avoir été prise dans les rues fribourgeoises.

Pour l'honneur et la sauvegarde de la sécurité et de l'intégrité de la population, la RTS mène discrètement l'enquête sur les réseaux sociaux. Connaissant bien son public, les journalistes s'inquiètent que cette fausse nouvelle pas vraie ne soit prise au sérieux par mégarde. D'autant plus qu'elle intervient après une autre affaire concernant les enfants et le vapotage à Fribourg. Heureusement d'après un résident sur place, la cité au bord de la Sarine n'a pour l'heure pas été prise de mouvement de panique.

P.S. Je compatis avec mes amis qui essaient d'argumenter contre No Billag que la RTS est garante de la pluralité d'opinions et de qualité d'information. Vous n'êtes pas aidés. Bisous. 


lundi 15 janvier 2018

Suisse romande: un article douteux de la Liberté orchestre une vindicte médiatique contre le vapotage

Cela ressemble à s'y méprendre à un faux témoignage monté de toutes pièces pour l'occasion. Un soi-disant enfant de douze ans aurait acheté une vapoteuse à Fribourg, selon le journal local la Liberté dans son édition de vendredi. Reprise par 20 Minutes puis le journal télévisé de la RTS, l'affaire soulève immédiatement une vague d'insultes et d'indignation à l'encontre des vapoteurs, coupables de chercher à pervertir les enfants aux yeux de la vindicte. Finement enroulé autour de ce soi-disant fait divers à la forte charge émotive, le montage en épingle sert sur un plateau la parole aux tenants romands de la ligne anti-vapotage. De l'hypothétique enfant perverti, le discours huilé glisse à une stigmatisation de la minimisation des méfaits, le vapotage comme oeuvre perverse par nature. 

Dans la lucarne télévisuelle, les éléments de langage clefs de "toxicité" et "renormalisation" évacuent toute appréciation rationnelle du rôle du vapotage face au tabagisme adolescent. Pourtant, les faits et les connaissances invitent à une réflexion plus sereine et intelligente sur ce sujet de santé publique essentiel. Mais comme le montre l'autopsie de cette histoire de comm', le clan anti-vape suisse a choisi de tuer dans l’œuf la possibilité d'un débat. La prestation hautement ridicule de Macé Schuurmans sur le plateau de 10vor10 fin novembre n'est peut-être pas étrangère à ce choix stratégique de la haine et de la peste émotionnelle des ultra-puritains anti-tabac contre le vapotage. A défaut d'argument de raison, ils ont décidé de répandre la peur. Au vu du calendrier des échéances politiques suisses sur le sujet à venir, il est peu probable que cet enfumage soit le dernier.

Le fantasme de la liberté

L'affaire démarre vendredi matin avec un article de la Liberté, le quotidien de Fribourg. Anne Rey-Mermet prétend qu'un enfant "de douze ans est rentré à la maison avec une cigarette électronique. Avec ses copains, le garçon a pu s'en procurer une sans problème dans un magasin". Étonnamment, la journaliste ne précise ni le magasin, ni n'interroge le commerçant sur les circonstances de cette vente. Anne Rey-Mermet n'évoque pas non plus de discussion avec l'enfant ni ses copains. La source de cette présumée vente de vapoteuse serait la maman, laissée anonyme dans l'article.

Cours de journalisme: illustrer l'expression "prendre quelqu'un pour un con". Merci M. Gumy.

Surpris par le récit sans conditionnel, mais sans élément probant l'étayant non plus, de cette invraisemblable vente collective à des enfants de produits de vapotage, nous avons contacté la rédaction de la Liberté. En réponse à nos interrogations, Serge Gumy, rédacteur en chef de la Liberté, botte en touche. "Je suis au regret de ne pouvoir accéder à votre demande", refuse le rédacteur en chef. Précisant que la matriarcale source de l'information "existe, en chair et en os". Ce que nous n'avions pas mis en doute dans nos questions. 

Not your first affair

Nos doutes sur la véracité de l'histoire n'ont par contre rien trouvé pour être levés dans la réponse de Serge Gumy. Des doutes titillés par une précédente histoire étonnamment similaire que les médias suisse-allemands, moins complaisants avec ce genre d'enfumage ou plus compétents que leurs homologues romands, avaient refusé de répandre. Serait-il possible qu'il y ait une épidémie de ventes de vapoteuses à des enfants d'une dizaine d'années sans que les journalistes ne s'intéressent aux vendeurs présumés ? Vraiment... en Suisse ?

