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dimanche 7 janvier 2018

Motions au parlement Suisse pour interdire la pub du tabac en y assimilant la vape et imposer une licence aux vendeurs

Au Conseil national, quatre motions voudraient interdire la pub du tabac et du vapotage sur les réseaux sociaux, les journaux, les points de vente et au cinéma, ainsi qu'imposer une licence de vente payante. 

Déposées mi-décembre 2017 à la fin de la session parlementaire d'hiver, le contenu de quatre motions coordonnées au Conseil national vient d'être rendu public. Assimilant le vapotage aux cigarettes, trois visent à interdire des types de publicités des produits du tabac pour "protéger les enfants et les jeunes" et la quatrième à imposer une licence payante de vente en Suisse. Pour que le Conseil Fédéral exécute ces demandes, chacune des motions devrait être adoptée par les deux chambres parlementaires, ce qui parait peu probable en regard des motifs du renvoi du premier projet de loi sur les produits du tabac (LPTab) en décembre 2016. 

Ces motions au parlement semblent plutôt vouloir servir de caisses de résonance médiatique au lancement d'une initiative populaire "enfants et jeunes sans publicité pour le tabac", dont la récolte de signatures doit être lancée en février. L'initiative vise à interdire la publicité des produits du tabac par affichage, dans les publications, au cinéma, aux concerts et sur internet. Contre une approche cohérente de réduction des méfaits, l'intention d'assimiler le vapotage à ces interdictions se précise à la lecture de cette initiative concertée de quatre motions. 

20 Minutes et Facebook ciblés

Annoncée en primeur par le Blick dés le 19 décembre, la motion de l'évangéliste Niklaus Gugger (17.4268) veut interdire "la publicité pour les produits du tabac et les cigarettes électroniques dans les médias imprimés et en ligne facilement accessibles aux mineurs, y compris les publireportages, les médias sociaux et les applications". Le Conseiller national zurichois précise que doivent être "considérés comme 'facilement accessibles' les médias imprimés ou en ligne qui ne sont soumis ni à un abonnement payant ni à une autre forme d'identification personnelle". En cas d'acceptation, les groupes d'auto-support, forums d'entraide et sites d'information spécialisés devraient probablement se barricader et  devenir hermétiques aux néophytes, notamment aux fumeurs en recherche d'aide et de renseignements pour arrêter de fumer à l'aide du vapotage.

Nik Gugger estime que les "gratuits '20 Minutes' et 'Friday' jouent un rôle majeur dans la publicité pour le tabac". Mais l'évangéliste en veut aussi aux réseaux sociaux qui, selon lui, "transforment les utilisateurs d'Internet en promoteurs des produits du tabac. Voyez Facebook, Snapchat et bien d'autres". De son côté, la démocrate-chrétienne Viola Amherd prend pour cible la pub dans les cinémas lors des projections de films non réservées à un public majeur. Sa motion (17.4150) veut "interdire la publicité au cinéma pour les produits du tabac et les cigarettes électroniques lors des représentations auxquelles les spectateurs de moins de 18 ans sont admis".

Interdire la pub sur les lieux de vente et leurs vitrines

L'écologiste Christine Häsler propose (17.4187) que "la publicité pour les produits du tabac et les cigarettes électroniques soit interdite dans tous les points de vente dont la clientèle comprend aussi des enfants et des jeunes"Elle souligne que, selon une étude de l'Observatoire des stratégies marketing pour les produits du tabac, dans 22% à 36% des points de ventes de tabac "cette publicité était également visible depuis l'extérieur"L'argumentaire de l'élue bernoise précise aussi que "la publicité pour les cigarettes électroniques, du fait de son attractivité pour les enfants et les jeunes, doit en outre être assimilée à la publicité pour les produits du tabac"

Une licence payante pour vendre du tabac et à l'avenir de la vape

Pour compléter l'offensive, la motion du vert-libéral Thomas Weibel (17.4232) voudrait que le Conseil Fédéral élabore "une licence payante pour la mise à disposition de produits du tabac sur le marché". Selon l'élu zurichois, les émoluments permettraient "de financer les contrôles et les mesures officielles". Actuellement, le vapotage n'est pas assimilé légalement à un produit du tabac, mais il pourrait l'être via la future loi sur le produits du tabac (LPTab). Le Conseiller national l'anticipe dans son argumentaire: "Si les cigarettes électroniques devaient être assimilées aux produits du tabac, l'offre pourrait être mieux contrôlée" avec ce système de licence.  

