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samedi 18 novembre 2017

[Ristrett'] La vape appartient-elle à Big Tobacco ?

L'accusation est récurrente de la part des anti-vapes. Le vapotage serait aux mains des grandes compagnies cigarettières. Quand est-il dans les faits? Les produits de vapotage appartiennent-ils vraiment tous aux Big Tobacco? Go Smoke Free, site de vente de produits de vapotage anglais, s'est posé la question. "Nous voulions savoir si la majorité des marques de vapotage sont indépendants ou détenus par une compagnie, et plus important encore, si cette compagnie est une compagnie de tabac", explique Go Smoke Free. Résultats de leurs recherches, une infographie vient d'être publiée. Des marques de produits de vapotage appartenant à des cigarettiers existent. Go Smoke Free en recense neuf en Angleterre. Cinq marques sont au sein de firmes totalement dédiées au vapotage. Enfin, plus de 80% des marques dénichées sont des indépendants. Il est possible que des produits aient échappé à la recherche. Mais il est très peu probable que ce soit des produits de grands cigarettiers. Ils sont compétents en matière de marketing. 

vendredi 17 novembre 2017

Traités d'escrocs, les vapoteurs italiens se mobilisent contre la mise à mort de la vape indépendante

Près de 55'000 signatures en quelques heures. Lancée cet après-midi, la pétition contre l'amendement Vicari cartonne. En jeu, la survie des magasins de vapotage spécialisés, et au-delà celle de la vape indépendante en Italie. L'amendement de la sénatrice Simona Vicari prévoit d'interdire la vente des produits de vapotage hors du réseau régit par l'Administration des Douanes et du Monopole (AAMS). Les sites de vente en ligne seraient interdits et les magasins spécialisés triés sur le volet par l'administration selon des critères à définir par l'AAMS d'ici le 31 mars 2018. En clair, le vapotage se retrouverait aux mains des buralistes. Avec les conséquences prévisibles sur la variété, la qualité et l'indépendance des produits qui y seront proposés.

Pour les ex-fumeurs et ceux en sevrage, ce sera l'incroyable obligation de devoir être face à des paquets de cigarettes pour s'acheter des liquides à vapoter. Une situation de dissonance cognitive volontairement provoquée qui touche à la perversité. Devant le Sénat, Simona Vicari a justifié son amendement parce que la situation actuelle des ventes des produits de vapotage "est une véritable escroquerie" aux intérêts des italiens.

Mise sous examen dans une présumée affaire de corruption, l'ex-sous-secrétaire d'Etat avait du démissionner de son poste en mai dernier. Simona Vicari avait reçu des cadeaux, dont une Rolex, de l'armateur palermitain Morace alors qu'elle a fait passé un amendement sur la TVA très favorable à ce secteur d'activité.

Plusieurs voix, partagées par le site SigMagazine, se sont fait élevées ces derniers jours contre cette mise à mort de la vape indépendante. Stefano Di Luca, Président du Parti Libéral, déplore le "clientélisme" de l'amendement Vicari. Marcello Gualdani, sénateur dans la cinquième Commission, a fait valoir son opposition sur le procès-verbal de la séance ayant validé le texte. Francesco Pasquali, secrétaire régional (Lazio) du Parti Libéral, craint pour les "centaines de petites et micro entreprises" de vape dans sa région. "Une fois encore, le législateur préfère la facilité à coups de taxes pour engraisser encore plus le parasite du Monopole", regrette t-il.

En dehors des paroles d'élus, c'est "tout un secteur qui hurle sa douleur", explique Stefano Caliciuri sur SigMagazine. Des centaines de témoignages, de messages de détresse et de questions angoissées parviennent au site spécialisé. Au point où celui-ci a ouvert ses colonnes aux paroles des victimes de l'amendement Vicari. "Nous sommes des personnes, pas des numéros" collectionnent les histoires d'artisans, de commerçants, d'employés et de simples vapoteurs. Un vaste appel à la raison de la part du monde de la vape italienne aux dirigeants. Entendront-ils ?

[Ristrett'] Le vapotage pour aider les fumeurs en souffrance psychique au Royaume-Uni

"Le vapotage offre une nouvelle chance aux fumeurs souffrant de maladies psychiques qui n'ont pas été en mesure d'arrêter avec d'autres méthodesIl devrait être offert comme une méthode légitime de cesser de fumer dans tous les milieux de santé mentale", résume Alyssa Best du Cancer Research UK (CRUK). Elle est l'auteure du nouveau rapport sur le vapotage du Mental Health & Smoking Partnership, qui regroupe douze organismes de santé britanniques, dont l'Action on Smoking and Health (ASH), le Royal College of Psychiatrists (RCP-UK) ou encore Rethink Mental Health. "Davantage doit être fait pour aider les fumeurs ayant des problèmes de santé mentale à cesser de fumer, y compris l'accès au vapotage et à d'autres traitements", insistent les organisations de bienfaisance sur le site du CRUK

Les personnes en souffrance psychique sont fortement plus susceptibles de fumer que la population générale. Au Royaume-Uni, 16% de la population fume, tandis que ce sont jusqu'à 70% des patients de certaines unités psychiatriques. Cet écart s’accroît alors que le tabagisme décline dans la population, la part de fumeurs en souffrance psychique n'a pas varié ces vingt dernières années."Cette grande inégalité mène à la mort prématurée et à des années de maladie chronique pour beaucoup d'entre eux. Le vapotage offre une nouvelle opportunité à ces personnes de s'éloigner du tabagisme et d'éviter le terrible fardeau de la mort et de la maladie qu'il cause", explique la Pr Ann McNeill, coprésidente du Mental Health & Smoking Partnership. Ce sont de dix à vingt "années de vie volées" aux personnes touchées par un problème psychique, principalement à cause du tabagisme, selon l'analyse de l'ASH.

