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vendredi 26 janvier 2018

Thaïlande: nouvelles arrestations et consignes aux aéroports contre les vapoteurs

Depuis le partenariat noué entre l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la junte militaire, propriétaire du Thaïland Tobacco Monopoly, la répression contre les vapoteurs ne faiblit pas en Thaïlande. Un couple de touristes israéliens a été arrêté pour avoir vapoter en début de semaine. "Ils ont été forcé de payer une amende d'environ 1'200 $", rapporte le Jerusalem Online. Suite à cette affaire, le Ministère des affaires étrangères israélien a décidé d'alerter sa population aux risques de voyager en Thaïlande avec des produits de vapotage. "Une personne qui détient une vapoteuse peut être amendée, jugée et incarcérée", a prévenu le Ministre israélien.

Consigne aux aéroports

A raison, car la junte militaire semble partie pour encore durcir les mesures de répression contre les vapoteurs, y compris les touristes. Selon un membre fiable de l'association d'usagers locale, une consigne a été transmise au personnel de sécurité des aéroports de dénoncer à la police les personnes détenant des produits de vapotage, notamment en cas de détection au scanner.
Selon la même source, au moins trente appareils de vape avaient été saisis à des voyageurs en une nuit après cette consigne.

Multiplication des arrestations depuis l'été dernier

Le vapotage a été interdit en Thaïlande par la junte militaire à la fin 2014, quelques mois après le coup d'Etat. La répression est allée crescendo, pour aboutir depuis quelques mois à de multiples arrestations. Cet été, un touriste Suisse a notamment été détenu six jours en isolement, puis astreint à rester au pays jusqu'à son procès trois mois plus tard qui l'a condamné à une amende. Plusieurs autres touristes ont connu des arrestations, certains s'en tirant avec des amendes sur le moment comme le couple israélien, d'autres astreints à rester en Thaïlande dans l'attente de leur procès. 

Les thaïlandais aussi sont victimes d'arrestations arbitraires. Une histoire a fait du bruit en décembre dernier, ayant été filmée. Une jeune femme, connue sur la toile sous le pseudo de Flukesri Maneedeng, a été arrêtée, violentée et sa voiture saisie pour simple détention d'une vapoteuse dans son auto. Dans l'attente de son procès, où elle risque jusqu'à dix ans de prison, la vapoteuse a multiplié les interviews sur les chaînes de télévision locales. Suite à cela, l'ECST, l'association de défense des usagers du vapotage en Thaïlande, a remis une pétition signée par plus de 17'000 personnes réclamant la légalisation du vapotage. 


lundi 18 décembre 2017

Plus de 17'000 signatures pour la légalisation du vapotage en Thailande

De nouvelles d'arrestations de vapoteurs ce mois en Thaïlande ont propulsé le débat sur le vapotage au premier plan. Parmi les multiples arrestations, dont au moins un touriste, les médias ont notamment relayé les images de la détention violente dManussaya Yaowarat, plus connue sous le pseudo de Flukesri Maneedeng sur le web thaïlandais. La jeune femme de 29 ans a été incarcérée, et sa voiture saisie, pour possession d'une vapoteuse et d'une fiole de liquide qu'elle a reconnue utiliser pour ne plus fumer. "Quel crime ais-je commis?", hurle t-elle aux policiers la violentant sur une vidéo qui a fait le tour du web puis des chaînes TV. Cette affaire a mis en relief les revendications de l'association des usagers du vapotage en Thaïlande (ECST). L'association, vient de soumettre à l'Assemblée législative nationale une pétition munie de plus de 17'000 signatures pour demander la légalisation du vapotage.

"Jusqu'à présent, personne dans le secteur de la santé publique n'a été disposé à débattre avec moi à la télévision publique", remarque Maris Karanyawat, représentant de l'ECST. "Pourtant, tout ce que nous voulons, c'est le droit de pouvoir choisir une alternative plus saine que le tabac traditionnel", précise t-il au Bangkok Post du jour. Du coté des autorités sanitaires, le déni de la réduction des méfaits est totale. "Le Département de Lutte contre les Maladies (DDC) et les réseaux anti-tabac insistent sur le fait que le vapotage est beaucoup plus dangereux pour la santé que les cigarettes de tabac", rapporte le Bangkok Post. A l'opposé des conclusions des rapports scientifiques britanniques de Public Health England et du Royal College of Physicians s'étonne le journal.