Une "offensive" contre la réduction des méfaits

L'assimilation stricte de la vape au tabac par ces quatre parlementaires prend le chemin opposé aux appels à une intégration de la réduction des méfaits par le vapotage contre le tabagisme, soutenue par plusieurs voix du milieu de la lutte anti-tabacla Fédération des professionnels des addictions, et l'association des usagers Helvetic VapeLe confinement des groupes d'entraide autogérés sur les réseaux sociaux à une situation d'underground, qui naîtrait de telles interdictions, pose question sur le respect au droit à l'auto-protection de sa santé. En outre, aucun élément probant n'est apporté dans les motions sur la pertinence d'interdictions similaires du vapotage aux cigarettes. Or la seule étude, avec certaines limites, à ce jour sur l'impact réel de la publicité du vapotage montre un effet globalement positif sur le recul du tabagisme aux Etats-Unis. 

De même, l'analyse d'impact de la réglementation (AIR), du bureau BASS pour l'Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP), distingue l'effet d'interdictions sur la publicité du tabac, qu'il évalue d'autant plus positifs qu'elles sont strictes, de l'effet d'interdictions contre le vapotage. "Il semble que l’interdiction de la publicité pour les e-cigarettes dans les médias classiques serait, du moins au stade actuel, une mesure plutôt défavorable du point de vue économique", explique le rapport. Un effet positif sur les coûts de santé et les pertes de productivité liées aux maladies concordant avec le fait que l'accès au vapotage nicotiné aurait un effet positif de santé publique en favorisant une baisse de la prévalence tabagique, que le bureau BASS estime de l'ordre de 2,1%.

Cette "offensive", telle que la nomme la motionnaire Christine Hässler elle-même dans le Blick, indique l'ascendant pris par les extrémistes anti-vape sur le camp des parlementaires anti-tabac. Ce choix de condamner au silence l'approche de réduction de méfaits semble plus tenir d'une escalade de posture idéologique que fonder sur une réflexion de politique de santé publique. Alors qu'en l'état "des connaissances actuelles, on doit considérer que les cigarettes électroniques sont nettement moins nocives que les produits du tabac traditionnels destinés à être fumés", rappelle le rapport prudent du bureau BASS. Mais qui en sera informé, au sens plein du terme, si réseaux sociaux et points de vente sont astreints à le cacher et que la loi assimile ce moyen de sortir du tabagisme au tabac ?



jeudi 21 décembre 2017

Une initiative populaire pour interdire la publicité des produits du tabac sera lancée en février en Suisse

Tout le monde s'en doutait mais la télévision nationale, à la fois sur son canal romand et suisse-allemand, l'a annoncé en exclusivité hier soir. Un comité d'initiative visant l'interdiction de la publicité des produits du tabac en Suisse devrait lancer dés février la récolte des 100'000 signatures nécessaires pour être présentée au vote. Intitulée "enfants et jeunes sans publicité pour le tabac", l'initiative propose d'interdire au niveau national la publicité des produits du tabac par affichage, dans les publications, au cinéma, aux concerts et sur internet. Le doute plane sur les conséquences qu'elle pourrait avoir pour le vapotage.

Réplique à la LPTab

"Cette initiative est aussi une réponse politique au projet de loi tabac (LPTab)", commente Loïs Siggen Lopez de la RTS. Suite aux demandes du parlement d'exclure plusieurs restrictions, le nouveau texte interdit les publicités dans les journaux gratuits mais pas l'affichage ni les spots au cinéma. Trop laxiste pour les organisations politiques et de santé qui lancent l'initiative. "Il faut éviter que les jeunes tombent dans ce piège [du tabagisme]. Et c'est la publicité qui les met dans le piège et donc il faut l'interdire", explique Hans Stöckli, Conseiller aux Etats socialiste et membre du comité d'initiative. 

