Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)
Affichage des articles dont le libellé est 20 Minutes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 20 Minutes. Afficher tous les articles

dimanche 11 février 2018

[Ristrett'] Vigousse écrase les ragots du tabacco-journalisme Suisse

Note d'optimisme en cette fin de semaine au pays de Philip Morris et Novartis, où la chaîne du cancer est assurée de la production jusqu'au service après-vente. C'est désormais scientifiquement prouvé, il reste au moins un journal indépendant et intègre en Suisse. Il s'appelle Vigousse. Tandis que les médias du tabagisme helvètes nous ont pris la semaine dernière pour des Mickeys prêts à gober un hoax de plusieurs centaines de fois la dose quotidienne, le petit satirique romand vaporise le "cancer de la désinformation". "Les médias ont fait leurs gros titres sur une fumeuse étude proclamant que le vapotage était cancérigène. Et encore une fois, c'est du vent", croque Stéphane Babey. "Signalons en vrac quelques unes des innombrables failles", relève le jurassien, "l'échantillon est ridicule, avec dix individus testés. Les quantités de nicotine ingurgitées par les souris sont astronomiques et sans aucune mesure avec un vapotage normal".

Ce buzz qui tue s'est répandu comme la peste malgré les dénonciations de scientifiques. Mais si dans d'autres pays quelques médias consciencieux ont démonté l'enfumage, en Suisse, aucun n'avait encore osé défier cette propagande pour le tabagisme. "Le mal est donc fait et la désinformation se propage comme une mauvaise odeur de mégots froids. Pendant ce temps, les cigarettiers se frottent les mains devant cette bonne propagande gratuite offerte par la presse à sensation. De nombreux fumeurs vont renoncer à essayer le vapotage et continuer de payer leurs clopes qui, elles sont garanties 100% cancérigènes", déplore Stéphane Babey. Le numéro de l'hebdo, à la traditionnelle et inénarrable page 17, reste en vente dans les meilleurs kiosques romands jusqu'à jeudi. En plus, il y a des dessins.


mercredi 31 janvier 2018

Un parlementaire Suisse accuse 20 Minutes d'être à la solde des cigarettiers

L'accusation est au centre de l'argumentation d'une motion déposée en décembre au Conseil national. "Les magazines gratuits 20 Minutes et Friday jouent un rôle majeur dans la publicité pour le tabac", explique Niklaus Gugger, du Parti évangéliste. Le député zurichois affirme que l'industrie du tabac a dépensé pour la seule année 2013, plus de 21 millions de francs pour la publicité en Suisse. En plus des publicités présentées comme telles, il dénonce les publireportages accompagnant le message tabagique. "D'une part, des annonces publicitaires sont encadrées par des contenus rédactionnels, ce qui contribue à banaliser la publicité pour le tabac ; d'autre part, des annonces en faveur du tabac sont placées sur les pages "people" pour associer la fumée au monde du show-business", stipule sa motion contre la "publicité du tabac dans les médias traditionnels ou numériques".

Le buzz qui tue

La Une du jour du quotidien gratuit donne du crédit au soupçon du membre du groupe démocrate-chrétien (PDC) au parlement. Assimilant le vapotage au tabagisme, le tabloïd affirme qu'il "serait aussi à l'origine de cancers". Bien qu'aucun cas de cancer lié au vapotage n'ait été détecté dans la population. Le gratuit s'appuie sur un article de l'AFP relatant de manière biaisée les résultats d'une étude américaine sur des souris, dont aucune n'a développé de cancer, et qui n'a pas encore été révisée par des pairs. Pourtant, Moon Shong Tang, auteur principal de l'étude, précise clairement que les résultats ne permettent pas d'évaluer un éventuel risque cancérigène humain. "Nous ne pouvons pas le deviner à partir de nos données", déclare t-il à US News.

