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jeudi 31 août 2017

[Ristret'] 255 fois plus de risques d'incendie par les cigarettes que par la vape à Londres

"Au cours des trois dernières années, il y a eu 66 décès dans des incendies causés par le tabagisme et aucun concernant le vapotage. Les cendriers qui débordent ou une cigarette tombée pendant la sieste sont des causes typiques d'incendies mortels. Arrêter de fumer n'est pas seulement bon pour votre santé, mais cela diminue fortement les risques d'incendie dévastateur dans votre maison", explique Mark Hazelton, dans un communiqué officiel de la Brigade du feu de Londres aujourd'huiEn 2016, tandis que 108 personnes ont été blessées dans les 1'213 incendies liés au tabagisme à Londres, aucun décès ni blessé n'a été à déplorer dans les quatre feux liés à des produits de vapotage. 

Les rares cas de problèmes liés à des produits de vapotage ont pour cause le plus fréquemment des batteries mises sans protection dans les poches, des chargeurs ou des accus inadaptés. Toujours protéger les accus non utilisés avec des étuis ou des boîtiers et utiliser des chargeurs et accus adaptés sont les mesures de sécurité basiques. Pour les vapoteurs voulant utiliser des mods méca, se référer impérativement aux explications sur la loi d'ohm, surtout en cas d'usage de résistance basse. Pour aller plus loin, le document fouillé de Pascal Macarty.

[Expresso] Canada: pétition parlementaire contre l'assimilation de la vape au tabac du projet de loi S-5


La déception est grande, mais la partie n'est pas encore perdue. Adopté par le Sénat le 1er juin dernier, le projet de loi S-5 vise à assimiler le vapotage au tabagisme au Canada. Avant son examen à la Chambre des communes, une consultation publique est ouverte jusque fin octobre. Ainsi qu'une pétition officielle à la Chambre des communes réclamant le rejet de l'intégration de la vape au tabagisme. Lancée par des usagers, la pétition, qui compte à ce jour près de 2000 signatures canadiennes, sera présentée aux députés. "Cette pétition est très importante (...). La proposition de loi S-5 est très mauvaise pour l'avenir de la vape", insiste Jean-Philippe Boutin, vapoteur canadien de longue date, dans une vidéo (plus bas). Du côté des défenseurs des approches de santé publique par la réduction des méfaits, on s'inquiète aussi.

Droit à l'information censuré

"Si le projet de loi S-5 passe, elle rendrait illégal à une entreprise de dire aux fumeurs que les produits à risque réduit sont, justement, bien moins néfastes. Lorsque les gouvernements pensent que la solution est d'être opposé de manière excessive et irrationnelle contre les alternatives viables et radicalement moins dangereuses pour les fumeurs, ces gouvernements échouent dans leur compréhension du problème", explique le Pr David Sweanor, spécialiste en santé publique à l'Université d'Ottawa, dans une tribune dans le journal The Province. - Edit 1-09-2017 à 20H: le site canadien La Presse a mis en ligne une version française de la tribune de David Sweanor -.


Si ce projet était adopté tel quel, présenter la réduction des méfaits par l'arrêt du tabagisme avec le vapotage deviendrait interdit. Ils sont pourtant attestés, y compris par des experts canadiens dans le très sérieux rapport scientifique de l'Université de Victoria. L'influence de la Sénatrice Chantal Petitclerc, marraine québécoise du projet de loi S-5, n'est probablement pas étrangère à cette mesure insensée tant d'un point de vue de santé publique que de droit à l'information. Cette censure se trouve déjà en place au Québec. Malgré son obstruction à l'avancée de l'affaire, l'Etat du Québec vient d'ailleurs d''être officiellement assigné en justice pour cette raison, comme le rapporte le média local TVA

Au cas où le projet de loi S-5 serait confirmé sans modification par les députés, les médias indépendants, tels que les blogs, les reviews en vidéo etc... seraient aussi probablement menacés. Des affaires en justice, similaire au cas québécois, ne seraient pas exclure le cas échéant pour défendre droits d'expression et d'information.

Tentation coupable

En plus d'une interdiction du droit d'être informés, les usagers du vapotage peuvent craindre de se voir privés d'une multitude d'arômes par le projet de loi S-5. Au nom de la protection des enfants, les dénominations jugées suspectes d'être attirantes seraient interdites. En plus des arômes confiseries et gourmands, on peut retrouver le goût cannabis sur la liste des interdits. Ceci au moment où le Canada est sur la voie de légaliser la weed...!? Comprendra qui peut. 

Le projet de loi prévoit aussi d'imposer des messages anxiogènes sur les produits de vape dans le même mode que l'Union Européenne. Des limitations des produits, des processus d'homologation peuvent faire craindre glaciation des innovations et régression de la diversité des produits existants. 

"Morts par tromperie sur mandat"

Alors le Gouvernement Trudeau semblait ouvert à des progrès en matière de réduction des méfaits et de l'abandon des logiques répressives et de leurs conséquences catastrophiques en matières sanitaires et sociales, le projet de loi S-5 marque une violente régression pour les droits à la santé de la population. Une loi qui pourrait au final se révéler plus nocive que bénéfique pour la santé publique. Avant son examen à la Chambre des communes, le Pr David Sweanor assigne les élus à leur responsabilité. "Les législateurs canadiens ont abandonné, à contre-cœur parait-il, d'interdire totalement le vapotage pour s'orienter vers une loi entravant marketing et accès aux produits à méfait réduit, de manière à ce qu'un minimum de fumeurs de cigarettes arrête de fumer à leur aide. On pourra nommer ces victimes des "morts par tromperie sur mandat"."



mercredi 30 août 2017

[Ristret] Traitement du Sarcoïdose par la nicotine: l'essai clinique est lancé par l'Université d'Ohio

"Après les résultats prometteurs des premiers essais, un essai clinique "randomisé" à large échelle est lancé pour approfondir la recherche sur la question des soins à long terme de la maladie de sarcoïdose avec des patchs de nicotine". Le  Centre médical Wexner de l'Université de l'Ohio (USA) annonce cette nouvelle étape sur le traitement du sarcoïdose à l'aide de la nicotine. "L'analyse des premières données nous donne l'espoir que les patchs de nicotine aident à stopper ou même inverser la croissance des cellules de sarcoïdose", explique le Dr Elliott Crouser, responsable du programme de recherche. Lancée depuis 2008, la recherche entre en phase 4 et va suivre des patients sur sept mois, un groupe avec des patchs nicotinés et un autre avec des placebo, ponctués de contrôles au scanner (CT Scan) des poumons en partenariat avec la Clinique de Cleveland.

