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dimanche 13 mai 2018

Inde: l'Etat du Jammu-Cachemire décrète l'interdiction de l'usage de vape

Jeudi 10 mai, l'Etat du Jammu & Cachemire a décrété l'interdiction totale du vapotage avec effet immédiat. Les produits de vapotage sont non seulement interdits à la vente, mais les usagers en possédant et a fortiori les utilisant sont passibles de poursuites en justice désormais dans l'Etat d'environ 12 millions d'habitants à l'extrême nord du pays. Ahmed Khan, le Commissaire du Cachemire qui a signé l'ordre de prohibition complète, justifie celui-ci par des hoax. "Le vapotage expose les poumons au dicethyl [faute dans l'original], qui peut causer la maladie du "pop-corn des poumons", une atteinte sévère et irréversible au poumon", précise l'ordre officiel de l'Etat du Cachemire qu'il signe en reprenant à son compte le hoax de la presse à scandale de bas étage. 

Des hoax en guise de justification

Le fonctionnaire évoque également les risques liés à la consommation de nicotine supposés pour les foetus, sans pour autant signer un ordre similaire contre les produits de tabac ou les autres (nombreux) produits contenant de la nicotine. Enfin, il invente que les adolescents européens seraient amenés à fumer à cause du vapotage, un effet "passerelle" que les monitorages sérieux écartent dans les faits. Le plus grand suivi jusqu'à maintenant concernant les adolescents, le vapotage et le tabagisme, sur plus de 60'000 jeunes britanniques, ne montre aucun effet passerelle. Au contraire, l'essor du vapotage a fait plongé dans son sillage le tabagisme des jeunes anglais (18-24 ans) de 7 points passant de 26% à 19% entre 2010 et 2016.

Autrement dit, le bureaucrate Ahmed Khan raconte n'importe quoi pour justifier son interdiction totale du vapotage. L'Association des Vapoteurs Indiens (AVI) a interpellé Mehbooba Mufti, Ministre en chef du Jammu & Cachemire, sur cette décision. Sans réponse semble t-il. L'association de défense des droits des usagers va probablement tenter d'intervenir au niveau légal pour s'opposer à cette criminalisation des personnes ayant arrêté de fumer en passant au vapotage, alors que le Cachemire compte 26,6% de consommateurs de tabac sous différentes formes selon la Global Adult Tobacco Survey (GATS) diffusée en 2016.

Violation des droits de l'homme encouragée par l'OMS

L'Inde est le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et le Zimbabwe. Cinq Etats indiens, principales zones de production de tabac, ont déjà interdit la vente de vape, un produit largement produit en Chine, grand voisin et rival de l'Inde. Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avait lancé un appel à criminaliser les vapoteurs à l'exemple des juntes militaires Nord-Coréenne et Thaïlandaise en septembre 2017 dans l'Indian Journal of Public Health

A la lumière des ravages fait par cet appel en Asie (Singapour par exemple) en encourageant les politiques de répression contre les usagers de nicotine à risque réduit avec la vape, une absence de remise en cause par les délégations des pays démocratiques de la dérive contre les droits humain et son instrumentalisation par les intérêts tabagiques locaux du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS lors de son sommet du 1er au 6 octobre à Genève serait incompréhensible et inexcusable.


jeudi 29 mars 2018

[Bref] Avant le lancement de l'Iqos à Dubaï, les autorités lancent des raids contre les vendeurs de vapote

"Les produits de tabac chauffés vont bientôt être lancés aux Emirats Arabes Unis (EAU), bien que le vapotage soit largement utilisé avec ses recharges de liquide achetées à l'étranger ou au marché noir", explique le journal the National ce matin, suite à une opération anti-vape lancée par la municipalité de Dubaï. Des magasins de tabac soupçonnés de vendre illégalement des produits de vapotage ont été la cible d'une opération policière coordonnée à l'échelle de la ville. Bien que les raids visaient spécialement les produits de vape, le bilan des saisies parait maigre sur ce volet. "Les inspecteurs de la municipalité ont saisi 30 cigarettes électroniques dans 11 points de vente", rapporte le journal local. Par contre, plus de 100 Kg de tabac illicite et quelques 200 paquets de cigarettes aromatisées, dont l'emballage n'était pas réglementaire, ont été saisis durant les descentes. 

"Cette opération est un nouveau signal que les représentants du gouvernement restent fermes dans leur position contre les solutions alternatives au tabagisme depuis qu'une taxe sur le tabac de 100% est entrée en vigueur au dernier trimestre 2017", commente le journal dubaïote. Bien que sa vente et son importation y soit interdite, le vapotage rencontre un certain succès auprès des fumeurs de l'Emirat. Dans un sondage mené par le journal the National, plus de la moitié des 600 fumeurs interrogés avait déjà essayé la vape. Cependant, 54% d'entre eux déclaraient ne pas avoir été convaincu. 

C'est dans ce contexte que Philip Morris annonce vouloir lancer son nouveau produit. "Il y a certaines exigences commerciales et réglementaires qui doivent être satisfaites avant que nous puissions mettre un nouveau produit sur le marché. J'espère personnellement que ces exigences seront satisfaites dès que possible afin que nous puissions commencer à offrir ces meilleures options aux fumeurs actuels", explique Tarkan Demirbas, vice-président local de Philip Morris à Dubaï. 


dimanche 11 mars 2018

Italie: la Guardia di Finanza fait une descente au Svapor Expo de Forlì

Opération policière anti-vape indépendante en Italie sans raison
Samedi à 18 heures, des dizaines d'agents de la Guardia di Finanza ont fait une descente au Svapor Expo à Forlì en Emilie-Romagna, dans le nord de l'Italie. "Des dizaines de policiers de la brigade de la finance sont entrés dans le pavillon et autant l'ont encerclé, empêchant les visiteurs d'entrer et fouillant les personnes qui sortaient ainsi que leurs voiture", raconte Stefano Caliciuri du site SigMagazine. Les agents isolent le bâtiment et commencent à saisir les liquides sur des stands. "Il n'y avait rien à faire. Ils ont tout saisi. Un millier de bouteilles entre les bases à zéro et des boosters à la nicotine. Et quelques liquides tout prêt qui était en expo, ils ont attendu la fermeture de la foire et ont démonté le stand pour obtenir les marchandises", témoigne Gregorio Lo Porto, un des exposants, ce matin au site SigMagazine. Selon le quotidien de Bologne il Resto del Carlino, la police financière dit avoir voulu vérifier la régularité des marchandises. En fait, ils ont surtout saisit des milliers de flacons de liquide se justifiant par l'obligation de paiement de la taxe anti-vape.

