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vendredi 29 décembre 2017

Bad trip de Pourquoi Docteur: non, les drogues de synthèse ne sont pas "presque légales"

Les médias de santé ne sont visiblement pas épargnés par la surenchère sensationnaliste. Depuis hier, 'Pourquoi Docteur' met à la Une de son site que le Buddha Blues serait "presque légal" en France. Ce produit composé de substances de synthèse est connu depuis plusieurs années pour sa dangerosité. En 2014 déjà, le forum Psychoactif, espace d'entraide et d'information pour la réduction des risques liés à la consommation de substances psychoactives, prévenait des risques et d'effets secondaires de ce produit contenant les molécules 5F-AKB48 et AB-FUB. Ces pseudo-cannabinoïdes de synthèse, avec de nombreuses autres molécules développées initialement par l'industrie pharmaceutique, ont été placées (sous leurs désignations chimiques) par un arrêté du 19 mai 2015 dans la liste des substances classées stupéfiant. Autrement dit, contrairement à ce que prétend Pourquoi Docteur, elles ne sont pas "presque légales", elles sont totalement illicites

Add 20H: Pourquoi Docteur a modifié légèrement son article suite à la parution de celui-ci, en précisant qu'il s'agit d'un produit de synthèse, mais sans enlever les amalgames absurdes et potentiellement dangereux /off

Dans le fait divers brestois qui vaut l'article de Pourquoi Docteur, le Buddha Blues proviendrait d'un achat sur le Darknet, où se trouvent des marché noirs sur internet, selon les déclarations de la police au journal le Télégramme. "S’il n’y a pas eu d’accident grave, à ma connaissance, jusqu’à présent, c’est une conjonction de facteurs chance. Le trafic est généralement organisé en petites quantités par des gens qui informent leurs consommateurs", précise une source policière au Vaping Post qui relate l'affaire. 


Confusion délétère

Outre cet incroyable délire sur le statut du produit, l'article de Pourquoi Docteur sème aussi la confusion entre le cannabis, produit d'une plante, et les nouvelles drogues de synthèse. Pire, la fibre sensationnaliste pousse le média, soi-disant spécialiste des questions de santé, à faire l'amalgame entre le stupéfiant de synthèse et les liquides à vapoter au cannabidiol (CBD). Le CBD est pourtant connu pour son absence d'effet psychotrope (aka provoquant une ivresse), lié dans le cannabis au THC. 

Et, ainsi que l'a confirmé récemment le Ministère de la Santé, la vente du CBD est parfaitement légale en France. Il est par contre interdit de promouvoir de potentiels effets thérapeutiques du CBD. En Suisse, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) précise que des "discussions portent actuellement sur les possibles propriétés thérapeutiques du CBD (antioxydantes, anti-inflammatoires, anticonvulsives, antiémétiques, anxiolytiques ou antipsychotiques)".

Le Dr William Lowenstein sur le CBD à vapoter le 30 novembre dernier sur LCI:



Etat de confusion avancée

Ironie de la logique de bombardement d'informations, le site Pourquoi Docteur publie d'ailleurs une dépêche sur une étude à propos des effets anti-psychotiques du CBD aussi hier. "Des chercheurs viennent de montrer que le cannabidiol a des propriétés anti-psychotiques dans une étude contrôlée. Cette substance est un cannabinoïde présent dans le cannabis. Les scientifiques assurent que c’est un remède efficace et sûr. Leur recherche a été publiée dans le American Journal of Psychiatry", explique cette brève. Quelques minutes après, l'autre article du même site amalgame drogues de synthèse, cannabis avec THC et liquides à vapoter au CBD. La carte de l'angoisse et de la confusion s'abat: "la consommation de cette substance est souvent associée à des troubles psychiques, comme la schizophrénie". Un double discours contradictoire a vous en faire perdre la raison.

Mise en danger par désinformation 


L'orientation politique du procédé manipulatoire de l'article de Pourquoi Docteur est assez transparente. En soi, défendre le maintien de la vente du cannabis dans le réseau illégal est douteux d'un point de vue de santé publique, tout comme de jeter le discrédit par un amalgame fumeux sur un moyen d'éviter les méfaits de fumer que ce soit le tabac ou le cannabis . Aller jusqu'à mettre en danger le public, a fortiori les plus jeunes lecteurs, qui seraient amener à confondre drogues de synthèse et CBD, troubler les connaissances sur les différences de risques entre ces produits et potentiellement banaliser un produit très dangereux, va au-delà de l'acceptable. Espérons que Pourquoi Docteur rétracte sans tarder cet article dont l'auteur, bien qu'arborant le titre de docteur, semble néophyte dans le métier de journaliste. 

Un travail plus rigoureux, précis et éclairant pour informer le public des distinctions entre drogues de synthèse et cannabis, et sur les différents cannabinoïdes ainsi que les modes de consommation à méfaits réduits serait bienvenu de sa part. Et plus utile pour la santé publique que la diffusion de paranoïa infondée. Un travail d'information qu'avait fait, sous forme de dossier consultable, le Groupe Romand d'Etudes sur les Addictions (GREA) en mai dernier face à une autre épidémie de désinformation en Suisse contre le CBD.


mardi 7 novembre 2017

Comment l'étude de Santé Publique France a éliminé les arrêts à l'aide du vapotage de son étude?