Siripol Yodmuangcharoen, responsable de l'Assemblée législative, confirme avoir reçu la pétition de l'ECST. Il note que 160 pays dans le monde autorisent la vente de vapotage, contre 15 prohibitionnistes, selon le Bangkok Post. En attendant une éventuelle avancée au pays du Thaïland Tobacco MonopolyPol Col Krissana Pattanacharoen, porte-parole adjoint de la police, rappelle que l'importation de produits de vapotage peut être sanctionné jusqu'à 10 ans de prison et une lourde amende, tandis que la simple possession est passible de cinq ans d'emprisonnement. Une politique de répression des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage soutenue par l'Organisation Mondiale de la Santé, qui la cite en modèle à suivre avec la Corée du Nord.


lundi 11 décembre 2017

Thaïlande: arrestations de touriste et brutalités policières contre une vapoteuse

Arrestations de touristes mais aussi de vapoteurs locaux, la police ne faiblit pas dans sa soif de répression en Thaïlande. Le nouveau témoignage d'un touriste arrêté, détenu et à présent assigné à rester au pays dans l'attente de son jugement est parvenu au milieu de la vape Suisse. Tandis que ce week-end, une autre arrestation fait beaucoup de bruit en Thaïlande. Manussaya Yaowarat, jeune femme sexy de 29 ans, a été arrêtée samedi soir à Pattaya et sa voiture saisie suite à un contrôle de police. Justification de l'arrestation? La police a découvert une vapoteuse et des liquides à vapoter sur le tableau de bord. La starlette de l'internet Thaï, sous le pseudo de Flukesri Maneedeng, prétend avoir été violentée par les agents. "La police nie les allégations selon lesquelles ses agents auraient agressé physiquement l'idole du Net Flukesri Maneedeng après l'avoir arrêté pour possession d'une cigarette électronique et d'un liquide de vapotage", explique le Bangkok Post

Mais une vidéo de son interrogatoire a déjà été visionnée par plus de 3,7 millions de personnes sur les réseaux sociaux depuis hier. 


"Ils ont trouvé une vapoteuse. Et ils doivent saisir sa voiture !?!?!". Hier, le commentaire de มึงรู้ยัง - พัทยา, le site d'actu de Pattaya, exprime l'incrédulité face à la scène filmée de l'arrestation, de l'interrogatoire et de l'enfermement de force de Flukesri Maneedeng

Libérée sous caution, la jeune femme a décidé de ne pas passer l'éponge. Depuis hier, elle multiplie les interviews télévisées. Elle conte sa mésaventure, précisant qu'elle était parfaitement sobre, ce qu'aurait confirmé les tests sanguins. Après un entretien de Flukesri Maneedeng sur Thaï TV 3 hier, Channel 32 a ouvert à son tour le débat. Après cette arrestation, "la plupart de gens se demande pourquoi détenir une "vapoteuse" serait si grave et illégal", s'interroge le teaser de la chaîne thaïlandaise. Dans la foulée, l'association des usagers du vapotage thaïlandaise (ECST) s'est entretenue avec la jeune femme. Mise en ligne sur la page Facebook de l'association depuis à peine une heure, la vidéo atteint plus de 50'000 vues au moment d'écrire ces lignes. 

Encore un touriste arrêté

En quoi vapoter est si grave ? La question a dû aussi traverser l'esprit du touriste qui a envoyé un message à Chris Lusser, le moddeur suisse bien connu de la communauté. Son histoire confirme une fois encore les arrestations de touristes pour vapotage en Thaïlande. "J'ai été arrêté le 3 décembre  parce que j'ai vapoté dans la rue. J'ai été détenu en cellule près de 16 heures et le lendemain j'ai été présenté à la justice". Le touriste arrivé en Thaïlande la veille de son arrestation a ensuite été libéré. "Mon père a payé 100'000 Baths [plus de 3'000 FS] de caution", précise t-il dans son message. 

Assigné à rester dans le pays jusqu'à la prochaine audience le 22 janvier, alors que son billet de retour est fixé au 22 décembre, il a pris contact sur internet après avoir trouvé les informations concernant  l'arrestation d'un touriste Suisse cet été. "J'ai trouvé cette communauté et peut-être pouvez-vous me donner des conseils ou de l'aide", explique le vapoteur que l'on devine désemparé. 