C'est pourtant un moyen simple de lever le doute. Vérifier la véracité d'un récit par recoupement de faits ou de témoignages est le b-a-ba du journalisme. Fribourg n'a pas profusion de magasin de vapotage, la tâche n'est pas compliquée. La journaliste de la Liberté pouvait aller voir le commerçant et l'interroger sur les circonstances de cette abracadantesque vente à une ribambelle d'enfants. Étaient-ils accompagnés d'adultes ? Ont-ils reçu les explications adéquates à l'usage de la vape tels qu'ils sont prodigués dans tout magasin sérieux du domaine ? Mais rien. Pas de question, pas de recherche. Rien dans l'article de la Liberté. Rien dans sa reprise par 20 Minutes. Pas même l'idée de tenter de vérifier n'est évoquée. Pourtant ce réflexe de journaliste, Caroline Regidor de la RTS (télé romande) l'a eu tout comme moi.   

Révélation, mais de quoi au juste ?

Ainsi vendredi après-midi, la journaliste s'en va interroger le magasin de vape de Fribourg ChezSmoke. Et ô surprise, ou pas... Le magasin n'a jamais vendu de vapote ni à une bande de gamins de douze ans ni même à un seul. A défaut d'aveux d'actes plus crapuleux, elle réussit tout de même a arracher un bout de phrase, bien découpé au montage, de la vendeuse suggérant la nocivité du vapotage. Mais on le notera, la RTS prend bien garde de ne pas reprendre les affirmations de la Liberté sur cette fantasmatique histoire d'une vente de produits de vapotage à une bande d'enfants.




L'introduction du sujet par le présentateur en devient assez ridicule en parlant de "révélation" du journal la Liberté à propos de la vente de vape sans nicotine. Le fait est connu depuis 2009 suite à la lettre n°146 de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) à ce sujet. Il n'y a rien de nouveau dans le reportage de la RTS. 

Sans objet d'actualité, le téléjournal livre tout de même la parole à une succession de militants anti-vape, sans les présenter en tant que tels. Dans du fief d'Alain Berset, le médecin cantonal Chung-Yol Lee déroule le message alarmiste des méfaits du vapotage. Disciple et ancien élève de Stanton Glantz, fameux et fumeux militant anti-réduction des méfaits californien, le médecin cantonal fribourgeois récite le dogme de la toxicité du vapotage, sans évoquer la moindre échelle de risque (sic!), et du danger de "renormalisation" du tabagisme à cause de la vape. Rien d'étonnant, le discours de rigueur du clan anti-vape. 

Le service d'information de la RTS n'en est pas à son coup d'essai en matière de lynchage du moyen de réduire les méfaits du tabagisme. La chaîne romande est allé jusqu'à être le seul média d'importance en Suisse a boycotter la prise de position de la Fédération des professionnels des addictions sur le sujet en novembre dernier!


Peste émotionelle

Aucun des médias n'a jugé opportun de donner la parole aux défenseurs de l'approche de minimisation des méfaits à l'aide du vapotage contre le tabagisme, ni à l'un des nombreux tabacologues qui s'en servent pour aider des fumeurs à s'en sortir, ni à un représentant des usagers. En somme, la pensée unique et la peur pour tout argument sur un des débats de santé publique les plus importants par l'ampleur de son impact potentiel. Au lieu d'un débat et d'une réflexion, la RTS suggère au public romand le fantasme du pervers vapopédophile rodant dans nos rues. La peur est sans conteste, la plus efficace des pestes émotionnelles pour tuer toute intelligence politique.

Pourquoi inventerait-on des enfants de 12 ans ?

Implanter dans le public l'image d'enfants vapoteurs est une lubie du camp anti-vapotage depuis quelques années déjà. En 2015, Pfizer lançait sur les réseaux sociaux un clip mis en scène à la manière d'un plateau télé où un présentateur et un "médecin" recueillaient les témoignages d'enfants d'une dizaine d'années. Les dialogues récités mécaniquement et manquant singulièrement d'authenticité n'avaient pas aidé le film de la multinationale pharmaceutique a suscité autre chose que des quolibets sur twitter. Le vendeur de Champix semble avoir retiré son clip depuis - du moins, je ne l'ai pas retrouvé. A présent, Tiffany Casting, une boite de publicité, recrute sur Facebook des "enfants de 13 ans" en vue de les faire vapoter dans des spots télé anti-vapotage en Californie, comme l'a révélé Jim McDonald du site spécialisé Vaping360. 