"Parmi les personnes qui fument, celles qui utilisent aussi le vapotage régulièrement sont plus susceptibles d'essayer d'arrêter de fumer et réduisent leur consommation de cigarettes dans les six mois". Au terme d'un suivi sur six mois de 2057 fumeurs, dont 252 utilisant aussi le vapotage régulièrement au départ, une étude de Santé Publique France montre la multiplication par 2,6 fois des chances de réduire d'au moins de moitié la consommation de cigarettes pour les fumeurs utilisant aussi le vapotage. Par contre l'article, publié dans Addiction, reste évasif sur l'aide à l'arrêt du tabagisme que pourrait procurer le double usage. "Il reste pas clair si les usagers réguliers de vapotage sont aussi plus susceptibles d'arrêter de fumer", conclut l'étude dirigée par Anne Pasquereau. Mais à lire les données brutes de la recherche menée entre septembre 2014 et mars 2015, on peut s'interroger sur une autre interprétation que celle communiquée par Santé Publique France, sur son site en mai et de nouveau hier dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) et les médias grand public, par exemple 20 Minutes. Seul contrepoint, l'interview sur France Info de Sébastien Béziaux, vice-président de l'association Sovape, par Bruce Toussaint. Add: Le Vaping Post a aussi publié un article critique (que je n'avais pas vu ;) )

Identifier ou liquider les interventions efficaces ?

"L'une des missions de Santé Publique France est de contribuer à identifier les interventions efficaces pour aider les fumeurs à arrêter de fumer", explique Anne Pasquereau, la chercheuse référente, sur le site de l'agence gouvernementale française le 30 mai dernier. Avant d'insister que cette étude "n'apporte pas de preuve quant à son efficacité en termes d'aide à l'arrêt du tabac". Mais l'étude se donne t-elle vraiment les moyens de juger de l'efficacité du vapotage face au tabagisme? Un premier écueil semble l'évident biais de sélection de l'étude qui exclut a priori les fumeurs qui se sont sevrés avec le vapotage, en jouant sur une double temporalité entre vapotage et tabagisme. Seuls les vapoteurs depuis au moins un mois, mais n'ayant pas arrêté de fumer depuis qu'ils ont essayé, sont retenus dans l'étude.


Des études, en plus de fréquents témoignages, ont pourtant montré qu'une large majorité des arrêts des cigarettes réussis à l'aide du vapotage interviennent dans les premières semaines (exemple récent). Le Pr Bertrand Dautzenberg avait d'ailleurs souligné ce biais de l'étude en juin sur son compte twitter. 

Perdus de vue

En plus de cette sélection qui limite fortement [euphémisme] la portée de l'étude, son traitement des résultats est troublant. En effet, les chercheurs ont décidé de comptabiliser comme fumeurs les personnes ayant été perdues de vues entre le début et le contrôle à six mois. Or ceux-ci représentent 31,4% de l'échantillon initial de 3'000 personnes, qui s'est réduit réellement à 2'057 personnes à la fin. Je ne sais pas quelle peut être la justification rationnelle à ce jeu d'écriture consistant à intégrer aux résultats finaux comme fumeurs les personnes sorties de l'étude sans que l'on sache ce qu'il est advenu de leur statut de fumeur et/ou de vapoteur. Sérieusement, comment peut-on faire ça...?!?

Trafic d'OR


En faisant ainsi, le ratio entre fumeurs exclusifs initiaux et vapofumeurs initiaux ayant arrêté de fumer au final est amoindri à 1,2 fois plus de chances pour les vapoteurs. Mais si l'on s'en tient aux chiffres des personnes réellement contrôlées, les doubles usagers initiaux ont été 14,5% à arrêter de fumer, depuis un mois au terme du suivi, contre 10,3% des fumeurs exclusifs initiaux. 20% de chances supplémentaires d'arrêt du tabac a pu être jugées non significatif par Santé Publique France. Avec 40% de chances supplémentaires, le jugement de valeur communiqué aurait peut-être dû être différent...

Un quart du total des sevrages liés au vapotage

Outre les vapofumeurs initiaux, on peut noter que 8,5% des fumeurs exclusifs initiaux se sont convertis au vapotage exclusif, arrêtant de fumer avec la vape mais sans être comptabilisés dans les groupe initial de double-usagers. Les double-usagers ayant tout arrêté (vape et cigarette), ceux ayant arrêté de fumer et les fumeurs exclusifs finalement convertis au vapotage exclusif, autrement dit l'ensemble des fumeurs sevrés dont on peut retracer un usage du vapotage représentent 23,3% de l'ensemble des fumeurs sevrés au terme des six mois de suivi. Augmenter d'un tiers la part de fumeurs réussissant a arrêter de fumer est-il vraiment non significatif ?

La recherche montre l'augmentation du nombre de tentatives d'arrêt des cigarettes chez les co-usagers de vapotage initiaux. "Parmi les fumeurs, ceux qui utilisaient régulièrement une e-cigarette ont plus souvent essayé d’arrêter de fumer et réduit leur consommation de cigarettes au suivi à 6 mois", concèdent les auteurs. Pour autant, ils concluent que "l’efficacité de l’e-cigarette pour arrêter de fumer reste en débat". En ayant donc: 1) éliminé les vapoteurs qui avaient réussi rapidement à arrêter de fumer par un jeu de questions déphasées sur leur temporalité 2) intégré des personnes perdues de vue aux échecs finaux afin d'amoindrir le ratio d’efficacité et 3) catégorisé des personnes ayant arrêté de fumer à l'aide du vapotage dans ceux qui s'étaient sevrés sans vapotage. 

Comment peut-on oser signer un truc comme celui-là? Comment peut-on oser le relancer dans les médias en plein 'Mois Sans Tabac' ? Difficile de saisir la republication de résultats aussi honteux pour leurs auteurs en ce moment sans tomber dans une interprétation tendant à la paranoïa...


jeudi 12 octobre 2017

[Pouët] Au #ForumSanté Libération, Agnès Buzyn bloque les questions qui dérangent

Ce qui est bien dans l'entre-soi, c'est qu'on n'est jamais dérangé. Invitée hier soir au Forum Santé organisé par le quotidien Libération, Agnès Buzyn ne goûte pas les questions dérangeantes. Depuis sa prise de fonction, la Ministre de la santé négocie avec les buralistes et le Ministère du budget un agenda de hausses des cigarettes suffisamment progressif pour ne pas ébranler ce marché. Dans le même temps, elle snobe les associations sur le terrain de la réduction des méfaits à l'aide du vapotage. La Ministre a simplement méprisée une demande d'entrevue envoyée conjointement en juillet par l'Aiduce, association des usagers du vapotage, et Sovape, association favorisant le dialogue entre les différents acteurs sur cette question aux multiples aspects. 