Un modèle à suivre selon l'OMS

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) promeut la Thaïlande comme modèle à suivre pour sa politique de répression des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage. Elle a d'ailleurs installé un centre opérationnel au pays détenteur de la Thaïland Tobacco Monopoly, ce qui parait entrer en violation de sa propre clause interdisant les financements par l'industrie du tabac (CCLAT art. 5.3). Au-delà de la question du financement cigarettier d'Etat thaïlandais, les incitations à la répression de l'OMS méprise cyniquement les droits humains



mercredi 8 novembre 2017

Impayable: le bureau anti-tabac de l'OMS fait son Sommet de bonne gouvernance en Thaïlande

Junte militaire et propriétaire du Thaïland Tobacco Monopoly, la Thaïlande a accueilli, les 2 et 3 novembre à Bangkok, le Sommet de bonne gouvernance du bureau anti-tabac asiatique (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L'OMS insiste dans son compte-rendu sur l'importance d'appliquer l'article 5.3 de la Convention anti-tabac, qui spécifie le devoir d'indépendance envers toute influence de l'industrie du tabac. Cette petite sauterie bureaucratique s'est donc déroulée dans une dictature thaïlandaise qui détient la principale firme de cigarettes locale. Un régime militaire qui réprime les usagers arrêtant de fumer à l'aide du vapotage, y compris par des incarcérations aux conditions connues sous le régime dictatorial. 

Gerry Stimson, militant de longue date des mouvements pour la réduction des méfaits et notamment organisateur du Global Forum on Nicotine (GFN), s'est étonné avec insistance du conflit d'intérêt évident de la Thaïlande et de la violation manifeste de ce Sommet avec la propre Convention anti-tabac adoptée par l'OMS en 2003.

Ses interpellations sont restées lettre mortes jusque-là. Pour l'OMS, la bonne gouvernance semble donc rimer avec junte militaire et l'indépendance aux intérêts tabagiques se conjugue en firme d'Etat détenant 80% du marché local de cigarettes. Tout un programme. Pour le coup, la forte influence locale de l'Inde, grande nation exportatrice de tabac, et la direction opaque de Vera daCosta passent presque inaperçues. Ce sommet réunissait 17 nations asiatiques ainsi que 33 organismes dont les noms n'ont pas été communiqués par l'OMS. La transparence, les principes démocratiques et le soucis de la santé publique, en particulier du public lui-même, ne semblent pas avoir été à l'ordre du jour. Une nouvelle fois est-on tenté de dire.


vendredi 27 octobre 2017

[zgrub] Robert Mugabe, l'ex-futur Ambassadeur de l'OMS, défend la production de tabac du Zimbabwe

"Le Président Robert Mugabe ne croit pas que le Zimbabwe, dont le tabac est la principale exportation rapportant des devises, doit arrêter d'en cultiver tant qu'en premier lieu, il y a des gens qui fument et en demandent, et d'autre part, tant que des boissons pécheresses sont produites et vendues ailleurs dans le monde, des boissons telles que le whisky, des tas de différentes bières qui comptent bien plus de morts que de juste fumer". George Charamba, porte-parole du Président Mugabe, s'est livré à un numéro d'équilibriste assez surréaliste devant les médias du Zimbabwe. Après la nomination avortée de Mugabe comme Ambassadeur de bonne volonté de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Secrétaire à l'information du Gouvernement du Zimbabwe a expliqué que celui-ci n'était pas au courant et n'aurait de toute façon pas accepté cette nomination. 

La semaine dernière au Sommet sur les maladies non-transmissibles à Montevideo (Uruguay), le Dr Tedros, directeur général de l'OMS, annonçait cette nomination dans son discours d'ouverture. Depuis, le verbatim a été expurgé par les services de l'OMS et le Dr Tedros a annulé cette nomination suite au tollé des organisations de défense des droits humains et la réaction de plusieurs pays occidentaux, tels que le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis. Pour sauver la face, comme le souligne malicieusement le magazine Science, le dictateur de 93 ans a donc fait communiquer qu'il n'aurait pas accepté ce poste. "De peur que l'on oublie que le Zimbabwe est un producteur mondialement connu de tabac, et que son chef d'Etat soit considéré comme un Ambassadeur de bonne volonté d'une agence qui a une position bien définie sur la culture du tabac et la vente du tabac", déclare M. Charamba, le porte-parole du Président Mugabe.

