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mardi 6 février 2018

Public Health England met à jour son rapport sur le vapotage: "C'est tragique que des fumeurs ne s'en aident pas à cause de fausses peurs"

Malgré l'intense bombardement de mensonges des lobbys du tabac et de la pharma contre le vapotage dans les médias, la Santé Publique Anglaise (Public Health England - PHE) ne désarme pas. Elle publie une mise à jour de son rapport scientifique sur la réduction des méfaits par la vape contre le tabagisme, sur la base de plus de 400 études révisées et analysées par ses chercheurs. "Vapoter est au moins 95% plus sûr que fumer. Cette estimation reste valide en se basant sur les études actuelles les plus fiables révisées par des pairs", affirment les Prs Ann McNeill, du King's College London, et Peter Hajek, de l'Université de Londres, deux des auteurs principaux de la mise à jour du rapport, dont la version précédente datait de 2015. L'absence, ou la très forte réduction de toxiques encore présents dans le vapotage, pour la plupart en deçà de 1% des limites de sécurité d'exposition au travail, assoit cette estimation prudente. "Avec les connaissances actuelles, il n'y a aucun doute que les fumeurs qui passent au vapotage réduisent drastiquement les risques pour leur santé", insistent les deux pointures scientifiques.

[add 19h15] Vap' You a publié la traduction du communiqué de presse du PHE sur son blog, à peu près au même moment que je publiais ce blog. 
add 21h30 La vidéo de 2 mn du Public Health England /

Au moins 95% de réduction des méfaits

"Notre nouvelle analyse renforce la conclusion selon laquelle vapoter comporte une petite fraction du risque de fumer, au moins 95% moins nocif, et un risque négligeable pour l'entourage. Pourtant, plus de la moitié des fumeurs croient faussement que le vapotage est aussi nocif que la cigarette quand ils ne le savent tout simplement pas", indique le Pr John Newton, responsable au PHE. "Il est très inquiétant que les fumeurs comprennent si mal encore les méfaits du tabagisme. En fumant une cigarette de tabac, une personne inhale un mélange mortel de 7'000 substances dans la fumée, dont 70 sont des cancérigènes reconnus", précise la Pr Ann McNeill. 

La nicotine n'est pas le problème

"Contrairement à ce que la grande majorité du public croit, la nicotine cause peu si ce n'est aucun mal. La fumée toxique est la coupable et cause écrasante de toutes les maladies et de la mortalité liées au tabac", poursuit la Pr McNeill. A présent, les fumeurs ont le choix, du moins en Grand-Bretagne, pour consommer la nicotine sous différentes formes à méfaits réduits, telles que les gommes, les sprays, les pastilles ou le vapotage. Même si le snus est pour sa part encore interdit au Royaume-Uni. Le rapport souligne que "l'addictivité de la nicotine dépend du système de délivrance". En se basant sur la littérature scientifique, le PHE recommande que les "politiques sur le tabac et le vapotage devraient avoir pour principe de reconnaître que l'usage de la nicotine en tant que tel présente un risque minime d'effets nocifs graves sur la santé physique et que sa dépendance dépend de la façon dont elle est administrée".

Agir sans attendre 

Face à près de 80'000 décès prématurés liés au tabagisme par an, l'organisme de santé publique britannique veut agir efficacement. En intégrant le pilier de la réduction des méfaits par le vapotage à sa politique contre le tabagisme, le Royaume-Uni a déjà fait reculer de plus de 20% le tabagisme dans sa population depuis 2011. Son taux de fumeurs est tombé à 15,5% à présent. Plus de 3 millions de britanniques adultes vapotent, soit 6% de la population. "L'usage de vapoteuse est associé à une amélioration des chances de cesser de fumer au cours de l'année et son essor coïncide avec une accélération de la chute du taux de tabagisme partout dans le pays", met en relief le communiqué du PHE. 57'000 sevrages tabagiques supplémentaires par an seraient provoqués grâce à l'apparition du vapotage en Angleterre, selon l'analyse des données du Smoking Toolkit Study présentée dans le rapport. 

Tragédie de l'holocauste tabagique entretenu

Malheureusement la guerre de propagande pour protéger le tabagisme trompe une grande partie de la population. "Des milliers de fumeurs croient à tort que le vapotage est aussi nocif que fumer. Près de 40% d'entre eux n'ont même pas essayé une vapoteuse. Il y a beaucoup de méconnaissance dans le public. Moins de 10% des adultes savent que la plupart des effets néfastes du tabagisme ne sont pas causé par la nicotine", déplore le PHE. Une méconnaissance cultivée pour le malheur des victimes. "Il est tragique que des milliers de fumeurs qui pourraient cesser de fumer à l'aide du vapotage en soient repoussés à cause de fausses peurs sur sa sécurité", alerte le Pr John Newton.

Le tabagisme adolescent en chute libre

Autre fantasme répandu par les médias du tabagisme, les craintes que le vapotage amène les jeunes au tabagisme sont dénuées de fondements réels. "Au Royaume-Uni, les études montrent clairement que l'utilisation régulière de vapotage chez les jeunes n'ayant jamais fumé demeure négligeable, bien en dessous de 1%. Tandis que le tabagisme adolescent continue de diminuer à un rythme encourageant. Nous devons suivre de près ces tendances, mais jusqu'à présent, les données suggèrent que le vapotage n'est pas un chemin vers le tabagisme chez les jeunes", explique la Pr Linda Bauld, spécialiste de la question à l'Université de Stirling. A la vieille "théorie de la passerelle", dont la validité n'a jamais été démontrée pour quelque domaine que ce soit, l'analyse des chercheurs propose de substituer une approche au potentiel explicatif plus développé sur les facteurs de "susceptibilité commune". 