Egalement président de l'Alliance pour la santé en Suisse, Hans Stöckli insiste sur l'importance d'interdire la pub sur les réseaux sociaux et sur les lieux de vente. D'autre part, avec le texte de l'avant-projet de loi tabac (LPTab), la Suisse ne satisferait pas aux standard de la Convention cadre anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et ne serait pas en mesure de la ratifier. Pour le monde de la vape Suisse, l'assimilation aux produits du tabac prévue par l'avant-projet LPTab conjuguée à cette initiative, dont le texte précis n'a pas encore été dévoilé, laisse planer le doute sur de possibles conséquences

La promotion de la réduction des méfaits interdite ?

En l'état du texte d'avant-projet de loi, tout porte à croire que le vapotage subirait les mêmes interdictions que le tabac sur le sujet. Cela pourrait condamner toute promotion de la réduction des méfaits à l'aide du vapotage, tel qu'exigé par Macé Schuurmans. La question est d'autant plus sensible en regard de l'importance des réseaux sociaux pour les groupes d'entraide à l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, la diffusion d'information sur la réduction des méfaits, les vidéos tutorielles sur les produits de vapotage, voire les sites de vente en ligne et d'éventuelles campagnes de promotion de réduction des méfaits... 

Tout ceci pourrait se retrouver assimilé à des promotions de produits du tabac. Pour le moment ces questions restent floues. Une distinction nette entre vapotage et tabagisme telle que réclamée par les professionnels des addictions, les défenseurs de la réduction des méfaits et l'association des usagers Helvetic Vape lèverait toute ambiguïté et éviterait évidemment ce problème. 


Actuellement en Suisse, la publicité pour le tabac est interdite sur la télé et la radio, ainsi que par voie d'affichage dans une large majorité des cantons, sans beaucoup d'effets sur le niveau de tabagisme

dimanche 24 septembre 2017

Stoptober en Angleterre: [MàJ] Un enfumage du Sun m'a foutu dedans: Pas de censure des pubs pour arrêter de fumer

[Mise à Jour 26.09.2017 à 20h40] Selon le Vaping Postl'affaire rapportée par le Sun n'existerait pas. Le Cancer Research  UK et l'Advertising Standards Authority (ASA) nient qu'il y ait eu quelconque tentative de blocage des annonces de la campagne Stoptober. Sur son blog, Clive Bates a ajouté une mise à jour : " Le Cancer Research UK déclare qu'il n'a pas été "empêché de faire quoi que ce soit par l'ASA, et rien n'explique pourquoi cette histoire est apparue". Les pubs du Public Health England passaient à la télé hier soir encore." Désolé, de nous être fait enfumer par le Sun et d'avoir colporté cette désinformation... :(

"Couldn't vape it up! Les annonces anti-tabagisme du Cancer Research interdites à cause de règles débiles de Bruxelles". Avant-hier, le Sun révèle que l'Agence de contrôle des publicités (ASA) aurait refusé d'autoriser la campagne de l'organisation de charité contre le cancer durant Stoptober. Son thème "Quit or switch" - arrête ou passe au vapotage - fait un pied-de-nez au vieux slogan obsolète et meurtrier du "quit or die" - arrête ou meurt -. Mais la campagne de santé publique serait censurée en raison de l'interdiction des bureaucrates européens"Le comité sur les pratiques publicitaires a implémenté la règle de l'Union Européenne (UE) en février qui rend illégal la promotion "indirecte" de produits nicotinés, ce qui inclut le vapotage", expliquent Harry Cole et Ben Lazarus, les auteurs de l'article. En août, l'ASA avait déjà reçu une dénonciation anonyme contre une annonce pour un produit de vapotage.

Le Cancer Research va t-il défier la censure européenne?

Cependant, l'oeuvre de bienfaisance britannique contre le cancer pourrait passer outre. "Des sources nous ont déclaré que les dirigeants du Cancer Research réfléchissent à ignorer la censure et prendre le risque d'une bataille en lançant la campagne", précisait la première version de l'article du Sun (datée du 22 septembre au soir). "Le Département de la santé a réagit aujourd'hui pour soutenir que les campagnes de santé publique devraient être exemptées des règles de Bruxelles", précise l'article mis à jour hier.