Alors lorsque sur le fil de son compte twitter apparaît hier des questions sur le sujet, la Ministre, ou plus probablement son spin doctor, a simplement actionné la fonction blocage des importuns. Ainsi les tweets gênants ont disparu de son fil. Pourtant quelques minutes auparavant, la Ministre insiste sur l'importance d'être à l'écoute des usagers du système de santé.
Mais le ressenti d'usagers sur son étrange démarche de politique de santé concernant le tabagisme ne semble pas devoir être mieux intégré. Au moins lorsque celui-ci surgit à la manière d'un troll, cette attitude un peu désespérée face au mépris des tenants d'un débat pour tenter de faire valoir une thématique passée sous silence par l'élite communicante. Les penseurs de l'entre-soi détestent.
Les choses se précipitent et s'aggravent. Le premier troll hirsute (moi-même, si vous n'avez pas saisi ;) ) se voit relancé par une vapoteuse soulignant que la question concerne aussi des femmes.

Aux deux effrontés osant faire surgir une question concernant potentiellement 16 millions de français, dont la majorité de couches populaires, dans une discussion bornée aux mœurs de la caste mandarinale, la réponse est: rien. Le blocage. Pour l'une et l'autre (je ne sais pas dans quel ordre, mais à peu de temps près).



Levons le suspens éventé du "débat". La Ministre trouve évidemment qu'il faut faire des efforts mais que tout ne va pas si mal sur la question de la place des femmes dans les élites médicales.

Pour ce qui est du débat interdit concernant la place de la population dans la santé publique, son message implicite est plus claire. Les lobbys passent avant. Au moins en ce qui concerne le tabagisme et la pléthore de maladies engendrées pour le bonheur des vendeurs de médicaments.

A six mois de l'annonce d'un nouveau Plan national de réduction du tabagisme (PNRT), pour remplacer la fumisterie précédente de Marisol Touraine, on peut honnêtement douter que quoi que ce soit ne change au royaume de France. Les bleus n'ont pas décroché le titre de vice-champions d'Europe du tabagisme par hasard. C'est là, un art consommé et parfaitement maîtrisé de la caste dirigeante sur le sujet. Evidemment, il ne faudrait pas mettre "tout le monde dans le même sac". Mais Agnès Buzyn prend visiblement ses dispositions pour surtout ne pas en sortir de ce sac de l'entre-soi des mêmes.


lundi 2 octobre 2017

France: Le Dr Lowenstein abasourdi que la Ministre A. Buzyn n'ait pas encore reçu les associations de vapoteurs

"Je souhaite qu'Agnès Buzyn, notre Ministre de la santé, ne reçoive pas seulement les buralistes, mais aussi les différentes associations de vapoteurs. Actuellement, c'est la principale révolution dans le domaine. Plus de vies ont été sauvées par le vapotage que par toutes les méthodes qui ont existé jusque-là". C'était la seconde fois durant son entretien dans l'émission M comme Maïtena sur RMC. Cette après-midi, le Dr William Lowenstein a fortement insisté sur son incompréhension de l'attitude de la Ministre. Le Président de SOS Addiction, atterré du sinistre sanitaire à grande échelle du tabagisme, ne comprend pas le dédain de la Ministre à l'encontre des associations de vapoteurs. Les associations Aiduce et Sovape révélaient le mois dernier que leur demande d'entrevue n'avait pas reçu même une réponse polie. Depuis la Ministre n'a toujours pas réagi. Paralysée sur place. Alors qu'elle s'était empressée de rencontrer les vendeurs de cigarettes dés sa prise de pouvoir.

Choquant mépris ministériel

A l'opposé du mépris ministérielle, le Dr Lowenstein souligne l'importance des acteurs de la réduction des méfaits par la vape, participants en première ligne sur le terrain. "Promouvoir le levier incroyable de la sortie du tabac par le vapotage.(...) Je suis ravi que notre nouvelle Ministre, qui est un médecin remarquable, ait reçu les buralistes. Mais par contre qu'elle n'ait toujours pas reçu les associations de vapoteurs, qui sont en train de sauver des centaines de milliers de vies, me choque en tant que médecin", souligne t-il (à 14') .  Pourtant, arrêter de fumer, "c'est atrocement difficile", en convient Maïtena Biraben, la présentatrice et ancienne fumeuse.

Le désastre sanitaire du tabagisme et son cortège de malades et de cadavres doit enfin être pris au sérieux par les autorités. "Cela demande autre chose que des rendez-vous à six mois, une petite trousse dans le kit du Mois sans tabac avec trois dessins à colorier. Il faut que cela devienne vraiment une priorité sanitaire et plus seulement la priorité des caisses de Bercy [le Ministère du budget]", se lâche l'addictologue. Le Pr Bertrand Dautzenberg, arrivé en cours d'émission, adoube le vapotage pour arrêter de fumer. "Pour un fumeur qui passe à la vape et quitte la cigarette, c'est infiniment, infiniment, moins dangereux. Il faut encourager tous les fumeurs à quitter le tabac par la porte, par la fenêtre, avec les moyens officiels et avec le vapotage", insiste le Secrétaire général de l'Alliance contre le tabac.