Cigarette chauffée encore méconnue

Concernant l'apparition des cigarettes dites chauffées-non-brûlées, le PHE constate le manque flagrant d'études indépendantes fiables disponibles à leur sujet. "Sur les 20 études inclues dans notre rapport, 12 ont été financées par les compagnies manufacturières. Il y a donc une lacune de recherches indépendantes", souligne le rapport. Difficile dans ces conditions de prononcer un quelconque avis éclairé sur les différents modèles commercialisés par les grandes firmes cigarettières. "Les connaissances limitées des émissions dans l'environnement des produits de tabac chauffé suggèrent que ceux-ci exposent à plus de risques que le vapotage, mais des recherches plus poussées sont nécessaires pour pouvoir comparer ces produits", conclue notamment le rapport. 

Si la précision et le contenu des conclusions sur les cigarettes chauffées souffrent du manque de recherche sur le sujet, les quelques 250 pages du rapport sont largement plus explicites, précises et solides à propos du vapotage. A l'opposé de la démission irresponsable et lâche des autorités sanitaires de différents pays laissant la voie libre aux mensonges morbides des lobbyistes du tabagisme, le Public Health England signe un rapport solide, courageux et intelligent pour continuer de soutenir le mouvement vers la minimisation des méfaits de la consommation de nicotine mené par les usagers du vapotage depuis bientôt une décennie. De nombreux aspects détaillés de l'étude méritent plus amples développements dans de futurs billets.


jeudi 1 février 2018

L'accès aux liquides nicotinés est le principal problème avec la vape en Nouvelle-Zélande, selon une étude de l'Université de Massey

Annoncé l'été passé, le grand virage de l'intégration des outils de minimisation des méfaits contre le tabagisme en Nouvelle-Zélande tarde à s'amorcer. La nouvelle étude menée par la Dr Penny Truman, de l'Université de Massey, apporte de solides enseignements dans cette perspective. Elle a été publiée dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health (IJERPH). Trois chercheuses ont interrogé 216 vapoteurs kiwis en 2016 sur leurs raisons, leurs pratiques et l'évolution de celles-ci. "Au moment de l'enquête, les produits de vapotage avec nicotine ne pouvaient pas être vendus légalement en Nouvelle-Zélande. La Dr Truman déclare que cette étude confirme que l'accès à la nicotine pour vapoter est le principal problème des usagers du vapotage", explique le site de l'Université de Massey. Ce problème, artificiellement créé par la réglementation, se comprend sur le terrain où évoluent les vapoteurs. 

Vaper pour arrêter de fumer

"La principale raison pour essayer de vapoter est d'arrêter ou de réduire la consommation de cigarettes. La plupart des participants ont dit qu'ils étaient passés totalement au vapotage et avaient cessés de fumer. Certains, vapoteurs depuis peu, fumaient encore mais en continuant de réduire leur consommation de cigarettes, et d'autres fumaient occasionnellement", explique la Dr Truman. En sa compagnie, la Pr Marewa Glover, de l'Université de Massey, et Trish Fraser, ex-directrice de l'Action on Smoking and Health (ASH) locale, concluent de la nécessité de légaliser rapidement le vapotage nicotiné pour favoriser la sortie du tabagisme. "Cela permettrait aussi de clarifier le risque grandement réduit associé au vapotage par rapport au tabagisme, ce qui encouragerait plus de fumeurs à faire le changement", souligne la Pr Marewa Glover.

Des incitations nécessaires aux fumeurs néo-zélandais pour s'engager dans l'arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage. Car même aux antipodes, les parcours de défume ne sont pas tous identiques et tranquilles. "Certains passent du tabac au vapotage facilement et vite, d'autres ont une transition plus longue. La plupart ont changé de modèle de vapoteuse plusieurs fois. Il y a aussi une tendance à s'éloigner des arômes tabac pour expérimenter de multiples saveurs jusqu'à en trouver quelques unes qu'ils aiment et adoptent", poursuit la Dr Truman. 

NZ sans fumée mais avec la vape d'ici 2025 ?

D'autre part, les résultats aux questions inspirées de celles du test de Fagerström pour l'addiction tabagique montrent un pouvoir dépendogène du vapotage sensiblement inférieur aux cigarettes. "L'étude s'ajoute aux preuves internationales suggérant que le vapotage est moins addictif que le tabagisme. Les participants ont tendance à vapoter plus tardivement le matin, ils réduisent la concentration de nicotine de leur liquide au fil du temps et certains finissent par ne vapoter que du liquide sans nicotine", précise le site de l'institution universitaire. 

Des signaux encourageant pour que l'annonce néo-zélandaise de la légalisation du vapotage avec le statut de produit de consommation courante et son intégration comme outil de minimisation des méfaits contre le tabagisme prenne forme. "À l'heure actuelle, des informations inexactes sur le vapotage sont toujours diffusées par et entre les professionnels de santé. Cela doit cesser parce que cela pousse les gens à continuer de fumer. Le contraire de ce que nous voulons pour atteindre l'objectif 'NZ smoke-free' avec moins de 5% de fumeurs d'ici 2025", ponctue la Pr Marewa Glover.


jeudi 21 septembre 2017

Le CDC a contrôlé l'air d'un magasin de Vape. Ce qu'ils ont trouvé est inimaginable...