Le spot Stoptober passera t-il comme prévu à la télé anglaise en octobre?


Le règlement en voie de réforme

L'organe de contrôle ASA a finalement aussi commenté la situation. "Nos règles interdisent les pubs pour les produits de vapotage sans licence [pharmaceutique] et contenant de la nicotine dans la ligne des lois Européennes qui ont pris effet en 2016. Les annonces pour des produits et les marques sont interdites et ne sont plus diffusées à la TV ou la radio depuis l'an passé", explique un porte-parole de l'organisme. A l'écoute des plaintes contre l'absurdité de ce règlement, il souligne avoir entendu que le Public Health England estime que la prohibition devrait ne pas couvrir les campagnes de santé publique concernant "la réduction des méfaits du vapotage contre ceux des cigarettes".

L'organe de de contrôle publicitaire est justement en train de proposer une réforme de son règlement sur ce point. Une consultation publique est ouverte jusqu'au 16 octobre. La règle édictée en février avait été vertement critiquée pour ses effets absurdes et néfastes, notamment par l'Association des professionnels de la vape indépendante britannique IBVTA. La perspective du Brexit devrait aider les britanniques à s'affranchir de ces limitations délétères imposées par les bureaucrates bruxellois, malgré la pression intense du lobby pharma pour les maintenir en place.

[Mise à jour 24-09-2017 à minuit] Clive Bates, sur son blog, estime que le problème provient de la réglementation excessive de l'ASA, au-delà de ce qu'impose la Directive européenne TPD et son implémentation britannique dans le Tobacco & Related Products Regulation (TRPR). Celles-ci ne visent que les publicités commerciales ou provenant d'entreprises commerciales. "Il est important que les institutions de santé respectées puissent promouvoir des approches génériques pour arrêter de fumer, y compris l'utilisation du vapotage. Le traitement de ce type de publicité devrait être distingué des publicités "dans le cadre d'une entreprise" ou d'une communication commerciale. La faute ne réside pas dans le droit européen, du moins tel qu'il a été interprété par le Royaume-Uni. Elle incombe à la transposition incompatible de la directive dans le règlement de l'Agence de contrôle publicitaire (BCAP)", explique t-il.

En contraste, des voies de défenseurs du vapotage s'élèvent sur les réseaux sociaux pour rappeler que ce risque de censure de l'information sur la réduction des méfaits sur la base des textes de la directive européenne avaient été soulignées et ignorées en son temps. Les propos très agressifs du Commissaire européen Andriukaitis à l'encontre des vapoteurs semblent bien illustrer cette intention de la bureaucratie bruxelloise contre les personnes arrêtant de fumer.
En France, comme la capote dans les années 1980'

En France, la Loi santé Marisol Touraine a également introduit l'interdiction de publicité et propagande, directe et indirecte, à l'encontre des produits de vapotage sous peine d'une amende jusqu'à 100'000 €. Imitant ainsi la vieille loi de censure contre les préservatifs en vigueur jusqu'à son abrogation en 1986 par la Ministre Michèle Barzach. Depuis l'intronisation de la censure, les chaînes de télévisions publiques semblent évacuer ou traiter de manière négative, jusqu'à l'outrance, le sujet de l'arrêt du tabagisme à l'aide du vapotage. Une consultation par l'association Sovape montre l'étendue du problème de liberté d'expression et du droit à l'information pour préserver sa propre santé que pose cette censure scélérate.

