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jeudi 25 janvier 2018

Pour éviter d'avoir le feu à l'accu, protège-le

Depuis 13 ans que le vapotage est apparu sur le marché suisse, trois incidents liés aux batteries au lithium de vapoteuse ont été rapportés, selon l'émission suisse-allemande Kassensturz de la SRF de mardi soir. Récemment, un vapoteur zurichois s'est brûlé à la cuisse suite au dégazage de l'accu qu'il avait placé sans protection dans la poche de son jeans. Son histoire est typique de la plupart des incidents: le transport d'un accu de rechange sans protection, ayant engendré un court-circuit. Hier, 20 Minutes relate le témoignage d'un vapoteur valaisan, ayant connu un incident sans conséquence, qui met en lumière la deuxième source de problème, l'utilisation d'accu dont le wrap de protection est abîmé

Ceci n'est pas spécifiquement lié au vapotage, des problèmes similaires se produisent avec le même type de batterie au lithium utilisé pour les téléphones portables, les lampes-torches, etc. Le point à intégrer est que les batteries au lithium ne sont pas des petites piles alcalines. Elles contiennent un volume d'énergie bien plus considérable.

Des précautions simples permettent de réduire les risques liés aux batteries lithium: 
  1. Toujours utiliser un étui silicone ou une boite plastique pour isoler le(s) accus de tout contact avec des pièces métalliques lorsqu'on les transporte. 
  2. Ne plus utiliser un accu dont le wrap est abîmé. Cette pellicule plastique couvrante (en vert sur les photos de Phil Good au dessus) isole les deux pôles de la batterie, elle n'est pas décorative. A noter, qu'il est possible de refaire à neuf le wrap.
  3. On conseille également d'utiliser des chargeurs adaptés et de bonne qualité, de préférence "intelligents" qui coupent d'eux-même la charge. Ne pas laisser une batterie en charge sans surveillance.
Les dangers induits par la panique

Un autre type de conseil est à donner aux médias et même aux autorités. Induire la peur et la panique ne prévient pas les accidents, cela les favorise. Informer les gens comment éviter les accidents, cela les prévient. Il est regrettable que Kassensturz et le laboratoire suisse d'essai des matériaux Empa aient préféré le sensationnalisme effrayant d'images chocs à des explications claires des précautions à prendre. 

Le racolage médiatique n'est pas de la prévention. A fortiori lorsqu'il induit le maintien du tabagisme dans la population. Au cas où un dégazage de votre batterie se produisait, surtout ne pas essayer de l’éteindre avec de l'eau. Il est possible d'étouffer la réaction avec du sable ou une couverture d'extinction anti-feu - que l'on peut trouver en vente au magasin de la Suva, ou ailleurs... -. 

Et les dangers du tabagisme

Pour mettre en perspective les risques, la Brigade du feu de Londres - où la vape est plus couramment utilisé qu'en Suisse et le tabagisme bien moins élevé - rapporte que le tabagisme engendre près de 300 fois plus de risques d'incendies que le vapotage. En 2016, les 1213 incendies liés à des cigarettes à Londres ont tué 66 personnes et et en ont blessé 106. Les 4 feux liés à des produits de vapotage n'ont ni blessé ni tué aucun londonien. La Fire Brigade encourage les fumeurs a passer au vapotage, aussi pour réduire les blessés et les morts d'incendies. 

Aux Etats-Unis, 5% des incendies sont provoqués par les cigarettes, mais ceux-ci représentent 22% des morts et 10% des blessés lors de ces sinistres, dont une large part se produit durant le sommeil des victimes. En 2015, la National Fire Protection Association (NFPA) a recensé plus de 80'000 incendies liés aux tabac combustible pour 15 accidents reliés au vapotage. Rapportés aux parts d'usagers respectives, on peut évaluer approximativement que le risque d'incendie est réduit d'au moins 99% par le vapotage.

Pour la Suisse, je n'ai pas trouvé de statistique claire sur le sujet. Une meilleure information, sereine et précise, sur les consignes de sécurité concernant notamment les batteries permettrait de réduire encore ces risques.


dimanche 10 septembre 2017

L'étrange histoire de "vente d'e-shisha à une enfant" de l'Aargauer Zeitung

Une étrange histoire. Ou peut-être, plutôt une histoire étrangement rapportée par l'Aargauer Zeitung dans son édition de vendredi. Selon le journal d'Aarau, une maman dénonce la vente d'une "e-shisha" à sa fille de 11 ans par un kiosque. Sennur Sümer, la mère en question, pose avec l'objet du délit en main. Cependant, elle ne révèle pas le nom du vendeur indélicat et peu professionnel. Et visiblement, Andrea Weibel, la journaliste de l'Aargauer Zeitung, n'a pas estimé nécessaire de vérifier cela, ni de contacter ce présumé vendeur pour avoir sa version des faits. Combien de sources faut-il pour considérer une information comme confirmée en journalisme? Une seule me parait une réponse douteuse...

