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jeudi 12 octobre 2017

[Pouët] Au #ForumSanté Libération, Agnès Buzyn bloque les questions qui dérangent

Ce qui est bien dans l'entre-soi, c'est qu'on n'est jamais dérangé. Invitée hier soir au Forum Santé organisé par le quotidien Libération, Agnès Buzyn ne goûte pas les questions dérangeantes. Depuis sa prise de fonction, la Ministre de la santé négocie avec les buralistes et le Ministère du budget un agenda de hausses des cigarettes suffisamment progressif pour ne pas ébranler ce marché. Dans le même temps, elle snobe les associations sur le terrain de la réduction des méfaits à l'aide du vapotage. La Ministre a simplement méprisée une demande d'entrevue envoyée conjointement en juillet par l'Aiduce, association des usagers du vapotage, et Sovape, association favorisant le dialogue entre les différents acteurs sur cette question aux multiples aspects. 

Alors lorsque sur le fil de son compte twitter apparaît hier des questions sur le sujet, la Ministre, ou plus probablement son spin doctor, a simplement actionné la fonction blocage des importuns. Ainsi les tweets gênants ont disparu de son fil. Pourtant quelques minutes auparavant, la Ministre insiste sur l'importance d'être à l'écoute des usagers du système de santé.
Mais le ressenti d'usagers sur son étrange démarche de politique de santé concernant le tabagisme ne semble pas devoir être mieux intégré. Au moins lorsque celui-ci surgit à la manière d'un troll, cette attitude un peu désespérée face au mépris des tenants d'un débat pour tenter de faire valoir une thématique passée sous silence par l'élite communicante. Les penseurs de l'entre-soi détestent.
Les choses se précipitent et s'aggravent. Le premier troll hirsute (moi-même, si vous n'avez pas saisi ;) ) se voit relancé par une vapoteuse soulignant que la question concerne aussi des femmes.

Aux deux effrontés osant faire surgir une question concernant potentiellement 16 millions de français, dont la majorité de couches populaires, dans une discussion bornée aux mœurs de la caste mandarinale, la réponse est: rien. Le blocage. Pour l'une et l'autre (je ne sais pas dans quel ordre, mais à peu de temps près).



Levons le suspens éventé du "débat". La Ministre trouve évidemment qu'il faut faire des efforts mais que tout ne va pas si mal sur la question de la place des femmes dans les élites médicales.

Pour ce qui est du débat interdit concernant la place de la population dans la santé publique, son message implicite est plus claire. Les lobbys passent avant. Au moins en ce qui concerne le tabagisme et la pléthore de maladies engendrées pour le bonheur des vendeurs de médicaments.

A six mois de l'annonce d'un nouveau Plan national de réduction du tabagisme (PNRT), pour remplacer la fumisterie précédente de Marisol Touraine, on peut honnêtement douter que quoi que ce soit ne change au royaume de France. Les bleus n'ont pas décroché le titre de vice-champions d'Europe du tabagisme par hasard. C'est là, un art consommé et parfaitement maîtrisé de la caste dirigeante sur le sujet. Evidemment, il ne faudrait pas mettre "tout le monde dans le même sac". Mais Agnès Buzyn prend visiblement ses dispositions pour surtout ne pas en sortir de ce sac de l'entre-soi des mêmes.


lundi 2 octobre 2017

France: Le Dr Lowenstein abasourdi que la Ministre A. Buzyn n'ait pas encore reçu les associations de vapoteurs

"Je souhaite qu'Agnès Buzyn, notre Ministre de la santé, ne reçoive pas seulement les buralistes, mais aussi les différentes associations de vapoteurs. Actuellement, c'est la principale révolution dans le domaine. Plus de vies ont été sauvées par le vapotage que par toutes les méthodes qui ont existé jusque-là". C'était la seconde fois durant son entretien dans l'émission M comme Maïtena sur RMC. Cette après-midi, le Dr William Lowenstein a fortement insisté sur son incompréhension de l'attitude de la Ministre. Le Président de SOS Addiction, atterré du sinistre sanitaire à grande échelle du tabagisme, ne comprend pas le dédain de la Ministre à l'encontre des associations de vapoteurs. Les associations Aiduce et Sovape révélaient le mois dernier que leur demande d'entrevue n'avait pas reçu même une réponse polie. Depuis la Ministre n'a toujours pas réagi. Paralysée sur place. Alors qu'elle s'était empressée de rencontrer les vendeurs de cigarettes dés sa prise de pouvoir.