Si vous êtes résidents en France, ne visionnez pas cette vidéo, cela vous est interdit

En Suisse, la CFPT espère bâillonner les médecins

Hors de l'Union Européenne, la Suisse n'a pour le moment aucune règle contre l'information sur le vapotage. Un ensemble de lobbys intéressés à préserver le tabagisme et son cortège de malades friands de médicaments, réclament une censure totale dans la prochaine réglementation. La Commission Fédérale Tabac (CFPT) va jusqu'à exiger l'interdiction aux professionnels de santé d'informer les patients et le public sur le sujet.




mercredi 13 septembre 2017

[Expresso] Adam Padilla, le faussaire de la vape pour bébé, choqué par ce qu'il a déclenché

Lancée le 26 août, l'image a fait le tour du monde virtuel. Un article de promotion de "My first vape", le faux produit de vapotage pour bébé, a même été repris un moment sur les agrégateurs d'information. Derrière l'image parodique, comme nous l'avions expliqué, se trouve Adam Padilla, un stratège en marketing et directeur de la boite de pub new-yorkaise Brand Fire. Le faux produit a abusé une partie de la population, tandis que d'autres en riaient. "La fausse image est devenue virale alors que des parents en colère ont réagi avec fureur", rapporte le Coventry Telegraph le 31 août, "naturellement des mamans et des papas sont en rage contre cette publicité, qu'ils ont pris pour argent comptant et croient être vraie"


L'indignation et les insultes contre les vapoteurs n'ont évidemment pas tardé sur les réseaux sociaux, et on peut l'imaginer dans la vie réelle. "C'est insensé qu'ils osent donner des vapoteuses à des bébés maintenant!", réagit une maman sur twitter selon le journal de Coventry. Plus violent, un autre anglophone écrit sur twitter: "A tous ces enculés de vapoteurs, donnez ça aux enfants pour qu'ils finissent comme des crêpes eux aussi #vape #vapers". Pour finir, Snopes, le site spécialisé anti-hoax, a publié un article pour désamorcer la rumeur: "Rien de tout ceci n'est vrai".


Dans un premier temps, Adam Padilla n'avait pas caché espérer ce type de réactions en lançant ce meme. Les informations de mon article, repris sans être cité par des sites américains [ouais, le respect du travail des autres tout ça, bref...], a changé son discours. Le publicitaire semble agacé que ses liens avec Pfizer ait été révélés. "Certaines personnes ont été jusqu'à vérifier le site web de ma société et ont vu Pfizer parmi ma liste de clients (...)Le logo de Pfizer dans notre liste de clients ne signifie pas qu'ils nous ont engagé actuellement pour quoi que ce soit. Cela signifie seulement que nous avons travaillé sur quelque chose à un certain niveau à un moment... et la plupart des adultes rationnels du monde des affaires comprennent cela", explique Adam Padilla dans un interview à Ecigclick.co.uk


"Les gens doivent se demander si une image virale d'un jouet pour bébé absurde inspiré d'une vapoteuse pourrait être déclenchée par une multinationale de la pharma? Croyez-moi, Big Pharma n'est pas aussi nerveux! Taco Bell ou Wendy peut-être... mais Pfizer?? Allons", plaide le publicitaire dans le même interview. "Je ne suis pas un activiste et je n'ai pas d'agenda anti-vapotage", assure t-il, "la pensée derrière tout mon travail est de chercher une prise humoristique sur un phénomène social ou une expérience représentée qui fasse rire et soit partagée par ses adeptes. J'ai deux enfants et cela m'amuse toujours de penser à des bébés qui feraient des choses d'adultes"


Adam Padilla se dit choqué des critiques, insultes et menaces qu'il a reçu suite à la diffusion de cette image. "Il est effrayant de voir à quel point les gens deviennent violents et font des menaces sur facebook. "Meurs petite merde!", "Tu es un idiot d'avoir fait cela, crétin" etc. Vraiment? Nous sommes des adultes en 2017?", s'offusque le publicitaire, sans évoquer ni se soucier du climat haineux qu'il a déclenché à l'encontre des vapoteurs. 


A titre personnel, j'ai pu constater que les fans d'Adam Padilla ne sont pas beaucoup plus marrants. Du "ferme ta gueule" à l'accusation de vouloir perpétrer un massacre à la Charlie Hebdo, j'ai aussi reçu mon lot de propos bas de plafond pour avoir informé (et rien d'autre) sur la nature et la provenance de cette image. Etant moins tendance à Manhattan qu'Adam Padilla, personne ne s'en est offusqué. Contrairement à la cause du publicitaire défendue par plusieurs sites de vape. Bref.