L'enjeu de ce type de construction médiatique est évidemment de toucher la corde émotionnelle du public et inhiber ainsi une réflexion. Vieille technique de manipulateur, pour couper court à un argumentaire, évoquer une image effrayante - "si on vous suit, on va dans le mur" - qui bloque la capacité de réfléchir des auditeurs. Mais au-delà de l'astuce, l'enjeu de la manœuvre est d'interdire le débat sur le rôle possible du vapotage contre le tabagisme parmi la population des jeunes. Il y a pourtant de quoi débattre.

Sans la vape, les ados n'essayeraient rien ou essayeraient-ils de fumer?

Deux interprétations contradictoires à l'essor du vapotage chez les adolescents s'opposent dans les revues scientifiques. La première vient de Stanton Glantz, le maître à penser du médecin cantonal fribourgeois. Elle consiste à dire que le vapotage amène des jeunes à fumer. Il a publié la semaine dernière une étude portant sur 10'000 jeunes non fumeurs à l'origine. Sur 255 ados qui avaient expérimenté le vapotage, un an plus tard, onze - soit 4,3% - ont fumé au moins une cigarette dans le mois précédent le contrôle. Du côté de ceux qui n'avaient rien expérimenté au départ, ils étaient 2% (175) à avoir fumé au moins une cigarette dans le mois précédent le contrôle. L'anti-vape californien en conclut que le vapotage double le risque de devenir fumeur. 

Mais cette interprétation postule implicitement que si la vape n'existait pas, ces jeunes n'auraient rien essayé. Or, on peut aussi postuler qu'en l'absence de vapotage, ils auraient directement essayé de fumer. Et on sait, par exemple avec cette récente étude, que dans ce cas-là, plus des deux-tiers finissent par devenir fumeurs réguliers. D'un côté, une interprétation imagine que si les 255 ados n'avaient pas pu vapoter, seuls 5 au lieu de 11 auraient fumé, de l'autre on peut penser que sans vapotage les 255 ados auraient directement essayé la cigarette et environ 175 d'entre eux seraient devenus fumeurs réguliers (au ratio de 68,9% établi par l'étude publiée dans Nicotine & Tobacco Research suscitée). 

La réalité est complexe, au sens d'hétérogène, et contient probablement des cas illustrant les deux interprétations. Mais il y a de sérieux indices qui font penser que l'hypothèse d'une prévention primaire spontanée des ados par le vapotage est plus massive que l'effet passerelle vers le tabagisme allégué par les anti-vape. L'accélération de la chute du tabagisme dans les pays où le vapotage est répandu, y compris chez les ados, comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni est une indication impressionnante, sans être une preuve formelle, en sa faveur. Si le vapotage était la passerelle vers le tabagisme dont l'accusent les anti-vape, alors le tabagisme adolescent aurait dû relativement augmenté par rapport à l'époque précédent son apparition. Or on constate une chute accélérée du tabagisme adolescent.

De l'utilité idéologique de l'enfant de douze ans

Avec cette opposition entre les deux explications scientifiques, on comprend toute l'utilité idéologique de créer la figure de "l'enfant vapoteur de douze ans". Si les médias présentent des ados de 16 ans ou 17 ans qui vapotent, il apparaît évident qu'ils esquivent le tabagisme, parfois même dans une démarche de sevrage. En faisant croire à des enfants vapoteurs, les médias créent une représentation sensible de "l'effet passerelle" du vapotage préalable au tabagisme. Pourtant en discutant avec des ados, le phénomène de le la prévention primaire spontanée et autogérée se saisit aisément.

Trois types de raisons, généralement entremêlées, peuvent amener des jeunes à fumer. Le goût de l'expérimentation et de la découverte de sensation, des facteurs psychosociaux, tels que l'exemple parental ou le stress, et enfin la pression sociale des pairs. Le dogme pro-abstinence ne vise que la pression sociale en cherchant à "dénormaliser" le tabagisme pour que la pression inverse s'exerce. Cela marche bien pour les enfants de classes supérieures, possédant un fort capital social et une image exemplaire à préserver. Mais cela se révèle contre-productif chez les dominés, qui au contraire se reconnaissent dans les pratiques non conformistes. 