La nicotine anti-inflammatoire

La maladie inflammatoire, qui touche fréquemment les poumons, est généralement traitée avec des stéroïdes. "Mais l'utilisation prolongée de stéroïdes peut entraîner des effets secondaires graves, tels que de l'hypertension, de l'ostéoporose et du diabète", précise le site de l'Université. Aussi le traitement aux stéroïdes (cortisone) ne peut pas être prolongé très longtemps. D'où l'intérêt d'un éventuel soin alternatif. "Pourquoi la nicotine pour le sarcoïdose? Autour de l'année 2000, nous avons découvert deux choses. Des preuves que la nicotine est anti-inflammatoire. Et d'autres études ont montré que les fumeurs sont moins susceptibles de développer un sarcoïdose", déclare le Dr Crouser au site News-Medical.net

Contre la fatigue extrême

L'alkaloïde se révèle aussi avoir un effet secondaire bénéfique. "Comme la nicotine est stimulante, la fatigue extrême qui accompagne le sarcoïdose est amoindrie avec les patchs qui les aident à avoir plus d'énergie au quotidien", précise le Dr Elliott Crouser. Cette fatigue extrême est d'ailleurs souvent le principal symptôme du sarcoïdose. "C'est compliqué parce qu'il imite les symptômes d'autres maladies et se retrouve souvent mal ou pas diagnostiqué. Le sarcoïdose peut apparaître sous forme de nodules dans les poumons, de pneumonie, de tissus cancéreux. Il peut parfois toucher d'autres organes vitaux que les poumons et cela diffère d'une personne à l'autre", développe le pneumologue spécialiste de la maladie de sarcoïdose . 

6'000 à 12'000 nouveaux cas par an en France

La maladie dite rare endommage gravement les poumons et, sans soin, peut aller jusqu'à la mort. Ses origines restent plutôt mal définies. Certains scientifiques estiment qu'elle est de nature génétique, tandis que d'autres évoquent l'hypothèse d'une origine environnementale, notamment des pesticides. La Société nationale française de médecine interne (SNFMI) évalue entre 6'000 et 12'000 nouveaux cas de sarcoïdose diagnostiqués en France chaque année.

La vidéo de 1mn30 de l'Université d'Ohio sur la recherche du Dr Crouser avec le témoignage d'un patient:



mardi 29 août 2017

[Express] Une étude sur plus de 60'000 ados britanniques montre que la vape n'encourage pas le tabagisme

"En résumé, les enquêtes au Royaume-Uni montrent de manière consistante que la plupart des expérimentations de vapotage ne deviennent pas des usages réguliers et que le taux d'usage régulier par des jeunes n'ayant jamais fumé reste très faible". C'est la conclusion d'une étude à partir des données croisées de cinq enquêtes britanniques (*) sur plus de 60'000 jeunes de 11 à 16 ans entre 2015 et 2017. Publiée en open-access dans l'International Journal of environmental research and public health, la recherche délivre de nouveau le verdict d'une absence d'effet passerelle du vapotage vers le tabagisme pour les ados. A l'opposé des fréquents gros titres de presse alarmistes, la Pr Linda Bauld, de l'Université de Stirling, souligne que l'analyse des dernières enquêtes britanniques "montre clairement que pour les adolescents non-fumeurs l'expérimentation du vapotage ne se traduit pas par une utilisation régulière". "Notre recherche montre aussi que le tabagisme des jeunes continue de diminuer", précise la chercheuse référente de l'étude au Guardian

Les ados chiffrés

"Parmi la totalité des répondants des enquêtes, la prévalence d'expérimentation varie de 7% à 18% chez les 11 à 16 ans", mais seulement de 1% à 3% les utilisent régulièrement. Ces usagers réguliers sont quasiment tous déjà des fumeurs. Chez les jeunes n'ayant jamais fumé, le vapotage régulier se situe entre 0,1% et 0,5% des enquêtés. Le graphique suivant présente les taux d'expérimentation ("ever use") et régulier au moins une fois par semaine ("at least weekly") pour la totalité des enquêtés puis séparément pour les jeunes non fumeurs ("never smokers") et les fumeurs ("regular smokers"). 

Une peur injustifiée

"Nos analyses indiquent qu'il n'y a aucune preuve que le vapotage amène à une hausse de la prévalence tabagique. Ceci est important et suggère que la peur du vapotage comme passerelle vers une augmentation du tabagisme des jeunes n'est actuellement pas justifiée, au moins au Royaume-Uni", affirme l'étude. Tandis qu'environ un cinquième des ados ont essayé de fumer, le tabagisme régulier se situe entre 1% et 4% chez les 11 à 16 ans des différentes enquêtes, souligne la publication. Egalement impliqué dans la recherche, Graham Moore, directeur du Centre Deciph de l'Université de Cardiff, renchérit: "les inquiétudes que le vapotage puisse amener un grand nombre de jeunes à la dépendance et à l'usage de tabac semblent de plus en plus improbables".

(*) Les noms des cinq enquêtes des organismes de santé britanniques sont : Youth Tobacco Policy Survey (YTPS) ; la Schools Health Research Network (SHRN) Wales survey; de l'Action on Smoking and Health (ASH) Smokefree GB - Youth Surveys ; et deux enquêtes de la Scottish Schools Adolescent Lifestyle and Substance Use Survey (SALSUS).


[Express] En Suisse-allemande, l'émission Puls de la SRF questionne la position prohibitionniste anti-vape, la NZZ la soutient


"La Commission Fédérale pour la Prévention du tabagisme (CFPT) refuse de recommander le vapotage pour arrêter de fumer. Cette prise de position est controversée dans le monde professionnel de la santé". Hier soir, Puls, émission de la SRF, soumettait à la question l'attitude intégriste contre la réduction des risques du tabagisme à l'aide du vapotage. A rebours des approches émergentes au Royaume-Uni et à présent aux Etats-Unis, la Suisse est le dernier pays européen à interdire la vente légale de liquides de vapotage nicotinés. 

Le choix de minimiser les méfaits

Pourtant, les dégâts sanitaires viennent de la combustion des cigarettes, pas de la nicotine rappelle le Pr Jean-François Etter, de l'Institut de Santé Globale, à la télé suisse-alémanique. Pour le directeur de Stop-Tabac.ch, il s'agit de permettre aux usagers l'accès aux produits minimisant les méfaits, essentiellement liés aux dégagements de monoxyde de carbone et de toxiques de la combustion des cigarettes. Sans tabac ni combustion, le vapotage se présente comme un mode de consommation de nicotine à risque extrêmement réduit. Déjà largement plébiscité pour sortir du tabagisme, ses usagers suisses rusent la prohibition fédérale à travers les dons de nicotine.