Lorsqu'il est facilement accessible, le vapotage accompagné de bons conseils et d'une information honnête, rencontre un bon écho chez les personnes en détresse psychique. La part de fumeurs désirant arrêter est aussi grande dans ce groupe social que dans le reste de la population. "Les utilisateurs de nos services ont demandé massivement de pouvoir utiliser le vapotage pendant un séjour en milieu hospitalier. Notre organisation a soutenu cela en offrant des vapoteuses jetables gratuites à l'admission", témoigne Lesley Colley, du National Health Service (NHS) de Tees, Esk and Wear Valleys. Résultat de cette opération menée depuis mars 2016, le tabagisme est passé de 43% à 28% chez les usagers de ses services.



[Expresso] USA: le nouveau plan anti-tabac de la FDA décortiqué dans la revue JAMA

Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a la main sur la réglementation des produits du tabac depuis 2009. Ce pouvoir lui est attribué dans le but de protéger la santé publique.  "A ce jour, l'agence a peu fait pour atteindre cet objectif, en grande partie à cause d'obstacles bureaucratiques, juridiques et politiques profonds", déplorent les Prs Kenneth Warner, de l'Université du Michigan, et Steven Schroeder, de l'Université de Californie à San Francisco. Les deux éminents professeurs évaluent dans une tribune ce 14 novembre pour la revue JAMA, le journal de l'Association Américaine de Médecine (AMA), le nouveau plan de lutte de la FDA contre le fardeau du tabagisme, annoncé par son directeur Scott Gottlieb le 28 juillet dernier. D'un côté, le taux légal de nicotine du tabac à fumer serait considérablement réduit à un "niveau non-addictif", de l'autre, les modes de consommation de nicotine à méfaits réduits seraient soutenus, comme nous l'avions expliqué à l'époque

Le danger de la combustion

En s'appuyant sur le principe du continuum des méfaits, il s'agit de réduire la consommation des produits extrêmement dangereux et privilégier l'accès aux plus bénins. La mesure de réduction de la nicotine n'a pas pour but d'amoindrir le danger des cigarettes fumées mais leur attractivité. "Une grande part du public croit à tort que la nicotine est la cause de cancer, or la nicotine en elle-même n'est pas particulièrement toxique aux doses utilisées couramment", soulignent Kenneth Warner et Steven Schroeder. Le réel danger vient de la fumée générée par la combustion et des plus de 7'000 toxiques qu'elle dégage. "Soixante-dix de ces produits chimiques sont des cancérigènes connus, d'autres provoquent des troubles cardiovasculaires et des maladies pulmonaires, et encore de nombreux autres troubles", précisent les professeurs de santé et médecine.

"Rendre les cigarettes et tous les produits du tabac combustibles non addictifs devraient nettement réduire le nombre de fumeurs des générations futures et aider les fumeurs actuels à arrêter", supposent les auteurs. En contrepartie, la FDA doit laisser accessibles des produits "de délivrance de nicotine acceptables pour les consommateurs et qui présentent beaucoup moins de risques de santé". Ce point est essentiel pour prévenir l'essor d'un marché noir de "vrai" tabac et d'éventuelles autres conséquences involontaires. "D'un point de vue pragmatique et moral, la FDA reconnaît que son concept très radical de réduction à un niveau non addictif de nicotine dans les produits de tabac combustibles implique nécessairement la mise à disposition de ces produits alternatifs", expliquent le spécialiste de santé publique et le médecin. 

La question est de savoir si de tels produits réduisent réellement le poids de santé publique. Question controversée où certains adeptes de l'abstinence soupçonnent un chausse-trappe. "Des produits à méfaits réduits sont déjà disponibles à présent, avec une réglementation très légère jusqu'à peu", rappellent les auteurs. C'est le cas notamment du vapotage. "Les experts conviennent que le vapotage est moins dangereux que le tabagisme. Les estimations du risque global pour la santé vont de moins de 5% jusqu'à un tiers de celui du tabagisme * ", précisent-ils. 

Chute sans précédent du tabagisme chez les jeunes


Les anti-vapotage craignent surtout que des jeunes viennent au tabagisme par le vapotage. "Pourtant, la consommation de cigarettes chez les étudiants a diminué à un niveau sans précédent durant la brève période d'utilisation généralisée de vapotage chez les adolescents. Sur la base d'une enquête sur plus de 80'000 jeunes entre 2012 et 2015, la prévalence d'usage sur les 30 derniers jours du vapotage parmi les élèves du secondaire a augmenté rapidement de 2,8% en 2012 à 16% en 2015. Au cours des mêmes années, la prévalence à 30 jours de la consommation de cigarettes est passée de 14% à 9,3%, représentant la plus forte chute du tabagisme lycéen de l'histoire. En 2016, l'utilisation du vapotage a diminué de près de 30%, chutant à 11,3%, tandis que le tabagisme continuait son déclin rapide à 8%. Les partisans du vapotage considèrent ces produits comme précurseurs d'une ère de "disruption" du marché de la cigarette", argumentent les auteurs. 
[Graphique sur le tabagisme adolescent américain de Clive Bates à partir de la même source de données citées ]


La nouvelle industrie du doute

A côté de cela, les fumeurs adultes sont encouragés à arrêter de fumer par l'aide du vapotage. Jusque-là, "l'approche dominante était "juste dis non" à tous les produits de tabac de toutes sortes, réminiscence de la guerre aux drogues", en dépit des succès de l'approche de réduction des risques dans de multiples secteurs (HIV-Sida, drogues, sexualité, sécurité routière...). "Le nouveau plan de la FDA accepte un rôle pour la réduction des risques dans la lutte anti-tabac. Etant donné l'opposition d'une partie de la communauté de santé publique, cette approche va rencontrer des résistances. Il est rendu encore plus difficile par la méconnaissance du public du noyau au cœur du plan, le continuum des risques des produits de nicotine", soulignent Kenneth Warner et Steven Schroeber. En 2012, 11,5% des américains interrogés se trompaient à propos des risques relatifs du vapotage par rapport aux cigarettes, en 2015 ils sont 35,7%, selon une étude.