L'attaque contre la réduction des méfaits vise les groupes sociaux les plus démunis

Fumer est ainsi devenu ces trente dernières années un acte de pauvres et de groupes sociaux marginalisés - minorités ethniques ou d'orientation de sexualité - et de manière générale des personnes soumises à un stress social. Le vapotage se présente comme un moyen de "donner le change" à la pression sociale des pairs, sans tomber dans l'addiction rapide du tabac. Ustensile d'expérimentation, il peut être abandonner après quelques mois, au contraire de l'addictive cigarette. Il permet aussi, pour ceux qui le veulent, de bénéficier des vertus psychoactives de la nicotine contre le stress, avec un risque dépendogène similaire à la caféine. Et évidemment, à ceux déjà fumeurs d'essayer de changer leur mode de consommation, à l'instar de fumeurs adultes. Car rappelons que, aussi étranger que cela semble être à l'esprit des anti-vape et des médias romands, le tabagisme adolescent existait avant le vapotage. Mais de plus, il existe encore massivement. Un fait que l'alarmisme sensationnaliste de la Liberté et de la RTS pousse dans l'ombre.

Le masquage d'un échec

C'est cet échec sanglant de la conception dominante d'une prévention uniquement pro-abstinence que veulent masquer ses tenants en braquant les caméras sur la peur d'une perversion fantasmée du vapotage. Même si la prestation confondante de Macé Schuurmans sur le plateau de 10vor10 a été un révélateur limpide sur ce point, l'appel à la haine et la peur n'est pas seulement la marque d'un manque d'argument. Il est aussi le masque pour dissimuler l'échec de leur approche étroite.

De 2008 à 2016, les néo-anti-vape ont dicté le contenu du Plan de réduction du tabagisme en Suisse. Abstinence pour seul horizon, stigmatisation pour seul doctrine. Ce "plan" n'a pas fait baissé le taux de fumeur d'un iota. Rien. Nada. Il n'y a aucun autre domaine où les responsables d'un tel bilan n'auraient aucun compte à rendre. Pourtant, cette faillite se chiffre en milliers de morts, en millions de malades et en milliards de francs de frais de santé pour la population. Et en récompense, la RTS continue de leur donner en exclusivité la parole. 

Plus que quelques ados qui vapoteraient au lieu de fumer, ce que craignent ces responsables est le dévoilement de leur discrète incompétence chronique depuis des années. C'est là leur véritable angoisse. Le vapotage n'est pas seulement un outil de minimisation des méfaits pour remplacer les modes de combustion  (et de pyrolyse est-on obligé d'ajouter pour éviter les mauvais jeux de mots d'un cigarettier vaudois). Il change le jeu de la conception de cette problématique de santé publique. Il est un révélateur de l'anachronisme néfaste de ces gens. Dans vingt ans, le puritanisme aura disparu de ce champ. Mais aujourd'hui ses tenants, qui ont construit leur carrière sur ses dogmes, s'accrochent.

Les peurs intégristes

Lorsque les ceintures de sécurité sont apparues, des voix ont hurlé qu'elles provoqueraient plus de morts en poussant les automobilistes à braver les risques, enivrés de la perte de conscience du danger et du faux sentiment de sécurité des dites ceintures. Pendant des décennies les Etats, dont la Suisse et la France jusqu'en 1987, ont interdit la publicité et l'information sur les préservatifs. A la levée de la censure, les intégristes hurlaient que cela allait accélérer l'épidémie de VIH en poussant la population à copuler à tout va, perdant tout sens de la mesure des risques dans une orgie de luxure. Aujourd'hui, le vapotage est le nouveau diable qui fait trembler les esprits doctrinaires et étriqués. Dans vingt ans, on rira du contenu du reportage de la RTS de vendredi soir. 

Mais à court terme, les tenants du vieux réflexe puritain vont poursuivre leur entreprise de sabotage. Il est plus que symptomatique que ce montage médiatique intervienne à quelques semaines du lancement de l'initiative "contre la publicité des produits du tabac". Au vu du contenu des motions déposées au Conseil national et de cette nouvelle démonstration médiatique, il devient plus clair que le véritable objectif est moins d'interdire la publicité des cigarettes, déjà prohibée dans la plupart des cantons, que de créer un arsenal pour censurer les groupes d'entraide de vapotage sur internet. 

Le choix nauséabond

Leur stratégie est visiblement d'attaquer en priorité le vapotage. L'épandage de la peur ce week-end, la calomnie mensongère de scientifiques précédemment, sont les premières escarmouches. Les méthodes sont puantes. La tactique politicienne de désigner un bouc-émissaire à la vindicte populaire est un choix nauséabond. Il n'honore pas les personnes qui se rallieront à de telles méthodes. Mais c'est une démarche également fragile à terme. Passé l'effroi émotionnel, quelle sera la réaction du public ?