Mais y avait-il réellement infraction ? "Notre politique est d'utiliser les foires pour se faire connaître par le consommateur. Le prix des fioles était de 5 euros seulement car c'est le montant de la taxe. Sommes-nous libres de choisir le prix d'un produit ? Nous avons simplement donné les bouteilles en facturant seulement la taxe au client. En outre, je le répète, notre société est enregistrée, détient tous les contrats et toutes les factures, elle a un représentant fiscal en Italie", explique Gregorio Lo Porto. Le professionnel déçu de cet harcèlement infondé et disproportionné suppose une opération réfléchie à quelques semaines de l'entrée en vigueur du Monopole de distribution en mai. "La seule explication que je vois est qu'il s'agissait d'une action préméditée", regrette l'exposant qui a pu tenir son stand passablement vide à l'exposition ouverte de nouveau aujourd'hui. Le site Skyvape se montre pessimiste pour la suite: "Un épisode vraiment très triste pour la vape en Italie et qui en dit long sur les chances de survie du secteur à la lumière de ce qu'il se passe en ce moment"


vendredi 26 janvier 2018

Thaïlande: nouvelles arrestations et consignes aux aéroports contre les vapoteurs

Depuis le partenariat noué entre l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la junte militaire, propriétaire du Thaïland Tobacco Monopoly, la répression contre les vapoteurs ne faiblit pas en Thaïlande. Un couple de touristes israéliens a été arrêté pour avoir vapoter en début de semaine. "Ils ont été forcé de payer une amende d'environ 1'200 $", rapporte le Jerusalem Online. Suite à cette affaire, le Ministère des affaires étrangères israélien a décidé d'alerter sa population aux risques de voyager en Thaïlande avec des produits de vapotage. "Une personne qui détient une vapoteuse peut être amendée, jugée et incarcérée", a prévenu le Ministre israélien.

Consigne aux aéroports

A raison, car la junte militaire semble partie pour encore durcir les mesures de répression contre les vapoteurs, y compris les touristes. Selon un membre fiable de l'association d'usagers locale, une consigne a été transmise au personnel de sécurité des aéroports de dénoncer à la police les personnes détenant des produits de vapotage, notamment en cas de détection au scanner.
Selon la même source, au moins trente appareils de vape avaient été saisis à des voyageurs en une nuit après cette consigne.

Multiplication des arrestations depuis l'été dernier

Le vapotage a été interdit en Thaïlande par la junte militaire à la fin 2014, quelques mois après le coup d'Etat. La répression est allée crescendo, pour aboutir depuis quelques mois à de multiples arrestations. Cet été, un touriste Suisse a notamment été détenu six jours en isolement, puis astreint à rester au pays jusqu'à son procès trois mois plus tard qui l'a condamné à une amende. Plusieurs autres touristes ont connu des arrestations, certains s'en tirant avec des amendes sur le moment comme le couple israélien, d'autres astreints à rester en Thaïlande dans l'attente de leur procès. 

Les thaïlandais aussi sont victimes d'arrestations arbitraires. Une histoire a fait du bruit en décembre dernier, ayant été filmée. Une jeune femme, connue sur la toile sous le pseudo de Flukesri Maneedeng, a été arrêtée, violentée et sa voiture saisie pour simple détention d'une vapoteuse dans son auto. Dans l'attente de son procès, où elle risque jusqu'à dix ans de prison, la vapoteuse a multiplié les interviews sur les chaînes de télévision locales. Suite à cela, l'ECST, l'association de défense des usagers du vapotage en Thaïlande, a remis une pétition signée par plus de 17'000 personnes réclamant la légalisation du vapotage. 


Singapour criminalise l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage !

Dés le 1er février, il sera illégal d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage à Singapour. Le Ministère de la santé (MoH) l'annonce officiellement. "Toute personne prise en train d'acheter, possédant ou en train d'utiliser un produit émergeant ou d'imitation du tabac [ndr. une vapoteuse] est passible d'une amende jusqu'à 2'000 $ [1'500 Fs]", explique le communiqué du MoH. La volonté de répression du Gouvernement à l'encontre des vapoteurs va jusqu'à appeler à la délation. "Les personnes qui ont des renseignements sur des actes d'importation, de distribution ou de vente, d'achat, d'utilisation et de possession illicites de produits interdits, y compris les cigarettes électroniques et autres vaporisateurs, sont invités à faire rapport à la Direction de la réglementation du tabac", communique les fonctionnaires singapouriens, précisant la ligne téléphonique et le compte mail réservés à la délation de vapoteurs. 

Une loi durcit contre le vapotage

La vente de produits de vapotage était déjà prohibée à Singapour, exposant les vendeurs à des peines de prison jusqu'à un an et des amendes de 10'000$ (7'200 Fs). L'amendement de la loi voté en novembre dernier introduit de facto le crime d'arrêt tabagique et de minimisation des méfaits à Singapour. "Certains membres du parlement ont tenté de faire part de leur inquiétude concernant l'interdiction stricte du vapotage par le Gouvernement en novembre dernier", précise le site d'information singapourien Coconuts.