Adam Padilla invite les défenseurs du vapotage à évoluer dans leur communication. "Aucun militant n'a pensé à cloner mon image avec une autre d'un vapoteur adulte en légendant "ce que le gouvernement pense de la vape et ce que nous sommes réellement" ", propose le new-yorkais. "A présent, nous sommes dans la meme culture, en prenant une menace perçue pour utiliser sa popularité et exprimer son point de vue de façon créative", estime t-il de manière un peu paradoxale. Après avoir plaider l'humour sans arrière-pensée, il explique ici viser un message par sa création, qu'il estime même possible d'attribuer au gouvernement (sic!). D'autre part, son accueil à mon image n'avait pas l'air aussi enthousiaste pour l'usage de retournement qu'il ne le semble en interview. Du post-situationnisme à dimension variable...

On retiendra certaines de ses remarques sur les améliorations possibles de la communication des vapoteurs, mais le reste du discours égocentré d'Adam Padilla n'est pas très cohérent ni consistant. Dans une certaine mesure ce nombrilisme crédibilise son lancement de ce meme sans aucune réflexion préalable. Idiocracy n'est peut-être pas un film d'anticipation... Accordons-lui aussi qu'il est probablement sympa avec ses amis vapoteurs. "Et pour que ce soit dit. Je vape à l'occasion et j'espère que le vapotage se développe contre ceux qui veulent le tuer. Cela permet de sauver des vies et c'est une meilleure alternative aux cigarettes et autres produits de tabac. Je pense que les mods et les coils customisés sont joliment cools... La moitié de mes potes sont des clouds-chasers. Ils le font dans mon bureau en permanence, assis sur ma table. Avec des jus réguliers, ou avec d'autres choses encore... [Rire]"


jeudi 26 janvier 2017

Etrange promotion de Philip Morris par AT-Suisse

Cela ressemble à un de ces publi-reportages dont l'industrie cigarettière raffole. "Philip Morris a développé des précurseurs de la cigarette électronique dès les années 90", titre le dernier bulletin de l'Association suisse pour la prévention du tabagisme (AT-Suisse). La publication bernoise avance que la firme lausannoise voulait promouvoir "une alternative aux thérapies par substituts nicotiniques aux fumeurs soucieux de leur santé". Jouant sur le champ lexical de l'innovation technologique, l'encart surplombe deux articles consacrés aux adolescents. Selon AT-Suisse, cette information aurait été "découverte" dans les documents de Philip Morris par des chercheurs de l'Université de Californie menés par Stanton Glantz. Sauf que cette information est au minimum trompeuse, si ce n'est complètement faisandée.

Dans l'histoire réelle, un brevet d'e-cig a été déposé dès 1963 aux Etats-Unis par Gilbert A. Herbert. Soit plus de trente ans avant ces soi-disant "précurseurs" de Philip Morris. "Je l'ai montré à des entreprises dans la chimie, des sociétés pharmaceutiques et des compagnies du tabac. Ils ont fait ce qu'il avaient à faire pour protéger leurs marchés", explique G. Herbert en 2013 à Ashtray Blog. Son invention ne sera jamais produite. De nombreuses autres tentatives ont suivie comme le montre la liste impressionnante de brevets déposés. On note par exemple la première utilisation du terme vapotage par le Dr Norman Jacobson en 1980. La Favor sera même lancée sur le marché aux Etats-Unis avant d'être retirée sur injonction de la Food and drug administration (FDA).

Trente ans plus tard

En 1994, Philip Morris arrive bien tard avec ses projets qui n'ont plus rien de précurseurs. Pour ne pas dévaloriser son cœur de métier, le cigarettier laisse son prototype dans un tiroir durant 20 ans. C'est seulement devant l'essor fulgurant de la vape, relancée à l'initiative du pharmacien chinois Hon Lik, que Philip Morris ressort ses vieux plans et commercialise une vapoteuse en 2013. Son produit vieillot n'a pas grand succès et convainc la firme de se concentrer sur le tabac chauffé qu'elle avait aussi dans ses tiroirs depuis les années 1990.