La réponse n'est pas donnée d'avance. Une partie de celle-ci est dans les mains des acteurs impliqués. L'attaque médiatique de ce week-end est un casus belli. Une déclaration implicite de guerre aux vapoteurs, aux défenseurs d'approches de réduction des risques, aux tabacologues qui veulent pouvoir utiliser le vapotage dans leur arsenal d'aides, aux fumeurs qui voudront peut-être un jour s'en aider pour arrêter de fumer. Une agression envers tous ceux qui font passer le libre choix avant la censure et les logiques de peur. 


vendredi 5 janvier 2018

11 ados ayant fumé après avoir vapoté sur 9'909 jeunes américains font le "lit du tabagisme" selon le Figaro

Sur 9'909 adolescents américains non-fumeurs à l'origine, suivis sur une année, ils sont onze (11) à s'être mis à fumer après avoir expérimenté le vapotage. Ce chiffre brut n’apparaît pas dans le papier du Figaro, sous forme d'alerte à l'épidémie tabagique causée par la vape. "Les jeunes usagers de la vapoteuse sont deux à trois plus enclins à consommer du tabac un an plus tard", affirme la journaliste Anne-Laure Lebrun. Précisément, le calcul de la publication du JAMA Pediatrics annonce un ratio de risque (OR) de fumer de 2.12 pour les jeunes n'ayant que vapoté préalablement par rapport aux ex-abstinents. Les auteurs de l'Université de San Francisco (UCSF) ne sont pas moins alarmistes dans la conclusion de leur travail à partir des données du Population Assessment of Tobacco and Health (PATH) 2013-2015. "Tout usage de vapotage, hookah, noncigarette combustible de tabac ou de tabac sans fumée est associé de manière indépendante au tabagisme un an plus tard", affirme l'étude des Prs Shanon Watkins, Stanton Glantz* et Benjamin Chaffee

Cachotterie 

De son côté le Pr Brad Rodu, de l'Université de Louisville, estime que les auteurs "ont omis une information essentielle pour mettre leur résultats en perspective". Sur les 9'909 ados suivis, 219 ont fumé dans le mois précédent le contrôle à un an. Malgré l'occultation, le Pr Brad Rodu a calculé à partir des données partagées le nombre réel de chaque catégorie. Sur les 219 néo-fumeurs, seuls 11 avaient eu pour seule expérience préalable d'avoir vapoté. 79,9% des néo-fumeurs, soit 175 ados, n'avaient eu aucune expérience antérieure avec les différents produits alternatifs assimilés à des produits du tabac par les auteurs californiens. "Même si le risque de fumer est plus élevé chez les jeunes qui ont essayé d'autres produits, la contribution en nombre de fumeurs par chacun de ces groupes est minuscule", souligne le Pr Brad Rodu. 

* On peut s'étonner que ce personnage mis en examen par la justice d'Etat californienne pour harcèlement sexuel, discrimination raciste, fraude académique et plagiat, soit publié par JAMA Pediatrics et mis en avant par le Figaro.


vendredi 17 novembre 2017

[Expresso] USA: le nouveau plan anti-tabac de la FDA décortiqué dans la revue JAMA

Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a la main sur la réglementation des produits du tabac depuis 2009. Ce pouvoir lui est attribué dans le but de protéger la santé publique.  "A ce jour, l'agence a peu fait pour atteindre cet objectif, en grande partie à cause d'obstacles bureaucratiques, juridiques et politiques profonds", déplorent les Prs Kenneth Warner, de l'Université du Michigan, et Steven Schroeder, de l'Université de Californie à San Francisco. Les deux éminents professeurs évaluent dans une tribune ce 14 novembre pour la revue JAMA, le journal de l'Association Américaine de Médecine (AMA), le nouveau plan de lutte de la FDA contre le fardeau du tabagisme, annoncé par son directeur Scott Gottlieb le 28 juillet dernier. D'un côté, le taux légal de nicotine du tabac à fumer serait considérablement réduit à un "niveau non-addictif", de l'autre, les modes de consommation de nicotine à méfaits réduits seraient soutenus, comme nous l'avions expliqué à l'époque

Le danger de la combustion

En s'appuyant sur le principe du continuum des méfaits, il s'agit de réduire la consommation des produits extrêmement dangereux et privilégier l'accès aux plus bénins. La mesure de réduction de la nicotine n'a pas pour but d'amoindrir le danger des cigarettes fumées mais leur attractivité. "Une grande part du public croit à tort que la nicotine est la cause de cancer, or la nicotine en elle-même n'est pas particulièrement toxique aux doses utilisées couramment", soulignent Kenneth Warner et Steven Schroeder. Le réel danger vient de la fumée générée par la combustion et des plus de 7'000 toxiques qu'elle dégage. "Soixante-dix de ces produits chimiques sont des cancérigènes connus, d'autres provoquent des troubles cardiovasculaires et des maladies pulmonaires, et encore de nombreux autres troubles", précisent les professeurs de santé et médecine.