Le dogme de l'abstinence

Opposé à cette voie de réduction des risques, le Dr Macé Schuurmans, membre de la CFPT, prône le conservatisme au nom du doute. L'universitaire zurichois assène à l'antenne de la SRF que le vapotage ferait perdurer la dépendance à la nicotine. Un argument qui s'inscrit dans la résurgence, quarante ans après, d'un mouvement pour la restriction d'accès aux substituts nicotiniques relancé récemment par le californien Stanton Glantz. Bien que les gommes nicotinées n'ont jamais entraîné "l'épidémie nicotinique" annoncée à l'époque par ses opposants, comme par exemple dans l'article publié en 1976 par le British Medical Journal ci-contre.  

La protection du tabagisme

En bloquant la voie de la réduction des méfaits, la politique Suisse a réussi à y maintenir le tabagisme ces huit dernières années. Tandis qu'il s'écroulait au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, sous l'impact notamment du vapotage depuis 2011. Les autorités fédérales projettent d'assimiler le vapotage au tabagisme dans le projet de loi sur le tabac (LPTab). Projet retoqué par le parlement qui a demandé de donner un autre statut à l'outil sans tabac ni combustion. Les services d'Alain Berset, le Conseiller fédéral en charge de la santé, préparent discrètement un nouveau texte, espérant toujours subsumer le vapotage au tabagisme

C'est dans cet agenda que les tenants pro-abstinence appellent à l'interdiction d'information médicale favorable à la réduction des risques, l'interdiction de publicité pour les produits de vapotage, l'interdiction d'arômes, une taxation punitive contre les vapoteurs - telle que l'exige en coulisse aussi le cigarettier Philip Morris -, et l'application au produit sans tabac ni combustion des mêmes restrictions que pour les cigarettes, etc... Un lot de revendications endossées dans l'avis de la CFPT, qui a dû refuser pour ce faire d'examiner les rapports scientifiques sur la question du Collège Royal des médecins britannique, de la Santé publique anglaise et quelques autres revues de centaines d'études sur le sujet telle que l'analyse de l'Université de Victoria (Canada).

La NZZ allume un contre-feu

Sans surprise, la Neue Zurcher Zeitung (NZZ) a allumé un contre-feu avant même la diffusion de l'émission Puls. Le quotidien zurichois a consacré hier matin une page appelant à durcir la législation contre la vape. On devine le danger que l'émergence d'une alternative au tabagisme fait courir aux intérêts en place. La vieille alliance entre puritains et trafiquants - "Baptists and bootleggers" en version originale américaine - joue à plein au pays de Novartis, Philip Morris et berceau du puritanisme. 

Fidèle à son traitement à sens unique de la question, la NZZ présente la position de l'Association contre le tabac (AT) et donne, pour tout "contrepoint" (avec de gros guillemets de distanciation), une phrase au cigarettier Japan Tobacco (Sic!). Usagers, entreprises de vape indépendante, défenseurs des approches de réduction des risques n'existent pas pour le journal. Petite inflexion éditoriale, qui mise sur l'amnésie pour faire oublier sa position antécédente, la NZZ qualifie à présent "d'absurde" l'interdiction de vente des liquides nicotinés.

Une bouffée d'air dans l'écran de fumée

Pour vaguement donner une impression de pluralité, le quotidien a tout de même ouvert exceptionnellement son site aux commentaires sur le sujet. On y notera parmi ceux-ci l'intervention argumentée de Marc Szeeman, le Secrétaire général de l'association Helvetic Vape. Seule portion congrue permise à l'expression d'autres paroles que celles des deux lobbys par la NZZ...

dimanche 27 août 2017

Qui est derrière la nouvelle fausse pub virale de vape pour les enfants ?

Elle se propage comme un virus depuis hier. Cette publicité pour un produit de vapotage pour bébé est fausse. On peut le deviner, mais elle ne s'annonce pas comme telle. Au contraire, son créateur l'a lancé en la présentant comme un vrai produit s'attaquant aux enfants. "Damn, they got vapes for babies now", affirme "adam the creator" source de diffusion de la fausse pub en s'auto-citant pour vaguement brouiller les pistes. Derrière ce pseudo se trouve Adam Padilla. Le Directeur de l'agence publicitaire BrandFire se présente lui-même comme stratège de marketing et tout particulièrement de marketing viral. La firme pharmaceutique Pfizer figure parmi ses clients.

Spécialiste de pubs virales

Adam Padilla est un des chouchous des médias branchés de la côte Est américaine. Le publicitaire à la mode se félicite d'avoir touché plus d'un milliard de personnes avec un montage d'un faux jouet mettant en scène des enfants, cette fois-là autour d'un bar. Habile, la méthode est efficace en touchant l'émotionnel et par sa rupture avec les cadres habituels de diffusion publicitaire. Astuce évidemment possible parce qu'elle ne se présente pas comme une véritable publicité et échappe donc aux réglementations. Mais sa dernière pub contre la vape n'est-elle vraiment qu'un canular ? 

Dans le contexte politique actuel et les intérêts économiques autour du vapotage, il serait pour le moins naïf de s'en tenir à une simple blague du "stratège" de campagne médiatique de l'agence de New-York. En répandant l'idée que le vapotage vise les enfants plutôt qu'il n'est un outil pour les fumeurs de sortir du tabagisme, l'image diffuse un schème de pensée destinée à se graver dans l'opinion publique. Ceci au moment où la bataille entre conceptions de lutte anti-tabac est un sujet sensible depuis l'annonce de la nouvelle stratégie de Scott Gottlieb. Le nouveau directeur de la Food and Drug Administration (FDA) entend intégrer le vapotage et l'approche de réduction des méfaits à sa politique, en rupture du dogme unique pro-abstinence comme nous l'avons expliqué

Pour qui travaille Adam Padilla ?