"Diacetyl, 2,3 pentanedione, 2,3 hexanedione et acétoïne n'ont pas été détectés dans la partie salon du magasin. Dans les échantillons d'air de la zone principale prise derrière le bar à jus à l'aide de tubes de gel silica, nous avons constaté des concentrations détectables mais non quantifiables de 2,3 pentanedione seulement le premier jour. Nous n'avons trouvé aucune concentration détectable d'aucune des substances aromatiques dans les autres échantillons". Difficile à imaginer dans le climat de peur actuel, mais rien. Le Center of Disease control (CDC), l'organisme américain de surveillance de santé, n'a rien trouvé de préoccupant dans l'air du magasin de vapotage que sa section dédiée du NIOSH a contrôlé en janvier 2016. "Les concentrations de formaldéhyde dans l'air au bar à jus et au salon étaient très basses et similaires à celles trouvées sur les échantillons d'air du personnel", indique le rapport, récemment publié en catimini, avant de préciser "de faibles concentrations de formaldéhyde existent dans la plupart des intérieurs en raison d'émanations de l'ameublement, des habits et d'autres matériaux".



[les tableaux sont à cliquer pour les agrandir ;) ]







A la recherche du vapotage passif perdu

Outre la présence de chimiques aromatisants associés à des problèmes respiratoires, à savoir le diacétyl, l'acétyl propionyl (2,3 pentadione), l'acétyl butyryle (2,3 hexadione), ainsi que les concentrations d'acétaldéhyde, de formaldéhyde et d'acétoïne, les inspecteurs ont également mesuré les taux de nicotine, de propylène glycol et d'autres composés organiques volatils (COV). Ils ont également ramassé les poussières de surfaces pour vérifier leurs concentrations de métaux et de nicotine. Enfin, ils ont observé les usages de travail de la dizaine d'employés du magasin d'un peu moins de 100m² (1000 feet²).

Concernant la nicotine, les concentrations se trouvent sous le seuil minimum quantifiable. Autrement dit, la quantité est si faible que le NIOSH n'est pas capable d'en fournir une mesure mais seulement une estimation. Sur le propylène glycol, un des principaux ingrédients des liquides de vapotage, le rapport estime que "les taux sont faibles". Pour les composés organiques volatils (COV) "les expositions des employés à tous les COV quantifiés étaient bien inférieures aux limites d'expositions professionnelles (OEL)", explique le rapport.








Les vapoteurs suent-ils? 

Les échantillons de poussières ont montré des niveaux quantifiables de calcium (de 15 à 94 μg/100 cm²), de cuivre (de Non détecté (ND) à 0,49 μg/100 cm²), de fer (de ND à 1,8 μg/100 cm²) et potassium (de ND à 17 μg/100 cm²). Ainsi que des taux non quantifiables de chrome, plomb, magnésium, nickel, phosphore, strontium et tellure. Le calcium, potassium, phosphore et magnésium sont exécrés naturellement par la sueur humaine. "On ne sait pas si leur présence sur les surfaces provient des produits de vapotage, des personnes ayant touché les surfaces ou des deux", précisent les inspecteurs.

C'est mal

Principal forfait des employés, le rangement de liquide nicotiné à 10% (100 mg/ml) dans le bac à légume du frigo, où se trouvaient aussi leurs en-cas. Les inspecteurs recommandent un frigo réservé aux produits nicotinés et un autre pour les aliments, afin d'éviter l'ingestion malencontreuse de nicotine. Autre négligence des employés, l'oubli fréquent de porter des gants en nitrile lors de manipulation de liquides nicotinés. Le rapport du NIOSH conseille en cas de contact de liquide nicotiné sur la peau de la laver avec de l'eau et du savon dans les cinq minutes. Enfin, les inspecteurs ont aussi noté que les employés vapotent durant leur travail. 

Jim McDonald, du site Vaping 360, remarque que le CDC n'a fait aucune communication, ni tenu compte de ces résultats confirmant de multiples études antérieures sur l'absence de risque à respirer l'air en compagnie de vapoteurs. "Mais il est agréable de voir une confirmation signée du CDC, un organisme réputé pour sa grande hostilité à la vape", pique le chroniqueur. En mai dernier, une étude de l'Université de San Diego montrait déjà l'absence de pollution intérieure décelable spécifique au vapotage dans des logements.

samedi 2 septembre 2017

[Bump!] Le danger du vapotage est qu'il est trop bon pour arrêter de fumer, selon le Dr Louis de Palo

"Le Dr Louis de Palo, pneumologue, déclare qu'il s'inquiète que le vapotage est trop bon pour son travail de remplacement des cigarettes traditionnelles de tabac. "Les gens ne deviennent pas accros aux autre formes de substituts nicotiniques parce qu'elles ne sont pas amusantes", nous a t-il déclaré". C'est ce que l'on peut lire dans l'Inquirer, le quotidien de Philadelphie (Pennsylvanie, USA). "Les gommes ont mauvais goût. Le spray nasal brûle un peu . Les patchs sont irritants. Et aucun ne vous donne la satisfaction psychologique d'avoir quelque chose dans la main et l'impression de "fumer"", se délecte l'enseignant de la Icahn School of Medicine at Mont Sinai de New-York. 

En énumérant les qualités des substituts nicotiniques réussissant à faire échouer plus de 9 fumeurs sur 10 les utilisant pour arrêter de fumer, le Dr de Palo réagit à l'étude de l'Université de Georgetown tout juste publiée montrant que le vapotage constitue une aide efficace à l'arrêt des cigarettes. Trop efficace et avec trop de plaisir pour l'utilisateur à son goût donc.

La vape peut sauver la vie des fumeurs

L'étude en question, publiée dans Nicotine and Tobacco Research revue de l'Université d'Oxford, montre que le vapotage aide de manière effective les fumeurs à quitter les cigarettes à la condition de l'utiliser de manière consistante. "Ces résultats confirment que l'utilisation régulière du vapotage est efficace pour arrêter de fumer. La vape étant généralement considérée d'un risque extrêmement inférieur aux cigarettes, elle représente par conséquent une solution pour sauver des vies que les médecins peuvent recommander lorsque d'autres formes d'aide ont échoué", commente le Dr David Levy, du Centre sur le cancer de l'Université de Georgetown et auteur référent de l'étude, à l'AFP.