De la nicotine dans les aubergines

Cependant, encore convalescent peut-être, le tabacologue de l'Hôpital de la Salpétrière bloque toujours sur le mythologique vapotage passif. "On peut retrouver de la nicotine dans les urines [dans l'entourage des vapoteurs]. Alors, pas beaucoup, pas à forte doses, de manière infiniment moins toxique que le tabagisme passif, mais il y a un petit quelque chose", souligne le Pr Dautzenberg. "La nicotine on s'en fout. La nicotine n'est pas le problème. Le problème ce sont les milliers de toxiques des cigarettes", le reprend un peu plus tard le Dr Lowenstein, ancien pneumologue. "Oui de la nicotine, il y en a même dans les aubergines", glisse Maïtena. "C'est pour cela qu'il faut sortir du déni hypocrite contre le vapotage et le soutenir à fond", insiste encore le Dr Lowenstein.

L'émission a laissé place à d'autres interventions, notamment sur le plateau de Jean-Luc Renaud, représentant de la Fédération des buralistes, ainsi que d'auditeurs. Certains témoignant de leur arrêt du tabagisme avec le vapotage, dont un intéressant exemple d'usage de la vape en "roue de secours" pour éviter la rechute. Vous pouvez retrouvez l'émission en intégralité en podcast à  http://podcast.rmc.fr/channel295/20171002_mcommemaitena_0.mp3


dimanche 1 octobre 2017

France: Où a t-on le droit de vapoter dés ce 1er octobre ?

L’illettrisme est un sérieux problème. Et visiblement, l'incapacité de saisir le sens d'un texte aussi court que le décret concernant le vapotage dans les lieux collectifs frappe massivement la profession de journaliste, du moins en France. Les choses sont pourtant relativement simples. Il est autorisé de vapoter dans les lieux accueillant du public, tels que les bars, les magasins, les halls d’accueil du public (justement), etc. Les espaces sans poste de travail, tels que la salle de repos, le coin machine à café, les couloirs sont également libres. Il est aussi autorisé de vapoter dans les locaux de travail individuels, tels qu'un bureau. "Si vous vapotez au bureau, soyez courtois et adaptez vos comportements au contexte", conseille judicieusement le site Vaping Post. Cette liberté peut être levée par le règlement intérieur de l'établissement, à condition d'avoir des justifications sérieuses et proportionnées. "La discrimination n'est pas autorisée dans les lieux publics", rappelle un aide-mémoire précis de l'association des usagers Aiduce. L'absence d'impact sanitaire du vapotage pour des tiers étant un élément dont le Conseil d'Etat a jugé fondamental de tenir compte pour ce sujet. 

Autrement dit, il n'existe pas de vapotage passif au sens du tabagisme passif qui impacte la santé de l'entourage. A ce titre, forcer les vapoteurs à aller dans des lieux fumeurs serait évidemment une mise en danger et une violation des règles de sécurité au travail. Une perte de confort dans la durée, par exemple, peut cependant justifier dans certaines circonstances une restriction des libertés individuelles des vapoteurs. C'est ce que l'administration française a estimé pour interdire le vapotage dans les locaux de travail collectifs, tels qu'ateliers collectifs, salles de réunion ou open-spaces. La même justification est utilisée par les transports en commun pour interdire de vapoter, par exemple dans les trains mais évidemment pas sur les quais. Par contre, il est totalement interdit de vapoter dans les lieux destinés principalement à l'accueil de mineurs, comme une école. En cas d'infraction, une amende jusqu'à 150€ au maximum peut sanctionner l'usager.

Jacques Le Houezec, tabacologue et spécialiste de la réduction des méfaits, attire l'attention aussi sur un point qui sera probablement sujet à procès sous peu. "Il n'existe aucune signalétique d'interdiction officielle, tout panneau apposé sera hors-la-loi", rappelle le Président de l'association Sovape, bon connaisseur de la loi Evin. Celle-ci protège en effet la spécificité de sa prévention anti-tabac d'amalgames fumeux qui tendraient à banaliser le tabagisme. Sur internet, des sites commerciaux malveillants ont mis en vente de faux panneaux d'interdiction de vapoter, qui en plus du coût ridiculement cher de ceux-ci, pourraient entraîner des entreprises les apposant à des poursuites. Cependant les entreprises doivent informer sur les lieux interdits au vapotage, mais évidemment sans jouer sur la signalétique dédiée au serial-killer qu'est le tabagisme. Une indication, par exemple par un texte en encadré ajouté au règlement intérieur affiché à l'entrée du bâtiment, suffit. Le point sensible étant qu'elle ne doit pas créer de confusion entre vapotage et tabagisme.

Ze debunking info de Télémachin, marrant et instructif ;) :

samedi 30 septembre 2017

[urologie passive] De quoi souffre le Professeur Dautzenberg ?

Urines vertes ou jaunes, présence de cotinine et angoisse persistante. Les symptômes affichés par le Pr. Bertrand Dautzenberg sur les plateaux de BFM puis de RMC (vidéos plus bas) ne manquent pas de surprendre. Qu'est-ce qui a pu provoquer de tels troubles chez le médiatique pneumologue français? Est-ce grave? Mais de quoi souffre vraiment le tabacologue officiant à l'hôpital de la Salpêtrière? 

Anamnèse

Lors de son échange avec Jean-Jacques Bourdin, le sympathique professeur raconte recevoir des vapoteurs qui parfois "tirent" quelques lattes sur leur appareil dans son bureau. Peut-être pris de fièvre, le tabacologue précise pourtant que la direction de l'Assistance Publique et Hôpitaux de Paris (AP-HP), où il officie, a interdit depuis le mois de mars le vapotage en son sein. Qui est le fautif dans cette situation? Du patient arrêtant de fumer, du docteur le laissant vapoter dans son cabinet, ou des autorités hospitalières n'ayant pas mis le holà à cette pratique délictueuse, son récit emmêlé ne le désigne pas. "L'AP-HP dans sa sagesse a inscrit dans son règlement intérieur que l'on ne peut pas vapoter dans les espaces collectifs, mais un soignant peut vapoter dans son bureau", tente d'expliquer le docteur sans faire la lumière de ce qu'il en adviendra finalement pour ses patients.