Le challenge est difficile à relever, tant des membres de la communauté de santé publique travaillent à saboter l'information au public. "L'incapacité de la FDA à mettre en place des réglementations qui aient sensiblement réduit le fardeau du tabagisme doit tempérer l'optimisme à propos de la mise en œuvre de cet ambitieux plan. En outre, bien que tous les membres de la communauté anti-tabac apprécient certains éléments du plan, peu sont susceptibles de tous les soutenir en bloc. Pourtant, le potentiel énorme de succès  de sa mise en œuvre complète doit susciter une sérieuse considération. La communauté anti-tabac, si longtemps divisée, peut-elle s'unir pour soutenir un plan global visant à mettre un terme définitif à la consommation de cigarettes et leur terrible bilan de maladies et de mort?"

* Les rapports scientifiques du Public Health England (2015) et du Royal College of Physicians (2016) estiment à au moins 95% la réduction des méfaits du vapotage par rapport au tabagisme. En opposition, Stanton Glantz a estimé sur son blog (publication non scientifique) que le vapotage est "au 1/3 ou à 1/2 aussi mauvais" que la cigarette. Ce dernier est la seule référence citée dans l'article pour une telle estimation. 

mercredi 15 novembre 2017

Italie: la taxe anti-vapoteur confirmée par la Cour Constitutionnelle

Les journalistes italiens l'ont surnommé le "cadeaux de Noël de Matteo Renzi à Philip Morris". Ce cadeau, c'est la méga taxe anti-vape que le Premier Ministre italien a fait passé dans un décret le 23 décembre 2014. "Le gouvernement s'agenouille devant le lobby du tabac. Voici le cadeau en faveur des nouvelles cigarettes Iqos de Philip Morris", expliquait alors le journal la Notizia. Depuis le Tribunal administratif de la région romaine (TAR - Lazio) avait contesté la légitimité de ces mesures contre le vapotage, rappelle le site SigMagazine. La Cour constitutionnelle a tranché ce matin en faveur de la mesure pro-tabac du Gouvernement de Matteo Renzi. "Si vous pouvez vous acheter de la vape, alors vous pouvez payer des taxes", résume de manière lapidaire il Sole 24 Ore

Le juge Paolo Grossi, dans son arrêt 240, estime justifiée et proportionnée la taxe anti-vape y compris pour les liquides sans nicotine. "En conclusion, le fait même de pouvoir s'offrir un produit de vapotage est déjà l'expression de la capacité contributive de l'acheteur", explique le journal il Sole 24 ore. En outre, les juges concluent que "le but secondaire de protéger la santé, qui justifie en soi la taxation des produits avec nicotine, rend aussi légitime l'effet dissuasif par principe de précaution concernant des produits [sans nicotine] susceptibles d'amener au tabagisme".

Ce verdict de la Cour constitutionelle est un nouveau coup dur après le coup de poignard d'hier du Sénat. L'amendement Vicari livre les produits de vapotage nicotinés aux mains du Monopole des buralistes, si le décret des finances auquel il est intégré est accepté par le parlement. "Simple coïncidence ou volonté délibérée, les deux mesures qui bousculent le secteur du vapotage sont arrivées à 24 heures d'intervalle", souligne Stefano Caliciuri de SigMagazine. Une sacré aubaine pour les cigarettiers. 

mardi 14 novembre 2017

Victoire de Big Tobacco en Italie: le Sénat prêt à placer la vente de vape nicotinée sous le Monopole d'Etat

L'amendement Vicari visant à soumettre au seul monopole de distribution de l'Etat les produits de vapotage nicotinés en Italie a été approuvé ce matin par la cinquième Commission du Sénat. Il est intégré au décret fiscal. "Un coup sans précédent. Le vapotage passe sous le contrôle du Monopolio", s'exclame Stefano Caliciuri sur le site spécialisé SigMagazine. Le "monopolio", c'est le monopole de distribution déjà en place pour le tabac dans la péninsule. Seuls les officines de tabac et d'éventuels revendeurs agréés pourront vendre des liquides avec nicotine. Son entrée en vigueur va signifier l'interdiction des magasins de vape en ligne, explique il Giornale, et le blocage (du moins formel) de l'accès aux sites de ventes étrangers pour les résidents en Italie. "Si le Sénat devait approuver définitivement le texte législatif [le décret fiscal global], il passerait dans les prochaines semaines à la Chambre des représentants", précise SigMagazine.

Le texte donne jusqu'au 31 mars 2018 à l'Agence des Douanes et du Monopole (AAMS) pour établir les règles et exigences demandées pour obtenir ou renouveler une licence de vente. "Pendant la période de transition jusqu'à l'application du décret, les magasins existants pourront continuer à exercer", précise SigMagazine. Les défenseurs de l'amendement ont promis 9,5 millions d'Euros de rentrées pour les finances publiques. Ces derniers jours, les associations de la vape indépendante italiennes ont tenté de déjouer l'opération Vicari. L'ANAFE, des producteurs indépendants, et UniEcig, pour les commerçants spécialisés, se sont mobilisées sans succès pour contrer le lobbying des intérêts des cigarettiers et des buralistes. Le site AgiVape se montre assez dur sur l'incapacité du monde du vapotage italien à avoir évité cette "catastrophe".

Déjà sous enquête pour corruption

A l'origine de cet amendement en forme de coup de poignard contre le vapotage, la Sénatrice Simona Vicari, membre de l'Alliance Populaire (Ap), et soutien du premier-Ministre Matteo Renzi, est bien connue pour défendre les intérêts de la grande industrie cigarettière. En 2015, alors sous-secrétaire à l'économie, elle avait rejeté le projet de paquet neutre pour les cigarettes au nom de "la protection de la propriété intellectuelle". Devenue sous-secrétaire à l'infrastructure, Simona Vicari a été contrainte à la démission en mai dernier suite à sa mise sous enquête pour une présumée corruption lié à un amendement sur la TVA qu'elle avait fait passé.