"Rendre les cigarettes et tous les produits du tabac combustibles non addictifs devraient nettement réduire le nombre de fumeurs des générations futures et aider les fumeurs actuels à arrêter", supposent les auteurs. En contrepartie, la FDA doit laisser accessibles des produits "de délivrance de nicotine acceptables pour les consommateurs et qui présentent beaucoup moins de risques de santé". Ce point est essentiel pour prévenir l'essor d'un marché noir de "vrai" tabac et d'éventuelles autres conséquences involontaires. "D'un point de vue pragmatique et moral, la FDA reconnaît que son concept très radical de réduction à un niveau non addictif de nicotine dans les produits de tabac combustibles implique nécessairement la mise à disposition de ces produits alternatifs", expliquent le spécialiste de santé publique et le médecin. 

La question est de savoir si de tels produits réduisent réellement le poids de santé publique. Question controversée où certains adeptes de l'abstinence soupçonnent un chausse-trappe. "Des produits à méfaits réduits sont déjà disponibles à présent, avec une réglementation très légère jusqu'à peu", rappellent les auteurs. C'est le cas notamment du vapotage. "Les experts conviennent que le vapotage est moins dangereux que le tabagisme. Les estimations du risque global pour la santé vont de moins de 5% jusqu'à un tiers de celui du tabagisme * ", précisent-ils. 

Chute sans précédent du tabagisme chez les jeunes


Les anti-vapotage craignent surtout que des jeunes viennent au tabagisme par le vapotage. "Pourtant, la consommation de cigarettes chez les étudiants a diminué à un niveau sans précédent durant la brève période d'utilisation généralisée de vapotage chez les adolescents. Sur la base d'une enquête sur plus de 80'000 jeunes entre 2012 et 2015, la prévalence d'usage sur les 30 derniers jours du vapotage parmi les élèves du secondaire a augmenté rapidement de 2,8% en 2012 à 16% en 2015. Au cours des mêmes années, la prévalence à 30 jours de la consommation de cigarettes est passée de 14% à 9,3%, représentant la plus forte chute du tabagisme lycéen de l'histoire. En 2016, l'utilisation du vapotage a diminué de près de 30%, chutant à 11,3%, tandis que le tabagisme continuait son déclin rapide à 8%. Les partisans du vapotage considèrent ces produits comme précurseurs d'une ère de "disruption" du marché de la cigarette", argumentent les auteurs. 
[Graphique sur le tabagisme adolescent américain de Clive Bates à partir de la même source de données citées ]


La nouvelle industrie du doute

A côté de cela, les fumeurs adultes sont encouragés à arrêter de fumer par l'aide du vapotage. Jusque-là, "l'approche dominante était "juste dis non" à tous les produits de tabac de toutes sortes, réminiscence de la guerre aux drogues", en dépit des succès de l'approche de réduction des risques dans de multiples secteurs (HIV-Sida, drogues, sexualité, sécurité routière...). "Le nouveau plan de la FDA accepte un rôle pour la réduction des risques dans la lutte anti-tabac. Etant donné l'opposition d'une partie de la communauté de santé publique, cette approche va rencontrer des résistances. Il est rendu encore plus difficile par la méconnaissance du public du noyau au cœur du plan, le continuum des risques des produits de nicotine", soulignent Kenneth Warner et Steven Schroeber. En 2012, 11,5% des américains interrogés se trompaient à propos des risques relatifs du vapotage par rapport aux cigarettes, en 2015 ils sont 35,7%, selon une étude.

Le challenge est difficile à relever, tant des membres de la communauté de santé publique travaillent à saboter l'information au public. "L'incapacité de la FDA à mettre en place des réglementations qui aient sensiblement réduit le fardeau du tabagisme doit tempérer l'optimisme à propos de la mise en œuvre de cet ambitieux plan. En outre, bien que tous les membres de la communauté anti-tabac apprécient certains éléments du plan, peu sont susceptibles de tous les soutenir en bloc. Pourtant, le potentiel énorme de succès  de sa mise en œuvre complète doit susciter une sérieuse considération. La communauté anti-tabac, si longtemps divisée, peut-elle s'unir pour soutenir un plan global visant à mettre un terme définitif à la consommation de cigarettes et leur terrible bilan de maladies et de mort?"