Etrange refus de recourir aux autorités

Encore plus étrange, la maman, présentée comme médiatrice sociale, ne veut pas porter réclamation au Service de la consommation alors que le chimiste cantonal argovien lui indique cette voie à suivre. "Les e-cigarettes sont considérées comme des produits de consommation, c'est le Service de la protection des consommateur qui est responsable. En cas de plainte, nous ouvririons un dossier", explique Claudius Gemperle, le Chimiste cantonal adjoint. Celui-ci précise que la mention interdit aux moins de 18 ans sur l'emballage suffit comme base légale pour en interdire la vente aux mineurs et poursuivre le cas échéant.

Sennur Sümer ne semble pas vouloir que ce mystérieux tenant de kiosque arrête de vendre des "e-shisha" aux enfants. Ce qu'elle veut est que "le public s'alerte du problème", dit-elle. Ici, peut-être faut-il préciser quelque chose que l'Aargauer Zeitung laisse dans l'ombre dans son article. Sennur Sümer est une cadre du Parti Socialiste local, dont elle a été candidate aux dernières élections à Bremgarten. Il n'y a rien de mal à ça, mais cela donne tout de même une autre coloration à sa volonté d'alerter le public et de réclamer que le vapotage soit assimilé au tabagisme dans la loi. Et ceci bien que le chimiste cantonal lui ait fait valoir qu'elle peut déjà légalement poursuivre ce vendeur mystère.

L'appel à la peur

Joliment écrit, le storytelling poursuit en donnant la parole à la Ligue Pulmonaire. L'organisation qui se réjouissait officiellement l'an dernier que le vapotage serait stagnant en Suisse selon les statistiques officielles. Phénomène synonyme de maintien du tabagisme et bonne occasion pour la Ligue Pulmonaire de rappeler que les pharmaceutiques, qui la sponsorisent, ont toute une gamme très étendue de médicaments à vendre pour les fumeurs. Dans l'Aargauer Zeitung, elle récidive dans son appel à la répression de l'outil de réduction des méfaits.

Pour la Ligue Pulmonaire, il s'agit, entre autres mesures, d'interdire la vente de produits de vape aux mineurs, prétendant que ces produits sans combustion, vendus en Suisse sans nicotine ni tabac, "causent une dépendance et/ou facilitent l'entrée dans le tabagisme". De manière remarquable, ni la Ligue, ni le journal, ni la maman socialiste Sennur Sümer, ne semblent préoccupés dans cet article du tabagisme réel, avec de vraies cigarettes fumées, qui touche les adolescents suisses. A aucun moment, une réflexion sur une prévention intégrant un outil de réduction des méfaits pour les adolescents n'est esquissée. Le seul et unique angle reste l'appel au sentiment de peur un peu névrotique des parents devant un "danger" présenté comme "inconnu" (ça fait peur l'inconnu, hein!).

Prévention primaire autogérée

Pourtant, ce que l'on sait de manière claire, mais dont aucun protagoniste de l'article ne parle, c'est que les pays où le vapotage s'est développé ont vu leur tabagisme adolescent dégringolé. Aux Etats-Unis, les Etats où les produits de vape étaient en accès aux mineurs avant 2014 ont accéléré par 1,7 la chute du tabagisme de leurs jeunes par rapport aux Etats prohibitionnistes (depuis, les USA ont interdit la vente à tous les mineurs). 

Que ce soit aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou dans la région parisienne, les suivis montrent qu'une part importante - de 10% à 20% selon l'âge - d'adolescents essaient le vapotage, mais peu - moins de 3%  des britanniques à 16 ans par exemple -, l'utilisent de manière régulière ensuite. Encore moins de non-fumeurs, moins de 0,3%, l'adoptent régulièrement, et une très faible partie d'entre eux échouent malheureusement dans le tabagisme. En essayant le vapotage, pour plus des 3/4 d'entre eux sans nicotine, ils évitent pour une très grande part d'essayer de fumer. Si cela était inventé par un ponte de santé publique, on crierait au génie d'une mesure de prévention primaire. Mais comme ce sont les ados eux-même qui l'ont créé, alors les bureaucrates adultes décident que c'est mal.