Calantzopoulos, le petit au centre est le CEO de Philip Morris,
le grand à droite c'est Matteo Renzi, le 1er Ministre italien
Le vapotage en Italie est un secteur dynamique, "capable de déséquilibrer en quelques décennies la suprématie du tabac brûlé", estime Stefano Caliciuri. Cette capacité à bousculer les intérêts des cigarettiers est peut-être la raison de cette nouvelle attaque. L'Italie sert déjà, avec le Japon et la Suisse, de laboratoire pour le lancement de la cigarette Iqos de Philip Morris depuis 2015. Les autorités suisses et nippones ont interdits la vente de liquides nicotinés pour laisser le marché au produit de Philip Morris. En Italie, André Calantzopoulos, le CEO de Philip Morris, avait déjà obtenu de Matteo Renzi une super taxe anti-vape en échange de l'ouverture de deux usines de cigarettes Iqos à Zola Predosa et dans la région de Bologne. Ce n'était pas suffisant semble t-il...

edit 18-11-2017 : Simona Vicari est membre du parti Alliance Populaire (Ap) 

lundi 13 novembre 2017

Un Award pour l'étude sur l'Iqos que le Fonds de Prévention du Tabagisme a refusé de financer

Le Dr Reto Auer et son équipe du CHUV de Lausanne ont reçu cet après-midi le Swiss Aerosol Award. Le prix, doté de 5'000 Fs, récompense chaque année la meilleure publication Suisse dans ce champ de recherches. L'étude, publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, concerne les rejets de la cigarette Iqos de Philip Morris. Comme nous l'avions présenté à l'époque, son analyse montre la présence de composés toxiques spécifiques au phénomène de pyrolyse également présents dans les cigarettes conventionnelles. Monoxyde de carbone, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et composés organiques volatiles (COV) imposent aux yeux des chercheurs de qualifier de "fumée" les rejets de l'Iqos et non de vapeur comme avec le vapotage. Philip Morris a contesté l'étude et demandé son retrait, tout en reconnaissant la présence de "processus pyrolytiques" dans leur produit.


L'équipe de chercheurs avait été contraint au silence suite aux pressions du cigarettier lausannois. Le Fonds de Prévention du Tabagisme (FPT), doté de 13,8 millions de Fs annuel en 2016 grâce aux taxes sur les ventes de tabac, avait par avant refusé de financer cette recherche qui a indisposé le cigarettier vaudois. L'équipe de Reto Auer a donc travaillé bénévolement pour mener l'étude. Depuis, en s'appuyant sur ces résultats, Humbel Ruth, conseillère nationale PDC, a déposé une interpellation au parlement pour demander "Pourquoi les produits du tabac à chauffer sans combustion ne sont-ils pas taxés pour ce qu’ils sont, à savoir des cigarettes?". Le Conseiller fédéral Alain Berset, en charge du dossier, n'a pas encore répondu. L'Association pour la prévention du Tabagisme Suisse (AT-Suisse) soutient cette demande. Bien que l'organisation se soit opposé jusque-là systématiquement à toute initiative en faveur de la réduction des méfaits et des recherches sur la question. 

De leur côté, les fumeurs trouvent en Suisse à chaque coin de rue des cigarettes mais n'ont toujours pas facilement accès aux liquides nicotinés à vapoter pour arrêter de fumer. Ni information fiable ni soutien en ce sens des autorités et organismes financés pour réduire le tabagisme, à l'exception notable de Stop-Tabac.ch et de l'association indépendante et non subventionnée d'usagers Helvetic Vape. Une politique qui, depuis 2011, a maintenu le tabagisme à au moins 25%, et plus probablement 30%, de la population. 





Malgré les menaces, les dons de nicotine se généralisent aussi en Suisse-allemande

L'interdiction de vente des liquides à vapoter avec nicotine est toujours de rigueur en Suisse. Ce matin, le Tagblatt, quotidien de Saint-Gall, revient sur cette situation qui pousse "les vapoteurs en zone grise". Si la vente est interdite, la possession et la consommation sont légales. Les vapoteurs suisses peuvent aller à l'étranger ou commander des liquides nicotinés par internet. "Notre enquête montre qu'il existe également des revendeurs ingénieux en Suisse qui contournent l'interdiction avec des solutions créatives. Cela se passe comme suit: Le client achète légalement des liquides sans nicotine au magasinMais le vendeur a encore un cadeau pour le vapoteur: Gratuitement, il enrichit le liquide avec un soupçon de nicotine", explique Dominik Weingartner, du quotidien suisse-allemand. 

Interdiction sans fondement juridique, mais menace de punition

Phil Scheck, célèbre reviewer, confirme que la pratique, déjà usuelle en Romandie, est aussi "devenue courante" outre-Sarine. Membre de Helvetic Vape, il rappelle que l'association des usagers du vapotage avait demandé un avis de droit sur la question en 2015 à M° Jacques Roulet. "Il est arrivé à la conclusion que l'interdiction des liquides nicotinés était intenable juridiquement", résume le quotidien. Autre sentiment du côté du chimiste cantonal de Bâle-Ville, Christopher Hohl estime illégaux à la fois la vente et le don de liquides nicotinés pour arrêter de fumer à l'aide du vapotage. "Lorsque nous rencontrons des liquides contenant de la nicotine, nous les punissons", gronde le fonctionnaire rhénan.


Jusque-là, il semble qu'aucun cas de poursuite pénale n'ait été entamée, malgré les menaces de M. Hohl. Une escalade répressive contre un moyen de sortir du tabagisme serait peu compréhensible. Les mêmes autorités, ayant interdit la vente de vapotage nicotiné, ont autorisé la mise sur le marché des cigarettes chauffées de Philip Morris, BAT et Japan Tobacco. Des produits pour lesquels les études scientifiques indépendantes sont très rares voire inexistantes. 

D'ors et déjà, l'entrave fédérale fait le jeu des cigarettiers et autres vendeurs de médicaments pour fumeurs, du Champix à la chimiothérapie. Les difficultés d'accès à des liquides nicotinés pour les fumeurs passant au vapotage augmentent leur risque de rechute quand cela ne les empèche pas tout simplement d'essayer. "Cela repousse les gens vers la cigarette ou à les autres produits plus nocifs des grandes compagnies de tabac", souligne Stefan Meile, directeur d'Insmoke une entreprise locale de produits de vapotage. 