George Charamba pense que cela aurait été "une contradiction" et "porté atteinte à l'intérêt national du Zimbabwe". Derrière la réaction vexée du dictateur, il semble pourtant que le Zimbabwe a raté là une opportunité de défendre ses intérêts commerciaux. Le pays au sud de l'Afrique est la seconde puissance mondiale exportatrice de tabac brut derrière le Brésil, qui a placé Vera daCosta au poste de Secrétaire générale du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. Autre grande nation de tabac très influente à l'OMS, l'Inde se place troisième en terme de gain de balance commerciale par la vente de tabac non manufacturé. 

Yagdish Kaur, sa représentante à l'antenne de l'OMS pour l'Asie du Sud-Est a appelé, dans la revue Indian Journal of Public Health le 15 septembre, à la persécution des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage en suivant le modèle de répression en vigueur "en Corée du Nord et en Thaïlande". Arrestation et emprisonnement de vapoteurs y sont courants. Les pratiques de mises à l'isolement, violences, tortures, viols, travaux forcés en détention de ces deux dictatures sont dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Suite à l'appel de Yagdish Kaur, des parlementaires de Singapour ont déposé un projet de loi visant aussi à criminaliser les vapoteurs.


mercredi 25 octobre 2017

Thaïlande: le vapoteur suisse condamné mais de retour chez lui


Il avait été arrêté le 26 juillet dernier en Thaïlande pour avoir vapoté. Après avoir été détenu à l'isolement durant six jours dans des "conditions humiliantes et inhumaines", le touriste suisse avait été libéré sous caution et attendait depuis son procès, assigné à rester dans le pays. Il a été condamné à une amende d'un montant inconnu, en plus des frais de justice et d'avocat, mais autorisé a reprendre l'avion pour l'Europe, selon les informations du site suisse Watson. Il échappe ainsi à une peine de prison qui pouvait aller jusqu'à dix ans de réclusion dans les geôles thaïlandaises. "La justice thaïlandaise a été clémente avec le suisse", estime le site suisse-allemand.

L'OMS appelle à la répression

Les vapoteurs locaux ne profitent pas tous de la même indulgence. La junte militaire en Thaïlande interdit le vapotage depuis décembre 2014, alors que le tabagisme est de l'ordre de 42% dans sa population. Le marché des cigarettes y est tenu à 80% par la Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat. Séduite de cette situation, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelle a suivre le modèle de répression thaïlandais et nord-coréen contre les vapoteurs. A travers un article de sa cadre pour l'Asie du Sud-Est, Jagdish Kaur, l'OMS ordonne d'interdire et poursuivre le vapotage à l'exemple des deux dictatures militaires connues pour leur violations des droits humains.

Aucune info pour les touristes suisses

Le site du Département Fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne prévient pas explicitement sur sa page les touristes suisses sur la question du vapotage en Thaïlande. De son coté, l'Ambassade thaïlandaise de Berne n'a jamais daigné nous répondre à ce sujet. Au Royaume-Uni par contre, le Foreign Office informe clairement ses ressortissants des dangers actuels de la Thaïlande.


samedi 30 septembre 2017

La Thaïlande reconnait officiellement des arrestations de vapoteurs étrangers, l'OMS l'encourage

"Il y a eut des incidents récemment avec des voyageurs étrangers qui n'étaient pas au courant de l'interdiction [du vapotage] et qui ont du payer une amende sur place ou ont été arrêtés". L'Autorité du Tourisme en Thaïlande (TAT) ne donne pas plus de précision dans son communiqué, daté du 22 septembre dernier, sur ces "incidents" liés à la prohibition du vapotage mise en place depuis 2014 par la junte militaire. Fin juillet, le milieu des vapoteurs alertait sur l'arrestation le 26 juillet d'un touriste Suisse détenu durant six jours pour avoir vapoté en public. Relâché sous caution, il risque une peine de prison, qui selon les griefs retenus peut aller jusqu'à 10 ans. Information confirmée par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), mais dont la médiatisation a valu quelques enfumages. Malgré notre demande, l'Ambassade thaïlandaise de Berne ne nous a donné aucune précision ni sur l'affaire ni sur les indications à donner aux voyageurs. 