Les scientifiques sérieux au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Allemagne notamment, ont tous pris leur distance avec l'interprétation douteuse qu'en a fait l'AFP hier, reprise aujourd'hui par le 20 Minutes romand. "Cette étude ne démontre rien du tout au sujet des dangers du vapotage. Elle ne prouve en rien que le vapotage cause le cancer"déclare au "Guardian", le Pr Peter Hajek, directeur de l'unité de recherche sur la dépendance au tabac de l'Université Queen Mary de Londres. En Allemagne, Ute Mons, directrice du Centre allemand de recherche sur le cancer, un organisme réputé hostile au vapotage, donne peu de crédit au buzz. "En ce qui concerne l'applicabilité des résultats aux humains, je suis très sceptique", explique t-elle au Berliner MorgenPost.

Pousser les fumeurs à continuer la cigarette

En France, le Pr Bertrand Dautzenberg s'agace de l'enfumage. "On n'est pas dans la vérité scientifique, mais dans la manipulation", dénonce le pneumologue de l'hôpital de la Salpétrière dans Paris-Match. "Une nouvelle comme celle-là est susceptible de tuer des gens. Cela va totalement à l'encontre de la santé publique", poursuit-il, "le résultat est que certains vont arrêter de vapoter et reprendre le tabac". Peut-être est-ce là, la bonne nouvelle espérée des annonceurs cigarettiers du 20 Minutes.ch ? 

En Suisse, plus de 25% de la population fume. Près de 10'000 personnes meurent prématurément à cause du tabagisme chaque année et des millions de fumeurs contractent des maladies liées ou favorisées par le tabagisme, occasionnant des milliards de dépenses en médicaments. Mais, en dépit des entraves fédérales, le vapotage est devenu depuis 2015 le moyen le plus utilisé par les fumeurs pour quitter les cigarettes, selon le Monitorage Suisse des addictions. De quoi effrayer les lobbys qui vivent de ceux qui meurent du tabagisme ? 


samedi 5 août 2017

Fausses photos sur 20 Minutes à propos du vapoteur suisse arrêté en Thaïlande !?!? [MàJ]

Le quotidien gratuit 20 Minutes a publié hier deux photos montrant soi-disant l'arrestation du vapoteur suisse en Thaïlande le 26 juillet dernier, arrestation confirmée par le Département fédérale des affaires étrangères (DFAE) et les autorités thaïlandaises. Sauf que les photos, censées incriminer le vapoteur suisse, ont été publiées le 23 juillet par la presse thaïlandaise, soit trois jours avant son arrestation. Sur les photos, il s'agit en fait d'un jeune vendeur thaïlandais de 33 ans de Pattaya, dont la presse locale a diffusé le nom (mais on évitera ici de participer à ce genre de pratique). La première, où l'on voit un homme caché derrière une feuille blanche devant de nombreux produits de vapotage entouré de policiers thaïlandais, se trouve notamment sur le site de la chaîne locale AEC-TV illustrant l'article daté du 23 juillet, ainsi que sur l'article de Thai PBS le même jour. La seconde illustre la même information du 23 juillet mais sur le website de English Thai-PBS. On peut d'ailleurs reconnaître deux policiers présents sur les deux photos. Le vapoteur suisse a été arrêté le 26 juillet, soit trois jours après la première publication de ces photos. Ce n'est donc pas lui qui a été photographié.
Jeudi, les autorités suisses ont confirmé officiellement
l'arrestation le 26 juillet d'un vapoteur helvète en Thaïlande Source

Incrimination erronée

Malgré cela, le journal 20 Minutes affirme que "selon les photos diffusées par la police, l'homme détenait en effet un grand nombre d'appareils ainsi que des produits destinés à vapoter". Ces photos n'ont pourtant pas été diffusées par la police à cette occasion, comme le remarque un lecteur parlant le thaïlandais. "Après avoir entendu les news en Thaï, l'image ne correspond pas car c'est un thaïlandais de 33 ans vivant à Pattaya qui vendait du matériel de vape", précise t-il à juste titre. Malgré ce commentaire et en dépit d'un message de signalement de notre part demandant le retrait et la correction de cette fausse information, le site de 20 Minutes n'a ni réagi ni répondu [edit] a modifié les légendes des photos. En place des premiers textes soutenant la culpabilité du vapoteur suisse, les légendes ont été ré-écrites pour laisser penser que c'est la police thaïlandaise qui a communiqué la première photo, alors qu'elle est un screen-shot de la télé PBS (!), et que la seconde ne serait qu'une photo prétexte, alors qu'elle provient de la même affaire du 23 juillet que la première. [/edit] [Edit 6 août] 20 Minutes a finalement dépublié l'article, voir en fin de ce billet ;) [/]
Le vapoteur suisse risque cinq ans de prison