Recours qui cours et loi qui stagne

Egalement président de la Swiss Vape Trade Association (SVTA), il a déposé un des deux recours toujours pendants devant le Tribunal Administratif Fédéral (TAF) en décembre 2015. Contestant l'interdiction administrative de vente de liquides nicotinés, les recours s'appuient notamment sur le principe de Cassis de Dijon pour faire valoir une discrimination injuste et absurde contre les producteurs de liquides à vapoter helvétiques. Agacé par l'attente exagérément longue, Stephan Meile espère tout de même une décision positive. 

A défaut, le monde de la vape suisse devra patienter pour une éventuelle légalisation dans le projet de loi sur les produits du tabac (LPTab), dont la première mouture assimilait le vapotage au tabagisme mais a été retoquée au parlement. L'office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) devrait sous peu présenté une seconde version, à espérer plus conforme aux demandes exprimées par les élus. Même si pour le moment, les fonctionnaires bernois ne se sont toujours pas souciés de prendre l'avis des usagers sur la question...

vendredi 10 novembre 2017

[Express'] Au Tennessee, les fumeurs utilisent le vapotage pour arrêter de fumer

"C'est la première fois que nous voyons cela". Ransom Wise, spécialiste de Santé publique de l'Etat du Tennessee, présentait en avant-première les résultats de son enquête au Congrès annuel 2017 de l'American Public Health Association (APHA). "Ce sont là des preuves que les fumeurs du Tennessee utilisent le vapotage comme aide pour arrêter de fumer", explique le chercheur de Nashville à la revue Medscape Medical News. "Les fumeurs qui utilisent le vapotage ont été 3,6 fois plus susceptibles que les fumeurs non-vapoteurs à déclarer avoir essayé d'arrêter de fumer au cours des 12 derniers mois", précise le résumé de la conférence sur le site de l'APHA. Ajusté aux covariables de revenu et de fréquence de tabagisme, le ratio reste de 3,5 fois plus de chances de tenter un sevrage tabagique pour les fumeurs aussi vapoteurs que pour les fumeurs exclusifs. 

Les preuves, présentées à la conférence à Atlanta ce 5 novembre, ont été dénichées dans les données 2016 du Tennessee Behavorial Risk Factor Surveillance System (TN BRFSS) - le système de suivi des facteurs de risques comportementaux au Tennessee -. Sur les 6167 répondants, 22,1% (1178 personnes) se déclarent fumeurs réguliers. 22,8% de ces fumeurs avouent également utiliser le vapotage.  Dans l'ensemble des fumeurs réguliers adultes, 60% ont tenté dans l'année précédente d'arrêter. Le suivi ne demandait pas directement aux utilisateurs de vapotage s'ils l'utilisaient pour arrêter de fumer. C'est en comparant les réponses sur les tentatives d'arrêt entre groupes que le chercheurs a mis en lumière cet usage. "Les futures enquêtes bénéficieraient d'une question spécifique qui demande pourquoi un fumeur actuel utilise des cigarettes électroniques pour vérifier si les comportements observés dans cette étude sont exacts", précise le résumé de la conférence.

Ransom Wise est resté prudent sur une généralisation de ce résultat à la population américaine, bien que les statistiques du Tennessee sont généralement congruentes aux résultats nationaux. Le chercheur espère un "message fort de santé publique" sur le sujet de la part de la Food and Drug Administration (FDA). "Si la FDA pense vraiment que c'est une alternative à moindre risque, il serait très efficace de dire d'utiliser le vapotage comme aide au sevrage tabagique", déclare t-il à Maureen Salamon, la journaliste de Medscape. 

Appelé à commenter ces résultats à la conférence de l'APHA, Tom Eckstein, de la firme Arundel Metrics, estime ces données comme un premier grand pas. "Ces données montrent, à mon sens, que nous commençons à percevoir les effets du vapotage sur le problème du tabagisme, en particulier au Tennessee. Et la manière dont il agit pour aider les gens à se débarrasser de cette addiction", explique l'épidémiologiste à Medscape. Egalement présente, Shirley Cramer, de la Royal Society for Public Health de Londres (RSPH), souligne que l'utilisation de la vape est déjà activement encouragée au Royaume-Uni pour l'arrêt des cigarettes. "Pour nous, il est très clair que le vapotage est un outil très utile pour arrêter de fumer".


jeudi 9 novembre 2017

Vape contre cigarette: l'Allemagne se dote d'un système de monitorage sérieux inspiré des britanniques

"Un suivi national des comportements tabagiques et des données sur l'efficacité dans le monde réel des méthodes de sevrage sont nécessaires pour éclairer les politiques et développer des campagnes visant à réduire les méfaits liés au tabac". Avec DEBRA - pour “Deutsche Befragung zum Rauchverhalten” -, l'Allemagne se donne les moyens de pouvoir penser une politique de santé sur le tabac à partir d'informations objectives fiables et récentes. La source d'inspiration du projet se trouve au Royaume-Uni. "En Angleterre, le Smoking Toolkit Study (STS) suit ces indicateurs depuis 2006, ce qui a conduit à adapter les politiques de lutte anti-tabac", précisent les chercheurs présentant le projet dans la revue BMC Public Health en avril dernier

Avec une prévalence tabagique de 30,4% en septembre, l'Allemagne connait l'effet de seuil constaté dans nombre de pays européens depuis quelques années. "Comme dans d'autres pays, la prévalence du tabagisme est considérablement plus élevée chez les fumeurs à faible revenu, ce qui entraîne des inégalités de santé substantielles entre les groupes à revenu élevé et à faible revenu", soulignent les auteurs dans le BioMedCentral.