Asparagusite

Ce vapotage dans son cabinet, mais pas aux toilettes, est-il à l'origine du mal qui semble posséder le pneumologue? Très troublant, si ce n'est troublé, il énumère les couleurs de ses urines la veille sur BFM. "Moi, si le vapotage me donne des urines vertes ou jaunes, on peut me dire que ce n'est pas toxique, je ne suis pas content", s'offusque t-il (à 3'45''). Après recherches, si aucun cas de ce type n'est rapporté chez des vapoteurs ni dans leur entourage, des urines vertes ont été fréquemment constatées chez des sujets après ingestion en quantité d'asperges. La source du syndrome dautzenbergien pourrait bien être l'acide asparagusique, qui une fois digéré se dégrade en composés organiques souffrés.

Le Pr Andy Brunning, chimiste de l'Université de Cambridge, explique que le désagrément ne toucherait que 43% des amateurs d'asperge dans son oeuvre "Pourquoi l'asperge donne t-elle une odeur au pipi?". En ce qui concerne l'alternance flavescente du pipi du Pr Dautzenberg, de nombreux témoignages semblent corroborer que c'est là sa couleur normale. Peut-être un léger manque d'hydratation a t-il fait foncer le secrétât de l'urètre professoral? Boire un peu plus d'eau doit suffire à allonger le liquide doré.

Tomatage passif

Reste évidemment cette interrogation inquiète de la présence de cotinine dans la lansquine du docteur. Les doses relevées par plusieurs études sur des personnes en présence de vapoteurs, y compris leur compagnon ou compagne, montrent des taux similaires à ceux de personnes ayant mangé un des nombreux légumes naturellement nicotinés. Avaler quelques centaines de grammes de tomate, aubergine, patate, choux-fleur, carotte, poivron, etc délivre autant de nicotine que de respirer une demie-journée enfermé en compagnie d'un vapoteur. "Les partenaires de vapoteur.es ont en moyenne des concentrations de cotinine [ndr. métabolite de la nicotine] de 0.19ng/ml de salive et 1.75ng/ml dans l'urine, ce qui est environ 1'000 fois moins que les concentrations chez les fumeurs et se situe au niveau du taux de cotinine généré en mangeant une tomate", souligne à ce sujet le rapport du Public Health England en 2015.

Au vu de la brièveté des bouffées de ses patients vapoteurs, il semble plus probable que les métabolites de nicotine dans l'urine du Pr Dautzenberg proviennent de son alimentation. "La nicotine à ces doses là, mesurées chez l'entourage des vapoteurs, ne présente strictement aucun danger", tente de raisonner Claude Bamberger, de l'association Aiduce, sur le plateau de BFM. Le professeur n'a pas paru calmé par cette tentative de le faire revenir à une raison que le Conseil d'Etat français avait reconnu valide en 2013. C'est pourtant aussi la conclusion de trois rapports scientifiques du Public Health England en 2015, du Royal College of Physicians (UK) en 2016 et de l'Université de Victoria (Canada) en 2017. Depuis, deux enquêtes in vivo confirment. L'Université de San Diego dans 242 logements et le NIOSH du CDC américain dans un magasin de vapotage n'ont relevé aucune pollution intérieure inquiétante liée au vapotage.

Peut-être pour calmer le sujet pouvons-nous lui suggérer, sans donner crédit à son délire, d'éviter les plats comme les pizzas, la moussaka, le gratin dauphinois, etc., qui contiennent en masse des solanacées. Cela sera t-il suffisant? Difficile à dire, le propre de l'irrationalité étant de pouvoir se contredire sans sourciller. C'est ainsi que le professeur reconnait à un autre moment que "la nicotine est très très peu toxique". Le "danger est la fumée de cigarette", précise t-il. Le professeur convient d'ailleurs que la cohabitation entre vapoteurs et le reste de la population française "jusqu'ici se passait pas trop mal"

Subnormalisation

Ne dégageant pas de monoxyde de carbone, pas de particules fines solides, sans que l'on puisse distinguer si le compagnon ou la compagne d'un vapoteur a respiré la nicotine dégagée ou échangé ses fluides salivaires chargée de cotinine alimentaire dans des pratiques buccales très françaises, alors que visiblement les colories urinaires découlent plus probablement de l'alimentation, l'inquiétude sanitaire concernant le vapotage pour des tiers se trouve sans fondement. Le professeur a alors un soubresaut convoquant un risque comportemental. 

Trait identifié par de nombreux psychiatres, le délire rejette les faits de raison, notamment ici les comptes-rendus scientifiques, mais recèle souvent sa propre logique. "Le vapotage peut re-normaliser le tabagisme", assène ainsi le Pr Dautzenberg. Voilà Orwell revigoré. Arrêter de fumer, c'est fumer, a t-on envie de scander avec le docteur. En somme, un vapoteur re-normalise le tabagisme, Doit-on comprendre alors qu'un fumeur tend à montrer en acte que le tabagisme est anormal et dégouttant? Arrêter de fumer serait donc pire, aux yeux d'une certaine lutte anti-tabac, que de continuer de fumer, car cela peut re-normaliser ce qui serait (où?) dé-normalisé. On sait que d'aucun suggère de ne pas aider les fumeurs à arrêter pour que seuls les plus méritants se libèrent dans une souffrance rédemptrice et que les autres périssent le plus atrocement possible afin d'édifier les jeunes par leur agonie. Il y a peut-être un quelque chose de Chapman chez le Pr Dautzenberg, en dépit d'un fond humaniste clairement plus prononcé que chez l'ultra puritain.  