Plus on vape, moins on fume

L'analyse des données TUS-CPS 2014-2015 sur près de 24'000 fumeurs américains, dont quasiment la moitié ont tenté au moins une fois d'arrêter de fumer, a scruté l'emploi du vapotage dans les tentatives d'arrêt. Ceux qui utilisent le vapotage de manière occasionnelle ont moins de succès que ceux qui l'utilisent plus fréquemment. Vapoter au moins 20 jours dans le mois a plus que doublé les chances d'arrêter les cigarettes pendant au moins trois mois. 

"Le vapotage est un moyen qui marche pour arrêter de fumer, mais pour cela vous devez vraiment l'utiliser. Vapoter deux jours dans le mois ne va pas être aussi efficace que si vous vapotez plus souvent, voire tous les jours", précise le Dr Levy à Forbes. Il souligne aussi que ces conclusions confirment celles de l'étude publiée le mois passé dans Addictive Behaviors. Comme nous l'avions relaté, ce travail montre que "plus de la moitié des usagers au quotidien de vapotage (52,2%) ont arrêté de fumer" depuis 2010 aux Etats-Unis.



mercredi 19 juillet 2017

Etude en Allemagne: 98% des vapoteurs ex-fumeurs constatent une amélioration de santé

"Dans notre étude, les améliorations de santé rapportées sont considérables, spécialement pour ceux qui ont complètement remplacé leur tabagisme par le vapotage". Des chercheurs de l'Université d'Hambourg se sont penchés sur les "motifs d'usage et les améliorations de santé perçues" chez les vapoteurs allemands. Leur étude, publiée dans European Addiction Research mi juin, recense 98% de vapoteurs exclusifs à déclarer un meilleur état de santé que lorsqu'ils fumaient. Amélioration de santé de manière générale, meilleure endurance et baisse de la toux pour plus de 80% des plus de 3'000 participants vapoteurs ex-fumeurs. Tandis qu'environ la moitié évoque moins de décolorations dentaires, un aspect de la peau amélioré et une attention à l'hygiène de vie plus prononcée. L'enquête menée via internet entre août et octobre 2015 comprenait pas moins de 133 questions préparées par Kirsten Lehmann, Silke Kuhn et Jens Reimer du Centre interdisciplinaire de recherche sur les addictions de l'Université d'Hambourg. 

Plus de 91% de vapoteurs ex-fumeurs

Visant initialement un échantillon d'un millier de répondants, les chercheurs ont été submergés par la mobilisation de la communauté "dampfer". Sur plus de 3'300 réponses valides retenues, 91,5% de vapoteurs exclusifs sont ex-fumeurs, 7,5% de double-usagers (vape et cigarette) et moins de 1% de vapoteurs jamais fumeurs. Parmi les 33 vapoteurs n'ayant pas fumé auparavant, plus de la moitié n'utilise pas de nicotine, les autres le font à un taux significativement plus bas que les autres usagers. Plus des 9/10ème de ces vapoteurs atypiques jugent impossible qu'ils se mettent à fumer. Vapotant nettement moins et moins souvent que les deux autres catégories, "aucune dépendance physique n'a pu être mesurée au test de Fagerström", leur score se situant en dessous du minimum d'un point. Une exception est à noter d'une personne ayant commencé de vapoter pour évoluer vers le tabagisme.

A côté de cet épiphénomène de vapoteurs sans passé tabagique, la moitié, des 99% de vapoteurs ayant fumé ou encore fumeurs, a essayé auparavant sans succès au moins deux produits d'arrêt tabagique. En moyenne, les répondants ont fumé durant 22 ans à raison de 26 cigarettes par jour. Ce profil moyen de hard-core smoker tout juste quadra s'est mis à la vape deux ans avant l'enquête. Qu'il soit devenu vapoteur exclusif ou non, ces éléments changent peu.

Le jeu des différences

Les différences entre les vapoteurs ayant lâché les cigarettes et ceux combinant les deux produits apparaissent sur les usages. Les vapoteurs ex-fumeurs sont plus enclins à vaper quotidiennement et quittent la cigarette pour la plupart dans les cinq semaines après leur initiation au vapotage. "L'usage régulier du vapotage est important pour aider les utilisateurs à quitter le tabagisme", soulignent les chercheurs. Autre différence, 70% des ex-fumeurs vapotent des liquides à moins de 6mg/ml de nicotine mais en plus grande quantité. Les vapoteurs ne réussissant pas à stopper la cigarette sont 64% à utiliser des liquides entre 6 et 25 mg/ml de nicotine. "Il est possible que les ex-fumeurs compensent la réduction du taux de nicotine en augmentant leur vapotage", note l'article.

Si 93% des plus de 3'000 vapoteurs exclusifs jugent inconcevable qu'ils rechutent dans le tabagisme, 69% des double-usagers aimeraient arrêter de fumer et se convertir totalement au vapotage. Le test de dépendance pour l'ensemble des usagers de liquides nicotinés montre un niveau modéré, significativement moins élevé qu'avec les produits de tabac. 

"Les arômes fruités, menthol et gourmands sont les plus populaires des liquides de vapotage, alors que les arômes simili-tabac se classent quatrième. Il se peut que le passage des arômes tabac aux autres types de goûts ait un impact positif pour rester non-fumeur", remarque l'étude. Un point qui a son importance dans le contexte politique allemand, où des propositions pour interdire les arômes autres que tabac sont évoquées.