Choquant mépris ministériel

A l'opposé du mépris ministérielle, le Dr Lowenstein souligne l'importance des acteurs de la réduction des méfaits par la vape, participants en première ligne sur le terrain. "Promouvoir le levier incroyable de la sortie du tabac par le vapotage.(...) Je suis ravi que notre nouvelle Ministre, qui est un médecin remarquable, ait reçu les buralistes. Mais par contre qu'elle n'ait toujours pas reçu les associations de vapoteurs, qui sont en train de sauver des centaines de milliers de vies, me choque en tant que médecin", souligne t-il (à 14') .  Pourtant, arrêter de fumer, "c'est atrocement difficile", en convient Maïtena Biraben, la présentatrice et ancienne fumeuse.

Le désastre sanitaire du tabagisme et son cortège de malades et de cadavres doit enfin être pris au sérieux par les autorités. "Cela demande autre chose que des rendez-vous à six mois, une petite trousse dans le kit du Mois sans tabac avec trois dessins à colorier. Il faut que cela devienne vraiment une priorité sanitaire et plus seulement la priorité des caisses de Bercy [le Ministère du budget]", se lâche l'addictologue. Le Pr Bertrand Dautzenberg, arrivé en cours d'émission, adoube le vapotage pour arrêter de fumer. "Pour un fumeur qui passe à la vape et quitte la cigarette, c'est infiniment, infiniment, moins dangereux. Il faut encourager tous les fumeurs à quitter le tabac par la porte, par la fenêtre, avec les moyens officiels et avec le vapotage", insiste le Secrétaire général de l'Alliance contre le tabac.

De la nicotine dans les aubergines

Cependant, encore convalescent peut-être, le tabacologue de l'Hôpital de la Salpétrière bloque toujours sur le mythologique vapotage passif. "On peut retrouver de la nicotine dans les urines [dans l'entourage des vapoteurs]. Alors, pas beaucoup, pas à forte doses, de manière infiniment moins toxique que le tabagisme passif, mais il y a un petit quelque chose", souligne le Pr Dautzenberg. "La nicotine on s'en fout. La nicotine n'est pas le problème. Le problème ce sont les milliers de toxiques des cigarettes", le reprend un peu plus tard le Dr Lowenstein, ancien pneumologue. "Oui de la nicotine, il y en a même dans les aubergines", glisse Maïtena. "C'est pour cela qu'il faut sortir du déni hypocrite contre le vapotage et le soutenir à fond", insiste encore le Dr Lowenstein.

L'émission a laissé place à d'autres interventions, notamment sur le plateau de Jean-Luc Renaud, représentant de la Fédération des buralistes, ainsi que d'auditeurs. Certains témoignant de leur arrêt du tabagisme avec le vapotage, dont un intéressant exemple d'usage de la vape en "roue de secours" pour éviter la rechute. Vous pouvez retrouvez l'émission en intégralité en podcast à  http://podcast.rmc.fr/channel295/20171002_mcommemaitena_0.mp3


dimanche 24 septembre 2017

Stoptober en Angleterre: [MàJ] Un enfumage du Sun m'a foutu dedans: Pas de censure des pubs pour arrêter de fumer

[Mise à Jour 26.09.2017 à 20h40] Selon le Vaping Postl'affaire rapportée par le Sun n'existerait pas. Le Cancer Research  UK et l'Advertising Standards Authority (ASA) nient qu'il y ait eu quelconque tentative de blocage des annonces de la campagne Stoptober. Sur son blog, Clive Bates a ajouté une mise à jour : " Le Cancer Research UK déclare qu'il n'a pas été "empêché de faire quoi que ce soit par l'ASA, et rien n'explique pourquoi cette histoire est apparue". Les pubs du Public Health England passaient à la télé hier soir encore." Désolé, de nous être fait enfumer par le Sun et d'avoir colporté cette désinformation... :(

"Couldn't vape it up! Les annonces anti-tabagisme du Cancer Research interdites à cause de règles débiles de Bruxelles". Avant-hier, le Sun révèle que l'Agence de contrôle des publicités (ASA) aurait refusé d'autoriser la campagne de l'organisation de charité contre le cancer durant Stoptober. Son thème "Quit or switch" - arrête ou passe au vapotage - fait un pied-de-nez au vieux slogan obsolète et meurtrier du "quit or die" - arrête ou meurt -. Mais la campagne de santé publique serait censurée en raison de l'interdiction des bureaucrates européens"Le comité sur les pratiques publicitaires a implémenté la règle de l'Union Européenne (UE) en février qui rend illégal la promotion "indirecte" de produits nicotinés, ce qui inclut le vapotage", expliquent Harry Cole et Ben Lazarus, les auteurs de l'article. En août, l'ASA avait déjà reçu une dénonciation anonyme contre une annonce pour un produit de vapotage.