Arrestations et confiscations

Depuis, la presse britannique s'est fait l'écho d'autres cas de touristes pris à partie par les forces de l'ordre en Thaïlande. Certains ont dû donner des sommes de l'ordre de plus de 160 Fs sans savoir s'il s'agissait d'amendes légales ou de racket policier. Une ambiguïté fréquente en Thaïlande comme le confirme un français expatrié dans un interview à Vapoteurs.net. De son côté, le Foreign Office recommande explicitement à ses ressortissants de ne pas prendre de produits de vapotage en Thaïlande, alors que le DFAE reste silencieux sur le sujet. L'interdiction du vapotage ne concerne pas seulement les touristes, de nombreuses arrestations de thaïlandais sont rapportées régulièrement par la presse locale.

C'est dans ce contexte que, bien qu'elle ne donne aucune précision sur les suites judiciaires des différentes affaires, l'Autorité du Tourisme en Thaïlande a décidé d'informer les futurs voyageurs par ce communiqué, repris par de nombreux sites d'information en ligne notamment de langue allemande. "Alors que le vapotage (ou e-cigs) est utilisé un peu partout dans le monde comme aide pour arrêter de fumer, les voyageurs qui viennent en Thaïlande doivent savoir que cela est en fait illégal dans le Royaume", explique la TAT. "Beaucoup pourraient se demander pourquoi un appareil prévu pour aider les gens à arrêter de fumer est interdit. Un porte-parole du Gouvernement a déclaré que l'interdiction a été introduite pour des raisons de santé et qu'elle était suggérée à l'origine parce que le vapotage pourrait amener les jeunes au tabagisme", poursuit le communiqué.

La violation de l'article 1 (d) de la Convention anti-tabac

En parallèle, le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a franchi un pas supplémentaire dans son soutien à la prohibition thaïlandaise de l'outil de réduction des méfaits. La Dr Jagdish Kaur, cadre du bureau asiatique de la FCTC, appelle à suivre l'exemple de la Thaïlande, de la Corée du Nord et du Timor oriental, contre toute liberté donnée aux usagers de pouvoir utiliser des outils de réduction de risques comme le vapotage. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique (SEAR) doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire holistiquement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS), de manière appropriée à leur droit national. Sans égard à ce que ces produits contiennent ou non de la nicotine, ils imitent la fumée et doivent être considérer comme une promotion (directe ou indirecte) de l'usage de tabac", explique l'article de la cadre de l'OMS publié dans l'Indian Journal of Public Health le 15 septembre

Pourtant la Convention anti-tabac qui donne vie à ce bureau de l'OMS, stipule clairement la réduction des méfaits comme élément intrinsèque à sa démarche. "La "lutte anti-tabac" signifie une gamme de ressources, de demandes et de stratégies de réduction des méfaits visant à améliorer la santé de la population en éliminant ou réduisant la consommation de produits de tabac et l'exposition à la fumée de tabac"(*), précise dans sa version anglaise l'article 1 §d de la Convention cadre anti-tabac de l'OMS. La violation de cet article est activement soutenue par le Secrétariat Général actuel de la FCTC, qui s'est arrogé des pouvoirs de direction au-delà de son rôle de secrétariat au motif de lutter contre l'influence des firmes cigarettières. Bien que cette tactique d'opacité et d'exclusion de la société civile favorise un éco-système propice aux noyautages des grandes firmes tabagiques, notamment de Philip Morris comme l'a révélé une enquête de Reuters à propos du dernier sommet de la FCTC en Inde.

Sourires 1984

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait déjà adressé officiellement ses "félicitations" et "toute [sa] gratitude" à la junte militaire thaïlandaise pour sa prohibition du vapotage quelques mois après le coup d'état en 2014. Le pays qui compte, selon ses statistiques officielles, 42% de fumeurs est considéré comme "une sucess-story" par la toute-puissante cheffe de la FCTC dans un article du Guardian à l'été 2016. Le marché légal des cigarettes y est tenu pour 80% par le Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat sous l'autorité du Ministère des finances mais qui ne détient plus le monopole en dépit de son nom. L'entreprise annonce rapporter plus de 7 milliards de baths (env. 200 millions FS, 180 millions €) par an au Royaume. Le Thaïland Tobacco Monopoly finance notamment clubs de football et actions culturelles... Au pays du sourire obligatoire, que les opposants démocrates comparent au roman 1984 de George Orwell, arrêter de fumer à l'aide de la vape, c'est pire que fumer des cigarettes. 