Cette rupture, au moins partielle avec l'approche suivie jusque-là, froisse plusieurs groupes d'intérêts. Les grands cigarettiers évidemment. Mais aussi les élus Démocrates et les tenants du "Quit or die". L'approche pro-abstinence, farouchement opposée à la liberté de choix pour les usagers de nicotine, prédomine dans les organismes de santé publique aux Etats-Unis. A portée d'une porte battante de ceux-ci, les entreprises pharmaceutiques n'apprécient guère non plus ce qui pourrait concurrencer la vente de drogue labellisée pour le sevrage tabagique, telle que la varénicline, commercialisée sous le nom de Champix ou Chantix aux USA par Pfizer. Mais la réduction des méfaits par le vapotage pourrait aussi être un danger commercial pour toute la gamme de médicaments vendus aux personnes rendues malades par leur tabagisme. 

Trouver Pfizer parmi les clients de BrandFire, l'entreprise d'Adam Padilla, le diffuseur de cette fausse publicité, n'est peut-être pas anodin. Créer une pub qui n'existe pas en tant que telle, et produire l'illusion d'un danger pour justifier d'interdictions qui toucheront plus largement la possibilité d'informer les fumeurs, parait une stratégie de manipulation efficace. Difficile de croire qu'elle n'est pas réfléchie et au service d'intérêts commerciaux et politiques précis...

E. Bernays, le pape de la publicité moderne et auteur de Propaganda
edit 27-08-2017 à 21h30 : ajout de la capture du tweet d'Adam Padilla en illustration

mardi 22 août 2017

Belgique : 40'000 € d'amende pour la page facebook E-life

"Après 18 ans de tabagisme, j'ai arrêté depuis un mois grâce à la vape. J'aurais dû le faire bien plus tôt. Merci pour votre service et vos explications à chaque fois". Youri, à l'instar de dizaines d'autres vapoteurs flamands, témoigne de son soutien au facebook de E-life.be depuis cet après-midi. L'élan de sympathie pour le compte a été déclenché par une amende de 40'000€ infligée pour "publicité en ligne" par le Service Public Fédéral Santé (SPF). Un inspecteur a dressé un procès-verbal pour l'infraction sur la base de l'Arrêté Royal du 19 mai dernier, précise le courrier en recommandé du SPF. "Depuis 18 mois, nous faisons de notre mieux pour vous aider à arrêter de fumer et vous conseiller sur l'utilisation du vapotage. (...) Pour fêter cet anniversaire, le SPF nous a envoyé un cadeau. Il n'est pas très sympa. C'est une amende de 40'000€", explique le facebook d'E-life.be. 

La liberté d'information au tribunal ?

Le mois dernier les troupes de la Ministre Maggie de Block menaçaient déjà des groupes d'entraides de vapoteurs belges sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci, le SPF frappe et E-Life.be se prépare à devoir aller en justice. "Nous espérons que nous pourrons non seulement gagner notre affaire, mais aussi permettre de clarifier la législation, dont les interprétations sont très troubles, afin que les consommateurs belges et les propriétaires de magasins ne soient plus victimes de discrimination par leur propre gouvernement", annoncent t-ils. 

Après l'interdiction de vente en ligne laissant les vapoteurs hors centres urbains démunis pour s'approvisionner, l'Etat fédéral belge accentue encore sa guerre au vapotage. En amendant le droit d'informer, il entrave en conséquence celui des usagers d'être informés et aidés. Partager un spot sur les dangers du tabagisme, donner des informations sur le matériel de vapotage ou des conseils et précautions pour leur usage, diffuser des articles, certes ni de la RTBF ni du Soir, sur les manœuvres de l'industrie du tabac et les politiques de lutte anti-tabac hors de l'Union Européenne... sont, semble t-il, des choses désormais délictueuses en Belgique.

Join the resistance

De son côté, l'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) s'apprête à lancer un recours contre l'Arrêté Royal, sur lequel se base le SPF pour interdire, entre autres limitations et interdits, l'information sur le vapotage. "Nous avons entamé un recours envers l'Arrêté Royal. Pour pouvoir payer les frais d'avocats, nous faisons une vente de T-shirt", annonce l'association d'usagers à la recherche de fonds

La relance fédérale du tabagisme

La chute du tabagisme corrélée à l'essor du vapotage au plat pays n'est pas du goût du Gouvernement qui enregistre un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d'euros en taxes sur les ventes de tabac. Le Ministre des finances Johan Van Overtveldt a fait de la relance du tabagisme une de ses propositions pour renflouer les caisses de l'Etat. Son parti, le N-VA milite pour aussi interdire les arômes et taxer les vapoteurs afin d'endiguer l'engouement pour le vapotage. La bataille du droit d'arrêter de fumer n'est pas terminée en Belgique...






















edit 23-08-2017 à 9h30: correction à propos du PV du SPF, qui s'appuie sur l'Arrêté Royal de mai 2016

Les vapoteurs indiens font recours contre l'interdiction du vapotage au Karnataka

Le recours des vapoteurs a été admis aujourd'hui par la Haute-Cour de justice du Karnataka. Le 15 juin 2016, cet Etat du sud-ouest de l'Inde interdisait le vapotage. UT Khader, son Ministre de la santé, justifiait alors la décision sur la base d'études menées par le Comité de prévention du cancer. Sauf que ces recherches censées démontrer les dangers du vapotage n'ont jamais existé. "Une requête sur la base du droit à l'information (RTI) a montré que ces études n'ont pas été menées, ce qui fonde le dépôt de ce litige d'intérêt public (PIL)", explique le communiqué du Conseil pour les alternatives à risque réduit.

Samrat Chowdhery, son porte-parole et également dirigeant de l'Association des vapoteurs d'Inde (AVI), demande d'abroger l'interdiction injustifiée et d'élaborer une réglementation sur la base des études scientifiques réellement existantes. "Non seulement le vapotage est au moins 95% plus sûr que de fumer, mais c'est aussi une méthode d'arrêt du tabagisme efficace", précise le communiqué. Le recours argumente le bénéfice de santé publique que peut apporter le vapotage. L'Etat du Karnataka a désormais six semaines pour envoyer sa défense à la Haute-Cour de Bangalore. Avant un verdict à une date encore indéterminée...