Les photos ont pourtant de toute évidence un caractère fortement préjudiciable. Elles tendent à incriminer l'accusé suisse d'avoir "importé des e-cigarettes" que le site souligne en titre. Le ressortissant suisse risque une peine jusqu'à cinq ans de prison et une amende pour possession d'un produit illicite, non-taxé et interdit d'importation. En outre, il suffit de lire les commentaires condamnant de manière définitive le vapoteur helvète pour comprendre l'impact sur les lecteurs de 20 Minutes de ces photos. Le Conseil Suisse de la presse jugera t-il qu'il y a faute grave en regard du code de déontologie journalistique ?

Les comparaisons de photo (avant la rétraction) :



edit 05/08/2017 à 12H30: modification de forme pour lever l'ambiguïté : l'arrestation du vapoteur suisse est un fait confirmé. C'est la validité des photos l'incriminant qui est en question ;)

Mise à Jour le 6 août 2017 à 16h30: Après m'avoir contacté, la rédaction romande de 20 Minutes a retiré l'article qui est tout de même resté trois jours en ligne.




vendredi 21 juillet 2017

[Expresso] Ploom, la cigarette chauffée de Japan Tobacco débarque en Suisse

Plouf! La première version avait fait un gros flop commercial, notamment en France. Japan Tobacco (JTI) relance tout de même une nouvelle version de sa Ploom. Une cigarette où le tabac est chauffé autour de 180°C dans des capsules à la "nespresso". La chaîne de supermarché Coop va distribuer le produit en Suisse au prix de 25 Fs la machine et 7.50Fs le paquet de 20 capsules nous apprend ce matin le gratuit 20 Minuten. "Tandis que la vente de liquides de vapotage nicotinés est interdite en Suisse, le lobby du tabac diffuse de plus en plus un nouveau type de cigarettes lifestyle où le tabac n'y est plus brûlé mais seulement chauffé", explique le quotidien. Après l'Iqos de Philip Morris et la Glo de British American Tobacco (BAT), c'est le troisième produit cigarettier à tenter de profiter de la répression du vapotage indépendant par les services d'Alain Berset, le Conseiller fédéral en charge notamment de la santé. 

"Ploom Tech a le potentiel de réduire les risques du tabagisme pour la santé", affirme Yasuhiro Nakajima, vice-président de la section des produit émergents de JTI à Dübendorf. La chose reste floue par manque de recherche, a fortiori de recherche indépendante sur la question. Du côté de l'Office fédérale de la santé publique (OFSP), le discours ressemble à une injonction paradoxale. "Un porte-parole a déclaré à 20 Minutes qu'il est recommandé aux fumeurs de passer au vapotage s'ils n'arrivent pas à arrêter de fumer d'une autre manière. Le problème est que la Ploom contient du tabac. Or l'OFSP insiste qu'il est "important de complètement s'abstenir de fumer des cigarettes de tabac", rappelle le journal suisse-allemand. C'est pourtant à l'initiative de l'OFSP que l'on ne trouve pas en vente légalement de vapotage nicotiné, contrairement aux cigarettes. 

Heureusement, le monde de la vape Suisse a développé un moyen de contourner cette prohibition de l'arrêt de fumer par les dons de nicotine. En attendant un éventuel verdict positif du Tribunal administratif fédéral (TAF) saisi depuis novembre 2015 de la question. Plus vif à l'action, le cigarettier japonais a inauguré du côté de Genève son nouveau siège ultra-design en octobre 2015. A un jet de fumée des bureaux de l'OMS, dont celui dirigé par Vera da Costa, Secrétaire Générale du traité de lutte anti-tabac. Celle-ci y prépare la prochaine Convention mondiale à l'automne 2018, après que l'on ait appris par l'agence Reuters que Philip Morris avait noyauté les deux dernières éditions...