La Post-Science produit aussi ses "faits alternatifs"

Mais alors, pourquoi le chercheur Stanton Glantz prend t-il pour argent comptant ce qui a tout l'air d'une auto-complaisante propagande du cigarettier? La question s'est posée à des observateurs, comme le spécialiste Jerôme Harlay, choqués de "ce coup de pub gratuit à Philip Morris" par l'article publié dans Tobacco Control mi-novembre. 

Le dépôt du dossier - pesant 15 tonnes - d'homologation de la cigarette de tabac chauffé Iqos par Philip Morris à la FDA, trois semaines après l'article de Stanton Glantz, est peut-être un début de réponse. Le chercheur californien est un des artisans de la réglementation de la FDA qui impose une procédure ultra-dispendieuse. Vanter les mérites technologiques de Philip Morris apparaît une justification avant l'heure du monopole dont vont bénéficier les cigarettiers grâce à ce règlement. Le mur financier qu'il érige, va bannir du marché les producteurs de vape indépendante sans les fonds en millions de dollars des multinationales.

Promo de cigarette sur RTS la 1ère

Dans le contexte Suisse, l'étrange promotion de la technologie du cigarettier vaudois n'est pas une première. Début septembre 2015, pour la sortie de la cigarette Iqos, Grégoire Vittoz avait lancé en direct sur l'antenne radio de la RTS la 1ère un tonitruant: "C'est très sophistiqué, c'est joliment fait. Pour l'avoir testé, c'est assez bluffant aussi en terme de goût". Le porte-parole de la Ligue pulmonaire suisse a t-il violé l'interdiction de promotion du tabac de la Loi sur la radio et télévision (LRTV) ? Personne ne s'est plaint... Possible que personne ne l'ait cru non plus.

Deux poids, deux mesures

Autre épisode à la fin de l'an passé, la Commission fédérale pour le prévention du tabagisme (CFPT) reprend à son compte la revendication de taxe anti-vape de Philip Morris. Chacun de ces faits peut être une maladresse sur fond de dogmatisme étriqué et de haine avérée contre les usagers. Mais ils s'ajoutent à l'absence totale de curiosité de ces organisations sur les raisons de l'administration fédérale à n'appliquer l'article 37 de l'ODAIOUs qu'à l'encontre du vapotage nicotiné et non pas aux produits des cigarettiers. Même l'Iqos a été autorisée sans problème en 2015 alors que les liquides de vapotage avec nicotine sont toujours interdits de vente. Pourtant, dans "l'élaboration hâtive de l'ODAIOUs, les produits du tabac sont soumis à l'article 37 de l'ordonnance", souligne l'association Helvetic Vape dans son plaidoyer concernant le vapotage

La multiplication de ces éléments troublants ne constitue pas une preuve. Mais il devient de plus en plus difficile de ne pas être pris de doutes sur l'étrange jeu de ces organisations soi-disant anti-tabac en guerre contre les vapoteurs et, de facto, en faveur du cigarettier Philip Morris.


mercredi 12 août 2015

Logic Nicoretterror et friture au voke [MàJ]



 

 

Logic error
Debug Nicorette' stupidity
Change system


T-shirt, parmi plein d'autres, en vente en soutien à l'assoc Helvetic Vape sur
http://helveticvape.spreadshirt.ch/  



[MàJ] Un ami me signale la pub du Voke. Une ''e-cig'' produite par le cigarettier British American Tobacco (BAT) et qui se présente comme un produit pharmaceutique. Joli exemple de l'interpénétration entre les deux sphères capitalistiques. Et là aussi les publicitaires semblent avant tout soucieux de dire du mal de ce que leur employeur a copié, tout en célébrant le tabagisme en assurant donner les mêmes sensation qu'une cigarette. A rebours de la démarche de rupture avec le tabac, la défume, que propose la vape. Stratégie marketing qui ne semble pas avoir beaucoup de succès en dépit des moyens publicitaires engagés. Et pour cause, la plupart (80% dit-on) des fumeurs voudraient arrêter de fumer, pas continuer avec un produit moins excitant.

Que ce soit clair, je félicite les fumeurs qui réussissent à sortir du tabagisme avec ces produits, ou par n'importe quel autre moyen d'ailleurs. Ce billet ne vise qu'à souligner le côté scabreux de ces approches publicitaires anti-vape.