Coupable d'aider trop de fumeurs à arrêter la cigarette

La volonté gouvernementale de tuer le vapotage a pour origine son efficacité et sa popularité pour sortir du tabagisme d'un nombre croissant de singapouriens. "Cette loi protégerait les singapouriens des risques d'utiliser ces produits et va empêcher leur usage", justifiait un porte-parole de la Health Science Authority en octobre au journal local Straits Times. Le site Coconuts avait relaté l'engouement dés 2015 de fumeurs abandonnant les cigarettes pour le vapotage à Singapour malgré la prohibition de vente. "La popularité des produits de vapotage grandit de jour en jour", confirme en octobre dernier l'International Business Times. Le Ministère de la santé (MoH) recommande d'utiliser "les méthodes incluant l'arrêt sans aide [cold turkey], les conseils au sevrage et les produits pharmaceutiques tels que les substituts nicotiniques (NRT)"

Les méfaits de santé de l'OMS

L'évolution liberticide et nocive à la santé publique de Singapour suit de l'appel à prendre pour modèle les exemples répressifs Nord-coréen et Thaïlandais de Jagdish Kaur, responsable anti-tabac pour l'Asie du Sud-Est de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national", expliquait la cadre de l'OMS dans l'Indian Journal of Public Health en septembre dernier.

mercredi 10 janvier 2018

La Tunisie sous le monopole du tabac: la colère face à la répression des vapoteurs

"L'Etat veut conserver ses fumeurs. C'est la raison pour laquelle il interdit la commercialisation libre du vapotage". En Tunisie, la vente de produits de vape est soumise au monopole de la Régie Nationale des Tabacs et Allumettes (RNTA) depuis un arrêté ministériel de mai 2014. Une situation contestée par une nouvelle pétition en ligne lancée il y a quelques jours par l'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF). Et pour cause. Ce monopole est synonyme de pénurie organisée. "La RTNA a le monopole mais ne fait aucun effort pour satisfaire les besoins des vapoteures. Que ce soit pour les liquides ou le matériel", explique notre témoin tunisien Ryad Bahri, qui a arrêté de fumer après 15 ans de tabagisme à l'aide du vapotage depuis juin. Effet classique face aux situations de quasi-prohibition, des ventes hors du monopole se sont multipliées pour répondre à la demande croissante pour le moyen de sortir du tabagisme. Fin novembre, les douanes tunisiennes sont passées à l'offensive. 

Série de rafles fin novembre

Elles ont multiplié les rafles dans les boutiques et saisi le matériel. "Tout comme House of Vapes, d’autres boutiques ont reçu la visite des douaniers et ont dû baisser rideau pour les mêmes raisons, à savoir l’absence de factures", explique le site d'info tunisien Webdo le 29 novembre. L'absence de facture découle du refus des autorités de délivrer des autorisations de vente aux magasins de vapotage. Cercle pervers, les commerçants sont contraints par le monopole de la RTNA à une forme de marché gris, que les douanes viennent ensuite réprimer. 

Coïncidence ou non, les descentes se déroulent quelques jours avant un sommet les 6 et 7 décembre à Tunis du bureau anti-tabac (FCTC) de l'organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans un pays où le tabagisme galope aussi allègrement que les vendeurs de cigarettes du marché noir, la date des rafles anti-vapes ressemblent à s'y méprendre à une sorte d'opération de comm' des autorités pour donner le change à la jet-set de l'OMS. Phénomène récurrent, de la Thaïlande à la Corée du Nord, de la Turquie à Singapore, etc., là où l'OMS passe, les vapoteurs sont poussés à reprendre le tabagisme par les autorités locales.

Tabagisme galopant sous l'emprise du monopole

Pourtant les tunisiens n'ont pas besoin de ces coups de poignard contre le vapotage. Selon les statistiques officielles, 45% des hommes adultes et 3% des femmes fument. Chiffre effrayant de la même enquête de 2016, 20% des jeunes dés 11 ans, des deux genres confondus, seraient déjà fumeurs. Un tabagisme mis à profit par la RTNA, entreprise publique sous la tutelle du Ministère des finances comme l'explique son site. L'entreprise n'a évidemment aucun intérêt à aider les fumeurs à s'en sortir avec le vapotage. Malgré tout, la vape s'est développée comme dans de nombreux pays.

Pour le droit de choisir d'arrêter de fumer

L'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF), créée il y a une année, évalue à plus de 20'000 le nombre de vapoteurs tunisiens. Pour les défenseurs du moyen à méfaits réduits pour sortir du tabagisme, les actions des douanes contre les magasins de vape risquent de repousser des milliers de vapoteurs dans la cigarette. L'association presse, dans une pétition en arabe, le Gouvernement de légaliser le commerce indépendant du vapotage pour offrir "le droit de choisir cette alternative à l'efficacité évidente pour cesser de fumer"

Signe que le vapotage marchait plutôt bien en Tunisie, le site d'info Webdo faisait état d'une trentaine de boutiques de vapotage pour la seule ville de Tunis avant la vague de répression. Mais celle-ci a littéralement asséché les vapoteurs. "Actuellement, la communauté des vapoteures est pour ainsi dire à sec. Il n'y a plus de produit disponible", nous explique notre témoin Ryad Bahri.

Mise au sec des vapoteurs

Au delà de la question du vapotage, la Tunisie vit actuellement un climat social très houleux. RFI rapporte que la population manifeste en masse contre la vie chère, provoquée par des hausses de taxes, l'absence de transparence des dirigeants et de l'administration, coupables pour beaucoup d'une gestion dépassée et inefficace. Depuis plusieurs semaines, le ton monte dans les rues tunisiennes. L'inflation grimpe et le dinar s'est effondré ne valant plus que 34 cts d'euro.