Le Cancer Research va t-il défier la censure européenne?

Cependant, l'oeuvre de bienfaisance britannique contre le cancer pourrait passer outre. "Des sources nous ont déclaré que les dirigeants du Cancer Research réfléchissent à ignorer la censure et prendre le risque d'une bataille en lançant la campagne", précisait la première version de l'article du Sun (datée du 22 septembre au soir). "Le Département de la santé a réagit aujourd'hui pour soutenir que les campagnes de santé publique devraient être exemptées des règles de Bruxelles", précise l'article mis à jour hier.

Le spot Stoptober passera t-il comme prévu à la télé anglaise en octobre?


Le règlement en voie de réforme

L'organe de contrôle ASA a finalement aussi commenté la situation. "Nos règles interdisent les pubs pour les produits de vapotage sans licence [pharmaceutique] et contenant de la nicotine dans la ligne des lois Européennes qui ont pris effet en 2016. Les annonces pour des produits et les marques sont interdites et ne sont plus diffusées à la TV ou la radio depuis l'an passé", explique un porte-parole de l'organisme. A l'écoute des plaintes contre l'absurdité de ce règlement, il souligne avoir entendu que le Public Health England estime que la prohibition devrait ne pas couvrir les campagnes de santé publique concernant "la réduction des méfaits du vapotage contre ceux des cigarettes".

L'organe de de contrôle publicitaire est justement en train de proposer une réforme de son règlement sur ce point. Une consultation publique est ouverte jusqu'au 16 octobre. La règle édictée en février avait été vertement critiquée pour ses effets absurdes et néfastes, notamment par l'Association des professionnels de la vape indépendante britannique IBVTA. La perspective du Brexit devrait aider les britanniques à s'affranchir de ces limitations délétères imposées par les bureaucrates bruxellois, malgré la pression intense du lobby pharma pour les maintenir en place.

[Mise à jour 24-09-2017 à minuit] Clive Bates, sur son blog, estime que le problème provient de la réglementation excessive de l'ASA, au-delà de ce qu'impose la Directive européenne TPD et son implémentation britannique dans le Tobacco & Related Products Regulation (TRPR). Celles-ci ne visent que les publicités commerciales ou provenant d'entreprises commerciales. "Il est important que les institutions de santé respectées puissent promouvoir des approches génériques pour arrêter de fumer, y compris l'utilisation du vapotage. Le traitement de ce type de publicité devrait être distingué des publicités "dans le cadre d'une entreprise" ou d'une communication commerciale. La faute ne réside pas dans le droit européen, du moins tel qu'il a été interprété par le Royaume-Uni. Elle incombe à la transposition incompatible de la directive dans le règlement de l'Agence de contrôle publicitaire (BCAP)", explique t-il.

En contraste, des voies de défenseurs du vapotage s'élèvent sur les réseaux sociaux pour rappeler que ce risque de censure de l'information sur la réduction des méfaits sur la base des textes de la directive européenne avaient été soulignées et ignorées en son temps. Les propos très agressifs du Commissaire européen Andriukaitis à l'encontre des vapoteurs semblent bien illustrer cette intention de la bureaucratie bruxelloise contre les personnes arrêtant de fumer.
En France, comme la capote dans les années 1980'

En France, la Loi santé Marisol Touraine a également introduit l'interdiction de publicité et propagande, directe et indirecte, à l'encontre des produits de vapotage sous peine d'une amende jusqu'à 100'000 €. Imitant ainsi la vieille loi de censure contre les préservatifs en vigueur jusqu'à son abrogation en 1986 par la Ministre Michèle Barzach. Depuis l'intronisation de la censure, les chaînes de télévisions publiques semblent évacuer ou traiter de manière négative, jusqu'à l'outrance, le sujet de l'arrêt du tabagisme à l'aide du vapotage. Une consultation par l'association Sovape montre l'étendue du problème de liberté d'expression et du droit à l'information pour préserver sa propre santé que pose cette censure scélérate.