Le facteur communautaire

Une limite de l'étude se trouve dans la sur-représentation des vapoteurs provenant des forums d'usagers. Vapoteurs enthousiastes et passionnés, ils sont nettement plus d'hommes que de femmes. "Pour les hommes, le vapotage semble lié au plaisir tandis que les femmes semblent plus tournées vers un usage pour réduire le stress et moduler l'humeur", relèvent les universitaires allemands. Mais l'engouement de la communauté et le taux de 91% de vapoteurs ex-fumeurs semblent avoir impressionné les chercheurs. "Plus de recherche est nécessaire pour examiner si les usagers des forums sont non seulement plus enthousiastes mais aussi s'ils connaissent plus de réussite pour arrêter totalement de fumer. Considérant que la plupart des ex-fumeurs de notre étude sont passés du tabagisme au vapotage quelques jours après avoir commencé de vapoter, les motivations et les déclarations sur le vapotage ainsi que peut-être le soutien des autres usagers semblent des facteurs importants", concluent-ils.


samedi 17 juin 2017

[Expresso] Une étude indépendante compare la délivrance de nicotine entre vape, Iqos et Marlboro

Avec des bouffées de "vapoteurs", le vapotage se rapproche sensiblement plus de la délivrance de nicotine d'une cigarette conventionnelle que l'Iqos. Une équipe de scientifiques grecs, menée par le renommé Dr Konstantinos Farsalinos, a mesuré les taux de délivrance de nicotine de l'Iqos, de trois vapoteuses et d'une cigarette Marlboro Regular. "La délivrance de nicotine au fumeur est un élément clef pour la capacité de tout produit de réduction des risques à se substituer efficacement à la fumée", explique l'article accepté pour publication dans Nicotine & Tobacco Research. Le volume de nicotine délivré par l'Iqos, que ce soit avec sa cigarette goût classique ou celui mentholé, est sensiblement inférieur à celui de la Marlboro. Limité par la durée de décharge de son système électrique à 12 bouffées - et automatiquement bloqué après 14 -, l'Iqos délivre environ 30% de nicotine en moins que la cigarette phare de Philip Morris. L'augmentation de la durée de la bouffée ne change pas la délivrance de nicotine du système prétendu de "tabac chauffé-non-brûlé", contrairement aux systèmes de vapotage.  

Les résultats, présentés hier au Global Forum on Nicotine à Varsovie, montrent que si la vieille ciga-like ne permet pas d'atteindre un taux similaire de délivrance de nicotine, les modèles de vapoteuses de 2ème génération, dite eGo, et de 3ème génération - un Nautilus mini monté sur Evic VTC mini -, avec un liquide à 20 mg/ml de nicotine (et moitié moitié de PG/VG) dépassent nettement le niveau de l'Iqos et s'approchent de ceux de la Marlboro lorsque les bouffées sont prises en mode "vapoteurs". Point connu pour initier les fumeurs voulant passer au vapotage, et éviter la toux réflexe liée au "crapotage", mieux vaut prendre une bouffée "apaisée" de vape d'au moins trois secondes. 

"Le produit HnB [Iqos] délivre la nicotine à l'aérosol à des niveaux plus élevés que les produits de vapotage mais moins élevés que la cigarette classique lorsqu'elle est testée avec le régime intense de bouffées du Health Canada. Aucun changement n'est observé dans la délivrance de nicotine du HnB avec des durées de bouffée allongées [à 4 secondes] mais de même volume, au contraire des produits de vapotage qui délivrent plus de nicotine avec des bouffées plus longues", résument les chercheurs indépendants.

En somme, le vapotage offre une maîtrise de l'absorption de nicotine et du rythme désiré aux vapoteurs ayant appris à en jouer, alors que l'Iqos impose à la fois une dose et un timing formatés par le système de Philip Morris. Un aspect intéressant, d'un point de vue de l'efficacité pour des conversions réussies des fumeurs à des modes de consommation plus propre de nicotine, qui souligne la plus grande souveraineté des vapoteurs sur les modalités de leur usage. A noter que l'étude s'est limitée à mesurer les taux de nicotine dans les aérosols et fumées, mais n'a pas investigué la cinétique de la nicotine chez les usagers selon les différents modes de consommation.

samedi 10 juin 2017

[Expresso] Convention de la Lega Italiana Anti Fumo : après 4 ans de vapotage aucun dommage pulmonaire [MàJ]

[edit à 15h: précisions sur l'étude suite à l'article de R. Polosa]
Hier, la convention 2017 de la Lega Italiana Anti Fumo (LIAF) - la Ligue italienne anti fumée - présentait en avant-première une étude prospective sur les effets pulmonaires du vapotage exclusif de longue durée chez des personnes n'ayant jamais fumé (ou moins de 100 cigarettes dans leur vie). La recherche dirigée par le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania, montre que "l'usage régulier et prolongé de vapotage ne conduit à aucun dommage des voies aériennes et des poumons", annonce Il Mattino présent au congrès. "Les participants ont utilisé quotidiennement le vapotage pendant au moins quatre années avec une consommation moyenne de 3,1 ml de liquide par jour. L'étude n'a pas relevé de changement de la fonction pulmonaire ni des marqueurs d'inflammation des voies aériennes", résume le quotidien napolitain.

Neuf vapoteurs réguliers non-fumeurs, d'une moyenne d'âge de 29 ans, ont été auscultés à quatre reprises, à un an d'intervalle chaque fois. Prise de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque, du poids et mesures de la fonction pulmonaire, de symptômes respiratoires et de présence d'inflammation des voies aériennes (notamment les niveaux d'oxyde nitrique et de monoxyde de carbone exhalés) faisaient parti du check-up. Un scanner thoracique en coupe de haute résolution (HRCT) était possible lors de la 3ème visite. "Aucun changement significatif n'a été relevé durant la période d'observation par rapport à l'état de départ, ni parmi les vapoteurs ni chez les non-fumeurs du groupe de contrôle. De plus, aucun problème pathologique n'a été détecté lors du scan HRCT des poumons et aucun symptôme respiratoire n'a été signalé dans le groupe de vapoteurs. Bien qu'il ne peut pas être exclu que certains dommages surviennent ultérieurement, cette étude montre qu'il n'y a pas de problème particulier de santé à l'usage à long terme du vapotage chez des utilisateurs relativement jeunes", explique le Pr Riccardo Polosa dans un court article pour la revue Sanità 24.