Le second assassinat de la loi Evin

Entre soutien à l'arrêt du tabagisme, mais volonté d'exclusion des parias ayant arrêté de fumer sans autre justification que de sombres hypothèses, il est passablement difficile de suivre la cohérence du propos. Comme le saisi spontanément la présentatrice de BFM-TV, le discours d'assimilation du vapotage au tabagisme finit par tuer la distinction fondatrice de la loi Evin qui interdit le tabagisme passif en raison de son impact sanitaire. Tout cela est réduit à un embrouillamini laissant à penser à un "simple problème de vivre ensemble", ou plutôt d'intolérance aux manies du prochain, pour fonder ce régime d'exclusion. Comment l'auditeur pourrait-il y voir autre chose qu'une volonté d'emmerder les fumeurs et désormais aussi les ex-fumeurs?  

Après cet incompréhensible amalgame, la dernière saillie sur le plateau de RMC du professeur alerte sur les nouvelles cigarettes de tabac chauffé des cigarettiers. "Il faut une ligne rouge entre les deux. Quand il y a du tabac, c'est un produit du tabac, quand il n'y en a pas, cela n'en est pas", conclue le professeur qui a miné auparavant la possibilité de cette distinction en excluant les vapoteurs du registre des non-fumeurs par le mythologique vapotage passif. Bien illuminé celui qui peut suivre ce chemin.

Une prescription compassionnelle

Mieux s'hydrater pour alléger les urines. Si les troubles anxiogènes liés à la couleur et au contenu en cotinine de celles-ci perdurent, bien que cela soit totalement bénin, le Pr Dautzenberg peut éviter les asperges et les plats contenant des solanacées. L'angoisse persistante d'un complot de re-normalisation du tabagisme mené par ceux qui ont arrêté de fumer doit cependant être traitée sérieusement. Même si le docteur semble jovial et empathique, il y a dans cette paranoïa un fond irrationnel et une opposition aux faits assez inquiétants. 

Concernant la loi Evin, déjà passablement éméchée sur son pan de l'alcool, sa spécificité sur le tabagisme vient de se faire étrangler par derrière. On peut douter qu'elle survive à un tel traitement par l'absurde aux yeux du public. Avec 36% de fumeurs, selon le dernier Eurobaromètre, on peut douter que cet amalgame fumeux soit une bonne idée pour la santé publique en France.

Sur le plateau de BFM-TV, le Pr Dautzenberg et Claude Falken de l'association Aiduce

Le Pr Dautzenberg, invité de Jean-Claude Bourdin vendredi matin

mardi 12 septembre 2017

En France, les associations de vapoteurs scandaleusement snobées par la Ministre A. Buzyn

Une honte. En pleine préparation d'un nouveau Plan Tabac, Agnès Buzyn, Ministre de la santé française, n'a toujours pas jugé utile de répondre aux associations d'usagers du vapotage. L'Aiduce, représentante des intérêts des trois millions de vapoteurs, et Sovape, groupe actif pour le dialogue entre usagers, scientifiques et politiques autour de l'outil de réduction des méfaits et de sortie du tabagisme, sont tout simplement snobées. Aucune réponse, même de simple politesse, à leur courrier commun du 20 juillet"Alors que le gouvernement annonce un nouveau plan anti-tabac pour fin septembre, et que les buralistes semblent avoir porte ouverte au ministère, l'absence d'audition des associations de la vape, consommateurs et réduction des risques, est pour le moins inquiétante, quant aux orientations à venir", rappellent aujourd'hui les deux associations.

La France vice-championne d'Europe du tabagisme

Dans leur lettre du 20 juillet dernier, l'Aiduce et Sovape espéraient attirer l'attention de la Ministre sur "les preuves concrètes de la performance du vapotage et les points d’urgence à modifier dans la législation pour faciliter l'arrêt aux fumeurs actuels qui le souhaitent et cesser ses effets délétères sur les ex-fumeurs que nous sommes". Depuis le dernier Eurobaromètre a consacré Agnès Buzyn du titre de Ministre vice-championne d'Europe du tabagisme, à égalité avec la Bulgarie, avec 36% de fumeurs, juste derrière la Grèce sinistrée.
En France 36% de fumeurs, au Royaume-Uni 17%, en Suède 7%

Préférant les approches aussi creuses qu'un paquet neutre en fin de journée, les dirigeants français continuent de mépriser les politiques efficaces. Quand le Snus permet aux Suédois de réduire leur tabagisme à 7%, et le vapotage à moins de 17% des britanniques, la bureaucratie française se bouche les oreilles. "La vape est une opportunité pour la santé publique. D’autres pays, comme le Royaume-Uni ont su la saisir en appliquant une politique incitative. Leur modèle fondé sur la bienveillance et le pragmatisme permet aujourd’hui d’afficher outre-manche la prévalence tabagique la plus basse d’Europe, hormis la Suède qui a refusé l’interdiction du SNUS depuis 1992 pour rejoindre l’Union Européenne", expliquent l'Aiduce et Sovape dans leur courrier de juillet, soutenu par le Dr Jean-Pierre Couteron, de la Fédération Addiction, et le Dr William Lowenstein, de SOS-Addiction.

Le silence pour toute réponse de la Ministre Agnès Buzyn est une honte. 