Une situation économique sociale et économique qui rejaillit aussi sur le vapotage. "Avec le taux de change, c'est vraiment cher de commander à l'étranger. Pour avoir un rabais, il faudrait commander groupé mais les douanes saisissent les gros colis. De plus, il faut une carte bancaire internationale, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de gens", témoigne Ryad. En l'état, bien difficile pour les vapoteurs de le rester et a fortiori pour les fumeurs de s'en aider pour lâcher les cigarettes. Reflet d'un pays à la dérive, la politique contre le vapotage semble trahir le soucis de protéger des intérêts bien éloignés de celui de la santé publique et de l'intérêt commun. Espérons que les dirigeants tunisiens reviennent à plus de raison et de bienveillance.


lundi 11 décembre 2017

Thaïlande: arrestations de touriste et brutalités policières contre une vapoteuse

Arrestations de touristes mais aussi de vapoteurs locaux, la police ne faiblit pas dans sa soif de répression en Thaïlande. Le nouveau témoignage d'un touriste arrêté, détenu et à présent assigné à rester au pays dans l'attente de son jugement est parvenu au milieu de la vape Suisse. Tandis que ce week-end, une autre arrestation fait beaucoup de bruit en Thaïlande. Manussaya Yaowarat, jeune femme sexy de 29 ans, a été arrêtée samedi soir à Pattaya et sa voiture saisie suite à un contrôle de police. Justification de l'arrestation? La police a découvert une vapoteuse et des liquides à vapoter sur le tableau de bord. La starlette de l'internet Thaï, sous le pseudo de Flukesri Maneedeng, prétend avoir été violentée par les agents. "La police nie les allégations selon lesquelles ses agents auraient agressé physiquement l'idole du Net Flukesri Maneedeng après l'avoir arrêté pour possession d'une cigarette électronique et d'un liquide de vapotage", explique le Bangkok Post

Mais une vidéo de son interrogatoire a déjà été visionnée par plus de 3,7 millions de personnes sur les réseaux sociaux depuis hier. 


"Ils ont trouvé une vapoteuse. Et ils doivent saisir sa voiture !?!?!". Hier, le commentaire de มึงรู้ยัง - พัทยา, le site d'actu de Pattaya, exprime l'incrédulité face à la scène filmée de l'arrestation, de l'interrogatoire et de l'enfermement de force de Flukesri Maneedeng

Libérée sous caution, la jeune femme a décidé de ne pas passer l'éponge. Depuis hier, elle multiplie les interviews télévisées. Elle conte sa mésaventure, précisant qu'elle était parfaitement sobre, ce qu'aurait confirmé les tests sanguins. Après un entretien de Flukesri Maneedeng sur Thaï TV 3 hier, Channel 32 a ouvert à son tour le débat. Après cette arrestation, "la plupart de gens se demande pourquoi détenir une "vapoteuse" serait si grave et illégal", s'interroge le teaser de la chaîne thaïlandaise. Dans la foulée, l'association des usagers du vapotage thaïlandaise (ECST) s'est entretenue avec la jeune femme. Mise en ligne sur la page Facebook de l'association depuis à peine une heure, la vidéo atteint plus de 50'000 vues au moment d'écrire ces lignes. 

Encore un touriste arrêté

En quoi vapoter est si grave ? La question a dû aussi traverser l'esprit du touriste qui a envoyé un message à Chris Lusser, le moddeur suisse bien connu de la communauté. Son histoire confirme une fois encore les arrestations de touristes pour vapotage en Thaïlande. "J'ai été arrêté le 3 décembre  parce que j'ai vapoté dans la rue. J'ai été détenu en cellule près de 16 heures et le lendemain j'ai été présenté à la justice". Le touriste arrivé en Thaïlande la veille de son arrestation a ensuite été libéré. "Mon père a payé 100'000 Baths [plus de 3'000 FS] de caution", précise t-il dans son message. 

Assigné à rester dans le pays jusqu'à la prochaine audience le 22 janvier, alors que son billet de retour est fixé au 22 décembre, il a pris contact sur internet après avoir trouvé les informations concernant  l'arrestation d'un touriste Suisse cet été. "J'ai trouvé cette communauté et peut-être pouvez-vous me donner des conseils ou de l'aide", explique le vapoteur que l'on devine désemparé. 


Un modèle à suivre selon l'OMS

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) promeut la Thaïlande comme modèle à suivre pour sa politique de répression des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage. Elle a d'ailleurs installé un centre opérationnel au pays détenteur de la Thaïland Tobacco Monopoly, ce qui parait entrer en violation de sa propre clause interdisant les financements par l'industrie du tabac (CCLAT art. 5.3). Au-delà de la question du financement cigarettier d'Etat thaïlandais, les incitations à la répression de l'OMS méprise cyniquement les droits humains



vendredi 24 novembre 2017

"Les vapoteurs devront se mettre à fumer": le Gouvernement Indonésien suit la logique de l'OMS


Cette fois, c'est l'Indonésie. Les pays asiatiques criminalisent les uns après les autres le vapotage. Depuis l'appel publié mi-septembre de Jagdish Kaur, cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à appliquer les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais contre l'usage du vapotage, les gouvernements autoritaires s'y engouffrent les uns après les autres. "Nous allons les arrêter. De cette façon, les vapoteurs devront se mettre à fumer des cigarettes", explique Enggartiasto Lukita, Ministre du commerce indonésien, au journal local Kompas. Il a annoncé la semaine dernière avoir signé le nouveau règlement contre l'importation de liquides de vapotage en Indonésie.

Edition du titre et photo le 30.11.2017, en raison du fait que l'Indonésie n'a pas ratifié la Convention anti-tabac de l'OMS.

Prohibition de facto

Les autorisations administratives exigées désormais sont quasiment impossibles à obtenir, selon le Ministre lui-même. "Les produits de vapotage ne peuvent être distribués ou importés qu'avec des autorisations du Ministère de la santé, de l'Administration de l'alimentation et des médicaments (BPOM), du Ministère de l'industrie et du Conseil national des normes (SNI). C'est très long pour les obtenir, 20 à 30 ans ne suffisent pas toujours", déclare le Ministre à Kompas.

"Le gouvernement indonésien semble encore une fois mettre les intérêts économiques avant les intérêts de la santé en matière de tabac", déplore le site Coconuts basé à Jakarta. Près de 300'000 indonésiens meurent prématurément de maladies liées au tabagisme chaque année selon les estimations de santé publique. Le pays détient un des plus fort taux de tabagisme au monde avec plus de 60% de fumeurs chez les hommes. Pour sa part, le Ministre du commerce estime que le vapotage rapporte moins à l'économie que la vente de tabac, produit par des paysans locaux. 