PS. La réponse à la requête en droit à l'information sur les prétendues études pour fonder l'interdiction du vapotage de l'Etat du Karnataka (source > annexes C):







lundi 21 août 2017

[Ristret] Allemagne: le vapotage est utile selon Marlene Mortler la rapporteuse parlementaire sur les questions d'addiction

"La tendance du vapotage est utile". Pour aider les grands fumeurs à quitter totalement leur tabagisme précise Marlene Mortler en conférence de presse. La Commissaire fédérale sur les questions liées aux drogues présentait vendredi son rapport 2017. Près de 200 pages dont il ressort entre autres que le produit le plus problématique en Allemagne est le tabac. Près du quart des adultes sont fumeurs, soit environ 20 millions d'allemands. Sur la question du vapotage, la députée CDU a infléchi la position présentée les années précédentes du rapport parlementaire. "Le vapotage est beaucoup moins nocif que les cigarettes de tabac", y affirme Marlene Mortler sur la base d'études scientifiques. Le propos est encore loin de l'intégration du vapotage à une politique volontariste de réduction des méfaits pour les fumeurs, telle que celle britannique, mais "l'avancée est significative" note le site allemand EGARAGE

Nette réduction du tabagisme des jeunes


"Une utilisation régulière [du vapotage] est rare chez les jeunes, et ils l'utilisent pour une majorité sans nicotine", souligne le rapport. La chute très nette du tabagisme adolescent et des jeunes adultes montre que l'arrivée du vapotage n'a pas déclenché d'effet passerelle vers le tabagisme, tel que le prédisait la Ministre Manuelle Schwesig (SPD) il y a deux ans. Marlene Mortler rappelle néanmoins dans son rapport que la vente de produits de vapotage est désormais interdite aux mineurs depuis l'implémentation de la directive européenne TPD dans le droit allemand.


Campagne de peur controversée

Ce rapport parlementaire contraste avec la récente campagne du Ministère de la santé sur les réseaux sociaux conseillant aux fumeurs de ne pas arrêter de fumer avec le vapotage. De quoi passablement déboussoler les fumeurs, dont on sait qu'ils sont forcément ambivalents devant l'arrêt des cigarettes. Une campagne de peur gouvernementale qui a suscité de nombreuses réactions critiques du public. Tandis qu'une récente étude montre que 98% des vapoteurs allemands ayant arrêté de fumer constatent des améliorations de santé.

samedi 19 août 2017

[Expresso] La répression s'intensifie en Thaïlande: arrestation à Kanchanaburi

La répression du vapotage s'intensifie en Thaïlande. Cette fois, la police de Kanchanaburi annonce avoir procédé à une nouvelle arrestation d'un vendeur thaïlandais de produits de vapotage. Selon la police, l'homme de 45 ans aurait reconnu vendre des mods et des liquides par internet. Les forces de police déclarent avoir saisi plus de 3'500 articles, dont 2849 fioles de liquides, lors de la perquisition vendredi d'un entrepôt à Tambon Ban Nua, dans le district de Muang. Cette razzia suit de l'arrestation de deux autres personnes il y a un mois dans la région de Bangkok, dont l'un aurait été l'administrateur d'un groupe de chat online qu'aurait utilisé l'homme arrêté ce vendredi. Le Général de police de Kanchanaburi, Khamron Boonlert déclare au Bangkok Post traquer deux autres personnes qui seraient impliquées dans l'affaire. 

Le 26 juillet dernier, un touriste suisse a été arrêté et détenu durant six jours pour avoir vapoté en Thaïlande. Libéré sous caution, il attend son procès. Les autorités britanniques alertent les voyageurs que posséder un produit de vapotage, et a fortiori vapoter, en Thaïlande peut entraîner une peine jusqu'à dix ans de prison en cas de condamnation, confirmant l'arrestation de plusieurs ressortissants britanniques pour cette raison. Des touristes d'autres pays témoignent sur les réseaux sociaux d'arrestations suivies de saisie de matériel et d'argent par des policiers. 

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait félicité la junte militaire de nouvelles lois prises fin 2014 dont l'une interdit l'introduction de produit de vapotage en Thaïlande. "La police rappelle leur avertissement contre la possession de produits de vapotage. Sous la loi actuelle, seuls les produits contenant des feuilles de tabac peuvent être importés légalement. Le Ministère du commerce a interdit l'importation de produits de vapotage, baraku, shisha et les produits liés", précise le Bangkok Post du jour.



Faut-il exiger la nicotine promise par les avertissements de l'Union Européenne ?

Depuis les entrées en vigueur dans les législations nationales de la directive (TPD) de l'Union Européenne (UE), les produits de vapotage portent des avertissements. Ainsi les emballages d'atomiseurs, de mods et de liquides se retrouvent parés depuis quelques mois de l'anxiogène mention: "La nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance. Son utilisation par les non-fumeurs n'est pas recommandée". Sauf que, mis à part les liquides nicotinés, les produits de vapotage ne contiennent pas de nicotine. Or les vendeurs sont tenus à la loyauté commerciale impliquant de délivrer une information non trompeuse aux clients. En France par exemple, le code de la consommation régit ces questions. "Une pratique commerciale est trompeuse (...) lorsqu'elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses (...) portant sur (...) les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir: ses qualités substantielles, sa composition (...)", précise l'article L-121-2 dudit code.

Ne pas tromper

"Les avertissements "nicotine" doivent être retirés des packagings des produits matériels ne contenant pas de nicotine distribués en France", alerte Mickaël Hammoudi sur sa page Facebook. "Seuls les produits contenants de la nicotine, à savoir les réservoirs pré-remplis (limités à 2 ml s'ils contiennent de la nicotine) et les flacons de recharge d'e-liquides (limités à 10 ml lorsqu'ils sont nicotinés) doivent comporter cet avertissement", précise l'acteur de longue date de la scène vape française. "Cet avertissement est abusif, anxiogène et non-obligatoire en regard de la loi santé. L'objectif doit être de continuer à convertir des fumeurs dans un climat de confiance et dans le respect des lois", poursuit Mickaël Hammoudi avant d'appeler "grossistes, distributeurs, revendeurs et consommateurs" à interpeller les fabriquants pour qu'ils arrêtent d'apposer ces avertissements erronés.



Une vraie info de santé civique ?

En attendant, les vendeurs devraient retirer ou recouvrir cette fausse information. La remplacer par une véritable information pourrait probablement être bénéfique à la santé civique.

Mais où est ma nicotine hautement addictive ?