Avec des conséquences humaines catastrophiques alors que le vapotage est un moyen de réduire les méfaits de la principale cause de maladies évitables.


jeudi 17 août 2017

#FakeNews RTL enfume la France sur les chiffres de vente de tabac

Un chiffre a donné des sueurs froides en pleine canicule. Présenté sous forme de scoop exclusif, RTL annonçait hier un bond monumental des ventes de paquets de cigarettes en France de 9,2% provenant soi-disant de sources des douanes. En réalité, ce chiffre est totalement bidon et l'Administration des Douanes françaises l'a démenti. Avant même ce démenti officiel, les premiers à réagir pour dénoncer la Fake News ont été des buralistes sur twitter. Suivi par un communiqué de leurs "meilleurs ennemis" du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) qui s'insurgent de la désinformation. Les premiers soupçonnent un enfumage en vue de justifier la hausse du prix du paquet à 10 €, tandis que les seconds pensent qu'il s'agit d'une manœuvre pour discréditer le paquet neutre. Plusieurs médias reprenant l'info ont changé au petit bonheur la chance le chiffre annoncé. Pour certains c'est une hausse de 0,9% comme sur le Monde du tabac, pour d'autres de 0,5%, le CNCT affirme de son côté qu'il y a eut une baisse de 0,1%. RTL n'a pas (encore?) publié ni démenti, ni rectificatif de son énorme désinformation...

edit 18-08-2018 9h15: modif de l'expression ironique (peu claire) à propos du CNCT ;)

jeudi 10 août 2017

[Expresso] France: Philip Morris profite de la censure et du dénigrement contre la vape pour promouvoir sa cigarette Iqos

C'est une petite bombe que lâche ce matin le site Vaping.fr. L'enregistrement du recrutement téléphonique d'un "ambassadeur" par Philip Morris pour "faire la promotion" de sa nouvelle cigarette Iqos en France. La recruteuse du cigarettier est claire sur la tactique de contournement de la loi Evin. "Les restrictions législatives font qu'on ne peut pas faire de publicité pour du tabac, du coup il faut faire interagir votre réseau", explique t-elle dans une des conversions enregistrées. A l'image de sa stratégie de marketing testée en Suisse, le cigarettier prévoit des soirées "événements", des présentations en public, des groupes privés sur les réseaux sociaux et de la chasse directe. "Ce sera chaud pour vous et vous ne pouvez pas en faire la publicité vraiment", précise la recruteuse au postulant. Et de préciser que le futur chasseur de Philip Morris aura une enveloppe dédiée de plusieurs centaines d'euros, pour inviter des personnes à boire un verre ou autres, en vue de leur placer la cigarette Iqos. Le modèle semble proche de la campagne de chasse aux fumeurs d'Iqos mis en place par Philip Morris en Suisse.


Surfer sur la propagande des anti-vape

La stratégie de marketing du cigarettier vaudois entend bien profiter de la censure imposée aux produits de la vape par la loi Marisol Touraine, qui interdit "publicité et propagande" pour le produit sans tabac ni combustion en France. Tandis que sa cigarette de tabac Iqos produit de la pyrolyse comme nous l'avions expliqué sur la base des documents de Philip Morris et d'une étude indépendante lausannoise. Les campagnes de dénigrement du vapotage à répétitions par certaines organisations soi-disant anti-tabac, largement relayées par les médias à sensation, ont semé le doute dans la population des fumeurs contre la vape. Du pain béni pour Philip Morris qui va donc lancer une grande campagne de promotion de son nouveau produit pour récupérer sa clientèle perdue ces dernières années au profit de la vape. La mise en place d'une armée d'agents recruteurs en est un élément. 

La Ministre doute et donc n'existe pas

Pendant ce temps, la Ministre de la santé Agnès Buzyn préfère continuer de "douter" de l'intérêt de stratégie anti-tabac intégrant le vapotage, à l'image de celle britannique où le nombre de fumeurs s'est réduit de 20% depuis 2011. Le "doute", pour ainsi dire ce second produit de l'industrie cigarettière...





mercredi 12 avril 2017

[Presidentielle2017] N. Dupont-Aignan, B. Hamon et Ph. Poutou promettent des aides réelles pour sortir les fumeurs du tabac

Tandis que la Suède a moins de 9% de fumeurs, un tiers des français se goudronnent les poumons de cigarettes désormais en paquets "neutres". Résultat de deux derniers quinquennats d'une totale vacuité en matière de réduction de la principale cause de maladie évitable. Pourtant, thèmes délaissés des candidats, la santé et la question du tabagisme sont enfin timidement apparus à dix jours du premier tour. "Il ne faut pas seulement pénaliser ni culpabiliser, mais aussi financer tous les moyens d'aide au sevrage, les médicaments, les patchs, le vapotage, etc.", déclare le Dr Philippe Sopena, porte-parole du candidat socialiste Benoit Hamon au Quotidien du médecin. Même tendance à utiliser le levier d'une approche de réduction des risques et d'aide à l'arrêt chez Nicolas Dupont-Aignan. "Il faut inciter les fumeurs à vapoter afin de se sevrer progressivement", écrit-il dans sa prise de position envoyée à l'Alliance contre le tabac selon le même média. [Mise à jour en fin d'article]

L'heure de changer

Une approche couronnée de succès au Royaume-Uni où le nombre de fumeurs a baissé de plus de 20% depuis l'essor du vapotage en 2010. Plus de 2 millions de britanniques sont sortis du tabagisme via la vape. Près de 800'000 arrêtant la cigarette puis la vape tandis que 1,3 millions d'entre eux continuent de vapoter exclusivement, selon les statistiques officielles. Avec 9 millions de fumeurs, soit 17,2% des plus de 15 ans, le Royaume-Uni a pris le train de la réduction des risques contre le tabagisme. Même si les anglais n'ont pas tiré les premiers en ce sens. Pionnière, la Suède à l'aide du Snus a fait dégringolé son tabagisme à moins de 9% de sa population.



En France, le Snus est interdit et le vapotage peu soutenu, quand il n'est pas simplement dénigré par divers groupes d'intérêts. Le candidat anti-capitaliste Philippe Poutou propose pour sa part la gratuité des aides à l'arrêt du tabagisme, sans que les moyens considérés ne soient précisés dans le Quotidien du médecin. A l'image des positions des autres prétendants, le contenu reste assez nébuleux. La faute en incombe directement aux candidats. En méprisant les démarches réellement citoyennes, ils se sont rendus responsables du peu de clarté de leur engagement sur le sujet. Ce flou nourrit le désintérêt en retour de la part des vapoteurs, selon le dernier baromètre du site Vap'You.