Les résultats de ce suivi avec la Policlinique Vittorio Emmanuelle de Catania, dont on attend impatiemment la publication en détail, ont été discutés durant deux heures par un panel de spécialistes de différents domaines. Giovanni La Via, Président de la Commission Santé du parlement européen, Lorenzo Spizzichino, de la Direction prévention au Ministère de la santé italien, le Pr Umberto Tirelli, de l'Institut national du cancer d'Aviano, et le Dr Fabio Beatrice, de l'hôpital de Turin, le Pr Lamberto Manzoli, de l'Université de Ferrara, qui a déjà dirigé une étude sur le sujet comme le rappelle le site italien spécialisé SigMagazine, ainsi que Mario Girolamo Cardella, Président de l'Union nationale des consommateurs, ont débattu des opportunités et des risques du vapotage face au fléau sanitaire du tabagisme.

PS. Merci à Bertrand pour m'avoir signalé l'article du Pr Polosa dans Sanità 24 ;)

Ajout 18-11-2017 / L'étude a été publiée hier dans la revue Nature:
https://www.nature.com/articles/s41598-017-14043-2


vendredi 26 mai 2017

[Expresso] Aucune pollution intérieure liée au vapotage selon une étude de l'Université de San Diego (USA)

"Les résultats de cette étude peuvent donner éclairage et information aux intervenants sur la qualité de l'air, en résumant les variables influentes sur la base d'un large échantillon de logements. La fumée, à la fois de cigarette [de tabac] et de marijuana, est une source majeure de pollution intérieure dans la population étudiée. Tandis que le vapotage ne l'est pas du tout." L'étude des chercheurs de l'Université d'Etat de San Diego, publiée dans la revue scientifique Plos One, a mesuré la pollution particulaire dans 256 logements durant une semaine. Particularités de l'échantillon, tous les habitats abritent au moins un enfant et au moins une personne utilisant un produit considéré de tabac par la législation américaine - à savoir cigarette, vapotage, cigares, pipes, chicha, cannabis fumé et un cas d'une autre drogue fumée -. 

Aucune pollution intérieure liée au vapotage

Tous les logements montrent une augmentation de la pollution liée aux usages en intérieur sauf ceux des 14,1% de vapoteurs. Le niveau de particules fines et ultra-fines, entre 0,5 et 2,5 microns, est resté à un niveau indétectable dans les locaux avec du vapotage. "Nous n'avons observé aucune différence apparente dans la moyenne hebdomadaire de la distribution de particules entre les 43 logements reportant un usage [en intérieur] de vapotage et ceux ne déclarant aucun usage", constate l'article signé par l'équipe menée par Neil Klepeis. A l'opposé, la cuisson à l'huile, l'utilisation de bougies, d'encens ainsi que le nettoyage ont été associés à de plus hautes moyennes de pollution. Mais le fait de fumer à l'intérieur, que ce soit du tabac ou du cannabis, sont les deux sources les plus importantes. "Les logements des fumeurs qui ne fument pas à l'intérieur montrent une meilleure qualité d'air que ceux des fumeurs qui fument en intérieur", insistent les auteurs. 

Les enfants de pauvres principales victimes de la désinformation ?

L'étude a ciblé les foyers à bas revenus, montrant que la taille du logement a une influence sur la concentration moyenne de particules. "Notre objectif premier était de montrer ce qui arrive dans les logements avec des niveaux élevés de particules dans l'air, et en conséquence, des environnements malsains pour les enfants", précise John Belletiere, co-auteur de l'étude cité par Vaping 360. Ces résultats devraient permettre une meilleure information du public ajoute Neil Klepeis, l'auteur référent. "Peut-être que les chercheurs de l'Université de San Diego pourraient commencer par informer les fumeurs à quel point les logements de vapoteurs ont une pollution de l'air moins dangereuse, et les encourager à passer au vapotage", pique Jim McDonald, journaliste spécialiste du domaine. 

jeudi 6 avril 2017

Etude internationale: Fort impact des réglementations sur les arrêts du tabac à l'aide de la vape

publiée dans Nicotine & Tobacco Research
Les réglementations influent-elles sur les chances de réussir son sevrage tabagique ? Cela paraît couler de source, mais aucune étude n'avait encore mesuré le poids de l'environnement législatif sur les arrêts avec la vape. Une comparaison de données recueillies entre 2010 et 2014 de deux paires de pays, la première américano-britannique alors peu restrictive, la seconde australo-canadienne avec de fortes restrictions à l'accès et l'usage des produits de vapotage, montre clairement l'impact. Tandis que 73,2% des fumeurs britanniques et américains sondés ayant tenté d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage ont réussi au moins durant un mois, seuls 31,5% de leurs homologues australiens et canadiens ont connu la même réussite. L'étude, publiée par la revue d'Oxford Nicotine & Tobacco Research, s'appuie sur les enquêtes de l'International Tobacco Control four country (ITC).

Elle montre que, dans l'environnement plus propice, les fumeurs optant pour l'aide du vapotage augmentent leur chance de sevrage à un mois par 1,95 fois [OR = odd ratio] par rapport à aucune aide. Soit un peu plus qu'avec les substituts nicotiniques (OR 1,64) et à peine moins qu'avec les drogues pharmaceutiques (OR 2,07). Mais dans les pays hostiles, utiliser le vapotage donne près de trois fois moins de chance de réussir (OR 0,36) que de se lancer sans aide. «Les raisons de l'effet de facilitation du vapotage pour cesser de fumer se trouvent uniquement dans les pays ayant un environnement moins restrictif à la vape», souligne l'étude signée de chercheurs américains, australiens, britanniques et canadiens. 