The English lesson

Outre l'adoption d'un suivi plus précis au fil du temps, avec des sondages téléphoniques tous les deux mois, une particularité de DEBRA est d'intégrer sérieusement le suivi du vapotage. Là aussi, l'inspiration vient du côté britannique. Les rares essais cliniques existants sur le sevrage tabagique à l'aide du vapotage sont encourageants mais de faible portée, estime Jamie Brown, du Cancer Research UK (CRUK). Au Symposium organisé par DEBRA en juin dernier à Dusseldorf, elle argumente de l'utilité du suivi du vapotage et du tabagisme en parallèle par le STS anglais. "Les changements de la part d'usage du vapotage en Angleterre se sont montrés positivement associés avec une augmentation du taux de sevrages tabagiques réussis", souligne la chercheuse de l'University College de Londres. 

Autrement dit, le suivi a permis de mettre en lumière que l'essor du vapotage a non seulement accompagné une nette réduction du tabagisme mais qu'il est associé à une forte augmentation des chances de succès des sevrages. Cette augmentation du taux de réussite semble s'être accompagnée d'une meilleure égalité sociale de santé, puisque le dernier pointage du STS montre que les bas revenu ont désormais autant de chances de succès que les plus favorisés.  
Evolution du taux de succès d'arrêt du tabagisme en Angleterre selon le STS
L'exemple illustre le fossé entre les politiques décidées sur la base de peurs et de préjugés et celles disposant d'outils les informant des effets réels. Là où, les décideurs politiques étrangers sont condamnés à suivre des slogans de marketing idéologiques provoquant souvent l'inverse de ce qui est annoncé, les britanniques se sont dotés de moyens d'éclairer leur stratégie à partir de données du monde réel. C'est probablement un des éléments expliquant que, depuis 2011, le Royaume-Uni connait une des chutes les plus rapides du taux de tabagisme au monde. En suivant son exemple, avec dix ans de retard, l'Allemagne se donne à son tour les bases pour une politique éclairée. Mais il faudra encore du temps pour que le suivi puisse enrichir la politique allemande en la matière. 

La vape moyen le plus populaire d'arrêt du tabagisme aussi en Allemagne

Cependant, la première synthèse du suivi DEBRA, de juin 2016 à mars 2017, montre déjà que 1,9% de la population allemande vapote courament. Avec une tendance à la hausse, puisque l'usage régulier aurait doublé sur cette période, en dépit d'une stagnation de l'expérimentation du vapotage dans la population. Le vapotage est devenu l'aide à l'arrêt tabagique la plus utilisée aussi en Allemagne. Loin des 35% des tentatives anglaises s'en aidant, il y a tout de même en cumulé 11,2% des allemands tentant d'arrêter de fumer avec le vapotage, nicotiné ou non. Les approches de soutien par les pairs, pratiques courantes dans d'autres domaines en Allemagne, et une promotion active du vapotage n'ont pas été envisagées dans ce travail. Peut-être à l'avenir ?




mercredi 8 novembre 2017

Impayable: le bureau anti-tabac de l'OMS fait son Sommet de bonne gouvernance en Thaïlande

Junte militaire et propriétaire du Thaïland Tobacco Monopoly, la Thaïlande a accueilli, les 2 et 3 novembre à Bangkok, le Sommet de bonne gouvernance du bureau anti-tabac asiatique (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L'OMS insiste dans son compte-rendu sur l'importance d'appliquer l'article 5.3 de la Convention anti-tabac, qui spécifie le devoir d'indépendance envers toute influence de l'industrie du tabac. Cette petite sauterie bureaucratique s'est donc déroulée dans une dictature thaïlandaise qui détient la principale firme de cigarettes locale. Un régime militaire qui réprime les usagers arrêtant de fumer à l'aide du vapotage, y compris par des incarcérations aux conditions connues sous le régime dictatorial. 

Gerry Stimson, militant de longue date des mouvements pour la réduction des méfaits et notamment organisateur du Global Forum on Nicotine (GFN), s'est étonné avec insistance du conflit d'intérêt évident de la Thaïlande et de la violation manifeste de ce Sommet avec la propre Convention anti-tabac adoptée par l'OMS en 2003.

Ses interpellations sont restées lettre mortes jusque-là. Pour l'OMS, la bonne gouvernance semble donc rimer avec junte militaire et l'indépendance aux intérêts tabagiques se conjugue en firme d'Etat détenant 80% du marché local de cigarettes. Tout un programme. Pour le coup, la forte influence locale de l'Inde, grande nation exportatrice de tabac, et la direction opaque de Vera daCosta passent presque inaperçues. Ce sommet réunissait 17 nations asiatiques ainsi que 33 organismes dont les noms n'ont pas été communiqués par l'OMS. La transparence, les principes démocratiques et le soucis de la santé publique, en particulier du public lui-même, ne semblent pas avoir été à l'ordre du jour. Une nouvelle fois est-on tenté de dire.


mardi 7 novembre 2017

Comment l'étude de Santé Publique France a éliminé les arrêts à l'aide du vapotage de son étude?

"Parmi les personnes qui fument, celles qui utilisent aussi le vapotage régulièrement sont plus susceptibles d'essayer d'arrêter de fumer et réduisent leur consommation de cigarettes dans les six mois". Au terme d'un suivi sur six mois de 2057 fumeurs, dont 252 utilisant aussi le vapotage régulièrement au départ, une étude de Santé Publique France montre la multiplication par 2,6 fois des chances de réduire d'au moins de moitié la consommation de cigarettes pour les fumeurs utilisant aussi le vapotage. Par contre l'article, publié dans Addiction, reste évasif sur l'aide à l'arrêt du tabagisme que pourrait procurer le double usage. "Il reste pas clair si les usagers réguliers de vapotage sont aussi plus susceptibles d'arrêter de fumer", conclut l'étude dirigée par Anne Pasquereau. Mais à lire les données brutes de la recherche menée entre septembre 2014 et mars 2015, on peut s'interroger sur une autre interprétation que celle communiquée par Santé Publique France, sur son site en mai et de nouveau hier dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) et les médias grand public, par exemple 20 Minutes. Seul contrepoint, l'interview sur France Info de Sébastien Béziaux, vice-président de l'association Sovape, par Bruce Toussaint. Add: Le Vaping Post a aussi publié un article critique (que je n'avais pas vu ;) )

Identifier ou liquider les interventions efficaces ?