(*) "“tobacco control” means a range of supply, demand and harm reduction strategies that aim to improve the health of a population by eliminating or reducing their consumption of tobacco products and exposure to tobacco smoke", à noter que la traduction française officielle est peu claire sur le point de la réduction des méfaits.

samedi 19 août 2017

[Expresso] La répression s'intensifie en Thaïlande: arrestation à Kanchanaburi

La répression du vapotage s'intensifie en Thaïlande. Cette fois, la police de Kanchanaburi annonce avoir procédé à une nouvelle arrestation d'un vendeur thaïlandais de produits de vapotage. Selon la police, l'homme de 45 ans aurait reconnu vendre des mods et des liquides par internet. Les forces de police déclarent avoir saisi plus de 3'500 articles, dont 2849 fioles de liquides, lors de la perquisition vendredi d'un entrepôt à Tambon Ban Nua, dans le district de Muang. Cette razzia suit de l'arrestation de deux autres personnes il y a un mois dans la région de Bangkok, dont l'un aurait été l'administrateur d'un groupe de chat online qu'aurait utilisé l'homme arrêté ce vendredi. Le Général de police de Kanchanaburi, Khamron Boonlert déclare au Bangkok Post traquer deux autres personnes qui seraient impliquées dans l'affaire. 

Le 26 juillet dernier, un touriste suisse a été arrêté et détenu durant six jours pour avoir vapoté en Thaïlande. Libéré sous caution, il attend son procès. Les autorités britanniques alertent les voyageurs que posséder un produit de vapotage, et a fortiori vapoter, en Thaïlande peut entraîner une peine jusqu'à dix ans de prison en cas de condamnation, confirmant l'arrestation de plusieurs ressortissants britanniques pour cette raison. Des touristes d'autres pays témoignent sur les réseaux sociaux d'arrestations suivies de saisie de matériel et d'argent par des policiers. 

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait félicité la junte militaire de nouvelles lois prises fin 2014 dont l'une interdit l'introduction de produit de vapotage en Thaïlande. "La police rappelle leur avertissement contre la possession de produits de vapotage. Sous la loi actuelle, seuls les produits contenant des feuilles de tabac peuvent être importés légalement. Le Ministère du commerce a interdit l'importation de produits de vapotage, baraku, shisha et les produits liés", précise le Bangkok Post du jour.



jeudi 17 août 2017

Risque de prison pour vapotage, le DFAE conseille de se renseigner à l'ambassade de Thaïlande


Pour être informés des dangers de vapoter en Thaïlande, les touristes suisses doivent prendre l'initiative de se renseigner avant leur voyage à l'ambassade thaïlandaise. C'est la réponse du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), après qu'un ressortissant suisse en voyage ait été arrêté, détenu six jours en préventive et inculpé pour y avoir vapoté en public. Libéré sous caution, il attend un jugement qui pourrait lui valoir une peine de cinq ans de prison, voire en cas de mauvais scenario judiciaire jusqu'à dix ans de réclusion. Tandis que le Foreign Office UK et les agences de voyages britanniques informent directement les voyageurs à destination de la Thaïlande des risques d'emprisonnement pour vapotage, le DFAE conseille simplement de contacter les représentants thaïlandais à Berne, en plus de lire ses recommandations, silencieuses concernant la répression de l'arrêt du tabagisme à l'aide du vapotage en Thaïlande. 

Les coordonnées de l'Ambassade de Thaïlande en Suisse sont:
Adresse: Kirchstrasse 56, 3097 Liebefeld
par email: thai.bern@bluewin.ch
et téléphone : 031/970.30.30
site web: http://www.thaiembassy.ch/


mercredi 16 août 2017

Tourisme en Thaïlande : risque de 10 ans de prison pour vapotage prévient le Foreign Office UK

La plupart des touristes et des agents de voyage ne le savent pas. Pourtant depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a formellement prohibé l'introduction de produit de vapotage en Thaïlande. Le 26 juillet dernier, un vapoteur suisse a été arrêté et retenu en détention préventive durant six jours. Relâché sous caution, il attend son jugement, risquant une peine de cinq ans de prison et une amende pour avoir vapoté en public. Au cas où le tribunal retiendrait aussi une accusation d'importation de produit de vapotage, la peine pourrait même aller jusqu'à dix ans de prison. Bien que les services du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) soient au courant, rien n'indique clairement ces risques sur la page de son site concernant les voyages en Thailande. 