Le flou des snobs

En effet, l'ensemble des candidats ont snobé les invitations de l'association Sovape au sommet à Paris le 20 mars dernier. Ils ne semblent pas plus vouloir prendre la peine de répondre au questionnaire de l'association des usagers Aiduce. Leurs positions respectives sont donc restées à la merci de ce que l'Alliance contre le tabac a bien voulu laisser filtrer lors de sa conférence de presse hier. L'organisation s'est gardé de rendre les documents accessibles directement au public. 


Michèle Delaunay, sa présidente, n'a manqué d'afficher devant la presse ni son antipathie aux approches humanistes d'aide aux fumeurs pour la sortie du tabagisme, ni son soutien à Emmanuel Macron. "Le seul a avoir annoncé en meeting le paquet [de cigarettes] à 10 euros", selon la députée socialiste. Occultant que le candidat d'En marche a assortie cette promesse d'une condition: que les pays limitrophes à la France en fassent de même avec une "harmonisation des taxes au niveau européen". Aussi probable que de réussir son sevrage tabagique en faisant des origami. 


Mic-mac à 10 euros

En fait, le seul candidat qui se soit engagé à une hausse à 10 euros du paquet dés 2017 et de poursuivre cette hausse au long de son quinquennat sans condition est Jean-Luc Mélenchon. C'est ce qui ressort des réponses des candidats au questionnaire d'un groupe de sept experts de santé publique dont le tabacologue Gérard Dubois. Sur le tabagisme, seul l'outil répressif de l'augmentation des taxes est envisagé par les experts de securite-sanitaire.org, sans considération d'approches complémentaires comme la réduction des risques. 

Mais visiblement, même si la position de JL Mélenchon correspond au plus près aux demandes de l'Alliance contre le tabac, sa présidente M. Delaunay préfère mettre en avant E. Macron. Effet du réseau Sicpa et de son marionnettiste Yves Trévilly, opportunisme personnel ou simple incohérence d'esprits bornés ? Difficile de saisir la raison réelle à cet étrange positionnement.

Guerre aux pauvres ou lutte contre le tabagisme?

Si de leurs côtés, Benoit hamon propose une hausse des taxes tabac de 10% par an à long terme et Nicolas Dupont-Aignan de viser le paquet à 10 euros d'ici deux ans, Nathalie Arthaud s'oppose à une hausse qui frapperait les plus pauvres. Les sociologues Patrick Peretti-Watel et Jean Constance le soulignaient en 2010. "Les personnes en situation de précarité, et en particulier celles qui sont au chômage, persistent donc plus souvent à fumer, alors même que la hausse des prix ampute une part non négligeable du très modeste budget dont elles disposent. Les taxes sur les produits du tabac constituent à ce tire un "impôt régressif" qui tend à paupériser davantage les plus démunis, à accroître leur précarité et à dégrader leurs conditions de vie, sans pour autant parvenir à les préserver des risques annoncés du tabagisme", soulignent-ils dans un article présentant leur rapport pour l'INSERM sur le sujet. Un constat qui devrait interpeller toute personne soucieuse d'équité sociale et motiver à prospecter vers des approches de réduction des risques.

Marine Le Pen, connue pour vapoter, s'oppose aussi à une hausse des taxes du tabac, qu'elle imagine profiter au marché noir florissant en France. Tous les candidats ont promis de renforcer les contrôles contre la vente de cigarettes aux mineurs et pour faire respecter les interdictions de fumer dans les lieux publics. Les candidats, dits souverainistes, prennent évidemment leurs distances avec les traités européens, ce qui pourrait laisser un espoir aux vapoteurs d'en finir avec l'infamie de l'assimilation du vapotage aux produits du tabac dans la directive européenne TPD. Au sujet des gesticulations de l'Organisation mondiale de la santé, Philippe Poutou souligne les problèmes d'influence des lobbys au sein de la machine bureaucratique genevoise.

Une absence d'idée

En définitive, peu de choses n'a surgit de cette campagne concernant la lutte contre le tabagisme. Par exemple, aucun candidat ne semble avoir même songé à créer une formation aux outils de réduction des risques pour les buralistes, au statut particulier de préposés de l'administration. Un réseau de proximité dont les produits prédisposent à une influence en terme de sociabilité. Leur donner une chance de mettre un contenu à un rôle "d'acteurs de santé publique", utilisé jusque-là comme un élément de langage totalement creux par les bureaucrates français, serait pourtant une manière de mettre à profit cette particularité structurelle. Mais les politiciens français ont-ils l'imagination et le courage d'oser se sevrer du tabagisme et passer à l'heure d'une réduction des risques conséquente?

Mise à jour 25-04-2017 : Le dossier des réponses des candidats a finalement été mis en ligne par l'Alliance contre le tabac. Cela permet de corriger ou préciser quelques points de l'article :
- Philippe Poutou s'interroge sur la position anti-vape de l'OMS.
- Marine Le Pen s'oppose à l'augmentation des prix du tabac car elle frapperait les plus pauvres.


jeudi 26 novembre 2015

France: la loi Marisol Touraine étouffe la réduction des risques malgré des centaines de témoignages de vapoteurs


Le blog Vap'You lance un appel à témoigner 
La ministre française de la Santé ne pourra dire qu'elle ne savait pas. "Le vote sur la loi de santé ayant été à nouveau reporté, il nous reste jusqu’au 1er décembre pour tenter un dernier baroud d’honneur et exprimer avec notre cœur et notre esprit notre souhait que le gouvernement et le parlement suspendent immédiatement toutes les dispositions qui concernent la vape." A l'appel du blog Vap'You des centaines de vapoteurs apportent leurs témoignages sur le site de Marisol Touraine