"L'une des missions de Santé Publique France est de contribuer à identifier les interventions efficaces pour aider les fumeurs à arrêter de fumer", explique Anne Pasquereau, la chercheuse référente, sur le site de l'agence gouvernementale française le 30 mai dernier. Avant d'insister que cette étude "n'apporte pas de preuve quant à son efficacité en termes d'aide à l'arrêt du tabac". Mais l'étude se donne t-elle vraiment les moyens de juger de l'efficacité du vapotage face au tabagisme? Un premier écueil semble l'évident biais de sélection de l'étude qui exclut a priori les fumeurs qui se sont sevrés avec le vapotage, en jouant sur une double temporalité entre vapotage et tabagisme. Seuls les vapoteurs depuis au moins un mois, mais n'ayant pas arrêté de fumer depuis qu'ils ont essayé, sont retenus dans l'étude.


Des études, en plus de fréquents témoignages, ont pourtant montré qu'une large majorité des arrêts des cigarettes réussis à l'aide du vapotage interviennent dans les premières semaines (exemple récent). Le Pr Bertrand Dautzenberg avait d'ailleurs souligné ce biais de l'étude en juin sur son compte twitter. 

Perdus de vue

En plus de cette sélection qui limite fortement [euphémisme] la portée de l'étude, son traitement des résultats est troublant. En effet, les chercheurs ont décidé de comptabiliser comme fumeurs les personnes ayant été perdues de vues entre le début et le contrôle à six mois. Or ceux-ci représentent 31,4% de l'échantillon initial de 3'000 personnes, qui s'est réduit réellement à 2'057 personnes à la fin. Je ne sais pas quelle peut être la justification rationnelle à ce jeu d'écriture consistant à intégrer aux résultats finaux comme fumeurs les personnes sorties de l'étude sans que l'on sache ce qu'il est advenu de leur statut de fumeur et/ou de vapoteur. Sérieusement, comment peut-on faire ça...?!?

Trafic d'OR


En faisant ainsi, le ratio entre fumeurs exclusifs initiaux et vapofumeurs initiaux ayant arrêté de fumer au final est amoindri à 1,2 fois plus de chances pour les vapoteurs. Mais si l'on s'en tient aux chiffres des personnes réellement contrôlées, les doubles usagers initiaux ont été 14,5% à arrêter de fumer, depuis un mois au terme du suivi, contre 10,3% des fumeurs exclusifs initiaux. 20% de chances supplémentaires d'arrêt du tabac a pu être jugées non significatif par Santé Publique France. Avec 40% de chances supplémentaires, le jugement de valeur communiqué aurait peut-être dû être différent...

Un quart du total des sevrages liés au vapotage

Outre les vapofumeurs initiaux, on peut noter que 8,5% des fumeurs exclusifs initiaux se sont convertis au vapotage exclusif, arrêtant de fumer avec la vape mais sans être comptabilisés dans les groupe initial de double-usagers. Les double-usagers ayant tout arrêté (vape et cigarette), ceux ayant arrêté de fumer et les fumeurs exclusifs finalement convertis au vapotage exclusif, autrement dit l'ensemble des fumeurs sevrés dont on peut retracer un usage du vapotage représentent 23,3% de l'ensemble des fumeurs sevrés au terme des six mois de suivi. Augmenter d'un tiers la part de fumeurs réussissant a arrêter de fumer est-il vraiment non significatif ?

La recherche montre l'augmentation du nombre de tentatives d'arrêt des cigarettes chez les co-usagers de vapotage initiaux. "Parmi les fumeurs, ceux qui utilisaient régulièrement une e-cigarette ont plus souvent essayé d’arrêter de fumer et réduit leur consommation de cigarettes au suivi à 6 mois", concèdent les auteurs. Pour autant, ils concluent que "l’efficacité de l’e-cigarette pour arrêter de fumer reste en débat". En ayant donc: 1) éliminé les vapoteurs qui avaient réussi rapidement à arrêter de fumer par un jeu de questions déphasées sur leur temporalité 2) intégré des personnes perdues de vue aux échecs finaux afin d'amoindrir le ratio d’efficacité et 3) catégorisé des personnes ayant arrêté de fumer à l'aide du vapotage dans ceux qui s'étaient sevrés sans vapotage. 

Comment peut-on oser signer un truc comme celui-là? Comment peut-on oser le relancer dans les médias en plein 'Mois Sans Tabac' ? Difficile de saisir la republication de résultats aussi honteux pour leurs auteurs en ce moment sans tomber dans une interprétation tendant à la paranoïa...


jeudi 2 novembre 2017

[Express'] L'OMS intervient en Turquie pour protéger le tabagisme de la concurrence de la vape

Le 17 octobre dernier, Naci Ağbal, Ministre des finances turc, a annoncé le "grand sac de taxes"tel que la population surnomme le train de mesures. Parmi les propositions d'amendements figurait la levée de l'interdiction de vente et d'importation des produits de vapotage. Sous la pression du bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Ministre a balayé cette possibilité. "Nous souhaitons insister sur le fait que les amendements proposés vont à l'encontre du consensus mondial", déclare Pavel Ursu, représentant de l'OMS en Turquie, lors de la conférence aux médias organisée par l'OMS. "Les dispositifs électroniques ont le même niveau de nicotine que les cigarettes, provoquant des troubles vasculaires et des maladies cardiovasculaires similaires", affirme la Pr Hilal Özcebe, présentée comme spécialiste de santé publique locale par l'OMS. La vente des produits de vape reste donc illégale en Turquie. Son usage semble toléré, d'après des témoignages, sauf dans les lieux publics fermés. Le tabac se trouve en vente libre pour sa part.