La politique contre la santé de l'OMS

[édité] L'OMS appelle à criminaliser le vapotage et les vapoteurs selon les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais, deux pays qui répriment le vapotage, notamment en incarcérant les usagers. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national", exige  Jagdish Kaur, cadre de l'OMS Asie, le 15 septembre dans Indian Journal of Public Health. Il devient très difficilement compréhensible comment des démocraties peuvent soutenir par leur silence et leur financement cette politique violant les droits humains, y compris celui de protéger sa santé avec des moyens de réduction des risques.


vendredi 27 octobre 2017

[zgrub] Robert Mugabe, l'ex-futur Ambassadeur de l'OMS, défend la production de tabac du Zimbabwe

"Le Président Robert Mugabe ne croit pas que le Zimbabwe, dont le tabac est la principale exportation rapportant des devises, doit arrêter d'en cultiver tant qu'en premier lieu, il y a des gens qui fument et en demandent, et d'autre part, tant que des boissons pécheresses sont produites et vendues ailleurs dans le monde, des boissons telles que le whisky, des tas de différentes bières qui comptent bien plus de morts que de juste fumer". George Charamba, porte-parole du Président Mugabe, s'est livré à un numéro d'équilibriste assez surréaliste devant les médias du Zimbabwe. Après la nomination avortée de Mugabe comme Ambassadeur de bonne volonté de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Secrétaire à l'information du Gouvernement du Zimbabwe a expliqué que celui-ci n'était pas au courant et n'aurait de toute façon pas accepté cette nomination. 

La semaine dernière au Sommet sur les maladies non-transmissibles à Montevideo (Uruguay), le Dr Tedros, directeur général de l'OMS, annonçait cette nomination dans son discours d'ouverture. Depuis, le verbatim a été expurgé par les services de l'OMS et le Dr Tedros a annulé cette nomination suite au tollé des organisations de défense des droits humains et la réaction de plusieurs pays occidentaux, tels que le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis. Pour sauver la face, comme le souligne malicieusement le magazine Science, le dictateur de 93 ans a donc fait communiquer qu'il n'aurait pas accepté ce poste. "De peur que l'on oublie que le Zimbabwe est un producteur mondialement connu de tabac, et que son chef d'Etat soit considéré comme un Ambassadeur de bonne volonté d'une agence qui a une position bien définie sur la culture du tabac et la vente du tabac", déclare M. Charamba, le porte-parole du Président Mugabe.

George Charamba pense que cela aurait été "une contradiction" et "porté atteinte à l'intérêt national du Zimbabwe". Derrière la réaction vexée du dictateur, il semble pourtant que le Zimbabwe a raté là une opportunité de défendre ses intérêts commerciaux. Le pays au sud de l'Afrique est la seconde puissance mondiale exportatrice de tabac brut derrière le Brésil, qui a placé Vera daCosta au poste de Secrétaire générale du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. Autre grande nation de tabac très influente à l'OMS, l'Inde se place troisième en terme de gain de balance commerciale par la vente de tabac non manufacturé. 

Yagdish Kaur, sa représentante à l'antenne de l'OMS pour l'Asie du Sud-Est a appelé, dans la revue Indian Journal of Public Health le 15 septembre, à la persécution des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage en suivant le modèle de répression en vigueur "en Corée du Nord et en Thaïlande". Arrestation et emprisonnement de vapoteurs y sont courants. Les pratiques de mises à l'isolement, violences, tortures, viols, travaux forcés en détention de ces deux dictatures sont dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Suite à l'appel de Yagdish Kaur, des parlementaires de Singapour ont déposé un projet de loi visant aussi à criminaliser les vapoteurs.


mercredi 25 octobre 2017

Thaïlande: le vapoteur suisse condamné mais de retour chez lui


Il avait été arrêté le 26 juillet dernier en Thaïlande pour avoir vapoté. Après avoir été détenu à l'isolement durant six jours dans des "conditions humiliantes et inhumaines", le touriste suisse avait été libéré sous caution et attendait depuis son procès, assigné à rester dans le pays. Il a été condamné à une amende d'un montant inconnu, en plus des frais de justice et d'avocat, mais autorisé a reprendre l'avion pour l'Europe, selon les informations du site suisse Watson. Il échappe ainsi à une peine de prison qui pouvait aller jusqu'à dix ans de réclusion dans les geôles thaïlandaises. "La justice thaïlandaise a été clémente avec le suisse", estime le site suisse-allemand.

L'OMS appelle à la répression

Les vapoteurs locaux ne profitent pas tous de la même indulgence. La junte militaire en Thaïlande interdit le vapotage depuis décembre 2014, alors que le tabagisme est de l'ordre de 42% dans sa population. Le marché des cigarettes y est tenu à 80% par la Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat. Séduite de cette situation, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelle a suivre le modèle de répression thaïlandais et nord-coréen contre les vapoteurs. A travers un article de sa cadre pour l'Asie du Sud-Est, Jagdish Kaur, l'OMS ordonne d'interdire et poursuivre le vapotage à l'exemple des deux dictatures militaires connues pour leur violations des droits humains.

Aucune info pour les touristes suisses

Le site du Département Fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne prévient pas explicitement sur sa page les touristes suisses sur la question du vapotage en Thaïlande. De son coté, l'Ambassade thaïlandaise de Berne n'a jamais daigné nous répondre à ce sujet. Au Royaume-Uni par contre, le Foreign Office informe clairement ses ressortissants des dangers actuels de la Thaïlande.


lundi 16 octobre 2017

Singapour: Devant son succès, les autorités veulent criminaliser l'usage de la vape

Les fumeurs singapouriens sont de plus en plus nombreux à arrêter de fumer avec le vapotage. Et ceci malgré que son importation, sa vente et sa distribution sont interdits dans le pays. Le Health Science Authority a recensé 15'000 infractions depuis 2014, contre 9'000 les trois ans précédents. Une augmentation de 70% soulignent les autorités rappelant aussi que ces délits peuvent entraîner une amende de 10'000$ (7'200 FS/6250€) et une peine jusqu'à six mois de prison. "Bien que la loi de Singapore interdit strictement la vente et le trafic de produits de vapotage, leur popularité grandit de jour en jour, et c'est la principale raison derrière l'augmentation du nombre de cas de trafic", explique le quotidien International Business Times (IBT). 