Reste la question des avertissements sur les liquides, ou les cigalikes pré-remplies, concernant le caractère hautement addictif de la nicotine. C'est un fait bien établi scientifiquement, le tabac est hautement addictif. Mais c'est tout aussi établi que la nicotine en elle-même est moyennement à faiblement dépendogène, d'un niveau toxicologique similaire à la caféine. Les consommateurs de gommes nicotinées sans passé tabagique deviennent très rarement dépendants du produit sur le marché depuis presque 40 ans bien que ces gommes sont enrichis de quelques additifs pour les rendre plus efficientes. La consommation courante des nombreux légumes nicotinés - tels que carottes, poivrons, aubergines, tomates, patates etc... - n’entraîne pas non plus de dépendance "nicotinique". Bien que l'action pharmacologique de la nicotine y soit déjà active, notamment dans son effet préventif contre la maladie de parkinson

La nicotine n'explique pas à elle seule la haute addictivité du tabac. Le Pr Karl Fagerström, créateur du test de dépendance tabagique mondialement utilisé, l'a expliqué dans un article en 2011, traduit en français par UnAirNeuf.org. Avant lui, les chercheurs Hanan Frenk et Reuven Dar ont largement déconstruit le mythe de l'unique responsabilité de la nicotine dans l'addiction tabagique. Autrement dit l'avertissement obligatoire sur les liquides nicotinés est mensonger. "Cette exigence est abusive. En dehors du tabac, il n'y a pas de base scientifique pour affirmer qu'un produit contenant de la nicotine "crée une forte dépendance". Cet arrêté [français du 19 mai 2016 imposant ces avertissements] peut - et doit - être contesté par une procédure juridique adaptée", estime le site spécialisé en tabacologie UnAirNeuf.org

Faut-il copier les cigarettiers ?

A défaut d'avoir été contestés en justice, les avertissements trônent obligatoirement sur les fioles de liquides nicotinés. Les consommateurs doivent-ils alors exiger un liquide nicotiné vraiment hautement addictif comme promis par l'avertissement de l'Union Européenne? Les producteurs doivent-ils s'inspirer de l'industrie cigarettière et se tourner vers le Commissaire Européen Vyrtenis Andriukaitis pour qu'il leur communique les 600 additifs autorisés, mais cachés aux consommateurs, renforçant l'effet addictif des cigarettes? Les vendeurs peuvent-ils être tenus responsables de diffuser cette fausse information sur la caractéristique du produit bien que ce soit l'Union Européenne qui impose cette désinformation ? ... !?!



jeudi 17 août 2017

#FakeNews RTL enfume la France sur les chiffres de vente de tabac

Un chiffre a donné des sueurs froides en pleine canicule. Présenté sous forme de scoop exclusif, RTL annonçait hier un bond monumental des ventes de paquets de cigarettes en France de 9,2% provenant soi-disant de sources des douanes. En réalité, ce chiffre est totalement bidon et l'Administration des Douanes françaises l'a démenti. Avant même ce démenti officiel, les premiers à réagir pour dénoncer la Fake News ont été des buralistes sur twitter. Suivi par un communiqué de leurs "meilleurs ennemis" du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) qui s'insurgent de la désinformation. Les premiers soupçonnent un enfumage en vue de justifier la hausse du prix du paquet à 10 €, tandis que les seconds pensent qu'il s'agit d'une manœuvre pour discréditer le paquet neutre. Plusieurs médias reprenant l'info ont changé au petit bonheur la chance le chiffre annoncé. Pour certains c'est une hausse de 0,9% comme sur le Monde du tabac, pour d'autres de 0,5%, le CNCT affirme de son côté qu'il y a eut une baisse de 0,1%. RTL n'a pas (encore?) publié ni démenti, ni rectificatif de son énorme désinformation...

edit 18-08-2018 9h15: modif de l'expression ironique (peu claire) à propos du CNCT ;)

Risque de prison pour vapotage, le DFAE conseille de se renseigner à l'ambassade de Thaïlande


Pour être informés des dangers de vapoter en Thaïlande, les touristes suisses doivent prendre l'initiative de se renseigner avant leur voyage à l'ambassade thaïlandaise. C'est la réponse du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), après qu'un ressortissant suisse en voyage ait été arrêté, détenu six jours en préventive et inculpé pour y avoir vapoté en public. Libéré sous caution, il attend un jugement qui pourrait lui valoir une peine de cinq ans de prison, voire en cas de mauvais scenario judiciaire jusqu'à dix ans de réclusion. Tandis que le Foreign Office UK et les agences de voyages britanniques informent directement les voyageurs à destination de la Thaïlande des risques d'emprisonnement pour vapotage, le DFAE conseille simplement de contacter les représentants thaïlandais à Berne, en plus de lire ses recommandations, silencieuses concernant la répression de l'arrêt du tabagisme à l'aide du vapotage en Thaïlande. 

Les coordonnées de l'Ambassade de Thaïlande en Suisse sont:
Adresse: Kirchstrasse 56, 3097 Liebefeld
par email: thai.bern@bluewin.ch
et téléphone : 031/970.30.30
site web: http://www.thaiembassy.ch/


mercredi 16 août 2017

Tourisme en Thaïlande : risque de 10 ans de prison pour vapotage prévient le Foreign Office UK

La plupart des touristes et des agents de voyage ne le savent pas. Pourtant depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a formellement prohibé l'introduction de produit de vapotage en Thaïlande. Le 26 juillet dernier, un vapoteur suisse a été arrêté et retenu en détention préventive durant six jours. Relâché sous caution, il attend son jugement, risquant une peine de cinq ans de prison et une amende pour avoir vapoté en public. Au cas où le tribunal retiendrait aussi une accusation d'importation de produit de vapotage, la peine pourrait même aller jusqu'à dix ans de prison. Bien que les services du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) soient au courant, rien n'indique clairement ces risques sur la page de son site concernant les voyages en Thailande. 

Le Foreign Office prévient 

Au Royaume-Uni, le Foreign Office est plus prévenant. "Les voyageurs ne doivent pas apporter de vaporisateurs (tels que les e-cigs) ni de liquides de recharge en Thailande. Ces produits sont susceptibles d'être confisqués et vous pouvez avoir une amende ou être emprisonné jusqu'à 10 ans en cas de condamnation. Plusieurs britanniques ont été arrêtés pour possession de produits de vapotage", précise le site du Gouvernement britannique. De son côté, le quotidien anglais the Independent relaie l'alerte lancée par Pat Waterton, directeur de Langley Travel. Après que son neveu ait dû payer 125 £ pour possession d'une vapoteuse à Bangkok, l'agent de voyage appelle ses collègues à informer les touristes. "Tous les agents de voyage devraient prévenir leurs clients. La Thaïlande est une destination très populaire alors nous devrions prévenir les gens de ce risque qui peut ruiner leurs vacances", explique t-il aussi à la revue Travel Weekly estimant que "dix ans de prison pour vapoter, ça semble très long"

Gratitude de l'OMS

Un porte-parole de l'Autorité du tourisme thaïlandais a confirmé à Travel Weekly le danger d'emprisonnement en cas de possession, d'usage et d'importation de produits de vapotage. Malgré ces avertissements, nombreux sont les agents de voyage francophones à ne pas communiquer l'information au public. Pourtant, la décision contre le vapotage a été prise par la junte militaire en décembre 2014, six mois après son coup d'Etat. Elle était accompagnée de mesures contre le tabagisme dans les lieux publics. Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avait alors exprimé officiellement son "soutien" et sa "gratitude" à la junte militaire pour cette politique. Depuis une dizaine d'année, le tabagisme stagne à environ 42% de la population en Thaïlande, où les cigarettes sont taxées à 1000% (soit 90% du prix de vente en taxes) par l'Etat.