* Les rapports scientifiques du Public Health England (2015) et du Royal College of Physicians (2016) estiment à au moins 95% la réduction des méfaits du vapotage par rapport au tabagisme. En opposition, Stanton Glantz a estimé sur son blog (publication non scientifique) que le vapotage est "au 1/3 ou à 1/2 aussi mauvais" que la cigarette. Ce dernier est la seule référence citée dans l'article pour une telle estimation. 

mercredi 13 septembre 2017

[Expresso] Adam Padilla, le faussaire de la vape pour bébé, choqué par ce qu'il a déclenché

Lancée le 26 août, l'image a fait le tour du monde virtuel. Un article de promotion de "My first vape", le faux produit de vapotage pour bébé, a même été repris un moment sur les agrégateurs d'information. Derrière l'image parodique, comme nous l'avions expliqué, se trouve Adam Padilla, un stratège en marketing et directeur de la boite de pub new-yorkaise Brand Fire. Le faux produit a abusé une partie de la population, tandis que d'autres en riaient. "La fausse image est devenue virale alors que des parents en colère ont réagi avec fureur", rapporte le Coventry Telegraph le 31 août, "naturellement des mamans et des papas sont en rage contre cette publicité, qu'ils ont pris pour argent comptant et croient être vraie"


L'indignation et les insultes contre les vapoteurs n'ont évidemment pas tardé sur les réseaux sociaux, et on peut l'imaginer dans la vie réelle. "C'est insensé qu'ils osent donner des vapoteuses à des bébés maintenant!", réagit une maman sur twitter selon le journal de Coventry. Plus violent, un autre anglophone écrit sur twitter: "A tous ces enculés de vapoteurs, donnez ça aux enfants pour qu'ils finissent comme des crêpes eux aussi #vape #vapers". Pour finir, Snopes, le site spécialisé anti-hoax, a publié un article pour désamorcer la rumeur: "Rien de tout ceci n'est vrai".


Dans un premier temps, Adam Padilla n'avait pas caché espérer ce type de réactions en lançant ce meme. Les informations de mon article, repris sans être cité par des sites américains [ouais, le respect du travail des autres tout ça, bref...], a changé son discours. Le publicitaire semble agacé que ses liens avec Pfizer ait été révélés. "Certaines personnes ont été jusqu'à vérifier le site web de ma société et ont vu Pfizer parmi ma liste de clients (...)Le logo de Pfizer dans notre liste de clients ne signifie pas qu'ils nous ont engagé actuellement pour quoi que ce soit. Cela signifie seulement que nous avons travaillé sur quelque chose à un certain niveau à un moment... et la plupart des adultes rationnels du monde des affaires comprennent cela", explique Adam Padilla dans un interview à Ecigclick.co.uk


"Les gens doivent se demander si une image virale d'un jouet pour bébé absurde inspiré d'une vapoteuse pourrait être déclenchée par une multinationale de la pharma? Croyez-moi, Big Pharma n'est pas aussi nerveux! Taco Bell ou Wendy peut-être... mais Pfizer?? Allons", plaide le publicitaire dans le même interview. "Je ne suis pas un activiste et je n'ai pas d'agenda anti-vapotage", assure t-il, "la pensée derrière tout mon travail est de chercher une prise humoristique sur un phénomène social ou une expérience représentée qui fasse rire et soit partagée par ses adeptes. J'ai deux enfants et cela m'amuse toujours de penser à des bébés qui feraient des choses d'adultes"


Adam Padilla se dit choqué des critiques, insultes et menaces qu'il a reçu suite à la diffusion de cette image. "Il est effrayant de voir à quel point les gens deviennent violents et font des menaces sur facebook. "Meurs petite merde!", "Tu es un idiot d'avoir fait cela, crétin" etc. Vraiment? Nous sommes des adultes en 2017?", s'offusque le publicitaire, sans évoquer ni se soucier du climat haineux qu'il a déclenché à l'encontre des vapoteurs. 


A titre personnel, j'ai pu constater que les fans d'Adam Padilla ne sont pas beaucoup plus marrants. Du "ferme ta gueule" à l'accusation de vouloir perpétrer un massacre à la Charlie Hebdo, j'ai aussi reçu mon lot de propos bas de plafond pour avoir informé (et rien d'autre) sur la nature et la provenance de cette image. Etant moins tendance à Manhattan qu'Adam Padilla, personne ne s'en est offusqué. Contrairement à la cause du publicitaire défendue par plusieurs sites de vape. Bref.