"Beaucoup de gens à Singapour pense que le vapotage est moins nocif que les cigarettes et ils considèrent ces vaporisateurs électroniques comme le meilleur moyen d'arrêter de fumer", poursuit l'International Business Times. En réponse à cette sortie croissante du tabagisme à l'aide du vapotage, un projet de loi visant à criminaliser directement les vapoteurs a été présenté au début du mois au parlement de Singapour. Elle prévoit de rendre illégal l'usage, l'achat et la possession des produits de vapotage, qui seraient punissables d'une amende de 2'000$ (1'440 FS /1'250€). "Cette loi protégerait les singapouriens des risques d'utiliser ces produits et va empêcher leur usage", explique un porte-parole de la Health Science Authority au journal local Straits Times

A l'appel de l'OMS

Ce projet de loi pour réprimer les fumeurs sortant du tabagisme à l'aide du vapotage semble directement s'inspirer de l'appel de la Dr Jagdish Kaur le mois dernier. La cadre du bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a exhorté les pays du sud-est asiatique à suivre l'exemple de la Corée du Nord et de la Thaïlande dans un article publié dans l'Indian Journal of Public Health: "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national".


samedi 30 septembre 2017

La Thaïlande reconnait officiellement des arrestations de vapoteurs étrangers, l'OMS l'encourage

"Il y a eut des incidents récemment avec des voyageurs étrangers qui n'étaient pas au courant de l'interdiction [du vapotage] et qui ont du payer une amende sur place ou ont été arrêtés". L'Autorité du Tourisme en Thaïlande (TAT) ne donne pas plus de précision dans son communiqué, daté du 22 septembre dernier, sur ces "incidents" liés à la prohibition du vapotage mise en place depuis 2014 par la junte militaire. Fin juillet, le milieu des vapoteurs alertait sur l'arrestation le 26 juillet d'un touriste Suisse détenu durant six jours pour avoir vapoté en public. Relâché sous caution, il risque une peine de prison, qui selon les griefs retenus peut aller jusqu'à 10 ans. Information confirmée par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), mais dont la médiatisation a valu quelques enfumages. Malgré notre demande, l'Ambassade thaïlandaise de Berne ne nous a donné aucune précision ni sur l'affaire ni sur les indications à donner aux voyageurs. 

Arrestations et confiscations

Depuis, la presse britannique s'est fait l'écho d'autres cas de touristes pris à partie par les forces de l'ordre en Thaïlande. Certains ont dû donner des sommes de l'ordre de plus de 160 Fs sans savoir s'il s'agissait d'amendes légales ou de racket policier. Une ambiguïté fréquente en Thaïlande comme le confirme un français expatrié dans un interview à Vapoteurs.net. De son côté, le Foreign Office recommande explicitement à ses ressortissants de ne pas prendre de produits de vapotage en Thaïlande, alors que le DFAE reste silencieux sur le sujet. L'interdiction du vapotage ne concerne pas seulement les touristes, de nombreuses arrestations de thaïlandais sont rapportées régulièrement par la presse locale.

C'est dans ce contexte que, bien qu'elle ne donne aucune précision sur les suites judiciaires des différentes affaires, l'Autorité du Tourisme en Thaïlande a décidé d'informer les futurs voyageurs par ce communiqué, repris par de nombreux sites d'information en ligne notamment de langue allemande. "Alors que le vapotage (ou e-cigs) est utilisé un peu partout dans le monde comme aide pour arrêter de fumer, les voyageurs qui viennent en Thaïlande doivent savoir que cela est en fait illégal dans le Royaume", explique la TAT. "Beaucoup pourraient se demander pourquoi un appareil prévu pour aider les gens à arrêter de fumer est interdit. Un porte-parole du Gouvernement a déclaré que l'interdiction a été introduite pour des raisons de santé et qu'elle était suggérée à l'origine parce que le vapotage pourrait amener les jeunes au tabagisme", poursuit le communiqué.

La violation de l'article 1 (d) de la Convention anti-tabac

En parallèle, le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a franchi un pas supplémentaire dans son soutien à la prohibition thaïlandaise de l'outil de réduction des méfaits. La Dr Jagdish Kaur, cadre du bureau asiatique de la FCTC, appelle à suivre l'exemple de la Thaïlande, de la Corée du Nord et du Timor oriental, contre toute liberté donnée aux usagers de pouvoir utiliser des outils de réduction de risques comme le vapotage. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique (SEAR) doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire holistiquement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS), de manière appropriée à leur droit national. Sans égard à ce que ces produits contiennent ou non de la nicotine, ils imitent la fumée et doivent être considérer comme une promotion (directe ou indirecte) de l'usage de tabac", explique l'article de la cadre de l'OMS publié dans l'Indian Journal of Public Health le 15 septembre

Pourtant la Convention anti-tabac qui donne vie à ce bureau de l'OMS, stipule clairement la réduction des méfaits comme élément intrinsèque à sa démarche. "La "lutte anti-tabac" signifie une gamme de ressources, de demandes et de stratégies de réduction des méfaits visant à améliorer la santé de la population en éliminant ou réduisant la consommation de produits de tabac et l'exposition à la fumée de tabac"(*), précise dans sa version anglaise l'article 1 §d de la Convention cadre anti-tabac de l'OMS. La violation de cet article est activement soutenue par le Secrétariat Général actuel de la FCTC, qui s'est arrogé des pouvoirs de direction au-delà de son rôle de secrétariat au motif de lutter contre l'influence des firmes cigarettières. Bien que cette tactique d'opacité et d'exclusion de la société civile favorise un éco-système propice aux noyautages des grandes firmes tabagiques, notamment de Philip Morris comme l'a révélé une enquête de Reuters à propos du dernier sommet de la FCTC en Inde.