Ne rien signer

Depuis, les arrestations de vendeurs locaux pullulent. En 2015, les contrôles policiers semblaient encore relativement prévenants pour les touristes (voir la vidéo). Mais depuis quelques mois, les témoignages d'arrestation se multiplient. Bien qu'il semble que le ressortissant helvète soit le premier touriste à avoir subi une détention préventive pour ce motif. Sur les réseaux sociaux, les groupes d'entraide de vapoteurs thaïlandais conseillent de garder sur soi une preuve d'achat, datée d'avant la promulgation de l'interdiction d'importation de produits de vape le 12 décembre 2014, pour la montrer en cas de contrôle policier. A défaut, en cas d'arrestation, ils conseillent de ne rien signer et de contacter au plus vite un avocat. Ils estiment que le vide juridique sur les produits de vapotage n'équivaut pas à une interdiction valide de ces produits. Une cause qui pourrait se plaider en justice. 

Vidéo de touristes en novembre 2015 (en anglais) lors d'un contrôle policier en Thaïlande

[Expresso] Le Dr Joel Nitzkin presse Scott Gottlieb de suspendre la campagne anti-vape de la FDA

"Je demande la suspension immédiate de la mise en oeuvre de la nouvelle campagne anti-vape". Le Dr Joel Nitzkin, qui siège notamment au groupe sur le tabac de l'American Association of Public Health Physicians (AAPHP), appelle Scott Gottlieb, Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), a annuler la nouvelle campagne de prévention contre le vapotage, annoncée à destination des jeunes. Dans une lettre publiée sur R Street, think tank de santé publique, le défenseur d'une approche de réduction des méfaits prévient: "Cette campagne est en conflit direct avec votre intention récemment déclarée de soutenir une approche de réduction des risques dans la lutte anti-tabac"

Campagne contre-productive

"Les campagnes parrainées par le Gouvernement fédéral visant à décourager l'utilisation du vapotage et de produits de tabac sans fumée risquent de causer plus de mal que de bien. Il est peu probable qu'elles découragent les non-fumeurs d'utiliser ces produits. Il est nettement plus probable qu'elles donnent aux fumeurs et aux fonctionnaires d'Etat ou locaux l'idée erronée que le vapotage et les produits sans fumée sont aussi dangereux que les cigarettes", explique le spécialiste de santé publique.

Passerelle vers la sortie du tabagisme

"Nous savons que les produits de vapotage et les produits de tabac sans fumée disponibles sur le marché américain sont moins addictifs et présentent beaucoup moins de risques que les cigarettes. Nous savons aussi que le vapotage n'attire pas les adolescents vers la cigarette ni à la dépendance à la nicotine. En réalité, les données sont fortes pour montrer que la vape joue un rôle de première importance pour détourner les adolescents du tabagisme, qu'ils soient déjà fumeurs ou susceptibles de s'initier aux cigarettes. Ceci ressort des données du Center Disease Control (CDC) montrant que la forte augmentation de l'usage de la vape par les adolescents ces dernières années est associée à une réduction record du tabagisme", argumente le Dr Nitzkin.

Dogme obscurantiste contre la santé publique

"Je sais que ces conclusions vont à l'opposé de ce que vous disent les spécialistes de la FDA, du CDC et les dirigeants de la prévention. Le problème, tel que je le comprends, est que la politique anti-tabac actuelle est conduite sous l'emprise de sentiments et non sur la base de faits de science. Un élément en est l'engagement pour une société sans tabac, interprétée de manière à exclure tout produit nicotiné non-pharmaceutique de toute considération de santé publique. Un autre élément est le sentiment de l'évidence de la nature néfaste de la nicotine au point que toute preuve scientifique en conflit avec cette croyance est simplement rejetée sans considération", souligne le militant anti-tabac. 

Avant de pointer la crispation obscurantiste des cadres de la FDA. "Le principal obstacle à la mise en oeuvre d'une politique officielle de réduction des risques pour le tabac (THR) n'est pas le manque de données scientifiques. Cette barrière est l'absence de volonté des fonctionnaires fédéraux de prendre en considération les preuves des bénéfices individuels et de santé publique d'inclure la réduction des risques aux programmes de lutte anti-tabac, des bénéfices probablement inatteignables par d'autres moyens".


[ristret] Pourquoi la cigarette ultra-light Magic n'a pas été mise sur le marché français

Elle était annoncée en France pour juin 2016. Puis aucune nouvelle... malgré la publicité racoleuse en français sur internet. La Magic, cette cigarette de tabac OGM à très bas taux de nicotine, ne sera finalement pas commercialisée en France. "Notre plan initial était de déployer la Magic largement en Europe. Mais la réglementation de l'Union Européenne sur le tabac [TPD] a changé et interdit désormais de divulguer le contenu de nicotine sur les paquets de cigarettes. Si nous ne pouvons pas dire au consommateur que cette cigarette est à très faible teneur en nicotine, nous ne croyons pas que le produit puisse se distinguer sur ce marché très concurrentiel", explique Henry Sicignano, Président de la firme biotechnologique 22nd Century, au magazine Forbes. L'article de Rita Rubin questionne les chances de faire baisser le tabagisme en imposant des cigarettes à très bas taux de nicotine comme l'envisage le nouveau plan anti-tabac de Scott Gottlieb, le nouveau Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA).

Les trois-quarts des américains désinformés sur la nicotine

Rita Rubin pointe le problème de l'extrême désinformation du public américain sur la question. "Environ les trois quarts des adultes américains interrogés par la FDA en 2015 n'étaient pas au clair sur la relation entre nicotine et cancer ou pire croyaient à tort que la nicotine est cause de cancer", souligne t-elle.  L'étude sur laquelle elle s'appuie a été publiée en mars dans Preventive Medicine. "Croire de manière incorrecte que la nicotine provoque le cancer pourrait décourager les fumeurs à passer à des alternatives plus sûres contenant de la nicotine et pourrait conduire des non-fumeurs à expérimenter du tabac à faible teneur en nicotine en croyant que le risque de cancer serait réduit", alertent les chercheurs du Centre sur les produits du tabac de la FDA dans l'article. 