Si vous êtes résidents en France, ne visionnez pas cette vidéo, cela vous est interdit

En Suisse, la CFPT espère bâillonner les médecins

Hors de l'Union Européenne, la Suisse n'a pour le moment aucune règle contre l'information sur le vapotage. Un ensemble de lobbys intéressés à préserver le tabagisme et son cortège de malades friands de médicaments, réclament une censure totale dans la prochaine réglementation. La Commission Fédérale Tabac (CFPT) va jusqu'à exiger l'interdiction aux professionnels de santé d'informer les patients et le public sur le sujet.




mardi 12 septembre 2017

En France, les associations de vapoteurs scandaleusement snobées par la Ministre A. Buzyn

Une honte. En pleine préparation d'un nouveau Plan Tabac, Agnès Buzyn, Ministre de la santé française, n'a toujours pas jugé utile de répondre aux associations d'usagers du vapotage. L'Aiduce, représentante des intérêts des trois millions de vapoteurs, et Sovape, groupe actif pour le dialogue entre usagers, scientifiques et politiques autour de l'outil de réduction des méfaits et de sortie du tabagisme, sont tout simplement snobées. Aucune réponse, même de simple politesse, à leur courrier commun du 20 juillet"Alors que le gouvernement annonce un nouveau plan anti-tabac pour fin septembre, et que les buralistes semblent avoir porte ouverte au ministère, l'absence d'audition des associations de la vape, consommateurs et réduction des risques, est pour le moins inquiétante, quant aux orientations à venir", rappellent aujourd'hui les deux associations.

La France vice-championne d'Europe du tabagisme

Dans leur lettre du 20 juillet dernier, l'Aiduce et Sovape espéraient attirer l'attention de la Ministre sur "les preuves concrètes de la performance du vapotage et les points d’urgence à modifier dans la législation pour faciliter l'arrêt aux fumeurs actuels qui le souhaitent et cesser ses effets délétères sur les ex-fumeurs que nous sommes". Depuis le dernier Eurobaromètre a consacré Agnès Buzyn du titre de Ministre vice-championne d'Europe du tabagisme, à égalité avec la Bulgarie, avec 36% de fumeurs, juste derrière la Grèce sinistrée.
En France 36% de fumeurs, au Royaume-Uni 17%, en Suède 7%

Préférant les approches aussi creuses qu'un paquet neutre en fin de journée, les dirigeants français continuent de mépriser les politiques efficaces. Quand le Snus permet aux Suédois de réduire leur tabagisme à 7%, et le vapotage à moins de 17% des britanniques, la bureaucratie française se bouche les oreilles. "La vape est une opportunité pour la santé publique. D’autres pays, comme le Royaume-Uni ont su la saisir en appliquant une politique incitative. Leur modèle fondé sur la bienveillance et le pragmatisme permet aujourd’hui d’afficher outre-manche la prévalence tabagique la plus basse d’Europe, hormis la Suède qui a refusé l’interdiction du SNUS depuis 1992 pour rejoindre l’Union Européenne", expliquent l'Aiduce et Sovape dans leur courrier de juillet, soutenu par le Dr Jean-Pierre Couteron, de la Fédération Addiction, et le Dr William Lowenstein, de SOS-Addiction.

Le silence pour toute réponse de la Ministre Agnès Buzyn est une honte. 

Avec des conséquences humaines catastrophiques alors que le vapotage est un moyen de réduire les méfaits de la principale cause de maladies évitables.


dimanche 6 novembre 2016

[Debout] Ruquier se couche t-il devant le Tabac?

Bien roulée. La séquence choc anti vapotage de Laurent Ruquier dans On n'est pas couché (ONPC) hier soir sur France 2. Après une longue série de questions préparatoires (de près de 3 mn) sur son absence de consommation de substances addictives, il surprend Arielle Dombasle. "Je tiens à vous. Alors je vous le dis. Il faut se méfier de la cigarette électronique", assène le présentateur avant de lancer les images de la Dépêche du Midi. La séquence filmée par une camera de surveillance montre un accu prendre feu dans la poche d'un gérant de boite de nuit sur le trottoir de son établissement toulousain. 

Après trois minutes d'hypnose, la minute d'enfumage mensonger de Laurent Ruquier présente l'incident d'accu comme un accident de "cigarette électronique", pour arracher des propos incongrus à Arielle Dombasle:



Du reviewer suisse Phil Good
Pourtant, le malheureux toulousain, brûlé au second degré sur le coté du ventre, a clairement expliqué avoir mis un accu sans protection dans sa poche avec des pièces de monnaie. Une erreur qui provoque des court-circuits et entraîne une surchauffe rapide jusqu'au feu des accus lithium-ion. Que ceux-ci soient destinés à être utilisés avec des lampe-torches, des vélos électriques ou des vapoteuses... D'ailleurs les quatre seuls incidents recensés concernant des vapoteurs français sont tous similaires. La mesure très simple de sécurité est de protéger les accus avec des étuis en silicone ou des boites plastiques. Les magasins de vape les plus sympas les offrent. 