Sourires 1984

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait déjà adressé officiellement ses "félicitations" et "toute [sa] gratitude" à la junte militaire thaïlandaise pour sa prohibition du vapotage quelques mois après le coup d'état en 2014. Le pays qui compte, selon ses statistiques officielles, 42% de fumeurs est considéré comme "une sucess-story" par la toute-puissante cheffe de la FCTC dans un article du Guardian à l'été 2016. Le marché légal des cigarettes y est tenu pour 80% par le Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat sous l'autorité du Ministère des finances mais qui ne détient plus le monopole en dépit de son nom. L'entreprise annonce rapporter plus de 7 milliards de baths (env. 200 millions FS, 180 millions €) par an au Royaume. Le Thaïland Tobacco Monopoly finance notamment clubs de football et actions culturelles... Au pays du sourire obligatoire, que les opposants démocrates comparent au roman 1984 de George Orwell, arrêter de fumer à l'aide de la vape, c'est pire que fumer des cigarettes. 

(*) "“tobacco control” means a range of supply, demand and harm reduction strategies that aim to improve the health of a population by eliminating or reducing their consumption of tobacco products and exposure to tobacco smoke", à noter que la traduction française officielle est peu claire sur le point de la réduction des méfaits.

samedi 19 août 2017

[Expresso] La répression s'intensifie en Thaïlande: arrestation à Kanchanaburi

La répression du vapotage s'intensifie en Thaïlande. Cette fois, la police de Kanchanaburi annonce avoir procédé à une nouvelle arrestation d'un vendeur thaïlandais de produits de vapotage. Selon la police, l'homme de 45 ans aurait reconnu vendre des mods et des liquides par internet. Les forces de police déclarent avoir saisi plus de 3'500 articles, dont 2849 fioles de liquides, lors de la perquisition vendredi d'un entrepôt à Tambon Ban Nua, dans le district de Muang. Cette razzia suit de l'arrestation de deux autres personnes il y a un mois dans la région de Bangkok, dont l'un aurait été l'administrateur d'un groupe de chat online qu'aurait utilisé l'homme arrêté ce vendredi. Le Général de police de Kanchanaburi, Khamron Boonlert déclare au Bangkok Post traquer deux autres personnes qui seraient impliquées dans l'affaire. 

Le 26 juillet dernier, un touriste suisse a été arrêté et détenu durant six jours pour avoir vapoté en Thaïlande. Libéré sous caution, il attend son procès. Les autorités britanniques alertent les voyageurs que posséder un produit de vapotage, et a fortiori vapoter, en Thaïlande peut entraîner une peine jusqu'à dix ans de prison en cas de condamnation, confirmant l'arrestation de plusieurs ressortissants britanniques pour cette raison. Des touristes d'autres pays témoignent sur les réseaux sociaux d'arrestations suivies de saisie de matériel et d'argent par des policiers. 

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait félicité la junte militaire de nouvelles lois prises fin 2014 dont l'une interdit l'introduction de produit de vapotage en Thaïlande. "La police rappelle leur avertissement contre la possession de produits de vapotage. Sous la loi actuelle, seuls les produits contenant des feuilles de tabac peuvent être importés légalement. Le Ministère du commerce a interdit l'importation de produits de vapotage, baraku, shisha et les produits liés", précise le Bangkok Post du jour.



jeudi 17 août 2017

Risque de prison pour vapotage, le DFAE conseille de se renseigner à l'ambassade de Thaïlande


Pour être informés des dangers de vapoter en Thaïlande, les touristes suisses doivent prendre l'initiative de se renseigner avant leur voyage à l'ambassade thaïlandaise. C'est la réponse du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), après qu'un ressortissant suisse en voyage ait été arrêté, détenu six jours en préventive et inculpé pour y avoir vapoté en public. Libéré sous caution, il attend un jugement qui pourrait lui valoir une peine de cinq ans de prison, voire en cas de mauvais scenario judiciaire jusqu'à dix ans de réclusion. Tandis que le Foreign Office UK et les agences de voyages britanniques informent directement les voyageurs à destination de la Thaïlande des risques d'emprisonnement pour vapotage, le DFAE conseille simplement de contacter les représentants thaïlandais à Berne, en plus de lire ses recommandations, silencieuses concernant la répression de l'arrêt du tabagisme à l'aide du vapotage en Thaïlande. 

Les coordonnées de l'Ambassade de Thaïlande en Suisse sont:
Adresse: Kirchstrasse 56, 3097 Liebefeld
par email: thai.bern@bluewin.ch
et téléphone : 031/970.30.30
site web: http://www.thaiembassy.ch/


mercredi 16 août 2017

Tourisme en Thaïlande : risque de 10 ans de prison pour vapotage prévient le Foreign Office UK

La plupart des touristes et des agents de voyage ne le savent pas. Pourtant depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a formellement prohibé l'introduction de produit de vapotage en Thaïlande. Le 26 juillet dernier, un vapoteur suisse a été arrêté et retenu en détention préventive durant six jours. Relâché sous caution, il attend son jugement, risquant une peine de cinq ans de prison et une amende pour avoir vapoté en public. Au cas où le tribunal retiendrait aussi une accusation d'importation de produit de vapotage, la peine pourrait même aller jusqu'à dix ans de prison. Bien que les services du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) soient au courant, rien n'indique clairement ces risques sur la page de son site concernant les voyages en Thailande. 