Green washing the Gauloises

Pour le moment, 22nd Century serait la seule firme capable de produire du tabac OGM à faible taux de nicotine (VLN) selon son Président. Jusque-là, la firme aligne les échecs commerciaux mais prospère grâce aux achats par le Gouvernement américain. En juin, le groupe a annoncé une commande de 2,4 millions de ses cigarettes VLN pour la recherche gouvernementale. C'est l'essentiel de sa production après la disparition dans l'anonymat de la Quest, cigarette VLN distribuée par Vector aux Etats-Unis de 2002 à 2010. Auparavant, Philip Morris avait mis sur le marché dans les années 1990' des cigarettes dénicotinisées, sous les noms de "Merit Free" et "Next", disparues également sans laisser de trace. Mais il semble que ce soit la Seita, avec ses Gauloises Vertes qui ait été précurseur dans les années 1970', comme le montre le paquet déniché par UnAirNeuf.org en 2012. 

mardi 15 août 2017

Plus de la moitié des vapoteurs au quotidien ont arrêté de fumer aux USA, selon une analyse statistique

"Plus de la moitié des usagers au quotidien de vapotage (52,2%) ont arrêté de fumer durant les cinq années précédentes. C'est la prévalence la plus haute de tous les sous-groupes démographiques et comportementaux. Après ajustement aux co-variables, ce groupe était trois fois plus susceptible d'avoir arrêté de fumer au moment de l'enquête que celui des fumeur n'ayant jamais utilisé le vapotage (aPR: 3.15 [2.66, 3.73])". L'étude de Daniel Giovenco, de l'Université de Columbia (New-York), et Christine Delnevo, de la Rutgers School of public health, a analysé les données des enquêtes 2014 et 2015 du National Health Interview Survey (NHIS) en se limitant aux fumeurs actuels et aux récents ex-fumeurs. "L'utilisation du vapotage est extrêmement rare chez les ex-fumeurs qui ont arrêté avant que la vape ne soit disponible et chez les personnes n'ayant jamais fumé", précise l'étude publiée en libre accès (en anglais) dans Addictive Behaviors

Difficile avant 2010 d'arrêter de fumer à l'aide de la vape

Des études précédentes affirmaient que le vapotage n'aide pas a arrêter de fumer en se basant sur le faible nombre d'ex-fumeurs l'utilisant. "Une limitation méthodologique à ces études est qu'elles agrègent "tous les ex-fumeurs", sans considération depuis combien de temps ils ont arrêté. Point important, le vapotage n'a pas pu jouer de rôle dans les arrêts tabagiques avant d'être sur le marché", expliquent les chercheurs pour justifier leur choix de données. "En excluant les anciens fumeurs qui ont arrêté avant que le vapotage entre sur le marché et en utilisant des mesures sur la fréquence d'usage du vapotage, nous pouvons caractériser plus précisément les relations possibles entre l'arrêt du tabagisme et l'utilisation du vapotage", précisent-ils. Estimant que l'apparition significative sur le marché américain du vapotage date de 2010, les chercheurs ont pris en compte les 15'532 personnes encore fumeurs ou ayant quitté le tabagisme après 2010 des enquêtes NHIS de 2014 et 2015. 

Trois fois plus d'arrêts des cigarettes chez les vapoteurs au quotidien

Parmi l'ensemble de ces fumeurs ou récent ex-fumeurs, 25% ont arrêté de fumer. 5,1% utilisent quotidiennement le vapotage et 52,2% de ceux-ci ont arrêté de fumer. "L'usage au quotidien du vapotage est de manière consistante le corrélat le plus fortement lié à l'arrêt du tabac", soulignent Giovenco et Delveno. Les usagers au quotidien du vapotage ont eu statistiquement 3,18 fois plus de chance d'arrêter de fumer que les fumeurs n'ayant jamais essayé la vape. "Bien que la nature transversale de l'enquête interdit des assertions sur l'usage du vapotage pour l'arrêt des cigarettes, nous avons fait plusieurs hypothèses de voies plausibles pour expliquer cette découverte", discutent les chercheurs américains. La première, la plus évidente, est un usage de la vape par des fumeurs pour arrêter de fumer. La seconde est un usage de la vape par des ex-fumeurs pour éviter de rechuter dans la consommation de cigarettes. 

Mais nettement moins d'arrêts chez les vapoteurs occasionnels

Alors que le vapotage au quotidien est associé fortement à l'arrêt du tabagisme, les usagers occasionnels et ceux qui ont essayé puis abandonné le vapotage sont moins enclins à l'arrêt du tabac, même par rapport aux fumeurs n'ayant jamais utilisé le vapotage. "Une partie de la communauté de santé publique s'inquiète que certains fumeurs, au lieu d'essayer d'arrêter de fumer, utilisent par intermittence le vapotage à des endroits où ils ne peuvent pas fumer", rappellent les chercheurs. Ils n'excluent pas cette interprétation , mais ils suggèrent qu'il est aussi possible que certains fumeurs "double-usagers" aient été interrogés au cours d'une tentative d'arrêt avec le vapotage.

"Sans avoir des informations plus détaillées sur les appareils utilisés, les expériences des usagers, les motifs de l'usage et d'autres facteurs individuels, les raisons du bas taux d'arrêt des cigarettes chez les usagers occasionnels et les personnes ayant essayé restent floues", considère l'article publié. Produits non adaptés à leur besoin ou peu efficaces comme les ciga-likes de 1ère génération, ou tout simplement absence d'envie d'arrêter de fumer peuvent entre autres expliquer ce maintien élevé dans le tabagisme des double-usagers et des fumeurs ayant essayé le vapotage sans persévérer.

Besoin de données plus consistantes

La nature transversale mais aussi les lacunes dans les questionnaires des enquêtes NHIS limitent l'étude. "Les futures recherches transversales et longitudinales devraient intégrer des mesures circonstanciées sur l'usage du vapotage, telles que la fréquence, les caractéristiques des appareils, ainsi que des facteurs individuels tels que la dépendance tabagique, l'intention d'arrêt de fumer et les raisons de l'utilisation du vapotage, afin de mieux comprendre la relation entre vapotage et arrêt tabagique", concluent les chercheurs.