Le Foreign Office prévient 

Au Royaume-Uni, le Foreign Office est plus prévenant. "Les voyageurs ne doivent pas apporter de vaporisateurs (tels que les e-cigs) ni de liquides de recharge en Thailande. Ces produits sont susceptibles d'être confisqués et vous pouvez avoir une amende ou être emprisonné jusqu'à 10 ans en cas de condamnation. Plusieurs britanniques ont été arrêtés pour possession de produits de vapotage", précise le site du Gouvernement britannique. De son côté, le quotidien anglais the Independent relaie l'alerte lancée par Pat Waterton, directeur de Langley Travel. Après que son neveu ait dû payer 125 £ pour possession d'une vapoteuse à Bangkok, l'agent de voyage appelle ses collègues à informer les touristes. "Tous les agents de voyage devraient prévenir leurs clients. La Thaïlande est une destination très populaire alors nous devrions prévenir les gens de ce risque qui peut ruiner leurs vacances", explique t-il aussi à la revue Travel Weekly estimant que "dix ans de prison pour vapoter, ça semble très long"

Gratitude de l'OMS

Un porte-parole de l'Autorité du tourisme thaïlandais a confirmé à Travel Weekly le danger d'emprisonnement en cas de possession, d'usage et d'importation de produits de vapotage. Malgré ces avertissements, nombreux sont les agents de voyage francophones à ne pas communiquer l'information au public. Pourtant, la décision contre le vapotage a été prise par la junte militaire en décembre 2014, six mois après son coup d'Etat. Elle était accompagnée de mesures contre le tabagisme dans les lieux publics. Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avait alors exprimé officiellement son "soutien" et sa "gratitude" à la junte militaire pour cette politique. Depuis une dizaine d'année, le tabagisme stagne à environ 42% de la population en Thaïlande, où les cigarettes sont taxées à 1000% (soit 90% du prix de vente en taxes) par l'Etat.

Ne rien signer

Depuis, les arrestations de vendeurs locaux pullulent. En 2015, les contrôles policiers semblaient encore relativement prévenants pour les touristes (voir la vidéo). Mais depuis quelques mois, les témoignages d'arrestation se multiplient. Bien qu'il semble que le ressortissant helvète soit le premier touriste à avoir subi une détention préventive pour ce motif. Sur les réseaux sociaux, les groupes d'entraide de vapoteurs thaïlandais conseillent de garder sur soi une preuve d'achat, datée d'avant la promulgation de l'interdiction d'importation de produits de vape le 12 décembre 2014, pour la montrer en cas de contrôle policier. A défaut, en cas d'arrestation, ils conseillent de ne rien signer et de contacter au plus vite un avocat. Ils estiment que le vide juridique sur les produits de vapotage n'équivaut pas à une interdiction valide de ces produits. Une cause qui pourrait se plaider en justice. 

Vidéo de touristes en novembre 2015 (en anglais) lors d'un contrôle policier en Thaïlande

samedi 5 août 2017

Fausses photos sur 20 Minutes à propos du vapoteur suisse arrêté en Thaïlande !?!? [MàJ]

Le quotidien gratuit 20 Minutes a publié hier deux photos montrant soi-disant l'arrestation du vapoteur suisse en Thaïlande le 26 juillet dernier, arrestation confirmée par le Département fédérale des affaires étrangères (DFAE) et les autorités thaïlandaises. Sauf que les photos, censées incriminer le vapoteur suisse, ont été publiées le 23 juillet par la presse thaïlandaise, soit trois jours avant son arrestation. Sur les photos, il s'agit en fait d'un jeune vendeur thaïlandais de 33 ans de Pattaya, dont la presse locale a diffusé le nom (mais on évitera ici de participer à ce genre de pratique). La première, où l'on voit un homme caché derrière une feuille blanche devant de nombreux produits de vapotage entouré de policiers thaïlandais, se trouve notamment sur le site de la chaîne locale AEC-TV illustrant l'article daté du 23 juillet, ainsi que sur l'article de Thai PBS le même jour. La seconde illustre la même information du 23 juillet mais sur le website de English Thai-PBS. On peut d'ailleurs reconnaître deux policiers présents sur les deux photos. Le vapoteur suisse a été arrêté le 26 juillet, soit trois jours après la première publication de ces photos. Ce n'est donc pas lui qui a été photographié.
Jeudi, les autorités suisses ont confirmé officiellement
l'arrestation le 26 juillet d'un vapoteur helvète en Thaïlande Source