Les français se font-ils enbollorer?

Ces explications n'étaient pas difficiles à trouver. La Dépêche du Midi les a publié. Fin septembre, la même distorsion des faits de BFM-TV avait été épinglée par Arrêt sur Image, qui reprenait l'info du blog Vap'You. Pourquoi Laurent Ruquier a t-il alors présenté de manière aussi grossièrement manipulatrice la chose? C'est un secret de polichinelle, le présentateur est fumeur. Cela justifie t-il de présenter un incident ayant blessé un vapoteur tout en gardant le silence sur les 78'000 morts annuels de maladies provoquées par le tabagisme en France? Ou taire que les cigarettes sont la cause de près de 20% des incendies? Humm... peut-être... ou pas.
Consignes anti-vape aux journalistes de Canal+

Plus rationnelle, une autre explication se tourne du côté de consignes imposées aux journalistes et animateurs des chaînes de télévision françaises. Bien que secrètes, au risque de se faire lourder pour faute professionnelle en les révélant, les interdictions de tout propos positif sur le vapotage, de sa mise en avant pour l'arrêt du tabac, ou même de montrer un vapoteur, fuitent sur les réseaux sociaux. Celles de France Télévisions, si elles existent, ne sont pas encore parues. 

Par contre, un document interne de la chaîne Canal+ stipulant ses mesures de censure s'est retrouvé éventé. "On adopte une approche restrictive (...) Ne pas inciter à la consommation. Pas de complaisance. Attention aux propos et aux plans. Ne pas voir les marques. Ne pas voir l'action de fumer/vapoter", égrène la circulaire anti-vape de Canal +.

La Loi du silence

Une loi se trouve derrière ce black-out sur le moyen qui a permis à un million de fumeurs français de sortir du tabagisme, et à près de deux millions d'entre eux de réduire leur consommation de clopes. La transposition en France de la Directive européenne (TPD) impose depuis mai 2016 l'interdiction de "publicité et propagande directe ou indirecte sur les produits de vapotage". Allant au-delà du texte européen, la formule est similaire à celle qui imposait un silence de mort sur les capotes. Jusqu'à son abrogation par Michelle Barzach en 1987. 

En trente ans, de la levée de la censure sur la capote à celle contre la vapote, la France revient à un puritanisme rance contre un moyen de réduction des risques. Laurent Ruquier n'est probablement pas sans savoir le mal que la censure sur les préservatifs a causé en son temps. Comment peut-il collaborer à une telle réminiscence morbide?

Consultation citoyenne sur la censure

Consultation publique des associations
Certes, le politiquement correct a imposé le smoker-bashing pour alpha et omega de toute politique de prévention. Dans le vadémécum anti-tabac orthodoxe, le fumeur est un sous-homme ne méritant pas la parole et encore moins d'être aidé. Il mérite taxes, cancer et la mort puisque trop faible pour arrêter de fumer. Pourtant, le vapotage fait émerger une autre voix que l'abstinence. Une forme de consommation de l'acte et de la nicotine en éliminant les risques de la combustion et du tabac. Pourquoi depuis son émergence, le vapotage n'a jamais eu l'honneur d'ONPC alors que 34% des français fument? 

Silence en 2014 alors que des scientifiques renommés - dans les francophones, le Pr Dautzenberg, le Pr Etter, le Dr Presles - publient des livres sur le sujet. Silence toutes ces années sur les mobilisations citoyennes des associations, notamment l'actuelle consultation populaire sur cette censure. Silence enfin sur les films sortis ces derniers mois sur le phénomène social du vapotage. Le réalisateur américain Aaron Biebert d'A Billion Lives ou les français Ghislain Armand et Sébastien Duijdam de Beyond the cloud, n'ont probablement pas la notoriété pour passer à ONPC. Mais comment l'émission de Laurent Ruquier peut-elle faire l'impasse sur Jan Kounen et son documentaire Vape Wave

Les directives télévisuelles pour sauver le tabagisme, l'économie de l'échec de masse du sevrage pharmaceutique et tous ces petits intérêts morbides justifient-elles vraiment ce triste enfumage de Laurent Ruquier en ce Mois Sans Tabac français? ...