Matérialisme

USA, Royaume-Uni, Australie, Canada
Première raison invoquée par les chercheurs à cet effet bénéfique à l'arrêt du tabagisme par les réglementations les moins agressives contre la vape: la facilité d'accès aux produits. A fortiori, en offrant une palette diversifiée des appareils les plus efficaces, c'est-à-dire les systèmes à réservoir (à l'opposé des «cigalikes»), et évidemment aux liquides nicotinés qui doublent les chances d'arrêt par rapport à la vape sans nicotine selon le rapport Cochrane de 2016. Cette étude confirme d'ailleurs ces deux aspects dans les pays tolérants. Les utilisateurs de mods à réservoir ont 2,57 fois plus de chances de sevrage que les utilisateurs de cigalikes et 3,11 fois plus de réussite que les fumeurs se lançant sans aide. Tandis que les britanniques vapotant avec nicotine ont eu 3,07 fois plus de succès que ceux s'aidant de vapotage sans nicotine.

Dans la même veine, l'accès plus simple à des produits encouragent non seulement les tentatives avec l'aide de ces produits, mais aussi la prolongation de l'arrêt en facilitant l'accès à de nouvelles fournitures (liquides ou matériel) durant le sevrage. «Ceci peut contribuer à leur offrir de plus grandes opportunités d'expérimenter différents appareils et liquides jusqu'à ce qu'ils trouvent la bonne combinaison», explique l'article. 

Et mentalités

La seconde série de motifs met en relief l'aide que procure un climat social plus tolérant et serein à l'égard du vapotage aux fumeurs pour sortir du tabagisme par son aide. Plus confiants, ils seraient plus susceptibles de détermination et de persévérance dans leurs tentatives. Dans les pays restrictifs, «le faible accès au produit et peut-être la réticence à vapoter en public au milieu de personnes potentiellement hostiles sont des raisons plausibles pour penser que sa dénormalisation puisse être un facteur important du haut taux d'échecs», suggèrent les chercheurs. 

Ils soulignent aussi un possible biais d'auto-sélection: la mauvaise image de la vape cultivée par les pouvoirs publics hostiles limite son recours à certains fumeurs. «Il est également possible que, dans les pays à faible disponibilité, ceux qui ont choisi d'utiliser le vapotage pour cesser de fumer étaient les plus désespérés, ceux n'ayant pas réussi auparavant en utilisant les méthodes approuvées», émettent en hypothèse les chercheurs pour expliquer le plus faible taux de réussite à l'aide du vapotage que sans aucune aide en Australie. 

Soutien ou abandon de la part des soignants?

L'étude n'a pas pu prendre en compte l'aide comportementale apportée ou non aux fumeurs. «Parce que ce que constitue le soutien comportemental était trop hétérogène entre les différents pays, nous avons décidé de ne pas le retenir comme critère», expliquent les chercheurs. Reste qu'évidemment, entre les Stop Smoking Services britanniques en dialogue constructif avec les vapoteurs et le dogme australien de leur diabolisation, les compétences des professionnels de santé sur le sujet et l'aide apportée en conséquence aux fumeurs sur cette voie ne peuvent pas être de même qualité. D'autres facteurs, comme notamment le climat de peur entretenu par les médias sensationnalistes et/ou liés d'intérêt aux lobbys du tabac et de la pharma, n'a pas été pris en compte dans la comparaison. 

Et la Suisse?

La Suisse ne fait pas partie de l'étude. Mais les principaux enseignements de cette étude donnent de l'eau au moulin de mes analyses de 2015 sur le déficit d'arrêts tabagiques à l'aide du vapotage en raison des entraves fédérales. Mon analyse s'appuyait sur la comparaison des statistiques de prévalence de la population, ce qui est sensiblement différent des groupes de fumeurs tentant un sevrage suivis dans cette étude. Reste que le ratio de chances de réussir son sevrage entre pays restrictifs et pays permissifs (OR 0,36 versus OR 1,95) mis en évidence résonne avec les ratio d'adoption, c'est-à-dire de l'expérimentation à l'usage régulier, du vapotage que j'avais tiré de la comparaison des statistiques helvétiques et britanniques de 2014. 

«L'interdiction de la vente de liquide nicotiné concoure ainsi à six fois plus d'échecs des tentatives de passer à la vape des fumeurs en Suisse par rapport aux britanniques», avais-je alors souligné. Le parallèle se poursuit d'ailleurs sur la faible part de vapoteurs utilisant de la nicotine en Suisse et en Australie. Selon l'enquête d'Addiction Suisse, moins de 40% des vapoteurs helvètes utilisent de la nicotine, chiffre proche des 41% relevés dans cette étude pour les australiens, contre plus des trois quarts des britanniques. 