Adam Padilla invite les défenseurs du vapotage à évoluer dans leur communication. "Aucun militant n'a pensé à cloner mon image avec une autre d'un vapoteur adulte en légendant "ce que le gouvernement pense de la vape et ce que nous sommes réellement" ", propose le new-yorkais. "A présent, nous sommes dans la meme culture, en prenant une menace perçue pour utiliser sa popularité et exprimer son point de vue de façon créative", estime t-il de manière un peu paradoxale. Après avoir plaider l'humour sans arrière-pensée, il explique ici viser un message par sa création, qu'il estime même possible d'attribuer au gouvernement (sic!). D'autre part, son accueil à mon image n'avait pas l'air aussi enthousiaste pour l'usage de retournement qu'il ne le semble en interview. Du post-situationnisme à dimension variable...

On retiendra certaines de ses remarques sur les améliorations possibles de la communication des vapoteurs, mais le reste du discours égocentré d'Adam Padilla n'est pas très cohérent ni consistant. Dans une certaine mesure ce nombrilisme crédibilise son lancement de ce meme sans aucune réflexion préalable. Idiocracy n'est peut-être pas un film d'anticipation... Accordons-lui aussi qu'il est probablement sympa avec ses amis vapoteurs. "Et pour que ce soit dit. Je vape à l'occasion et j'espère que le vapotage se développe contre ceux qui veulent le tuer. Cela permet de sauver des vies et c'est une meilleure alternative aux cigarettes et autres produits de tabac. Je pense que les mods et les coils customisés sont joliment cools... La moitié de mes potes sont des clouds-chasers. Ils le font dans mon bureau en permanence, assis sur ma table. Avec des jus réguliers, ou avec d'autres choses encore... [Rire]"


mardi 29 août 2017

[Express] Une étude sur plus de 60'000 ados britanniques montre que la vape n'encourage pas le tabagisme

"En résumé, les enquêtes au Royaume-Uni montrent de manière consistante que la plupart des expérimentations de vapotage ne deviennent pas des usages réguliers et que le taux d'usage régulier par des jeunes n'ayant jamais fumé reste très faible". C'est la conclusion d'une étude à partir des données croisées de cinq enquêtes britanniques (*) sur plus de 60'000 jeunes de 11 à 16 ans entre 2015 et 2017. Publiée en open-access dans l'International Journal of environmental research and public health, la recherche délivre de nouveau le verdict d'une absence d'effet passerelle du vapotage vers le tabagisme pour les ados. A l'opposé des fréquents gros titres de presse alarmistes, la Pr Linda Bauld, de l'Université de Stirling, souligne que l'analyse des dernières enquêtes britanniques "montre clairement que pour les adolescents non-fumeurs l'expérimentation du vapotage ne se traduit pas par une utilisation régulière". "Notre recherche montre aussi que le tabagisme des jeunes continue de diminuer", précise la chercheuse référente de l'étude au Guardian

Les ados chiffrés

"Parmi la totalité des répondants des enquêtes, la prévalence d'expérimentation varie de 7% à 18% chez les 11 à 16 ans", mais seulement de 1% à 3% les utilisent régulièrement. Ces usagers réguliers sont quasiment tous déjà des fumeurs. Chez les jeunes n'ayant jamais fumé, le vapotage régulier se situe entre 0,1% et 0,5% des enquêtés. Le graphique suivant présente les taux d'expérimentation ("ever use") et régulier au moins une fois par semaine ("at least weekly") pour la totalité des enquêtés puis séparément pour les jeunes non fumeurs ("never smokers") et les fumeurs ("regular smokers"). 

Une peur injustifiée

"Nos analyses indiquent qu'il n'y a aucune preuve que le vapotage amène à une hausse de la prévalence tabagique. Ceci est important et suggère que la peur du vapotage comme passerelle vers une augmentation du tabagisme des jeunes n'est actuellement pas justifiée, au moins au Royaume-Uni", affirme l'étude. Tandis qu'environ un cinquième des ados ont essayé de fumer, le tabagisme régulier se situe entre 1% et 4% chez les 11 à 16 ans des différentes enquêtes, souligne la publication. Egalement impliqué dans la recherche, Graham Moore, directeur du Centre Deciph de l'Université de Cardiff, renchérit: "les inquiétudes que le vapotage puisse amener un grand nombre de jeunes à la dépendance et à l'usage de tabac semblent de plus en plus improbables".

(*) Les noms des cinq enquêtes des organismes de santé britanniques sont : Youth Tobacco Policy Survey (YTPS) ; la Schools Health Research Network (SHRN) Wales survey; de l'Action on Smoking and Health (ASH) Smokefree GB - Youth Surveys ; et deux enquêtes de la Scottish Schools Adolescent Lifestyle and Substance Use Survey (SALSUS).