Courte-vue

Peut-être la fille de Sennur Sümer a t-elle vraiment acheté une "e-shisha" à un kiosque d'Aarau. Ou pas... Les fils blancs du storytelling délivrée par l'Aargauer Zeitung m'en font douter... Quoiqu'il en soit, ce dont on ne peut douter, c'est la nature régressive de prendre le point de vue étroit d'une mère contrôlante pour guide de stratégie de santé publique. A ce titre, l'article de l'Aargauer Zeitung rate non seulement les bases journalistiques de la vérification d'une information, mais aussi surtout d'aider ses lecteurs à élever le niveau de compréhension de la problématique. La principale information en creux de cet article est de voir l'inquiétante mobilisation de militants politiques et associatifs pour protéger le tabagisme face à un concurrent en mesure de bouleverser la donne contre la principale source de maladies évitables actuelles en Suisse.



mercredi 16 août 2017

[Expresso] Le Dr Joel Nitzkin presse Scott Gottlieb de suspendre la campagne anti-vape de la FDA

"Je demande la suspension immédiate de la mise en oeuvre de la nouvelle campagne anti-vape". Le Dr Joel Nitzkin, qui siège notamment au groupe sur le tabac de l'American Association of Public Health Physicians (AAPHP), appelle Scott Gottlieb, Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), a annuler la nouvelle campagne de prévention contre le vapotage, annoncée à destination des jeunes. Dans une lettre publiée sur R Street, think tank de santé publique, le défenseur d'une approche de réduction des méfaits prévient: "Cette campagne est en conflit direct avec votre intention récemment déclarée de soutenir une approche de réduction des risques dans la lutte anti-tabac"

Campagne contre-productive

"Les campagnes parrainées par le Gouvernement fédéral visant à décourager l'utilisation du vapotage et de produits de tabac sans fumée risquent de causer plus de mal que de bien. Il est peu probable qu'elles découragent les non-fumeurs d'utiliser ces produits. Il est nettement plus probable qu'elles donnent aux fumeurs et aux fonctionnaires d'Etat ou locaux l'idée erronée que le vapotage et les produits sans fumée sont aussi dangereux que les cigarettes", explique le spécialiste de santé publique.

Passerelle vers la sortie du tabagisme

"Nous savons que les produits de vapotage et les produits de tabac sans fumée disponibles sur le marché américain sont moins addictifs et présentent beaucoup moins de risques que les cigarettes. Nous savons aussi que le vapotage n'attire pas les adolescents vers la cigarette ni à la dépendance à la nicotine. En réalité, les données sont fortes pour montrer que la vape joue un rôle de première importance pour détourner les adolescents du tabagisme, qu'ils soient déjà fumeurs ou susceptibles de s'initier aux cigarettes. Ceci ressort des données du Center Disease Control (CDC) montrant que la forte augmentation de l'usage de la vape par les adolescents ces dernières années est associée à une réduction record du tabagisme", argumente le Dr Nitzkin.

Dogme obscurantiste contre la santé publique

"Je sais que ces conclusions vont à l'opposé de ce que vous disent les spécialistes de la FDA, du CDC et les dirigeants de la prévention. Le problème, tel que je le comprends, est que la politique anti-tabac actuelle est conduite sous l'emprise de sentiments et non sur la base de faits de science. Un élément en est l'engagement pour une société sans tabac, interprétée de manière à exclure tout produit nicotiné non-pharmaceutique de toute considération de santé publique. Un autre élément est le sentiment de l'évidence de la nature néfaste de la nicotine au point que toute preuve scientifique en conflit avec cette croyance est simplement rejetée sans considération", souligne le militant anti-tabac. 

Avant de pointer la crispation obscurantiste des cadres de la FDA. "Le principal obstacle à la mise en oeuvre d'une politique officielle de réduction des risques pour le tabac (THR) n'est pas le manque de données scientifiques. Cette barrière est l'absence de volonté des fonctionnaires fédéraux de prendre en considération les preuves des bénéfices individuels et de santé publique d'inclure la réduction des risques aux programmes de lutte anti-tabac, des bénéfices probablement inatteignables par d'autres moyens".


samedi 17 octobre 2015

SOS Addiction appelle les professionnels de santé à soutenir la réduction des risques. Et en Suisse ?

L'association française SOS Addiction, qui vise à informer et agir dans une approche de réduction des risques, lance un appel à signatures des professionnels de la santé français et étrangers.