Avec la France, la Turquie est régulièrement citée comme élève modèle par le bureau anti-tabac de l'OMS, avec des résultats tout aussi peu convaincants. Aux alentours de 30% des adultes fument, selon les statistiques officielles. Suite à l'interdiction de fumer dans les lieux publics en 2009, le tabagisme adulte avait reculé. Mais "le nombre de jeunes fumeurs est toujours en croissance", selon un article de 2016 du site de la télévision nationale TRT. Ceci en dépit de hausses de taxes régulièrement imposées ces dernières années. Selon le Croissant Vert (Yesilay), le tabagisme serait la cause de 100'000 morts prématurées par an en Turquie. 

Fin septembre, la police avait mené un raid contre une soirée privée stambouliote réunissant plus de 800 vapoteurs dans le quartier de Beyoglu. En plus d'amender les convives, les forces de l'ordre ont arrêté trois personnes désignées organisatrices par les médias. Le quotidien turc Hurriyet précise que, bien qu'interdits, "des produits de vape sont introduits et se vendent entre 150 et 450 lires turques sur internet ou au marché noir".


vendredi 27 octobre 2017

[zgrub] Robert Mugabe, l'ex-futur Ambassadeur de l'OMS, défend la production de tabac du Zimbabwe

"Le Président Robert Mugabe ne croit pas que le Zimbabwe, dont le tabac est la principale exportation rapportant des devises, doit arrêter d'en cultiver tant qu'en premier lieu, il y a des gens qui fument et en demandent, et d'autre part, tant que des boissons pécheresses sont produites et vendues ailleurs dans le monde, des boissons telles que le whisky, des tas de différentes bières qui comptent bien plus de morts que de juste fumer". George Charamba, porte-parole du Président Mugabe, s'est livré à un numéro d'équilibriste assez surréaliste devant les médias du Zimbabwe. Après la nomination avortée de Mugabe comme Ambassadeur de bonne volonté de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Secrétaire à l'information du Gouvernement du Zimbabwe a expliqué que celui-ci n'était pas au courant et n'aurait de toute façon pas accepté cette nomination. 

La semaine dernière au Sommet sur les maladies non-transmissibles à Montevideo (Uruguay), le Dr Tedros, directeur général de l'OMS, annonçait cette nomination dans son discours d'ouverture. Depuis, le verbatim a été expurgé par les services de l'OMS et le Dr Tedros a annulé cette nomination suite au tollé des organisations de défense des droits humains et la réaction de plusieurs pays occidentaux, tels que le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis. Pour sauver la face, comme le souligne malicieusement le magazine Science, le dictateur de 93 ans a donc fait communiquer qu'il n'aurait pas accepté ce poste. "De peur que l'on oublie que le Zimbabwe est un producteur mondialement connu de tabac, et que son chef d'Etat soit considéré comme un Ambassadeur de bonne volonté d'une agence qui a une position bien définie sur la culture du tabac et la vente du tabac", déclare M. Charamba, le porte-parole du Président Mugabe.

George Charamba pense que cela aurait été "une contradiction" et "porté atteinte à l'intérêt national du Zimbabwe". Derrière la réaction vexée du dictateur, il semble pourtant que le Zimbabwe a raté là une opportunité de défendre ses intérêts commerciaux. Le pays au sud de l'Afrique est la seconde puissance mondiale exportatrice de tabac brut derrière le Brésil, qui a placé Vera daCosta au poste de Secrétaire générale du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. Autre grande nation de tabac très influente à l'OMS, l'Inde se place troisième en terme de gain de balance commerciale par la vente de tabac non manufacturé. 

Yagdish Kaur, sa représentante à l'antenne de l'OMS pour l'Asie du Sud-Est a appelé, dans la revue Indian Journal of Public Health le 15 septembre, à la persécution des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage en suivant le modèle de répression en vigueur "en Corée du Nord et en Thaïlande". Arrestation et emprisonnement de vapoteurs y sont courants. Les pratiques de mises à l'isolement, violences, tortures, viols, travaux forcés en détention de ces deux dictatures sont dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Suite à l'appel de Yagdish Kaur, des parlementaires de Singapour ont déposé un projet de loi visant aussi à criminaliser les vapoteurs.


mercredi 25 octobre 2017

Thaïlande: le vapoteur suisse condamné mais de retour chez lui


Il avait été arrêté le 26 juillet dernier en Thaïlande pour avoir vapoté. Après avoir été détenu à l'isolement durant six jours dans des "conditions humiliantes et inhumaines", le touriste suisse avait été libéré sous caution et attendait depuis son procès, assigné à rester dans le pays. Il a été condamné à une amende d'un montant inconnu, en plus des frais de justice et d'avocat, mais autorisé a reprendre l'avion pour l'Europe, selon les informations du site suisse Watson. Il échappe ainsi à une peine de prison qui pouvait aller jusqu'à dix ans de réclusion dans les geôles thaïlandaises. "La justice thaïlandaise a été clémente avec le suisse", estime le site suisse-allemand.

L'OMS appelle à la répression

Les vapoteurs locaux ne profitent pas tous de la même indulgence. La junte militaire en Thaïlande interdit le vapotage depuis décembre 2014, alors que le tabagisme est de l'ordre de 42% dans sa population. Le marché des cigarettes y est tenu à 80% par la Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat. Séduite de cette situation, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelle a suivre le modèle de répression thaïlandais et nord-coréen contre les vapoteurs. A travers un article de sa cadre pour l'Asie du Sud-Est, Jagdish Kaur, l'OMS ordonne d'interdire et poursuivre le vapotage à l'exemple des deux dictatures militaires connues pour leur violations des droits humains.

Aucune info pour les touristes suisses

Le site du Département Fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne prévient pas explicitement sur sa page les touristes suisses sur la question du vapotage en Thaïlande. De son coté, l'Ambassade thaïlandaise de Berne n'a jamais daigné nous répondre à ce sujet. Au Royaume-Uni par contre, le Foreign Office informe clairement ses ressortissants des dangers actuels de la Thaïlande.