Incrimination erronée

Malgré cela, le journal 20 Minutes affirme que "selon les photos diffusées par la police, l'homme détenait en effet un grand nombre d'appareils ainsi que des produits destinés à vapoter". Ces photos n'ont pourtant pas été diffusées par la police à cette occasion, comme le remarque un lecteur parlant le thaïlandais. "Après avoir entendu les news en Thaï, l'image ne correspond pas car c'est un thaïlandais de 33 ans vivant à Pattaya qui vendait du matériel de vape", précise t-il à juste titre. Malgré ce commentaire et en dépit d'un message de signalement de notre part demandant le retrait et la correction de cette fausse information, le site de 20 Minutes n'a ni réagi ni répondu [edit] a modifié les légendes des photos. En place des premiers textes soutenant la culpabilité du vapoteur suisse, les légendes ont été ré-écrites pour laisser penser que c'est la police thaïlandaise qui a communiqué la première photo, alors qu'elle est un screen-shot de la télé PBS (!), et que la seconde ne serait qu'une photo prétexte, alors qu'elle provient de la même affaire du 23 juillet que la première. [/edit] [Edit 6 août] 20 Minutes a finalement dépublié l'article, voir en fin de ce billet ;) [/]
Le vapoteur suisse risque cinq ans de prison

Les photos ont pourtant de toute évidence un caractère fortement préjudiciable. Elles tendent à incriminer l'accusé suisse d'avoir "importé des e-cigarettes" que le site souligne en titre. Le ressortissant suisse risque une peine jusqu'à cinq ans de prison et une amende pour possession d'un produit illicite, non-taxé et interdit d'importation. En outre, il suffit de lire les commentaires condamnant de manière définitive le vapoteur helvète pour comprendre l'impact sur les lecteurs de 20 Minutes de ces photos. Le Conseil Suisse de la presse jugera t-il qu'il y a faute grave en regard du code de déontologie journalistique ?

Les comparaisons de photo (avant la rétraction) :



edit 05/08/2017 à 12H30: modification de forme pour lever l'ambiguïté : l'arrestation du vapoteur suisse est un fait confirmé. C'est la validité des photos l'incriminant qui est en question ;)

Mise à Jour le 6 août 2017 à 16h30: Après m'avoir contacté, la rédaction romande de 20 Minutes a retiré l'article qui est tout de même resté trois jours en ligne.




mercredi 2 août 2017

Un Suisse arrêté en Thaïlande pour vapotage

En vacance, un Suisse a été arrêté le 26 juillet en Thaïlande pour avoir vapoté. "Il a été arrêté puis maintenu en prison durant six jours, à l'isolement complet, sans contact humain et en subissant des humiliations dégradantes", explique l'équipe de StattQualm, l'entreprise de produit de vapotage sur son mur facebook en allemand et en anglais. Sorti hier (1er août) de détention préventive, ce proche ami de la StattQualm team risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. "Apparemment, il lui est reproché d'avoir vapoté en public, et plus précisément, il serait accusé d'avoir importé des produits de vapotage", informe StattQualm. 

Le vapotage est illégal en Thaïlande, bien qu'en pratique il semble toléré. Une situation propice à l'arbitraire et aux abus d'autorité. L'ambassade et les autorités suisses se sont saisies du dossier. "Bien sûr, l'Ambassade, ses proches et ses amis, nous essayons ensemble de faire tout notre possible pour le sortir de là aussi vite que possible. Mais c'est bien connu pour être particulièrement compliqué (...) Nous espérons que notre ami pourra quitter la Thaïlande et rentrer rapidement", précise les moddeurs suisses. L'équipe prévient la communauté de ne pas se rendre en Thaïlande avec des produits de vapotage. "Notre ami est en train de servir de précédent, personne ne s'y attendait".

Mise à jour 03/08/2017 à 19h: Le Département fédéral des affaires étrangères confirme suivre l'affaire dans le quotidien 20 Minuten du jour. "L'ambassade de Suisse en Thaïlande est en contact avec les autorités locales compétentes". Et dans 20 Min version romande (très raccourci).