Guerre au vapotage, guerre aux pauvres

Les inégalités sociales de santé cultivées par les réglementations de santé publique
Autre point commun, les restrictions légales semblent entraver plus fortement l'accès au vapotage aux fumeurs défavorisés socialement. «Comparés aux répondants des pays avec une réglementation plus restrictive, une plus grande proportion de ceux de pays moins restrictifs sont plus âgés, avec des revenus plus faibles, (...)», note la recherche internationale. En proportion, il y a deux fois plus de faibles revenus à essayer d'arrêter de fumer avec le vapotage lorsque l'environnement législatif est permissif que répressif. Les données suisses ne tiennent pas compte des niveaux de revenus, mais du niveau de formation. Les auteurs soulignaient dans le dernier rapport en commentaire que «la part d’usagers [du vapotage] au cours des 30 derniers jours augmente régulièrement avec l’augmentation du niveau de formation»

Les entraves législatives en augmentant le coût financier du vapotage, en compliquant son accès et le limitant aux personnes détenant des outils informatiques et de paiement électroniques ou aux personnes détenant un capital social leur permettant de passer par le marché gris/noir, empêchent selon toute vraisemblance des fumeurs de couches sociales défavorisées d'utiliser ce moyen d'arrêt tabagique. La stigmatisation des vapoteurs renforce cette dynamique vicieuse contre les personnes les moins outillées en terme de capital culturel pour résister aux campagnes de désinformation. Le gâchis sanitaire de la guerre au vapotage profite non seulement au tabagisme en général, mais accentue plus particulièrement les inégalités sociales de santé au profit des classes aisées. 

Autre leçon que l'on peut tirer de cette étude, aucune recherche sur le sevrage tabagique à l'aide du vapotage ne peut faire sérieusement l'impasse sur l'environnement législatif dans lequel la population étudiée évolue. Un point que, comme je l'avais entre autres souligné, G. Gmel et al. n'avaient pas tenu compte dans leur analyse publiée dans le Swiss Medical Weekly.


dimanche 19 février 2017

La vape bien moins toxique pour des cellules des bronches que la cigarette, selon une étude in vitro à l'Institut Pasteur de Lille

«Ces résultats suggère fortement une toxicité plus faible du vapotage comparé à la fumée de cigarette». C'est la conclusion d'une étude toxicologique menée à l'Institut Pasteur du CHU de Lille sur des cellules d’épithélium des bronches humaines. L'équipe de recherche, menée par Sebastien Anthérieu, a exposé des cellules à la fumée d'une cigarette et à l'aérosol de liquides de vapotage en reproduisant des conditions réalistes d'usage. Le manuscrit accepté par la revue Toxicology in vitro explique: «Tandis que la fumée de cigarette a fortement diminué la viabilité cellulaire après 48 mn d'exposition, le vapotage n'a induit aucune cytotoxicité après 288 mn d'exposition».

Outre la survie des cellules, les sept chercheurs ont mesuré un stress oxydatif significatif «qu'après l'exposition à la fumée de cigarette». En plus de ces éléments clefs des pathologies respiratoires chroniques, l'équipe de l'Impact of environnental chemicals on human health (IMPECS) a aussi procédé à une évaluation des effets sur les gènes. «Les données transcriptomiques des cellules exposées indiquent un grand nombre de gènes déréglementés en réponse à la fumée de cigarette (...) tandis que le vapotage n'a provoqué qu'une modulation très discrète». Voici deux des tableaux de résultats - en plus de celui sur la survie des cellules ci-dessus -, le premier concernant un marqueur de stress oxydatif (complété dans l'étude par des mesures des sécrétions inflammatoires), et le second concernant les modulations des gènes des cellules.
Le ratio de glutathion intercellulaire (GSSG/GSH), un marqueur de stress oxydatif

Nombre de modification dans l'expression des gènes des cellules soumises à la vape et à la cigarette 3R4F

Eléments de méthodo et matos

«Les données sur la toxicité du vapotage sur les fonctions cellulaires humaines se limitent jusqu'à présent à des expositions aiguës (Hiemstra et Bals, 2016). Toutefois, ces conditions peuvent sous-estimer les risques potentiels d'utilisation à long terme de la vape. De plus, la plupart des études n'ont pas effectué de comparaison directe avec la fumée de cigarette conventionnelle», stipulent les chercheurs. L'objectif de l'étude est donc d'évaluer en conditions réalistes si le vapotage est cause de toxicité après des expositions aiguës et répétées, et en comparer les effets à ceux de la fumée de cigarette.

Initiée en mars 2014, l'étude a utilisé des cigarettes standard de recherche (3R4F) et des appareils avec clearomiseur et batterie de type ego à 3,7 volts, données par la marque lilloise Nhoss, montées avec des résistances de 2,8 Ohms. Des liquides français de trois types - sans arôme, au goût tabac blond et menthe chlorophylle - étaient chacun en version sans nicotine et au taux de 16mg/ml. L'exposition des cellules de souche BEAS-2B à la vapeur s'est faite avec une interface air-liquid (ALI) pour reproduire des conditions réalistes d'usage. «Ce système est capable de correspondre à des situations de vie réelle et d'imiter de manière réaliste la dilution, le flux et les conditions d'humidité du vapotage ou du tabagisme», souligne l'étude, s'appuyant sur des articles de références en la matière.

«En l'absence d'un profil standardisé de vapotage, un volume et une fréquence de bouffées élevés ont été sélectionnés. La bouffée a été définie avec un volume de 55 ml durant 3 secondes, prise à intervalles de 30 sec., en utilisant un profil de bouffée d'onde carrée». En regard, les bouffées de cigarette représentaient un volume de 35 ml durant 2 sec., prises toutes les 60 sec., suivant un standard ISO réputé en la matière (ISO 3308:2012). En somme, le vapotage a été soumis à un régime de bouffées plus volumineuses et deux fois plus fréquentes que la fumée de cigarette.

Référence de l'étude :
Comparison of cellular and transcriptomic effects between electronic cigarette vapor and cigarette smoke in human bronchial epithelial cells
Sébastien Anthérieu, Anne Garat, Nicolas Beauval, Mélissa Soyez, Delphine AllorgeGuillaume Garçon and Jean-Marc Lo-Guidice; de l'Univ. Lille, CHU Lille, Institut Pasteur de Lille, EA 4483 - IMPECS - IMPact of Environmental ChemicalS on human health
in Toxicology in Vitro, TIV 3902, doi: 10.1016/j.tiv.2016.12.015