Le Foreign Office prévient 

Au Royaume-Uni, le Foreign Office est plus prévenant. "Les voyageurs ne doivent pas apporter de vaporisateurs (tels que les e-cigs) ni de liquides de recharge en Thailande. Ces produits sont susceptibles d'être confisqués et vous pouvez avoir une amende ou être emprisonné jusqu'à 10 ans en cas de condamnation. Plusieurs britanniques ont été arrêtés pour possession de produits de vapotage", précise le site du Gouvernement britannique. De son côté, le quotidien anglais the Independent relaie l'alerte lancée par Pat Waterton, directeur de Langley Travel. Après que son neveu ait dû payer 125 £ pour possession d'une vapoteuse à Bangkok, l'agent de voyage appelle ses collègues à informer les touristes. "Tous les agents de voyage devraient prévenir leurs clients. La Thaïlande est une destination très populaire alors nous devrions prévenir les gens de ce risque qui peut ruiner leurs vacances", explique t-il aussi à la revue Travel Weekly estimant que "dix ans de prison pour vapoter, ça semble très long"

Gratitude de l'OMS

Un porte-parole de l'Autorité du tourisme thaïlandais a confirmé à Travel Weekly le danger d'emprisonnement en cas de possession, d'usage et d'importation de produits de vapotage. Malgré ces avertissements, nombreux sont les agents de voyage francophones à ne pas communiquer l'information au public. Pourtant, la décision contre le vapotage a été prise par la junte militaire en décembre 2014, six mois après son coup d'Etat. Elle était accompagnée de mesures contre le tabagisme dans les lieux publics. Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avait alors exprimé officiellement son "soutien" et sa "gratitude" à la junte militaire pour cette politique. Depuis une dizaine d'année, le tabagisme stagne à environ 42% de la population en Thaïlande, où les cigarettes sont taxées à 1000% (soit 90% du prix de vente en taxes) par l'Etat.

Ne rien signer

Depuis, les arrestations de vendeurs locaux pullulent. En 2015, les contrôles policiers semblaient encore relativement prévenants pour les touristes (voir la vidéo). Mais depuis quelques mois, les témoignages d'arrestation se multiplient. Bien qu'il semble que le ressortissant helvète soit le premier touriste à avoir subi une détention préventive pour ce motif. Sur les réseaux sociaux, les groupes d'entraide de vapoteurs thaïlandais conseillent de garder sur soi une preuve d'achat, datée d'avant la promulgation de l'interdiction d'importation de produits de vape le 12 décembre 2014, pour la montrer en cas de contrôle policier. A défaut, en cas d'arrestation, ils conseillent de ne rien signer et de contacter au plus vite un avocat. Ils estiment que le vide juridique sur les produits de vapotage n'équivaut pas à une interdiction valide de ces produits. Une cause qui pourrait se plaider en justice. 

Vidéo de touristes en novembre 2015 (en anglais) lors d'un contrôle policier en Thaïlande

samedi 22 juillet 2017

Malgré la traque du Gouvernement contre les groupes d'entraide sur internet, les belges fuient en masse le tabagisme à l'aide de la vape

Conseiller des fumeurs sur le matériel de vapotage pour les aider à arrêter de fumer est un délit selon le Ministère de la santé belge. Ainsi plusieurs groupes d'entraide autogérés sur internet se sont vus menacés de poursuites et d'amende s'ils ne stoppent pas immédiatement leur activité. "Le Service Publique Fédéral de la santé (SPF) m'a interdit de continuer cette page Facebook en me menaçant d'une amende", explique le dernier message de Dimi Crazy Damper Schuermans. "Je vais arrêter d'utiliser cette page Facebook pour le moment. Mais je n'abandonne pas. Ils ne nous forceront pas à retourner aux cigarettes pour remplir les caisses de leur Etat", précise le reviewer connu depuis 2012 de la communauté flamande. Après les traques contre les magasins de vapotage, que nous relations en mars dernier, les vapoteurs sur internet sont donc la nouvelle cible des services de Maggie de Block. 

"Ce groupe va fermer"


La même lettre de menace du SPF Santé a été envoyé à un groupe de troc et vente entre particuliers de produits de vape en Flandres. "Ce groupe va fermer dans quelques jours. Si vous avez des questions ou des problèmes, contactez-moi par message privé. Je vais toujours essayer d'aider du mieux possible. Grâce au vapotage, j'ai arrêté de fumer depuis trois ans et je ne recommencerais jamais les cigarettes", explique Nicky B., administrateur du groupe en question. Simple vapoteur, le chauffeur de camion n'a pas les moyens de s'opposer au glaive fédéral. Les vapoteuses à bas prix, les dons et les échanges entre usagers de la région disparaîtront sous peu de cette page facebook, sauf solution alternative de dernière minute.

Guy Vanhengel vapote

Pourtant, le vapotage continue de faire sortir en masse du tabagisme les fumeurs belges depuis que le Conseil d'Etat a invalidé la prohibition de vente des liquides nicotinés début 2016. Signe des temps, même un Ministre de la région bruxelloise s'y est mis. Hier, lors du défilé officiel de la fête nationale, Guy Vanhengel vapote ostensiblement dans la tribune Royale aux côtés de Charles Michel, le chef du Gouvernement fédéral, et d'autres VIP. Camarade de parti de l'Open VLD de la Ministre Maggie de Block, le libéral démocrate bruxellois osera t-il glisser quelques mots contre la chasse aux sorcières vapoteuses que le gouvernement fédéral orchestre depuis le début de l'année? Une question qui vaut quelques centaines de millions d'euros de taxes tabac évaporées des caisses de l'Etat belge.

Sortie en masse du tabagisme malgré l'Etat

Une qui n'a pas eu peur de dire quelques mots, c'est Véronique. "Grâce aux bonnes explications des professionnels de la vape et des vapoteurs, je suis à un an sans clope grâce à la vapote", explique cette ex-fumeuse de 49 ans. Courageux aussi, le site de Tabac Stop Belgique de publier son témoignage en dépit du Maccarthysme ambiant. "Dire que l'Europe et notre Ministre de la santé mettent des bâtons dans les roues [aux vapoteurs]. Inadmissible", tempête la choriste belge qui assure avoir retrouver son souffle avec plaisir et enthousiasme. Mais les prochaines "Véronique" pourront-elles encore bénéficier des conseils et de l'aide de la part de vapoteurs désormais muselés sous la menace des amendes du SPF Santé? De leur côté, les médias belges s'en tiennent au silence...