1. Approuver ensemble les conclusions du rapport de Public Health England du 19 août 2015 sur la e-cigarette.
2. Demander que le gouvernement français pratique lui aussi une véritable politique de réduction des risques du tabagisme, s’appuyant sur tout le potentiel de la cigarette électronique.
Cet appel a vocation à être signé par de nombreux spécialistes Français et étrangers.

mardi 15 septembre 2015

#NZZ : la passerelle vers la bêtise [MàJ]

Avez-vous déjà bu ne serait-ce qu'une gorgée de bière ? Si vous répondez oui, alors la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) risque de vous déclarer alcoolique. Mais si en plus, vous avez déjà auparavant bu du soda, alors le quotidien zurichois pourrait bien aussi demander l'interdiction des sodas aux mineurs en raison de « l'effet passerelle » vers l'alcool de ceux-ci. Du moins, c'est ce que s'est permis de faire à propos de la vape, au lobbying moins stressant que Coca, la NZZ sous la plume de Stephanie Lahrtz dans son édition du 12 septembre dernier. En effet, celle-ci écrit la « e-cigarette est une passerelle vers le tabagisme des adolescents », « (...) des études montrent qu'ils sont nombreux a commencer ainsi une carrière tabagique ». 

Une innombrable foule de six jeunes 

Quelles études ? La NZZ se base sur deux études récemment publiées dans le même Journal of the American Medical Association (JAMA). La première a été menée à Los Angeles sous la direction du Pr Adam Leventhal. 2500 écoliers de 14 ans ont été interrogé sur leurs rapports à la vape et au tabac à un an d'écart. Le journal suisse relate « qu'après un an, un quart des consommateurs de e-cigarette à l'origine se sont mis à fumer, mais seulement un sur dix des ex-non-fumeurs ». Pour la journaliste suisse-allemande, ce constat est confirmé par la publication de la seconde étude menée à Pittsburgh par le Pr Brian Primack. Celle-ci montrerait « que 37,5% des consommateurs de e-cigarettes sont devenus fumeurs, contre moins de 10% des anciens non-fumeurs ». 

La journaliste remarque tout de même que la cohorte de départ ne présente que 16 utilisateurs de e-cigarettes sur les 700 jeunes de 16 à 26 ans interrogés. « Néanmoins, les résultats sont statistiquement significatifs », conclut-elle sans autre forme de procès. 37,5 % de 16 jeunes, cela fait 6 concernés sur 700. De quoi faire un buzz : « de nombreux jeunes commencent une carrière tabagique ». Six, nombreux... le zürcherdeutsch a ses mesures que la raison ignore. 

Ce que cache la NZZ à ses lecteurs 

Mais le principal est occulté dans l'article de Stephanie Lahrtz. Les deux études ont les mêmes problèmes méthodologiques. Non seulement le nombre de jeunes touchés par le « fléau » n'est pas suffisant pour être sérieusement qualifié de « statistiquement significatif ». Mais surtout les questions posées par les chercheurs ne permettent pas de catégoriser les jeunes comme elle le fait.

vendredi 4 septembre 2015

Stop-tabac de Leicester (UK): l'expérience ecig friendly


Accueillir et aider tout le monde. Même ceux qui veulent arrêter par la vape. C'est l'idée novatrice de Louise Ross, la directrice du Stop-Tabac de Leicester. Ouvert depuis 13 ans, le centre a aidé plus de 15'000 fumeurs à lâcher la clope. En janvier 2014, ce service de l'East-midlands anglais initie une démarche originale: c'est le premier service de cessation tabagique a devenir 'ecig friendly'. «Nous ne pouvons pas fournir d'ecigs, qui ne sont pas reconnues comme médication. Mais les personnes qui veulent arrêter de fumer à l'aide de ces appareils sont vraiment bienvenues», explique t-elle dans le bilan après une année de cette pratique. 

Au début, l'équipe du centre s'est préparé en rencontrant un vendeur, lui-même vapoteur, pour apprendre l'usage, les différents modèles, les arômes, les prix, les préférences et les styles de vapes. Cet apprentissage a donné lieu à de nombreux échanges au sein des membres de l'équipe, avec les utilisateurs du centre, par des rencontres de vapoteurs expérimentés et de nombreuses lectures sur internet. Une initiation à la culture de la vape qui les conduit à mieux conseiller les débutants. «Nous recommandons aux gens de se renseigner par eux-mêmes pour un vaporisateur de meilleure qualité [de 2ème à 4ème génération], plutôt qu'une cigalike bon marché mais inefficace», précise t-elle. L'équipe a découvert sa diversité, notamment des saveurs des liquides, aspect crucial pour aider le fumeur a passé à la vape avec plaisir.