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mercredi 30 août 2017

[Ristret] Traitement du Sarcoïdose par la nicotine: l'essai clinique est lancé par l'Université d'Ohio

"Après les résultats prometteurs des premiers essais, un essai clinique "randomisé" à large échelle est lancé pour approfondir la recherche sur la question des soins à long terme de la maladie de sarcoïdose avec des patchs de nicotine". Le  Centre médical Wexner de l'Université de l'Ohio (USA) annonce cette nouvelle étape sur le traitement du sarcoïdose à l'aide de la nicotine. "L'analyse des premières données nous donne l'espoir que les patchs de nicotine aident à stopper ou même inverser la croissance des cellules de sarcoïdose", explique le Dr Elliott Crouser, responsable du programme de recherche. Lancée depuis 2008, la recherche entre en phase 4 et va suivre des patients sur sept mois, un groupe avec des patchs nicotinés et un autre avec des placebo, ponctués de contrôles au scanner (CT Scan) des poumons en partenariat avec la Clinique de Cleveland.

La nicotine anti-inflammatoire

La maladie inflammatoire, qui touche fréquemment les poumons, est généralement traitée avec des stéroïdes. "Mais l'utilisation prolongée de stéroïdes peut entraîner des effets secondaires graves, tels que de l'hypertension, de l'ostéoporose et du diabète", précise le site de l'Université. Aussi le traitement aux stéroïdes (cortisone) ne peut pas être prolongé très longtemps. D'où l'intérêt d'un éventuel soin alternatif. "Pourquoi la nicotine pour le sarcoïdose? Autour de l'année 2000, nous avons découvert deux choses. Des preuves que la nicotine est anti-inflammatoire. Et d'autres études ont montré que les fumeurs sont moins susceptibles de développer un sarcoïdose", déclare le Dr Crouser au site News-Medical.net

Contre la fatigue extrême

L'alkaloïde se révèle aussi avoir un effet secondaire bénéfique. "Comme la nicotine est stimulante, la fatigue extrême qui accompagne le sarcoïdose est amoindrie avec les patchs qui les aident à avoir plus d'énergie au quotidien", précise le Dr Elliott Crouser. Cette fatigue extrême est d'ailleurs souvent le principal symptôme du sarcoïdose. "C'est compliqué parce qu'il imite les symptômes d'autres maladies et se retrouve souvent mal ou pas diagnostiqué. Le sarcoïdose peut apparaître sous forme de nodules dans les poumons, de pneumonie, de tissus cancéreux. Il peut parfois toucher d'autres organes vitaux que les poumons et cela diffère d'une personne à l'autre", développe le pneumologue spécialiste de la maladie de sarcoïdose . 

6'000 à 12'000 nouveaux cas par an en France

La maladie dite rare endommage gravement les poumons et, sans soin, peut aller jusqu'à la mort. Ses origines restent plutôt mal définies. Certains scientifiques estiment qu'elle est de nature génétique, tandis que d'autres évoquent l'hypothèse d'une origine environnementale, notamment des pesticides. La Société nationale française de médecine interne (SNFMI) évalue entre 6'000 et 12'000 nouveaux cas de sarcoïdose diagnostiqués en France chaque année.

La vidéo de 1mn30 de l'Université d'Ohio sur la recherche du Dr Crouser avec le témoignage d'un patient:



samedi 10 juin 2017

[Expresso] Convention de la Lega Italiana Anti Fumo : après 4 ans de vapotage aucun dommage pulmonaire [MàJ]

[edit à 15h: précisions sur l'étude suite à l'article de R. Polosa]
Hier, la convention 2017 de la Lega Italiana Anti Fumo (LIAF) - la Ligue italienne anti fumée - présentait en avant-première une étude prospective sur les effets pulmonaires du vapotage exclusif de longue durée chez des personnes n'ayant jamais fumé (ou moins de 100 cigarettes dans leur vie). La recherche dirigée par le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania, montre que "l'usage régulier et prolongé de vapotage ne conduit à aucun dommage des voies aériennes et des poumons", annonce Il Mattino présent au congrès. "Les participants ont utilisé quotidiennement le vapotage pendant au moins quatre années avec une consommation moyenne de 3,1 ml de liquide par jour. L'étude n'a pas relevé de changement de la fonction pulmonaire ni des marqueurs d'inflammation des voies aériennes", résume le quotidien napolitain.

Neuf vapoteurs réguliers non-fumeurs, d'une moyenne d'âge de 29 ans, ont été auscultés à quatre reprises, à un an d'intervalle chaque fois. Prise de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque, du poids et mesures de la fonction pulmonaire, de symptômes respiratoires et de présence d'inflammation des voies aériennes (notamment les niveaux d'oxyde nitrique et de monoxyde de carbone exhalés) faisaient parti du check-up. Un scanner thoracique en coupe de haute résolution (HRCT) était possible lors de la 3ème visite. "Aucun changement significatif n'a été relevé durant la période d'observation par rapport à l'état de départ, ni parmi les vapoteurs ni chez les non-fumeurs du groupe de contrôle. De plus, aucun problème pathologique n'a été détecté lors du scan HRCT des poumons et aucun symptôme respiratoire n'a été signalé dans le groupe de vapoteurs. Bien qu'il ne peut pas être exclu que certains dommages surviennent ultérieurement, cette étude montre qu'il n'y a pas de problème particulier de santé à l'usage à long terme du vapotage chez des utilisateurs relativement jeunes", explique le Pr Riccardo Polosa dans un court article pour la revue Sanità 24.

Les résultats de ce suivi avec la Policlinique Vittorio Emmanuelle de Catania, dont on attend impatiemment la publication en détail, ont été discutés durant deux heures par un panel de spécialistes de différents domaines. Giovanni La Via, Président de la Commission Santé du parlement européen, Lorenzo Spizzichino, de la Direction prévention au Ministère de la santé italien, le Pr Umberto Tirelli, de l'Institut national du cancer d'Aviano, et le Dr Fabio Beatrice, de l'hôpital de Turin, le Pr Lamberto Manzoli, de l'Université de Ferrara, qui a déjà dirigé une étude sur le sujet comme le rappelle le site italien spécialisé SigMagazine, ainsi que Mario Girolamo Cardella, Président de l'Union nationale des consommateurs, ont débattu des opportunités et des risques du vapotage face au fléau sanitaire du tabagisme.

PS. Merci à Bertrand pour m'avoir signalé l'article du Pr Polosa dans Sanità 24 ;)

Ajout 18-11-2017 / L'étude a été publiée hier dans la revue Nature:
https://www.nature.com/articles/s41598-017-14043-2